2011, Cronos et la planète

Article de Myriam Caudrelier, le 15 jan, 2011

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Photo noel 2010 bretagne2Chaque nouvelle année compose avec son cortège de bonnes résolutions. C’est le temps des bilans, des espérances aussi. Une suite logique aux messages de Noël : l’humanité semble portée par une large vague d’amour et de raison.

En ce début de décennie, nous ne pouvons désormais plus nous contenter d’émettre des vœux, de souhaiter le meilleur pour ceux qui nous sont chers ; de distribuer de l’espoir, de jouer aux marchands de bonheur, si nous restons englués dans une posture d’attentisme. Le rêve n’a de sens que si nous avons les moyens de le réaliser, sinon il se nomme idéal… vous savez, cette petite étoile qui guide notre marche.

Inutile donc de ressasser le passé ; il ne fut pas bon. Le passé n’est que le porte parole du présent ; il n’a d’intérêt que s’il dirige les actions du présent et celles à venir.

Alors oui il devient urgent de passer de l’espérance à la mise en place d’actions pour le meilleur de tous. De redonner du sens à nos vies et de bâtir pour nos enfants.

Individuellement, nous consacrons près de trente années de notre existence à leur offrir toutes les chances de prendre le bon chemin, celui qui comporte le moins d’embuche. Pendant de longues et parfois difficiles années, nous investissons énergie, temps, budget pour leur santé, leur éducation,  leur scolarité, leurs fréquentations, leur projet professionnel ; nous donnerions aussi beaucoup pour les sauver de quelques mauvaises impasses.

Collectivement, non seulement nous bafouons les schémas que nous élaborons pour le fameux « mais c’est pour toi que je fais ça », mais pire encore, c’est avec nos contradictions que nous leur construisons un avenir des plus chaotiques.

N’est il pas temps alors de faire une pause, pour comprendre, évaluer le ridicule, l’ubuesque de la situation ?

Certes, nous ne portons pas tous le même degré d’altruisme, d’empathie ou d’humanisme, peu importe, car nous sommes tous animés par le sentiment d’amour à l’égard de nos enfants. Mobilisons alors le meilleur de nous-mêmes pour le meilleur de leur futur.

Si nous n’avons pas encore atteint la maturité indispensable pour penser l’homme comme unique préoccupation de notre développement, commençons au moins à penser à nos jeunes de manière collective. Les épargner ne signifie pas les assister.

Nous avons édifié l’ère anthropocène et ses traines de ruines. Ne rejoignons pas le royaume de Cronos et laissons à nos enfants l’espoir d’un soleil.

Leur avenir est intimement lié à celui de la planète ; épargnons-la.

Qu’ils aient deux, dix, trente ou cinquante ans, nous parents, nous avons ce devoir… le cœur d’une mère n’a pas d’âge.

Myriam Caudrelier, rédactrice en chef – présidente de la MADD – Maison Alpine du Développement Durable.

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