Christophe Berard

Président d’Inddigo.

  L’exemplarité,

ce n’est pas une façon d’influencer,

 c’est la seule

 

J’ai le sentiment qu’aujourd’hui, au moment où se tient le sommet de Copenhague, les populations du monde entier ont très largement pris conscience que le changement climatique est en marche, et que, si leurs dirigeants ne se montrent pas suffisamment ambitieux, c’est une crise, voir une catastrophe climatique qui nous attend. Mais peu décrypte que les trois autres crises – économique, financière, sociale – qui nous touchent, si elles ne sont pas directement reliées à la crise environnementale, relèvent néanmoins des mêmes causes : la recherche de profits immédiats. Les rentabilités d’aujourd’hui se font en effet malheureusement le plus souvent au détriment de la préservation des ressources et des milieux naturels, par la spéculation et en générant des disparités croissantes de richesses.

C’est donc l’économie qu’il convient de transformer radicalement à un moment de l’histoire de l’humanité où aucune théorie ou modèle économique n’a réussi ni ne montre le chemin. Face à ce type de situation, Einstein disait : « ce qui rend fou, c’est de vouloir faire plus et mieux de la même chose en espérant des résultats différents ».

De par sa capacité à analyser, comprendre et inventer, notre civilisation a par contre toutes les clefs pour trouver ces nouveaux modèles. Entre autre en observant et accordant de l’importance à de multiples expériences humaines éclairantes, de partout dans le monde. Par exemple, celle des indiens Kogis (qui vivent au nord de la Colombie), qui nous enseignent par leur mode de vie et par leur organisation, que pour « changer le monde », il faut changer notre « regard » sur le monde, partager l’essentiel afin de faire émerger un « rêve », une « vision », acceptable par tous car porteuse de sens. Il ne s’agit plus de s’opposer sur l’important qui nous divise, des appartenances, des expertises et des façons de faire, mais d’ouvrir notre modernité efficace du visible, au dialogue, à une spiritualité et sans doute une science, porteuse de sens.

Une économie porteuse de sens est à inventer. Une économie qui soit au service de l’homme dans un espace planétaire fini qui impose donc le plus grand respect des ressources naturelles. Patrick Viveret (conseiller à la cour des comptes), explique que nous sommes passés d’une économie de marché à une société de marché qui a entrainé une transformation négative où ce qui n’a pas de prix n’a plus de valeur, et qu’il convient aujourd’hui de mettre en place de nouveaux principes d’échanges, voir de nouvelles monnaies (locales, incompatibles avec la spéculation, qui se déprécient si elles ne circulent pas, qui ne permettent pas d’acheter ce qui doit être classé au dessus du monétarisable, …). C’est également à partir du concept d’économie de fonctionnalité qu’il faut faire évoluer nos sociétés humaines, en privilégiant l’usage d’un bien ou d’un service (pour le plus grand nombre), plutôt que la propriété de ce qui a de la valeur : l’eau, la terre, les matériaux, le vivant, etc.

Pour éviter la catastrophe climatique, la disparition de la biodiversité ou encore pour le développement durable, la technologie nous aidera : nous ferons un bout du chemin grâce à l’efficacité énergétique des procédés industriels, l’émergence des énergies renouvelables, la baisse des consommations des véhicules, l’apparition des matériaux réalisés en fibres végétales et biodégradables, etc. Mais il faudra aussi un fort changement des comportements : prendre le vélo chaque fois que possible, refuser de manger de la viande bovine élevée hors sol à l’autre bout du monde (très émettrice de CO2), emballer les cadeaux de Noël dans un sac en tissu réutilisable. Il faudra également des solutions mutualisées pour habiter (petits collectifs où les familles partagent des espaces et des services) ou pour se déplacer, telles l’autopartage (le bel exemple de Carliberté en Savoie). Le tout avec l’analyse de l’empreinte écologique comme indicateur global permettant de situer les limites de ce que l’on peut consommer.

Pour terminer, je voudrais citer Albert Schweitzer : « l’exemplarité, ce n’est pas une façon d’influencer, c’est la seule» ou Gandhi « si tu veux le changement, sois le changement », pour inciter chaque citoyen, chaque association, chaque collectivité, chaque entreprise, à s’appliquer à lui-même, à elle même les principes du développement durable.

Sur ce postulat, l’entreprise INDDIGO (conseil et ingénierie en développement durable) revisite régulièrement ses modèles économique et social pour les améliorer et ses impacts environnementaux pour les réduire : loin de prétendre que le résultat ne soit parfait et tout en sachant que la route est longue car nous ne sommes que des humains et qu’il faut un peu de temps à l’humain même s’il faut faire vite, ce qui compte c’est le mouvement.