C’est un jardin extraordinaire !

Article de P/DurAlpes, le 23 juin, 2008

… On y voit aussi des statues
Qui se tiennent tranquilles tout le jour dit-on
Mais dès la nuit venue
Elles s’en vont danser sur le gazon
Il y a des oiseaux qui tiennent un buffet
Ils vendent du grain, des petits morceaux de gruyère
Il fallait bien trouver, loin des grandes villes maussades
Où les touristes s’ennuient au fond de leurs autocars
Un lieu pour la promenade
Pour apprendre, découvrir, s’émerveiller et rêver.
Le jardin des Cimes de Passy en Haute-Savoie raconte aussi qu’il est possible en travaillant ensemble de construire à l’échelle communale un modèle économique qui produit emplois, activité touristique tout en célébrant la nature.

L’art au service de l’économie.

 

 

 

 

 

Le Jardin des Cimes dont la vocation est d’être un lieu sensitif et pédagogique de qualité accessible à tous, s’inscrit dans une dynamique de revalorisation du Plateau d’Assy. Ce projet ambitieux au sein du Pays du Mont-Blanc repose sur un double constat :
- La ville de Passy est riche d’art et d’histoire en particulier avec le passé du Plateau. Sa notoriété est avant tout liée à ses chefs-d’œuvre d’art moderne et principalement à son église Notre-Dame de Toute-Grâce (80 000 visiteurs par an), décorée par les plus prestigieux artistes du XXe siècle (Rouault, Matisse, Chagall, Braque…) mais également à l’ensemble des « sculptures en montagne » exposées de la sortie de l’autoroute jusqu’à Plaine-Joux.
- La perte de la vocation médicale du Plateau due à la fermeture des établissements de santé, a entraîné des difficultés de reconversion du territoire.
Le Jardin des Cimes est né d’une rencontre entre la commune de Passy et l’entreprise d’insertion Champ des Cimes : la mairie cherchait une activité pour revitaliser le Plateau, Champ des Cimes avait le projet de créer un jardin à vocation touristique.

Tous en scène.

Si le Jardin des Cimes répond à une triple démarche, environnementale, sociale et économique, sa réussite repose avant tout sur les synergies atypiques créées par les cinq principaux acteurs qui, chacun dans son domaine d’activité a participé à l’originalité du projet.

L’entreprise d’insertion.

Première société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) de Haute-Savoie, Champ des Cimes permet à des personnes éloignées de l’emploi de retrouver une insertion professionnelle et sociale. Implantée à Passy, la SCIC développe une activité de valorisation, d’entretien et de restauration du patrimoine naturel et bâti en montagne. Plus de vingt salariés travaillent à l’année au sein de l’entreprise. Champ des Cimes porte le projet du jardin depuis son origine. Elle a réalisé tous les travaux de scénographie et de création du jardin, travaille avec des artistes et des partenaires, pour certains associés au sein de la coopérative. Elle assure la gestion du site via un bail emphytéotique. Le projet du Jardin des Cimes s’inscrit dans une démarche collective à dimension sociale forte : dix nouveaux emplois en insertion ont été créés.

La commune.

Dans sa recherche de stratégie de reconversion du Plateau d’Assy, la commune a su mettre en place un partenariat de confiance avec les acteurs locaux pour développer des centres d’intérêts nouveaux et complémentaires générant une fréquentation touristique. La mairie a entre autres participé, via un cofinancement public, aux travaux de terrassement et de structure du jardin.

Le cabinet architecte paysagiste.

L’Atelier porté par ses deux associés intervient dans les domaines du paysage, de l’architecture et des jardins. Sous le vocable « jardin », il faut entendre la conception et la mise en place d’une installation temporaire, conçue pour un site précis et pour une saison. Elle peut prendre la forme d’un espace planté, d’une structure ou d’un parcours. Une manière de comprendre mieux les subtilités de la nature. L’Atelier a une renommée mondiale. Il réalise aux quatre coins de la planète des jardins destinés à la sensibilisation du public à l’environnement, à l’étude d’espaces naturels et à la conception d’architectures en bois. Comprendre avant de consommer.

Le Centre de Recherches sur les Ecosystèmes d’Altitude.

Le CREA est une association à but non lucratif dont les objectifs sont de développer la recherche scientifique sur les milieux d’altitude et d’impliquer le grand public à travers des activités à caractère scientifique. Pelouses alpines, éboulis, falaises, zone glaciaires… Les écosystèmes d’altitude abritent un grand nombre d’espèces animales et végétales qui ont développé une série d’adaptations uniques en réponse aux fortes contraintes de l’environnement (altitude élevée et climat extrême). L’objectif du CREA est de comprendre l’influence des perturbations provoquées par les activités humaines et/ou les changements climatiques sur ces milieux afin de proposer des mesures de gestion et ainsi contribuer à leur préservation.
Le CREA apporte et valide toute l’information scientifique alpine du Jardin des Cimes.

L’artiste preneur de son.

Spécialisé en prise de sons naturalistes, il offre son talent – moult fois récompensé - à la montagne pour la faire découvrir autrement. Une approche inhabituelle qui force l’écoute pour conduire au respect. Les compositions sonores jouent ici un rôle didactique : identifier les sons sortis de leur contexte, les apprivoiser. La palette infiniment riche parle de cris d’araignées, du chant des baleines ou celui de la glace. « Les lacs produisent des sons étonnants lorsqu’ils sont entièrement pris par la glace et pas encore recouverts de neige ; c’est au moment des forts changements de température, quand le soleil glisse sur la surface gelée que la glace travaille, se fissure. Les sons qui en ressortent sont inouïs. Les craquements produits résonnent sur la masse de glace telle une peau de percussion. Certains peuvent s’entendre à plus d’un kilomètre ».  

Visite au cœur des potagers du monde, collections botaniques, balades sonores par delà les cimes, découvertes des univers alpins, course en montagne, manifestations culturelles (concerts, pièces de théâtre, ateliers…), café du jardin (douceurs culinaires, saveurs subtiles de la nature aux parfums de montagne), case du coopérateur (tous les produits vendus ont une histoire originale à découvrir, liée au développement durable), le Jardin des Cimes révèlera tous ses secrets à partir du 5 juillet prochain.
Un lieu unique de nature et de culture dans lequel Monsieur Trénet aurait sans doute apprécié se promener.

Il suffit pour ça d’un peu d’imagination !

Photos : © MIRCO éditions – Champ des Cimes - Boris Jollivet – Tous droits réservés

  1. 1 commentaire pour “C’est un jardin extraordinaire !”

  2. par Marie Gaget, le 25 juin 2008| répondre

    Myriam bonjour
    Comment allez-vous???
    merci de bien vouloir adresser le Lettre à ma collègue élue à la mairie de Seynod
    caillet@ville-seynod.fr
    Elle est adjointe à l’environnement

    Cordialement

    MArie Gaget

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