Alain Caraco
Conservateur général des bibliothèques.
Militant associatif pour des transports respectueux de l’environnement.
Le temps n’est plus au discours, mais bien à l’action !
Le développement durable, vous y croyez ?
Ne tournons pas autour du pot : oui, je crois au développement durable ! A condition bien sûr de s’entendre sur la définition de ce concept. Le développement durable tel que galvaudé par de nombreuses entreprises, qui se contentent d’une toute petite réduction de leur impact sur l’environnement, accompagnée d’une énorme campagne de communication n’est que de la poudre aux yeux. Mais le développement durable tel que défini en 1987 par Gro Brundtland, « Répondre aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. » est réellement porteur de sens et d’espoir.
La croissance économique des XIXe et XXe siècles s’est accompagnée d’une croissance démographique vertigineuse, d’un très fort allongement de la durée de vie, d’une amélioration de la santé et de l’éducation des peuples qui en ont bénéficié, principalement en Europe et en Amérique du Nord et, dans une moindre mesure, en Asie. Elle a également permis l’émergence de l’individu, disposant à la fois de liberté politique et de temps libre.
Cependant, des hommes de plus en plus nombreux, qui consomment de plus en plus de ressources naturelles et qui émettent de plus en plus de rejets finissent par détruire les conditions mêmes de leur développement : raréfaction des ressources naturelles, qu’il s’agisse de l’eau, du pétrole, du poisson de mer ou des terres cultivables, perte de la biodiversité, crise climatique, pollutions chimiques, électromagnétiques et sonores.
Certes l’humanité a toujours su s’adapter, mais ses trois modes habituels d’adaptation sont la famine, les épidémies et la guerre : est-ce vraiment le futur que nous souhaitons ?
Pour conserver pour nous et nos enfants ce que nous aimons dans notre vie, il va falloir changer à la fois certaines de nos habitudes quotidiennes mais aussi une bonne partie de notre organisation économique. Certains secteurs devront décroître fortement, au premier rang desquels figurent l’automobile, le camion et l’aviation. D’autres, comme le train, le tram, le bus ou le vélo, connaîtront au contraire une forte croissance, riche en emplois non délocalisables. Les responsabilités sont à tous les niveaux : individus, associations, syndicats, entreprises et pouvoirs publics. A ce propos, certaines décisions récentes sont des fautes :
• ouverture de l’A41 nord, entre Annecy et Genève, tandis que la liaison ferroviaire entre ces deux villes est quasi inexistante
• percement d’un deuxième tube au tunnel du Fréjus, alors que la ligne nouvelle Lyon-Chambéry-Turin qui apporterait enfin une solution tant au fret qu’aux TER et TGV, est reportée d’année en année
• réalisation de nouveaux parkings à Chambéry, alors que la mise en site propre des bus peine à être financée.
Croire au développement durable, c’est bien. Agir dès maintenant, c’est encore mieux.





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