ClimAlpTour, un projet de coopération alpine pour l’adaptation du tourisme

Article de Sarah Rutter et Veronique Peyrache-Gadeau, le 24 jan, 2011

L’importance du tourisme pour les économies de Savoie et de Haute-Savoie est bien connue. Selon l’Observatoire des Territoires de la Savoie (2010) [1], l’activité touristique représente environ 50% du PIB du département savoyard. Ce secteur, qui est devenu une véritable industrie, est essentiellement consacré à la saison d’hiver et aux activités de glisse, considérées aujourd’hui comme un des fleurons de l’économie des Alpes françaises. Par elles, la France a gagné une notoriété mondiale pour la qualité de son offre touristique.

Pour autant, ces dernières années, des débats se sont ouverts dans les colloques comme dans les médias, sur la force et les faiblesses du tourisme de sports d’hiver, insistant sur la vulnérabilité de cette économie liée en partie aux aléas climatiques et à la globalisation du secteur touristique. Les stations se trouvent en effet, confrontées à la double difficulté de faire face à des « perturbations » à la fois climatiques et concurrentielles et cela en réussissant la quadrature du cercle : sauvegarder une économie alors qu’elle est encore dominante, tout en raisonnant sur des changements qui devraient les amener à se transformer profondément. Car le défi véritable est celui de savoir anticiper et répondre à ce qui est devenu une « injonction à l’adaptation ».

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Dans un discours à deux voix, Véronique Peyrache-Gadeau*, économiste et maître de conférences à l’Université de Savoie, et Sarah Rutter*, responsable du projet ClimAlpTour à cette même université, nous ouvrent d’autres pistes.

Anticiper par la prise en compte des enjeux liés au changement climatique.

L’acquisition des connaissances scientifiques concernant les mécanismes et modèles qui décrivent les variations climatiques est une condition préalable à toutes les réflexions sur le devenir du tourisme d’hiver.
Les chercheurs spécialistes du climat sont invités à poser le cadre général des tendances passées et futures en réussissant le difficile exercice d’éviter les simplifications abusives tout en parvenant à rendre lisibles des résultats extrêmement complexes.
Ces résultats prévoient, selon Hubert Gallée [2], « un réchauffement potentiel de la planète à partir d’une augmentation de la température moyenne globale entre 1990 et 2100, qui se situera entre 1.4 et 5.8°C », si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas contrôlées d’urgence.

Val d'Isere village hiver site Pour les acteurs économiques et les décideurs institutionnels cette fourchette est en quelque sorte devenue l’horizon des possibles dans lequel les perspectives d’actions doivent s’inscrire. Cette fourchette devrait même être évaluée à la hausse si l’on prend en compte le fait que les Alpes se réchauffent deux fois plus vite que l’hémisphère nord et presque trois fois plus vite que l’ensemble de la planète. A ces constats et prévisions de changement global, les climatologues ajoutent un effet de variabilité lié à « l’Oscillation Nord-Atlantique » (NAO) « qui influence en particulier les températures minimales durant les hivers européens et les cumuls moyens de neige sur les glaciers Européens ». En termes d’anticipation, cela revient à complexifier une prévision qui doit se raisonner à la fois sur le futur long du réchauffement et le futur proche à 10 ans lié aux variations des cycles solaires. La difficulté est réelle alors d’inscrire l’action en référence à ce double futur et de s’extraire du temps présent de l’observation météorologique. Or, « le risque météo est estimé aujourd’hui, en particulier par les acteurs de la montagne, comme étant beaucoup plus important que le risque climatique à venir » (E. Guilpart).

L’enjeu est donc de dépasser une vue du très court terme qui consiste essentiellement à envisager de compenser les mauvaises saisons par les bonnes. Des changements structurels dores et déjà sont envisagés puisque « les prévisions régionalisées du projet européen « Prudence » prévoient, par exemple pour un scénario (optimiste) de réchauffement climatique de + 1,8 °C à l’horizon 2050, qu’il y aura à 1.500m un mois de neige en moins (mi-décembre/mi-mars) et une année sur trois sans neige en février » (C. Chaix). Ce phénomène affectera nécessairement des stations de moyenne et basse altitude qui sont déjà extrêmement sensibles aux variations climatiques.

Face aux enjeux climatiques : une recherche à l’échelle de l’arc alpin.

La France n’est pas seule destination parmi les pays alpins à devoir faire face aux évolutions du climat, mais elle est peut-être la plus menacée compte tenu de la place prépondérante qu’y occupe l’économie du ski. L’Atlas des Alpes (2008)[3] montre que le tourisme est actuellement le secteur le plus important de nombreuses zones alpines, et cela, grâce aux diverses activités qu’elles proposent et à leurs richesses culturelles et naturelles. Mais l’Atlas souligne la répartition très inégale de l’activité touristique, qui se révèle très intense dans certaines communes et presque inexistante dans les communes voisines. L’ampleur des impacts futurs du changement climatique sera donc très différenciée selon les contextes et leur capacité d’adaptation nécessairement aussi.

Montgenevre VTT siteLa volonté à l’échelle européenne de mieux comprendre et de répondre à ces enjeux pour le tourisme alpin a abouti à la création du projet ClimAlpTour[4]. Ce projet, intitulé « Le changement climatique et son impact sur le tourisme dans l’Espace Alpin », a pour objectif d’identifier des stratégies d’adaptation pertinentes pour les sites touristiques alpins. Il est porté par 18 partenaires de 6 pays alpins – Allemagne, Autriche, France, Italie, Slovénie et Suisse. Les 23 sites pilotes retenus à travers l’Arc Alpin offrent un panel de situations très hétérogènes : ainsi la superficie des sites va de 30 km2 (Les Gets, France) jusqu’à 1.000 km2 (Upper Soca Valley, Slovénie). L’importance du tourisme dans les sites pilotes est aussi très variable. Selon la mesure de l’intensité du tourisme, qui compare le nombre de lits touristiques avec le nombre de résidents permanents, cette intensité va de 0,02 (Comunità Montana Alto Tanaro Cebano Monregalese, Italie) à 9,38 (Montgenèvre, France), et même à 11,03 (Val d’Isère, France). Notons aussi la forte hétérogénéité des situations du point de vue de l’administration des sites pilotes et des territoires concernés. En France, les données les plus pertinentes sont disponibles au niveau de la commune, qui est une unité d’administration restreinte et ne suffit souvent pas à contenir l’ensemble du domaine skiable du site. Ailleurs, notamment en Autriche, les données touristiques sont recueillies à une échelle plus large, influençant la définition du site pilote.

climalp_logo_4C_2_220Autre aspect important, une collecte de données socio-économiques, touristiques, météorologiques et environnementales de chaque site pilote a été réalisée fin 2009 – début 2010. Bien que censée alimenter simplement les analyses ultérieures, la collecte de données s’est révélée très instructive. Elle a souligné que même sous l’effet harmonisateur de l’UE, les pays alpins ont toujours des modalités de collecte et de mise à disposition des données très différentes [5]. Mais la valeur du projet portera surtout sur le partage des expériences et des activités dans les divers sites pilotes. Même si les contraintes et les conditions dans chaque site ne sont pas directement comparables, il sera intéressant d’examiner de près les réactions des différents sites face aux enjeux touristiques et climatiques et les stratégies qu’ils favorisent pour s’adapter aux changements.

Les Gets hiver siteAinsi, en vue d’identifier des stratégies d’adaptation pertinentes dans les sites pilotes, chacun des partenaires engagés dans le programme ClimAlpTour a déterminé, à partir de la collecte de données, des modalités spécifiques de rencontres et d’accompagnement des réflexions entre les acteurs parties prenantes au sein de chacun des sites pilotes.

En France, l’Université de Savoie a souhaité lancer cette démarche avec un séminaire au cours duquel les questions sur les impacts du changement climatique et les tendances actuelles de positionnement de la clientèle ont été abordés. Le séminaire, qui a eu lieu à l’Institut de la Montagne au Bourget du Lac le 7 octobre 2010, a accueilli des participants non seulement des quatre sites pilotes français (à savoir Montgenèvre, Val d’Isère, Les Gets et Les Sept Laux), mais d’autres stations et organismes de la région. Un groupe de représentants des offices de tourisme, des remontées mécaniques, mairies, direction départementale et organisations du tourisme ont écouté les présentations d’Hubert Gallée [2] sur l’état des connaissances du climat, de Christophe Chaix sur les impacts du changement climatique en Savoie, de Jean-Paul Céron de CRIDEAU sur les implications du changement climatique sur l’économie française et le tourisme en montagne et d’Hugues Beesau de la MITRA sur les tendances de la clientèle. Ces présentations ont été suivies par trois ateliers d’échanges, animés par Alain Colson de France Montagne et Eric Guilpart, Jéremie Robyr de Valais Tourisme et Hugues Beesau, et Véronique Peyrache-Gadeau de l’Université de Savoie et Christophe Chaix.

Les idées clés du séminaire « Le Changement Climatique et ses impacts sur les territoires et le tourisme dans l’Espace Alpin ».

A_1.1_positive_4C_en_220_2A quel niveau de changement climatique va-t-on devoir s’adapter ? A cette question Jean-Paul Céron a répondu « le GIEC préconise une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40% pour avoir une chance sur deux de limiter l’augmentation des températures à 2°C ! » Compte tenu de la réticence des politiques et des citoyens à accepter cette nécessité, il est peut-être plus réaliste de se préparer à s’adapter à une forte augmentation des températures. En fait la préoccupation de l’adaptation en matière de politiques publiques est relativement récente ; elle succède à une première phase marquée plutôt par la volonté de l’atténuation du changement climatique. Or on prend conscience aujourd’hui que l’adaptation sera nécessaire puisque l’on n’évitera pas un certain niveau de changement climatique.

Les opérateurs touristiques commencent à en prendre conscience. E. Guilpart a dressé un rapide état des lieux « sur 375 stations en France : 68 ont leur base située à moins de 1.000 m, 228 ont leur base située entre 1.000 et 1.400 m », c’est-à-dire dans les altitudes où la baisse de l’enneigement a été constatée depuis 30 ans et risque de s’accentuer avec la remontée de la limite pluie-neige. Les impacts du changement climatique en particulier sur le tourisme en montagne ont été identifiés dans le cadre du Livre Blanc du climat en Savoie (http://www.mdp73.fr/). C. Chaix les a rappelés : la durée et la qualité de l’enneigement, la fréquence d’hivers plus chauds et plus courts, l’alternance de canicules et d’étés maussades, la répétition d’épisodes caniculaires, la modification des régimes hydrologiques en période estivale (étiage marqué), les risques naturels : l’intensification des précipitations extrêmes (crues), le recul du permafrost en altitude (facteur d’écroulement de parois de haute altitude), l’avancée des pics hydrologiques dans l’année, l’accentuation des laves torrentielles, sont des facteurs de risques non négligeables, tant en termes d’accès aux domaines touristiques qu’en termes d’image, l’altération des paysages «considérés comme typiques» (recul des glaciers, fermeture des paysages…).

Les 7 Laux Pleynet ete _siteLes activités de sport d’hiver seront affectées, sans doute de manière plus forte pour les petites stations des Préalpes qui risquent de voir leur début d’enneigement retardé et leur saison écourtée. Mais les activités de haute montagne (alpinisme, randonnée) pourraient être quant à elles affectées par l’augmentation des risques naturels (écroulements, chute de séracs, …) et les changements de paysage. Par ailleurs, l’accentuation des étiages des rivières, voir des assecs estivaux, ou encore le régime torrentiel des pluies (évènements extrêmes) pourraient impacter les activités d’eaux vives.

Si l’incertitude reste encore importante localement sur les niveaux et les effets de ces risques, il existe un risque potentiellement plus important dans la négation de ces phénomènes et l’inaction. Les processus de décision à toutes les échelles devraient évoluer dans un contexte où il semble difficile de ne s’appuyer que sur les expériences passées.

La diversification du tourisme est en cours.

D’ores et déjà la demande des clients en matière de consommation touristique en montagne a évolué et a poussé à une diversification de l’offre touristique. Les destinations de montagne peuvent compter sur un potentiel d’attractivité encore fort, a rappelé Hugues Beesau : « 73% des Français se déclarent attirés par la montagne l’été et/ou l’hiver ». Les voies d’évolution à envisager sont identifiées : il leur faut notamment « s’ouvrir à la diversité des clientèles, capitaliser sur une identité forte et plurielle, proposer des expériences de vacances et des séjours découverte d’initiation… Intégrer les nouveaux modes de consommation et de discours sur l’offre et adapter la commercialisation/distribution ».

« Dans ces nécessaires mutations de l’économie touristique, le changement climatique est un facteur à intégrer au même titre que les évolutions économiques, sociales, environnementales, ou le changement des pratiques de consommation ». Ainsi, le secteur touristique, qui se caractérise par une forte capacité d’innovation, devrait pouvoir faire naître une diversité de modalités d’adaptation.

Mais il faut noter encore la faible capacité d’anticipations des acteurs : selon Jean-Paul Céron, « la transition des infrastructures et du marché va prendre des décennies dans certains cas ». Les destinations et les professionnels n’ont pas tous les mêmes marges de manœuvre et les mêmes moyens : « Certains acteurs et régions auront besoin d’aide ». Récemment les incidents et les accidents climatiques ont renchérit le coût des assurances. Les financeurs évaluent également les investissements potentiels en montagne selon des critères de plus en plus exigeants. Alain Colson a souligné que « le changement climatique à moyen et long terme entraînera probablement une révision des conditions dans lesquelles des financements externes pourront être obtenus. La viabilité économique et financière de tels équipements sera sans doute plus difficile à montrer ».

D’autres pistes d’innovation envisagées.

Là encore des pistes d’innovation existent, par exemple : « Imaginer de nouvelles formules permettant à la population et aux acteurs économiques locaux de participer au financement d’équipements indispensables au développement touristique (…) Envisager le développement encore plus intense des structures de coopération intercommunale. Ceci permet de penser les équipements touristiques sur une base territoriale plus importante (…) Une réflexion sur un territoire homogène de production touristique, dessinant des voies de développement touristique pour l’avenir en prenant en compte des évolutions probables tant du point de vue des attentes des clients que du point de vue des conditions environnementales et climatiques, permettra d’élaborer un projet cohérent à partir duquel des équipements pourront être prévus. » (Alain Colson)

Cette perspective de rechercher des solutions à l’échelle des « territoires » (et non plus seulement des destinations) a resurgi dans tous les ateliers : des outils en appui aux décisions des acteurs privés et publics ont été mis en place et se développent en faveur de stratégies « sans regret » ou découlant du Grenelle de l’Environnement (Charte de Développement Durable des Stations de Montagne, SCOT, Schéma Régional Air-Energie, Plans Climat Territoriaux…).

A l’échelle des territoires, des projets de développement touristique se reformulent ; ils envisagent des modalités de sorties « par le haut » à l’exemple du Valais, Suisse, où selon Jérémie Robyr « le ski demeure un atout important mais il ne doit être développé que sur les sites qui se prêtent à un enneigement naturel (…) parce que la neige de culture n’est pas une solution de remplacement mais une solution de complément ; qu’elle se justifie comme appoint pour régulariser les variations climatiques et économiques ». La politique cantonale a mis en avant des alternatives de diversification avec mise en place des moyens nécessaires à une promotion efficace du Valais touristique (marque générique « Valais »), « mise en valeur de l’offre de produits indigènes et création de nouveaux produits touristiques à forte valeur ajoutée, valorisation des emplois de la branche touristique, et formation des collaborateurs/trices des entreprises touristiques (…) » entre autres.

Lors des échanges dans les ateliers du séminaire, les nombreuses pistes d’innovation et de réflexion évoquées alimenteront le prochain volet de travail dans le cadre du projet ClimAlpTour. D’ici mars 2011 l’Université de Savoie organisera et animera des ateliers d’acteurs locaux dans chaque station pilote avec pour objectif d’identifier des axes de travail innovants pour répondre aux changements éventuels, et en vue, à partir de cette base d’idées, d’accompagner les acteurs dans l’élaboration de stratégies d’adaptation pertinentes pour leur station. Parallèlement, des ateliers semblables seront animés dans d’autres sites pilotes de l’Arc Alpin, les propositions de stratégies d’adaptation résultant seront ensuite synthétisées et communiquées lors de la conférence finale du projet prévue pour septembre 2011 et dans son rapport conclusif. Une journée de restitution des résultats globaux du projet avec un accent sur les expériences des sites pilotes français aura lieu à Chambéry.

Tous les supports du séminaire sont accessibles sur http://www.institut-montagne.org/Seminaire-CLIMALPTOUR. Pour plus d’informations sur le projet ClimAlpTour, consulter le site web du projet : www.climalptour.eu

[1] http://www.observatoire.savoie.equipement-agriculture.gouv.fr/Atlas/5-tourisme.htm, consulté le 17/01/2011
[2] Hubert Gallée du Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement – LGGE, CNRS Grenoble, et Christophe Chaix de Mission Développement Prospective MDP, deux spécialistes du climat, sont intervenus au séminaire de Climalptour qui s’est tenu en octobre 2010. Les autres intervenants du séminaire étaient : Hugues Beesau de la Mission Ingénierie Touristique Rhône-Alpes – MITRA ; Jean Paul Céron du Centre de recherches interdisciplinaires en droit de l’environnement de l’aménagement et de l’urbanisme – CRIDEAU, Université de Limoges, Alain Colson de France Montagnes ; Éric Guilpart, directeur interrégional adjoint de la Caisse des Dépôts et Consignations, Rhône Alpes ; Jérémie Robyr, ancien président de Valais Tourisme, Suisse ; Véronique Peyrache-Gadeau et Sarah Rutter de l’Université de Savoie.
[3] Tappeiner U., Borsdorf A. et Tasser E. (Eds.), « Alpenatlas – Atlas des Alpes », Spektrum Akademischer Verlag Heidelberg, atlas réalisé dans le cadre du projet Espace Alpin « DIAMONT » http://diamont-database.eu/
[4] ClimAlpTour fait parti du programme « Espace Alpin », programme transnational de coopération dans les Alpes. Les projets menés dans le cadre du programme « Espace Alpin » sont portés par divers acteurs à travers de l’Arc Alpin, tels que des administrations, collectivités, gouvernements locaux, ministères, universités et instituts de recherche publics et privés, avec un accent mis sur la recherche appliquée pour les acteurs du terrain. Ils sont financés par le FEDER (Fonds Européens de Développement Régional) de l’Union Européenne.
[5] On note par exemple que les données socio-économiques restent plus accessibles en Allemagne et Autriche, et que les données touristiques – nombre de nuitées, d’arrivées, même le nombre de lits touristiques dans une station – sont parfois difficilement disponibles pour les stations françaises surtout sur le long terme, peut-être depuis que le livre d’enregistrement des arrivées n’est plus obligatoire. Ces données devraient être un outil clé dans la gestion de la stratégie touristique d’une station, pour informer et soutenir les décisions prises.

*Sarah Rutter est responsable du projet ClimAlpTour à l’Université de Savoie. Elle coordonne la collecte et le traitement des données pour l’ensemble des partenaires du projet et elle accompagne les acteurs de montagne en France dans leurs réflexions stratégiques. Véronique Peyrache-Gadeau est économiste et maître de conférences à l’Université de Savoie. Elle travaille sur les enjeux de développement en montagne et des questions de durabilité.

Crédits photos : Les 7 Laux : Régis Bouchu/Actophoto – Les Gets : Nicolas Joly, OT des Gets – Val d’Isère : OT de Val d’Isère – Montgenèvre : OT de Montgenèvre

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