Entre temps il y a eu Fukushima

Article de Myriam Caudrelier, le 7 mai, 2011

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Le tremblement de terre et son corollaire, la catastrophe nucléaire qui révèle le degré d’implication de l’homme dans les risques écologiques : climat, eau, alimentation, biodiversité, ressources non renouvelables, risques industriels,

… et la petite fille de quatre ans issue d’une nouvelle de Haruki Murakami « Après le tremblement de terre », 2000. Je crois que c’est parce qu’elle a trop regardé les informations à la télévision… c’est depuis le tremblement de terre qu’elle se réveille toutes les nuits. Elle dit que c’est un vilain monsieur qu’elle ne connait pas qui vient la réveiller. Elle l’appelle « le bonhomme tremblement de terre » ; il la réveille pour la faire rentrer de force dans une petite boîte, une boîte qui n’est pas du tout de taille à contenir un être humain. Elle se débat pour ne pas y entrer. Et il la tire par la main et la plie en quatre en faisant craquer ses articulations pour la mettre de force dedans. C’est à ce moment là qu’elle se réveille.

Quel niveau de communication faut–il donc utiliser pour informer des situations exceptionnelles ? Existe t-il un canal pertinent pour faire prendre conscience de l’évènement, de l‘urgence sans générer la peur et la paralysie ? Quel ton, quelle émotion dans la voix pour toucher l’autre et le convaincre de la nécessité de changer, d’abandonner ses schémas individualistes pour l’amener vers une démarche responsable empreinte d’humanisme.

Nous devons réinventer nos repères car nos cartes sont devenus muettes, les recettes de perlimpinpin inopérantes. Nous avançons en terre inconnue en convoquant compas, analyses, modélisations : que sera l’humanité dans 100 ans si nous ne faisons rien ?

Une ouverture peut-être : à défaut de savoir gérer l’incertitude, appliquer le principe de précautions. Convoquer l’intelligence, nos capacités psychiques et sociétales à travailler ensemble. Le bons sens et l’action en sont les premières règles.

Ensuite « avoir le courage de porter les questions de telle manière que ce courage de porter les questions engendre quelque chose qui ne soit pas stérile ». Tel est le défi de l’humanité.

Le développement durable n’est pas une contrainte supplémentaire, une option, ou un argument publicitaire ; il devient la condition suprême à notre liberté.

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