Du développement durable à une démocratie écologique | 1ère partie
Article de Dominique Levet, le 23 mai, 2011
L’humanité est face à la plus grave crise qu’elle ait eue à affronter depuis ses origines : la crise écologique. Il en va de son avenir, de sa survie ; car c’est bien elle qui est en danger, non la terre qui s’est longtemps passé de l’humanité et le ferait très bien encore.
La crise, apparue à la fin des années Soixante, se caractérise par deux phases. La première a concerné la lutte contre les pollutions locales qui nécessitait la mise en œuvre d’actions de protection sans que celles-ci remettent en cause le mode de développement occidental ; la seconde touche aux problèmes globaux que nous devons affronter, au caractère le plus souvent irréversible : le réchauffement climatique, l’appauvrissement de la biodiversité, l’épuisement des ressources fossiles et des ressources en eau douce, etc. ; qui bouleversent les données géopolitiques de notre monde, ignorant les frontières des Etats et les limites des continents.
Dans le cas de la première phase, grâce à la mobilisation de militants vivant à proximité des sites pollués, le combat associatif, relayé ou appuyé par les politiques des Etats les plus riches, s’est révélé efficace tout en empruntant le cadre des pratiques démocratiques habituelles, celles de la démocratie représentative. En revanche, la phase actuelle nous conduit à remettre en cause les fondements même de notre société, consumériste et démocratique, puisque ce qui nous est demandé, sinon ce qui est exigé, c’est d’abandonner un mode de vie – le modèle occidental - auquel nous sommes attachés et que des générations ont mis plusieurs siècles à construire. La crise écologique, dans les termes où elle se pose aujourd’hui, nous contraint à l’épreuve de vérité : il faut cesser de masquer, derrière un discours d’adaptation et des actions trompeuses – le développement durable jouant le rôle d’une variable d’ajustement de l’économie libérale - l’ampleur du divorce qui existe entre économie de marché sans contrôle et écologie. Il faut, également, oser poser la question : est-ce que la démocratie représentative a la capacité d’appréhender correctement le défi écologique et de lui apporter les bonnes réponses ?
A cette question, la réaction de Dominique Levet, professeur en sciences politiques des problématiques environnementales et de développement durable à Paris Tech, vice-président de la Maison Alpine du Développement Durable. C’est aussi avec un regard d’historien qu’il rappelle, dans cette première partie d’article en deux temps, les grandes lignes du concept du développement durable, indispensables pour pouvoir apprécier l’enjeu de la démocratie écologique qui ouvre de véritables perspectives.
Le développement durable, dont l’acte de naissance remonte à la conférence de Rio de Janeiro, en 1992 – le « Sommet de la Terre » où l’on a vu naître une ébauche de conscience planétaire – est, pour beaucoup, le moyen d’échapper à l’impasse « mortifère » dans laquelle l’humanité s’est enfermée. Entre « coquille vide » et nouvelle « idéologie totalitaire » pourra-t-il apporter une réponse à la crise actuelle, accoucher d’une nouvelle civilisation, planétaire, véritablement humaniste, construite sur le respect de l’homme et des nouvelles solidarités établies entre celui-ci et la biosphère, entre les populations, entre les Etats et régions du monde et à l’intérieur de chacune de ces entités ?
La relation de l’homme a son environnement : une problématique de toujours.
L’homme a de tout temps imposé son empreinte à la nature. C’est vrai dès homo habilis (de 2,5 à 1,8 M. années) avec la cueillette, la chasse et la pêche. Le phénomène s’est accentué avec l’invention de l’agriculture dans le Croissant fertile[1] (entre - 12000 et – 7000), amplifié à l’entrée dans la période historique (IVe – IIIe millénaire avant J.-C.) puis, considérablement accéléré à partir du XIXe siècle avec la Révolution industrielle et l’utilisation massive des énergies fossiles. Sauf, qu’aujourd’hui, il en va de la destruction de la niche écologique dans laquelle vit l’humanité et qu’à terme cette situation, inédite à l’échelle de la planète, hypothèque les chances de survie de cette même humanité.
Le début de la crise écologique est bien antérieur au moment où elle s’est révélée. Le cas du dérèglement climatique l’illustre : tous les acteurs étaient en place dès les débuts de la Révolution industrielle (XVIIIe – XIXe siècles), entre autres, une pression démographique forte qui s’accentuait avec rapidité et une demande en matières premières
fossiles – charbon puis pétrole et gaz - qui connaissait une progression géométrique et lançait dans l’atmosphère une quantité incroyable de CO2, dont on ne peut plus ignorer les conséquences néfastes sur l’effet de serre depuis les travaux de Claude Lorius [2] et de ses collègues. En inventant la machine à vapeur l’homme s’est libéré de la contraignante et épuisante tâche de produire lui-même l’énergie nécessaire à la production agricole et manufacturière mais, en même temps, il a créé une rupture et libéré des forces insoupçonnées, capables de modifier la stabilité bioclimatique de l’Holocène[3] qui régissait le monde depuis plus de 10 000 ans. Géologues et physiciens en ont tiré la conclusion que nous sommes entrés dans une ère nouvelle, « l’ère des humains » ou Anthropocène.
Si l’on prend l’exemple de la déforestation elle fut vite un problème : Platon, au Ve siècle avant J.-C., l’évoque dans le Critias[4]. Le Japon des Shogun Tokugawa, au XVIIe siècle, a montré qu’il était possible d’arrêter et d’inverser les effets catastrophiques d’une déforestation systématique. La société polynésienne de l’île de Pâques[5], dans le Pacifique, illustre le contraire. Elle a disparu pour ne pas avoir su prélever sur sa ressource en bois que, ce que celle-ci pouvait supporter. Aujourd’hui, la poursuite des actions de déforestation en Amazonie, en Malaisie, dans la forêt boréale du Canada[6], montre que l’homme tire difficilement un enseignement des expériences du passé, bonnes ou mauvaises.
Les problèmes qui relèvent de l’utilisation de l’eau douce ne sont pas nouveaux. Ils ne sont, aujourd’hui, que plus dramatiques car on peut « parler de finitude absolue pour l’eau douce »[7] ; des régions entières vont en manquer à plus ou moins brève échéance. Les grandes plaines céréalières des Etats-Unis, auront, selon les estimations des scientifiques, d’ici trente à cent ans, épuisé les ressources de la nappe de l’aquifère fossile de l’Ogallala qui s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres, de l’Etat du Nebraska au Nord au Texas au Sud[8].
On rencontre, dès la plus haute Antiquité, difficultés d’irrigation des terres mises en cultures, volontés de détourner l’eau pour en priver son voisin, conflits entre particuliers ou entre cités-Etats. En Basse Mésopotamie, à l’époque sumérienne archaïque (vers – 2400), une guerre opposa les cités-Etats de Lagas et Umma, sur l’Euphrate, au sujet d’une terre de « Bord de steppe » située à leur frontière. Umma, en amont, avait fermé les canaux d’irrigation qui permettaient à Lagas d’arroser ses cultures. Vaincu, le roi d’Umma dû prêter serment à celui de Lagas : « Au grand jamais, je ne transgresserai le territoire du dieu Ningirsu ! Je ne détournerai pas (le cours de) ses canaux ni des rigoles d’irrigation ! ».[9] On ne plaisantait pas avec une ressource aussi rare, enjeu de pouvoirs, aux conséquences démographiques et économiques des plus importantes.
A la fin du IIIe millénaire, sous les rois d’Ur, les administrateurs de la région de Lagas étaient responsables devant le Grand Vizir de l’irrigation des terres. Ils devaient a) lui demander l’autorisation d’irriguer un champ avant d’ouvrir les vannes ; b) s’ils laissaient griller les cultures ils en répondaient sur leur vie : « Songa (du domaine) de […], a déclaré (sous serment) par la vie du roi que lorsque ses champs inondés se seront asséchés, il ne procédera en aucun cas à (leur) irrigation sans autorisation du (Grand Vizir) mais que s’ils se dessèchent, il sera mis à mort. »[10]
Cet exemple nous montre que l’irrigation, en Basse-Mésopotamie, était une question vitale. En conséquence, le pouvoir central exigeait de ses administrateurs, tout à la fois, une conscience aiguë de leurs responsabilités et une parfaite connaissance de la gestion de l’eau. Sinon, ils le payaient de leur vie ![11] La crise écologique est, de fait, ancienne. En revanche, sa mise en évidence par les travaux des scientifiques est récente : elle remonte au XIXe siècle avec le développement d’une « réflexion écologique critique » Quant à la prise de conscience de cette crise, par le grand public, elle s’est faite après la Seconde Guerre mondiale sous la pression du développement des économies occidentales, de l’innovation technologique et de l’explosion démographique.
Premières initiatives au XIX siècle.
La création des Réserves artistiques de la Forêt de Fontainebleau sur l’initiative des peintres de l’Ecole de Barbizon (1861), celle du Parc national de Yellowstone aux Etats-Unis (1882), les mesures prises par Abraham Lincoln pour protéger les séquoias géants de Mariposa Grove en Californie (1864), attestent de l’ancienneté des mesures de préservation et de conservation de la nature prises par les autorités politiques.
En France, les mesures de protection de la forêt sont intervenues très tôt. A la fin du XIIIe siècle, Philippe IV le Bel légifère dans le but d’obtenir une « gestion durable » de la forêt ; au XVIIe siècle, Colbert incite à « une politique de forêt durable avant l’heure, motivée par des besoins économiques précis »[12]; sous le Second Empire, une loi rend obligatoire la conservation des forêts « stratégiques » dans le but de protéger les populations d’accidents naturels.[13]
Ces quelques exemples montrent que peu à peu, une prise de conscience des questions touchant à l’environnement est apparue, accompagnée d’une législation qui s’est traduite par des actions de politiques publiques, sans qu’on puisse, pour autant, parler de développement durable.
Naissance et première évolution du concept de développement.
Il est certain que la notion de développement existe dans la conscience des Européens, dès le XIXe siècle, avec le souci d’améliorer les conditions de vie matérielles des plus pauvres – monde des campagnes et surtout monde ouvrier qui prennent de plus en plus d’importance avec la Révolution industrielle. En France, la politique conduite par les républicains, après l’instauration de la IIIe République (1870), avec les mesures prises en faveur de l’enseignement public : gratuité (1881) et obligation (1882) de l’enseignement primaire ; de la légalisation des syndicats (1884) – droit de grève reconnu en 1864, sous Napoléon III. En Allemagne, le Chancelier Bismarck, jette les bases de l’Etat providence en créant un système d’assurances obligatoires pour les ouvriers (1883). Aux Etats-Unis, la guerre de Sécession (1861-1865) et la victoire du Nord – c’est à dire de la partie industrialisée et la plus peuplée (l’Union), acquise au progrès technologique et aux transports grâce auxquels elle a gagné sur un Sud rural (la Confédération), traditionnel, dominé par les grands planteur - installe, jusqu’à la crise économique de 1929, l’optimisme, la foi en l’avenir, la croyance dans un monde meilleur qui repose sur l’économie libérale.
Le concept de « développement » n’apparaît vraiment, qu’après la Seconde Guerre mondiale quand, dans son discours d’investiture à son second mandat présidentiel, Harry Truman, le 20 janvier 1949, emploie l’expression « régions sous-développées » pour désigner celles qui par « leur pauvreté constituent un handicap et une menace, tant pour (elles) que pour les régions les plus prospères » ; jusqu’alors, les grandes puissances coloniales parlaient de « mise en valeur » des territoires de leurs colonies et non de développement. En opposant les régions développées aux régions sous-développées, Truman supposait, implicitement, l’existence d’un modèle, les Etats-Unis, pays d’abondance et d’économie libérale. Outre des considérations morales – comment ne pas aider les pays les plus pauvres alors que les Etats-Unis apportaient leur aide à l’Europe en pleine reconstruction ? -, la volonté de s’ouvrir de nouveaux marchés et la lutte contre l’ennemi idéologique, l’URSS, jouèrent un rôle essentiel. A la sortie de la Seconde Guerre mondiale, le plan Marshall (1947) créait une forme d’« économie de rattrapage » en faveur de l’Europe libérée du nazisme, la pauvreté était dénoncée comme un agent de pénétration du communisme et, par conséquent, les termes de « croissance économique » et de « développement » devenaient une arme de la Guerre froide. D’autant, que les mouvements d’indépendance dans les anciens empires coloniaux, anglais et français, mettaient sur la scène internationale un tiers monde « ignoré, exploité, méprisé comme le tiers état, (qui voulait) lui aussi être quelque chose » (Alfred Sauvy, qui en 1952 inventa l’expression « tiers monde ») et qui, dans sa volonté de se développer, avait à choisir entre le capitalisme et le socialisme, version URSS. Quel que fut le choix, aucun Etat nouvellement créé ne put échapper à l’obligation d’établir une planification - incitative ou coercitive selon le cas - et à travailler avec les économies informelles locales avec, pour corollaire, la création d’un secteur public puissant. La double décennie, Soixante et Soixante-dix, s’annonçait alors comme « l’ère du développement ».
Celui-ci devait être financé d’une part par les impôts prélevés sur les exportations de matières premières en provenance des pays pauvres, d’autre part grâce aux aides versées par les pays riches, sous forme de dons ou de prêts. En 1961, les Nations Unies élaboraient un plan d’aide aux pays en voie de développement financé par les pays développés qui verseraient une contribution de 1% du montant de leur PIB. La dette des pays pauvres se montait alors à 7 milliards de dollars (1960) mais grimpa très rapidement pour atteindre la somme considérable de 650 milliards de dollars à la fin de la décennie 70 (multipliée par 100 en vingt ans !) Elle représentait alors 160% des exportations de ces Etats !
Les crises pétrolières de 1973 et 1979 eurent pour les pays en voie de développement une double conséquence : elles furent bénéfiques pour les Etats producteurs et exportateurs de pétrole ; en revanche, elles aggravèrent la situation des pays démunis de matières premières qui ne purent plus honorer leur dette. L’Afrique fut la première et la plus durement touchée. C’est alors qu’entrèrent en scène des organismes internationaux comme le FMI et la Banque Mondiale, dans un contexte de politique ultra libérale imposée par Margaret THATCHER (1979-1990) au Royaume-Uni et Ronald REAGAN (1981-1989) aux Etats-Unis. Les pays au bord de la faillite (en particulier les pays africains) se virent imposer des plans d’ajustements structurels et leur endettement, auprès du FMI et de la Banque Mondiale, ne fit que croître. La décennie 1980-1990 se révéla être « la décennie perdue du développement ».
Les premières alertes.
Un rapide retour en arrière nous permet de prendre acte qu’au début des années Soixante-dix un mouvement de contestation de l’« idéologie du développement », selon le « modèle occidental », prit naissance. En 1972, à l’initiative du Club de Rome[14], est publié sous le titre provocateur de « Halte à la croissance ! » un rapport qui dénonce une crise environnementale et sociétale à l’échelle mondiale[15]. Il inquiéta les milieux politiques, économiques et syndicaux - nous sommes encore dans l’euphorie des Trente glorieuses – et si ses conclusions se révélèrent en partie erronées[16], il n’en posait pas moins la question des limites écologiques de la croissance démographique et économique et condamnait « […] la croissance matérielle perpétuelle (qui) conduira tôt ou tard à un effondrement du monde qui nous entoure ».
La prise de position du Club de Rome (1968) suivie de son rapport (1972) sont relayées par la Conférence des Nations Unies sur l’environnement qui se tient à Stockholm, du 5 au 16 juin 1972, et qui répond au mot d’ordre : « Une seule Terre ! » Dans la déclaration finale est affirmée « la nécessité d’adopter une conception commune et des principes communs qui inspireront et guideront les efforts des peuples du monde en vue de préserver et d’améliorer l’environnement. » L’homme est reconnu « à la fois créature et créateur de son environnement », celui-ci lui donnant les moyens d’assurer sa « subsistance physique » mais aussi « la possibilité d’un développement intellectuel, moral, social et spirituel. » Quant à sa capacité de « transformer le milieu dans lequel il vit » elle peut être utilisée avec discernement pour le bienfait de l’humanité ou « abusivement et inconsidérément » et créer « un mal incalculable aux êtres humains et à l’environnement » Ainsi, la vulnérabilité de la planète est mise en avant, l’action de l’homme, placée au cœur de la question, apparaît déterminante - en particulier celle de l’homme des pays les plus développés où « les problèmes de l’environnement sont généralement liés à l’industrialisation et au développement des techniques » - la nature des liens qui existent entre environnement et développement est examinée, les deux étant liés dans une problématique générale et des actions à conduire au niveau mondial. La question du sous-développement est posée (point 4 de la déclaration finale) et une conclusion s’impose : « les pays en voie de développement doivent orienter leurs efforts vers le développement, en tenant compte de leurs priorités et de la nécessité de préserver et d’améliorer l’environnement. ».
Les années Soixante-dix à Quatre-vingt ont été marquées par un double mouvement : une mise en cause idéologique et parfois violente du développement selon le modèle occidental – celui d’une société d’abondance, de consommation, de gaspillage - mais aussi une volonté de réconcilier développement et environnement.
Se succèdent alors ou se superposent plusieurs théories. Le concept d’écodéveloppement (1974) qui distingue les « limites internes », les besoins, des « limites externes », les ressources physiques disponibles. Les Nations Unies, en 1974, appellent à instaurer un « nouvel ordre économique international (NOEI) plus humain et plus équitable » et à établir « une démocratie socioéconomique planétaire ». Mais le contexte international ne s’y prête pas, c’est celui de la guerre froide.
Certes, une réflexion sur les réserves énergétiques, sur l’exploitation des ressources, les espaces maritimes et extra atmosphériques eut lieu avec, en perspective, la notion de « patrimoines communs de l’humanité » à gérer par « une souveraineté planétaire décentralisée ». Mais, en attendant, on applique toujours une stratégie de développement conçue comme un rattrapage du modèle occidental, Etats-Unis en tête.
Deux notions, apparues dans la décennie 70-80, celle du principe de subsidiarité [17] (CEE) et celle de développement durable – première formulation à la conférence de Cocoyoc à Mexico (1974) - tentent d’apporter une réponse aux débats sur la dégradation de l’environnement et la misère humaine, lorsqu’en 1980, l’UICN présente sa « Stratégie mondiale de la conservation » pour « contribuer à l’avènement du développement durable », et que de nouvelles problématiques émergent, entre autres, celles autour du climat (1979). C’est pour chercher une réponse à cette crise que l’Assemblée générale des Nations unies a créé, en 1983, la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement (CMED) et qu’elle en a confié la présidence à la Norvégienne Madame Harlem Brundtland.
La CMED présente les conclusions de ses travaux dans son rapport « Notre avenir à tous », adopté à l’unanimité, le 11 décembre 1987, par l’assemblée générale des Nations Unies. Par bien des aspects il s’agit d’un document fondateur dans la mesure où il affirme qu’environnement et développement vont de pair et propose une démarche, le développement soutenable - « sustainable development » - porteur d’espoir pour sortir de la crise. Le développement durable est présenté comme « […] un processus de changement dans lequel l’exploitation des ressources, le choix des investissements, l’orientation du développement technique ainsi que le changement institutionnel sont déterminés en fonction des besoins tant actuels qu’à venir » Le Sommet de la Terre qui s’est tenu à Rio, du 3 au 14 juin 1992, à l’initiative des Nations unies, constitue le véritable acte de naissance du développement durable.
1 En réalité il y eut plusieurs foyers où l’homme est passé de cueilleur, pêcheur et chasseur à la culture et à l’élevage. Et, chaque fois, ce sont des trajectoires singulières, comme on peut en rencontrer en Chine, en Amérique du Sud, en Afrique… Jean GUILAINE, Caïn, Abel, Ötzi. L’héritage néolithique, Bibliothèque des Histoires, Gallimard, 2011.
2 Claude LORIUS – Laurent CARPENTIER, Voyage dans l’Anthropocène, cette nouvelle ère dont nous sommes les héros, Actes Sud, 2010.
3 Dans l’échelle stratigraphique des temps géologiques, l’Holocène est l’époque interglaciaire qui suit le Pléistocène (période de Würm dans les Alpes) celui-ci correspondant à des cycles glaciaires dans l’hémisphère Nord.
4 « […] elle (l’Attique) avait sur ses montagnes de vastes forêts, dont l’existence nous est encore aujourd’hui clairement attestée, puisque de ces montagnes, qui aujourd’hui ont seulement de quoi nourrir des abeilles, on amenait, en un temps qui n’est pas extrêmement lointain des arbres coupés pour en faire la charpente des plus grands édifices, et que ces toitures sont encore intactes. Il y avait aussi beaucoup de hauts arbres de culture, et, d’autre part, la terre portait pour les bestiaux une inconcevable pâture. » Platon, Oeuvres complètes II, Critias, éd. de la Pléiade, 1950, p. 532.
5 Jared DIAMOND, « EFFONDREMENT – Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie » Gallimard, NRF Essais, 2006 (édition française). Se reporter au chapitre 2 de la deuxième partie : « Crépuscule sur l’île de Pâques » (pages 85 à 138)
6 A lire plusieurs articles dans le Courrier internationale. Entre autres : N°930, du 28 août 2008, « Au Canada on pollue en grand » de Josh HARKINSON ; N° 1055, du 20 au 26 janvier 2011, « La guerre du Mackenzie est déclarée » de Chris WOOD.
7 Dominique BOURG, Kerry WHITESIDE, Vers une démocratie écologique, Coll. La République des idées, Seuil, 2010, page 32.
8 Jean FIAWOUMO, L’Amérique boit trop, Alternatives internationales, n° 021, février 2005.
9 Inscription de la « Stèle des Vautours », XXIVe siècle avant J.-C., trouvée à Tello, Basse-Mésopotamie. Musée du Louvre, Paris.
10 Archives administratives de la IIIe dynastie d’Ur, IIIe millénaire avant J.-C. Tablettes trouvées dans la région de Lagas.
11 Bernard LAFONT, Eau, pouvoir et société dans l’Orient ancien… In, Stratégies d’acquisition de l’eau et société au Moyen-Orient depuis l’Antiquité. Publication de l’Institut français du Proche-Orient (Ifpo).
12 GRAMMON (André), « Histoire, enjeux et usages contemporains de la forêt durable », conférence, Mission Agrobiosciences, février 2006.
13 Alexandre SURRELL (1813-1887), ingénieur des Ponts et Chaussées, hydraulicien, joua un rôle de précurseur dans ce domaine. Spécialiste de l’érosion des sols il mit en application ses connaissances théoriques pour la protection des villages des Hautes Alpes touchés par les crues des torrents. Il est l’auteur d’une « Etude sur les torrents des Hautes Alpes » qu’il rédigea quand il était en activité à Embrun.
14 Créé, en 1968, le Club de Rome est composé de scientifiques, d’économistes, d’hommes d’affaires, de hauts fonctionnaires, d’hommes politiques… qui réfléchissent dans le cadre d’une approche pluridisciplinaire et globale aux grandes problématiques mondiales.
15 Le Club de Rome avait commandé son rapport au Massachusetts Institute of Technologie (MIT). Il parut en anglais sous le titre : « The limits to Growth » traduit en français par « Les limites de la croissance »
16 Les experts du MIT estimaient à 14,4 milliards d’humains la population pour 2050. Elle sera, d’après les prévisions actuelles, de l’ordre de 9 milliards. Quant au pétrole et au gaz, si nous savons que leur réserves s’amenuisent d’année en année, en revanche elles n’ont pas été épuisées, comme le MIT l’annonçait, en 1992 et 1994.
17 Le principe de subsidiarité est inscrit, solennellement, dans le traité sur l’Union européenne (traité de Maastricht – 7 février 1992). Il stipule que les décisions prises au sein de l’U. E., le sont au « plus près possible des citoyens, conformément au principe de subsidiarité ». Il est déjà mentionné dans le traité instituant la Communauté européenne, signé à Rome le 25 mars 1957 : « […] la Communauté n’intervient, conformément au principe de subsidiarité, que si et dans la mesure où les objectifs… » – art. 5 (ex-article 3 B).





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