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	<title>DurAlpes.com : Le développement durable dans les Alpes</title>
	<link>http://www.duralpes.com</link>
	<description>Le développement durable dans les Alpes : Urgence, Gestion, Climat, Réchauffement climatique, Tourisme, Eau, transports, Isère, Savoie, Hautre-Savoie, Suisse, Intelligence collective, Ecologie industrielle, Energie, Chauffage, Bois, Solaire, Geothermie, Glacier, Parc naturel régional, Environnement, Réchauffement climatique, Economie, Glaciers,</description>
	<pubDate>Mon, 08 Mar 2010 20:29:50 +0000</pubDate>
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		<title>Vancouver, le revers de la médaille</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Mar 2010 06:53:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie Durand</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[ACTIONS]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160;
Les Jeux Olympiques - JO - sont un « méga événement » sportif et touristique. Pendant 15 jours, à l’échelle du globe, des millions de spectateurs vivent des émotions fortes devant les performances des futurs champions. Pour autant, à l’heure où les individus comptabilisent les scores de leur empreinte écologique et semblent être sensibles à la cause [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Les Jeux Olympiques - JO - sont un « méga événement » sportif et touristique. Pendant 15 jours, à l’échelle du globe, des millions de spectateurs vivent des émotions fortes devant les performances des futurs champions. Pour autant, à l’heure où les individus comptabilisent les scores de leur empreinte écologique et semblent être sensibles à la cause de la planète, de nombreuses controverses s’ouvrent sur le bien-fondé d’un tel événement.<br />
Les JO d’hiver interpellent désormais les villes candidates. Se posent les problèmes climatiques (baisse de l’enneigement), du transport des spectateurs et des athlètes, du déplacement des populations pour la construction du village olympique, de la fabrication des infrastructures, de sites artificiels&#8230;<br />
Le sujet est délicat. Car comment faire abstraction de l’aventure humaine qui marque à jamais une vie : dans un ultime dépassement de soi le sportif exulte ; les organisateurs s’unissent dans des mouvements de solidarité inespérée ; la cohésion locale touche au paroxysme ; demain, les spectateurs seront tous sportifs ! Ils le disent tous, ceux qui ont vécu ces moments d’exception, l’homme redevient humain.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/ndurandsite-2.jpg" height="259" style="width: 220px; height: 261px" />Qu’en pense la planète ? Quel équilibre à trouver entre impacts négatifs et positifs ?<br />
La récompense suprême, ne serait-elle pas celle qui couronnerait le programme de la ville candidate aux jeux construit en adéquation avec les enjeux du développement durable ?<br />
Top chrono ! La ville d’Annecy est en lice.<br />
A travers l’exemple des JO de Vancouver annoncés comme les plus « verts » de l&#8217;histoire, sans pour autant satisfaire à toutes les attentes, et avant l’ouverture des jeux paralympiques, <em><font color="#8b0000"><strong>Nathalie Durand*</strong>, d<span lang="FR-CH">irectrice générale de l’Observatoire Sport et Développement Durable (OSDD), experte en sport et développement durable, </span></font></em>slalome sur le blanc de la page entre problématiques sportives et perspectives encourageantes.</p>
<p align="justify">À l’origine scandinave, les Jeux d’hiver[1] furent adaptés en région alpine - France, Italie et Suisse - par les hôteliers, les syndicats d’initiative et les compagnies de chemin de fer pour favoriser le tourisme de montagne, le tourisme « blanc ». Plutôt hostile à l’idée d’une appropriation extérieure de leurs Jeux, la Scandinavie proposa alors que les manifestations situées en dehors de leur frontière soient désignées par « Semaine internationale des sports d’hiver » ; cette semaine deviendra ensuite « Jeux olympiques d’hiver ».</p>
<p align="justify"><strong>Les JO d’hiver : une course démesurée ?</strong></p>
<p align="justify">Les premiers Jeux d&#8217;hiver eurent lieu en France, à Chamonix, en 1924. Ils regroupaient 16 pays, 300 sportifs avec pour discipline le patinage artistique, le combiné nordique, le hockey sur glace, le curling et le bobsleigh. La facture de ces premiers Jeux Olympiques s’éleva à environ 2 millions de francs, soit, à valeur constante, près de 167 millions d’euros[2] pour construire les infrastructures sportives nécessaires[3].<br />
<img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/james-bonheur-jo-2010-site.jpg" height="230" style="width: 220px; height: 224px" />Depuis, à chacune des Olympiades d’hiver, les jeux franchissent une marche supplémentaire. Toujours plus hauts, toujours plus beaux. La soif des sommets n’est jamais assouvie : encore plus de participants, de nations, de disciplines sportives, de visiteurs, de téléspectateurs… Les équipements sportifs et les infrastructures énormes, sont les signes extérieurs visibles du gigantesque iceberg que représente l’engagement financier des Jeux modernes. A titre d’exemple, les JO d’hiver de Vancouver ont mobilisé[4] : 82 pays représentés, 5 500 athlètes et employés, 10 000 journalistes, 3 milliards de téléspectateurs dans le monde entier et 75 millions de connexions internet.</p>
<p align="justify"><strong>Pour quels enjeux financiers et sociaux.</strong></p>
<p align="justify">La charge d’investissement des Jeux olympiques de Vancouver s’élève à plus de 7 milliards de dollars canadiens[5] - CAD - soient environ 5 milliards d’euros, qui se répartissent entre : construction des sites et infrastructures 2 902 millions d’euros ; budget du comité organisateur et frais de candidature 1 276 millions d’euros ; sécurité  705 millions d’euros ; dépenses locales pour la promotion des Jeux 76  millions d’euros.<br />
Montant d’autant plus démesuré qu’une partie de la facture devra être prise en charge par les contribuables canadiens pour 2 milliards d’euros, ceux de Colombie Britannique pour 2 milliards d’euros supplémentaires, et même ceux du Québec devront supporter 10 millions d’euros. Ces prélèvements nouveaux se traduiront entre-autres par des coupes dans les services sociaux, des réductions de bourses aux étudiants et des programmes d’art[6] ; que la ville de Vancouver doit faire face à des défis sociaux préoccupants : le nombre de SDF a doublé entre 2002 et 2008, passant de 1 121 personnes sans-abri[7] à 2 660 ; et que le pays tout entier compte plus de 300 000 SDF, 1.7 million de résidents en difficulté, dont 30% pour les tribus !</p>
<p align="justify"><strong>Pour quels enjeux environnementaux ?</strong></p>
<p align="justify"><em><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/logo_jeux_olympiques_2010-site.jpg" height="279" />L’enneigement :</em><br />
La réussite des Jeux Olympiques d’hiver est inhérente à la qualité et à l’enneigement des pistes. Or, les précipitations n’ont pas permis à Vancouver d’offrir la qualité de neige espérée. Pour pallier cette situation, l’organisation a dû avoir recours aux camions et aux hélicoptères pour transporter la neige des sommets vers les zones de plus basse altitude, et à 35 canons à neige d&#8217;une capacité d&#8217;environ 23 millions de litres d&#8217;eau, pour produire de la neige artificielle.<br />
L’impact environnemental étant à ce niveau de deux ordres : les émissions de gaz à effet de serre supplémentaires des camions et hélicoptères ; et celui du recours à la neige de culture qui, plus dense que la neige naturelle, conduira, parce qu’elle gêne le reverdissement des pistes à la belle saison, à l’épandage massif d’engrais.</p>
<p align="justify"><em>La biodiversité :<br />
</em>L’accueil des 5 500 athlètes et employés, 10 000 journalistes et 500 000 visiteurs a nécessité la construction de nombreuses infrastructures hôtelières et sportives, érigées malheureusement sur des lieux de grande richesse en faune et flore, avec, comme incidence, l’artificialisation des sols et la perte de la biodiversité ! Un vrai paradoxe à l’heure où la communauté scientifique mondiale s’alarme sur la perte de la biodiversité dans le monde, liée en grande partie aux facteurs anthropiques : la moitié des espèces vivantes que nous connaissons pourrait disparaître d&#8217;ici un siècle.</p>
<p align="justify"><em>Le changement climatique :<br />
</em>Loin de l&#8217;objectif « carbone neutre » promis, et bien qu’ils soient évalués à 15 % en dessous du bilan habituel de tels événements, les GES générés par les déplacements en avion de milliers de personnes venus des quatre coins du monde et par les infrastructures (chauffage des hôtels, construction de routes et du prolongement d&#8217;une autoroute entre Vancouver et Whistler qui va, et pour longtemps, augmenter le trafic routier…) dépasseront les 268 000 tonnes annoncées par le Comité d&#8217;organisation des Jeux olympiques et paralympiques d&#8217;hiver à Vancouver (Covan) ; et c’est sans compter l&#8217;émission de 150 000 tonnes attribuables aux spectateurs, sponsors, fournisseurs…, ni même les balais incessants des camions et hélicoptères réquisitionnés pour assurer l’enneigement nécessaire[8].</p>
<p align="justify"><strong>Collectionner les bons points…</strong></p>
<p align="justify">Pourtant, en termes de transport, les déplacements des visiteurs se sont effectués grâce à la mise en service de bus à énergie propre préfigurant la future flotte urbaine de 1 500 véhicules « verts », au 20 nouveaux bus fonctionnant à l&#8217;aide de piles à combustible à l&#8217;hydrogène (vapeur d’eau, sans rejet de CO2) ou à la ligne de métro Canada Line créée entre l&#8217;aéroport et le centre de Vancouver. Parallèlement les entreprises ont été mobilisées. Elles ont pu offrir des solutions multiples, comme suggérer aux employés de prendre leurs vacances pendant la période des Jeux ; permettre les horaires flexibles ; encourager les employés à privilégier les transports en commun ou le co-voiturage ; organiser le télétravail.</p>
<p align="justify"><strong>… pour avoir une image.</strong></p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/vancouver-site-jo-source-site.jpg" height="146" style="width: 220px; height: 148px" />L’organisation des JO de Vancouver compensera les émissions de CO2 avec l’entreprise Offsetters, principal fournisseur canadien de compensation CO2 situé en Colombie Britannique, la province des Jeux. Les compensations versées sont destinés à des projets d’efficacité énergétique et d’énergie renouvelable, in situ, et des projets compensatoires de la « International Gold Standard ». Le fait que la compensation s’applique en partie à des projets locaux est à souligner !</p>
<p align="justify">Par ailleurs de nombreux événements culturels organisés autour des Jeux (musique, théâtre), ont favorisé la cohésion sociale et le partage des émotions et performances sportives.</p>
<p align="justify">Des programmes comme « À nous le podium 2010 » ont permis d’offrir aux athlètes canadiens des ressources supplémentaires et des programmes sportifs de haut niveau. Ces aides financières, humaines (personnel encadrant) et les équipements sportifs supplémentaires ne sont certainement pas étrangers à la « gold collection » remportée par le pays.</p>
<p align="justify">L’éducation au développement durable dans les écoles, n’était quant à elle pas en reste grâce à la forte sensibilisation, au volet éducatif accompagné de publication de documents destinés aux écoles et dédiés à la thématique du développement durable[9].</p>
<p align="justify">Une médaille d’or pour la consommation éco-responsable est à rajouter au palmarès puisque les médailles ont été fabriquées à partir de matériaux de récupération : des composants électroniques usagés et inutilisables.</p>
<p align="justify">La construction écologique marque également le programme d’actions « durables » puisque les sites et les infrastructures ont été réalisés suivant des technologies éco-énergétiques et que la compensation en fixation de carbone équilibrera la grande quantité de CO2 émise durant les deux semaines de compétition.</p>
<p align="justify">Implanté à côté de la future piscine de 50 mètres d’un centre communautaire récréatif et aquatique, le site Hillcrest/Nat Bailey Stadium Park qui abrite la piste de curling est un bon exemple de solution intégrée. Après les Jeux, la chaleur générée par l’installation de réfrigération de la patinoire sera captée et utilisée pour chauffer la piscine. Belle illustration des possibilités de valorisation des « déchets » d’un site comme matière entrante dans un autre site. Dans le même esprit, les villages des athlètes de Vancouver et de Whistler ont utilisé la chaleur résiduelle provenant des systèmes municipaux de traitement des eaux usées[10].</p>
<p align="justify"><strong>Un « souvenir amer » dans les jeux de Vancouver.</strong></p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/mont-currie-site.jpg" height="197" style="width: 220px; height: 204px" />Bien qu’ils leur aient attribué des compensations financières et des emplois temporaires, les JO marqueront à jamais la mémoire de onze peuples indiens propriétaires des terres ancestrales, notamment celle du Mont Currie qu’ils utilisaient pour certains d’entre eux, comme terrain de chasse traditionnelle et de cueillette (thé, baies et plantes médicinales)[11].. Comment, entre autoroute, hôtels et piste de ski, pourront-ils trouver leurs repères désormais !</p>
<p align="justify">Nous venons de voir que les Jeux Olympiques d’hiver de Vancouver ont eu le souci d’intégrer dans leurs programmes d’actions les dimensions environnementale, sociale, culturelle et économique ; pourtant, trop segmentés ils n’ont pu produire les effets souhaités. La difficulté, en effet, est de prendre en compte ces dimensions de manière imbriquée dans la stratégie (vision) et son plan d’action. Le raisonnement doit porter sur les chaines d’impact. Par exemple, la pollution de l’air a une incidence sur la santé et les résultats des sportifs qui, par là même, ont des incidences financières en terme sportif : coût de la performance et coût pour les soins médicaux. Ce mode de raisonnement doit s’appliquer également sur l’articulation des actions entre elles.</p>
<p align="justify"><strong>Le développement durable : une réponse pour les JO.</strong></p>
<p align="justify">Le développement s’est ancré progressivement dans le sport depuis 1992 au sommet de la Terre à Rio de Janeiro, auquel le Comité International Olympique (CIO) a participé. En 1994, l’environnement a été ajouté au côté du sport et de la culture comme troisième pilier de l’Olympisme ; le CIO a établi une Commission Sport et Environnement puis signé un accord de coopération avec le Programme des Nations Unies pour l’Environnement. En 1999, le mouvement olympique s’est engagé dans le développement durable avec l’élaboration d’un document doctrinal l’Agenda 21 du Mouvement Olympique, qui s’articule autour de trois objectifs :<br />
* l’amélioration des conditions socioéconomiques : coopération internationale, lutte contre l’exclusion, changement des habitudes de consommation, santé,<br />
* la conservation et la gestion des ressources pour un développement durable,<br />
* le renforcement du rôle des principaux groupes dans les Jeux : les femmes, les jeunes et les autochtones.</p>
<p align="justify">La charte Olympique préconise désormais dans son point 13, « d’encourager et soutenir une approche responsable des problèmes d’environnement, de promouvoir le développement durable dans le sport et d’exiger que les Jeux Olympiques soient organisés en conséquence ». Cette thématique du sport et développement durable s’est peu à peu ancrée dans les instances internationales.<br />
Les Nations Unies ont consacré une partie du rapport, Le sport au service du développement et de la paix, à la thématique « sport et développement durable ». Plus largement, le sport est devenu un levier pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)[12].<br />
Au niveau européen, par l’article 10 de la Charte européenne du sport intitulé « Le sport et le principe du développement durable », le Conseil de l’Europe insiste sur la « nécessité d’adapter les activités physiques aux ressources limitées de la planète »[13].</p>
<p align="justify">En France, l’ancrage du développement durable dans le sport est devenu significatif à partir des années 2000. Depuis 2002, le ministère des Sports de la Jeunesse et de la Vie Associative s’engage dans des actions de formation, de concertation, de contrats d’objectifs avec les fédérations sportives, de subventions (Centre National de Développement pour le Sport (CNDS)) à des clubs selon la Stratégie nationale du développement durable. En 2003, le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) publie L&#8217;Agenda 21 du Sport français en faveur du développement durable, et dans le même temps, de nombreuses initiatives du secteur sportif apparaissent : éco-conception du matériel sportif, organisation de manifestations sportives, pédagogie, équipement sportif,…</p>
<p align="justify">Le développement durable ou soutenable défini dans le rapport de Brundtland et validé par le Sommet de Rio de Janeiro est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs [14]». Il suppose un développement écologiquement soutenable, socialement équitable et économiquement efficace.<br />
Ce développement durable[15] nécessite de prendre en compte les 5 finalités suivantes : l’épanouissement humain et l’accès pour tous à une bonne qualité de vie ; la lutte contre le changement climatique et la protection de l’atmosphère ; la préservation de la biodiversité, la protection des milieux et des ressources ; l’emploi, la cohésion sociale et la solidarité entre territoires et entre générations ; la dynamique de développement suivant des modes de production et de consommation responsables.<br />
De plus, la mise en place du développement durable s’appuie sur : la participation ; la stratégie d’amélioration ; la transversalité ; l’organisation du processus décisionnel ; l’évaluation dans un but d’amélioration continue.</p>
<p align="justify">Aujourd’hui, Le CIO s’efforce d’appliquer ces principes tout au long du projet olympique, de la phase de candidature des villes jusqu’à l’organisation de l’événement, voire au-delà. L’un des outils utilisé est l’étude d’impact des Jeux Olympiques.<br />
Cette étude fait désormais partie des obligations de toute ville hôte (CIO 2005 et 2004). L’OGGI (Olympic Games Global Impact) vise à mesurer environ 150 indicateurs[16] sur les dimensions environnementales, socioculturelles et économiques des JO - infrastructures, sites sportifs ou encore programmes sportifs, culturels ou éducatifs - (les Jeux de Vancouver n’ont retenu que 50 indicateurs[17]).<br />
Cette démarche permet d&#8217;évaluer l&#8217;impact des JO dans la ville hôte, au niveau de la région et du pays concerné. Cette étude, réalisée par chaque comité d’organisation des Jeux Olympiques (COJO), doit, sur une période de onze ans, rendre quatre rapports au CIO. Ce travail débute deux ans avant l&#8217;élection de la ville hôte, c&#8217;est-à-dire lorsque celle-ci annonce sa candidature officielle, et se termine deux ans après les JO. L’OGGI permet également aux différents COJO de bénéficier de l&#8217;expérience des précédentes éditions et met en lumière les problèmes rencontrés. Finalement, grâce à l’OGGI, le CIO entend maîtriser la taille, la complexité et le coût, toujours grandissant d&#8217;une édition en surveillant et dirigeant les parties concernées par l&#8217;organisation et la préparation d&#8217;un tel événement.<br />
Mais l’une des problématiques importantes de la mise en place du développement durable durant les Jeux, repose sur l’application de l’OGGI au sein des COJO. En effet, cette méthodologie d’étude doit se combiner avec une stratégie sportive du développement durable à l’échelle du territoire et dans le temps, afin de servir de garanti au projet, mais surtout, de piloter régulièrement et dans sa globalité, la mise en place d’une stratégie sportive et territoriale pour et par le développement durable. L’OGGI ne serait plus une mesure, mais un système de pilotage des JO.</p>
<p align="justify">Bien que les mesures prises par le CIO pour organiser des JO soient nombreuses (incitatives et méthodologiques) et permettent au comité d’organisation de progresser, les JO restent en général un catalogue d’actions environnementales, socioculturelles et économiques.</p>
<p align="justify"><strong>Une méthodologie « par et pour le développement durable des sportifs et du</strong> <strong>territoire ».</strong> </p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/flamme-olympique-grece-vancouver-2010-jeux-d-hiver_pics_8-site.jpg" height="177" style="width: 220px; height: 168px" />Les démarches engagées produiraient des avancées encore plus significatives si, plutôt que de proposer des actions indépendantes, les villes organisatrices combinaient l’ensemble de leurs actions dans un schéma directeur avec une définition claire des objectifs en termes, à la fois territorial et sportif, des besoins et un plan d’actions transversal mutualisant compétences et actions.<br />
C’est pourquoi toutes questions de management doivent s’afficher dans le sens d’un équilibre du budget à retombées neutres ou positives à la fois pour l’événement et le territoire ; d’un renforcement de la cohésion sociale entre sportifs et non sportifs ; d’une minimisation de l’impact sur la biodiversité et d’une valorisation des ressources naturelles ; d’une valorisation des pratiques sportives autochtones, d’une éducation et formation au sport et au développement durable ; d’une implication des parties prenantes pour co-construire la décision prise par le commanditaire ; d’une politique sportive qui s’appuie sur une coopération étroite entre parties intéressées (enseignants, athlètes, organisateurs, parents, fédérations sportives, communautés territoriales, bénévoles…), dans laquelle chacune exerce pleinement ses responsabilités et ses compétences, chacun donnant de son intelligence, de son talent et de son imagination… Ces éléments constituant un véritable tremplin pour une politique sportive et territoriale viable, vivable et économique.<br />
Ainsi, en misant sur le développement du territoire, les JO ne seraient plus une source de déficit, comme l’ont montré les dernières éditions, mais une source de profit pour l’ensemble des parties prenantes. Les collectivités ont donc toute légitimé à s’interroger sur l’opportunité d’accueillir ces Jeux et de répondre aux engagements de l’Agenda 21 du Mouvement Olympique. La stratégie est le fil rouge de l’événement sportif.<br />
A l’heure où le sport est de plus en plus montré du doigt pour ses dérives - certains sponsors s’en écartent d’ailleurs - les événements d’envergure devraient permettre de remettre les valeurs sportives au cœur des actions sportives (émulation, fair play, solidarité, responsabilité), contribuer à l’épanouissement des sportifs et non sportifs, et relever ce formidable défi : construire un monde plus responsable. </p>
<h6 align="justify">  <span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[1] Patrick Clastres, Jeux olympiques. Un siècle de passions, éd. Les Quatre chemins, juin 2008.      <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[2]  INSEE, <a href="http://www.insee.org/"><span style="color: blue">www.insee.org</span></a>      <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[3] Raphaël Mugnier, « Les sports d&#8217;hiver à travers les Jeux olympiques de Chamonix Mont-Blanc en 1924 », in Jeux et sports dans l&#8217;histoire (tome 2 : pratiques sportives), Paris, CTHS, 1992.      <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[4] ww.vancouver2010.com       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[5] Sources : Comité organisateur des Jeux olympiques de Vancouver, gouvernement du Canada, gouvernement du Québec, gouvernement de la Colombie-Britannique, Vancouver Sun.       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[6] Council of Canadians.       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[7] Rapport préparé par une université de la Colombie-Britannique pour l&#8217;équipe de recherche du comité d&#8217;organisation olympique de Vancouver, décembre 2009.       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[8] <a href="http://cypressmountain.com/"><span style="color: blue">http://cypressmountain.com/</span></a>       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[9] Voir l&#8217;interview de Barry Penner, Ministre de l&#8217;environnement de la Colombie Britannique.       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[10] <a href="http://ecoloinfo.com/"><span style="color: blue">http://ecoloinfo.com</span></a> « Des JO Verts… On progresse ?         <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[11] Naomi Klein, « La guerre des neiges », in Le Passant ordinaire n° 47, octobre-décembre 2003.     <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[12] Plus d’information sur le sport au service du développement et de la paix http/www.un.org/themes/sport.       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[13] <a href="http://www.coe.int/T/F/Coop%E9ration_culturelle/Sport"><span style="color: blue">www.coe.int/T/F/Coop%E9ration_culturelle/Sport</span></a>       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[14] CMED, Notre avenir à tous, Edition du fleuve, 1988, p.51.       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[15] Stratégie Nationale Du Développement Durable.        <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[16] Université de Columbia.       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[17] Un indicateur ne peut pas être isolé. Il est une des étapes du management qui comprend, tout d’abord : l’identification des enjeux environnementaux, socioculturels et sportifs sur le territoire d’accueil de la manifestation ; la définition de la stratégie, c&#8217;est-à-dire les objectifs et les finalités de cette manifestation ; la définition du plan d’action en termes d’infrastructures, transport, alimentation, compétition&#8230; ; la définition de l’évaluation (pourquoi faire, avec qui, comment, …). Ensuite, en fonction de ce que l’on souhaite évaluer, on va choisir des indicateurs qui seront fonction de ce que l&#8217;on cherche à quantifier ou qualifier, informer, mesurer le progrès, aider à la prise de la décision, sensibiliser au changement, inciter à l’action.<o:p></o:p></span></h6>
<h6 style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal" class="MsoNormal"><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'"></span></h6>
<h6 align="justify"><font color="#8b0000"><span><span lang="FR-CH">* Maitre d’armes, </span>Nathalie Durand est fondatrice et directrice générale de l’association 1901, l’Observatoire Sport et Développement Durable (OSDD). Une expertise depuis plus de 15 ans en matière de  sport et le développement durable,  lui a permis d&#8217;être sollicitée pour : l&#8217;animation de colloques de niveau international, l&#8217;organisation d&#8217;évènements sportifs, l&#8217;animation de nombreuses  formations et la coordination  </span><span lang="FR-CH">d’ouvrages, notamment sur la montagne et le développement durable, à paraître aux éditions PUS en 2010, « </span>Les pratiques sportives de montagne, levier du développement durable : recueil de bonnes pratiques ».<span lang="FR-CH"><o:p></o:p></span></font></h6>

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		<title>Une identité durable pour les Alpes ?</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 06:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andre Palluel</dc:creator>
		
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Un historien a d&#8217;autant plus de mal à se lancer dans la prospective qu&#8217;il est fondamentalement plus préparé à se tourner vers le passé que vers l&#8217;avenir et qu&#8217;il sait par expérience combien ont été erronées toutes les tentatives de nos ancêtres pour prédire le futur.
Néanmoins il est humain et naturel de faire des bilans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/26-news-texte-palluel-andre.jpg"></a></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Un historien a d&#8217;autant plus de mal à se lancer dans la prospective qu&#8217;il est fondamentalement plus préparé à se tourner vers le passé que vers l&#8217;avenir et qu&#8217;il sait par expérience combien ont été erronées toutes les tentatives de nos ancêtres pour prédire le futur.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="196" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/palluel-andre-site2.jpg" height="231" />Néanmoins il est humain et naturel de faire des bilans et de réfléchir à l&#8217;avenir, tant il est vrai que celui qui a un passé, a aussi le sentiment de l&#8217;avenir et que connaître le premier n&#8217;a vraiment d&#8217;intérêt que pour préparer le second, évidence qui se pose chaque jour &#8220;que Dieu fait&#8221;, même si certaines périodes (même factices, comme le changement de millénaire) s&#8217;y prêtent plus que d&#8217;autres. <em>&#8220;Il n&#8217;y a plus de Pyrénées&#8221; disait-on au 17e siècle,</em> nous confie <strong><font color="#993300">André Palluel-Guillard</font><font color="#993300">*</font></strong>, professeur émérite à l&#8217;Université de Savoie, <em>est-ce à dire qu&#8217;il n&#8217;y aura bientôt plus d&#8217;Alpes au 21e siècle ?</em></p>
<p align="justify">A première vue en dépit de la beauté des paysages qui ne cessent (et plus que jamais) d&#8217;émerveiller les voyageurs et les témoins, il paraît bien que les Alpins soient sur la voie fatale de la disparition : les langues locales régressent inexorablement et le monde rural se rétrécit comme peau de chagrin. A quoi bon mener des bêtes en alpage alors qu&#8217;on peut obtenir facilement un lait aussi bon et en plus grande quantité dans des étables ? Finalement, entre ces deux &#8220;fatalités&#8221;, il ne restera que peu de place à quelques &#8220;indigènes&#8221; fanatiques ou oubliés réduits à être des figurants ou au pire des domestiques pour la satisfaction des besoins des foules traversant la région.</p>
<p align="justify">Le drame historique que l&#8217;on a un peu trop facilement oublié, a été la disparition des centres alpins de décision. Les grands nationalismes du dix-neuvième siècle ont anéanti les pouvoirs locaux de sorte que les Alpes ne dépendent plus d&#8217;elles-mêmes mais des grandes métropoles voisines. On dit bien que Genève, Lyon, Turin, Milan sont les &#8220;portes des Alpes&#8221;. En fait, elles représentent toutes les mondes urbains, capitalistiques et technocratiques des plaines d&#8217;Europe du nord et du sud qui utilisent les Alpes au mieux de leurs stratégies et de leurs besoins, alternant les soucis contradictoires d&#8217;exploitation et de réserves écologiques ou simplement de zones de loisirs, les grandes questions de ces métropoles restant celles de leurs liaisons ou de la satisfaction des besoins de leurs populations.</p>
<p align="justify">En soi, tout ceci n&#8217;est pas nouveau car depuis longtemps (en tous les cas depuis le dix-huitième siècle), le regard des &#8220;voyageurs&#8221; n&#8217;a cessé d&#8217;être celui du mépris de l&#8217;urbain pour ces terres encore vierges et de l&#8217;enthousiasme du romantique pour ces paysages épargnés par la civilisation. Pendant longtemps, en dépit de l&#8217;exode rural, on a cru que la campagne parviendrait, malgré tout, à se maintenir tant soit peu, mais il a fallu se faire une raison, elle a disparu et les paysans avec. Il en est de même de l&#8217;alpe, cette &#8220;supercampagne&#8221;. Il n&#8217;y a plus de paysans et faisons-nous une raison de la disparition tout aussi inexorable du montagnard réduit peu à peu au rôle de technicien du paysage car il a bien fallu se rendre compte aussi de la fragilité de ces derniers tant il est vrai qu&#8217;il n&#8217;y a finalement pas (qu&#8217;il n&#8217;y a jamais eu) de paysages naturels et que tout dépend de l&#8217;action humaine. Finalement, il en est des paysages comme des gouvernements : on a ceux que l&#8217;on mérite&#8230;</p>
<p align="justify">Conséquence inévitable de l&#8217;inévitable mondialisation, me direz-vous en opposant l&#8217;inévitabilité des évolutions à mon pessimisme&#8230; Mais justement, il n&#8217;y a jamais rien d&#8217;inévitable et une fois de plus les Alpes se présentent comme une provocation. Elles l&#8217;ont été de tout temps à ceux qui prétendent les franchir sans effort. La nature alpine ne cesse de rappeler ses exigences à une humanité qui se croit assez forte pour les nier. D&#8217;où la surprise devant les accidents actuels de la circulation et du tourisme d&#8217;autant plus douloureux qu&#8217;ils sont imprévus dans un monde orgueilleux, suffisant et imprudent.</p>
<p align="justify"><strong>Toute vie est un combat.</strong></p>
<p align="justify">Celui qui s&#8217;annonce pour les générations futures sera en effet l&#8217;équilibre entre les &#8220;Alpins&#8221; (ou tout au moins ce qu&#8217;il en restera) et leurs voisins de l&#8217;extérieur. Entre un impensable isolement contredit par les techniques et les moyens de communication et une désastreuse capitulation au seul profit des forces externes, il est urgent (et surtout nécessaire) de trouver un juste milieu ou au moins l&#8217;intérêt du dialogue, ce qui suppose d&#8217;abord que face à leurs puissants interlocuteurs, les &#8220;indigènes&#8221; aient quelque chose d&#8217;original à dire et qu&#8217;ils trouvent l&#8217;élite nécessaire pour y parvenir, tant il est vrai que cette dernière est indispensable pour &#8220;conscientiser&#8221; et représenter les populations locales. Ce but suppose une organisation interne et des moyens de formation particulièrement originaux puisqu&#8217;il faut en même temps utiliser les techniques de ses voisins tout en leur résistant et d&#8217;abord en s&#8217;en distinguant.</p>
<p align="justify">Le temps n&#8217;est plus au particularisme des costumes folkloriques mais à celui des responsabilités et auto-décisions locales car la grande question est celle de la possibilité des populations alpines de rester maîtresses de leur destin (en partie du moins) c&#8217;est à dire de gagner l&#8217;espace de décision qui leur revient.</p>
<p align="justify">Nous savons que toutes les civilisations sont mortelles. Il n&#8217;y a aucune raison que la civilisation alpine échappe à cette inexorable conclusion, mais finalement ne meurent que ceux qui le veulent bien.</p>
<p align="justify">On pourra toujours trouver des candidats pour aimer les Alpes. Encore faudra-t-il trouver des bonnes volontés pour les défendre ou au mieux pour en faire respecter l&#8217;originalité et les caractères. Sinon, il est évident que parler des Alpes durant le prochain millénaire relèvera de l&#8217;histoire ancienne.</p>
<p><strong><font color="#993300"><em><font size="1" face="TrebuchetMS"><font size="1" face="TrebuchetMS">*André Palluel-Guillard est aussi président fondateur des Amis des musées d&#8217;art et d&#8217;histoire de Chambéry, de la Société  de protection des sites et des monuments anciens de la Savoie, de la Société savoisienne <font color="#b22222">d&#8217;histoire</font> et d&#8217;archéologie, membre du Comitato di storia patria, Turin, et de la Fondation Napoléon.</font></font></em></font></strong><strong><font color="#993300"><em></em></font></strong><strong><font color="#993300"><em><font size="1" face="TrebuchetMS"></font></em></font></strong><strong><font color="#993300"><em><font size="1" face="TrebuchetMS"><font size="1" face="TrebuchetMS"></p>
<p align="justify"><a href="http://www.whosalpes.com/pdfs/Palluel.pdf"></a></p>
<p></font></font></em></font></strong></p>
<p align="justify"><span style="font-size: 7pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 1pt">Photos : © <span style="font-size: 7pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 1pt">MIRCO éditions </span></span></p>

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		<title>Sauvegardons les semences de la vie !</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 06:00:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Rabhi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[ACTIONS]]></category>

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Sur l’ensemble de la planète, la biodiversité – la diversité de la vie, depuis les bactéries jusqu’aux plantes, depuis les espèces jusqu’aux écosystèmes – est en déclin. En quelques décennies, les altérations et les destructions causées par l’homme aux écosystèmes naturels – en particulier les forêts primaires, les forêts tropicales, les zones humides, les mangroves, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/pierre-rahbi-site.jpg"></a></p>
<p align="justify">Sur l’ensemble de la planète, la biodiversité – la diversité de la vie, depuis les bactéries jusqu’aux plantes, depuis les espèces jusqu’aux écosystèmes – est en déclin. En quelques décennies, les altérations et les destructions causées par l’homme aux écosystèmes naturels – en particulier les forêts primaires, les forêts tropicales, les zones humides, les mangroves, les lacs, les rivières, les mers et les océans – ont crû à un rythme inquiétant. Selon l’Evaluation des écosystèmes pour le millénaire publiée par les Nations Unies en 2005, les taux actuels d’extinctions d’espèces seraient jusqu’à 1000 fois plus élevés que les niveaux jugés naturels. Tout comme pour le changement climatique qui va aggraver les pertes de biodiversité et être aggravé par celles-ci, le problème reste l’accélération du phénomène et notre relative inertie. La Terre évolue vers un état où elle pourrait ne plus nous soutenir. Le sujet est suffisamment préoccupant pour que les Nations Unies déclarent l’année 2010 Année internationale de la biodiversité. Éduquer, informer restent essentiel pour sensibiliser à la hauteur des enjeux.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/pierre-rahbi-site.jpg" height="249" style="width: 220px; height: 260px" />Ainsi Dur’Alpes ouvre le dossier de la biodiversité et reçoit son premier invité, <font color="#8b0000"><strong>Pierre Rabhi.*</strong></font> Tout au long de cette année plusieurs experts et grands noms viendront éveiller nos consciences mais aussi, ouvrir des pistes ensemencées d’espoir.</p>
<p align="justify">Le monde végétal relève de la même complexité que les autres règnes. Que la vie des végétaux soit intimement liée à celle du sol est une évidence, une banalité pour tout le monde. Pour l’agroécologiste, cette liaison va bien au-delà d’un phénomène élémentaire. Car le végétal est aussi le langage de l’organisme silencieux que représente la terre. Du lichen initial au séquoia, le peuple végétal est infini : de forme, de taille, de fonction, de substance, de couleur, de floraison, de fructification… infiniment diversifiées.</p>
<p align="justify">Selon les latitudes et les climats, cette toison de jade recouvre une partie très importante des terres émergées. Même les déserts les plus torrides et les plus froids recèlent des végétaux dont les prouesses d’adaptation semblent révéler une sorte d’intelligence par des stratagèmes extraordinaires pour survivre, des « techniques » très élaborées pour se reproduire, se propager, agrandir leur territoire, résister à l’adversité, au chaud et au froid, tirer parti des maigres ressources en eau… etc.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/toile_araignee-site.jpg" height="331" style="width: 220px; height: 339px" />Le drame de la déforestation par le fer et le feu avec lesquels nous dévastons les grandes forêts est d’une tristesse infinie car, outre l’inintelligence et l’aveuglement que traduisent nos actes, nous faisons disparaître un bien extraordinaire dont nous sommes loin d’avoir réalisé l’inventaire. Mais l’instinct de pillards semble l’emporter sur le bon sens le plus élémentaire et la technologie décuple les effets négatifs de nos agissements. C’est ainsi que la préservation de la biodiversité végétale est l’un des très grands enjeux pour la survie mais ne semble pas pour autant alerter la conscience collective ni des décideurs, ni des citoyens.</p>
<p align="justify">Depuis la naissance de l’agriculture, les humains n’ont cessé d’intégrer des végétaux dans leur menu augmentant sans cesse le potentiel alimentaire, l’améliorant, l’adaptant à leur usage spécifique pour se nourrir, se soigner, se vêtir, construire leur abri, mais aussi en savourer les parfums, les arômes, les couleurs, la beauté et la subtilité. Les végétaux ont mis à profit la mobilité humaine et même à l’occasion de confrontations violentes, pour se propager, s’échanger, s’adapter à de nouveaux biotopes d’abord continentaux, puis intercontinentaux. Avec la découverte de l’Amérique, le potentiel augmente d’une façon spectaculaire : pommes de terre, tomates, maïs, tabac… etc. Nous sont désormais familiers et bien installés dans notre quotidien.</p>
<p align="justify">Avec l’ère de la technoscience, de la productivité, de la marchandisation et du profit financier sans limite, la donne change brutalement. L’application des principes industriels à l’agriculture ne voit plus dans les végétaux qu’une source de profit financier. Le charme est en quelque sorte rompu, remplacé par la spéculation froide des samouraïs de l’économie. Alors commence un processus de sélection et de transformation, le paysan lui-même devient un industriel de la terre chargé de produire de la matière première vivante pour les usines de transformation qui réalisent de la valeur ajoutée sur son dos.</p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/epices-site.jpg"></a><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/epices-site.jpg" height="244" />Petit à petit, la règle se « planétarise », concerne tous les continents. Alors s’amorce un appauvrissement sans précédent du patrimoine domestique génétique enrichi depuis des millénaires par l’ensemble du genre humain.</p>
<p align="justify">Un processus d’usurpation graduelle se met en route avec l’accaparement de ce bien commun que l’on appelle semence, à savoir le principe même de la vie et de la survie. Peu de citoyens sont vraiment conscients de ce « hold-up » qui est fait au détriment de l’ensemble de l’humanité par des confréries de profiteurs internationaux. Pire encore, les confrères ont réussi à se donner l’image de bienfaiteurs de leur semblables et peut-être même que certains en sont profondément convaincus. La mainmise sur le fondement de la pérennité des végétaux indispensable à la pérennité de l’humanité donne un pouvoir exorbitant à ceux qui la détiennent. A partir de cette confiscation, s’ouvrent des secteurs de valorisation spéculative grâce à une sélection sur des critères parfois précieux, à des hybridations non reproductibles qui, sous le prétexte de performance génétique pour une meilleure productivité génèrent de la dépendance et renforcent le pouvoir quasi-discrétionnaire des monopoles.</p>
<p align="justify">Le dernier avatar de ce dernier courant qui convulse la planète concerne les organismes génétiquement modifiés et… brevetés. Avec les OGM, nous atteignons le summum de la transgression car nous portons atteinte à la logique fondamentale de la vie, à l’ordre strict qu’elle a établi pour garder sa cohérence, sa pérennité et son intégrité.</p>
<p align="justify">Dans ce registre, la recherche devient un alibi très présentable permettant à des scientifiques, subjugués par leur magistère, des firmes en mal de diversification pour de nouveaux secteurs de profit et à des politiciens consentants, complices ou impuissants de se coaliser pour jouer aux dés le destin collectif. Car nous sommes déjà bien habitués à des « nuisances scientifiques » engagées avec la certitude proclamée de leur innocuité. Une apocalypse biologique au sein de la nature et des pathologies jusque là inconnues, affectant les animaux et les humains, ne sont pas à exclure.</p>
<p align="justify">Quant à l’argument selon lequel c’est avec les OGM que l’on résoudra les problèmes de la faim dans le monde, non seulement il ne résiste pas à une analyse objective, mais les conséquences agronomiques, économiques et sociales désastreuses sont déjà le lot d’un nombre toujours croissant de petits paysans du Tiers-monde en particulier, acculés au suicide. Les OGM sont une grande imposture que l’agroécologie ne peut en aucun cas valider.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/tomateinv-site.jpg" height="300" />A tout cela, il faut ajouter une production végétale hors sol qui a recours à une quantité extravagante d’énergie combustible pour produire hors saison. Les systèmes artificiels tels que l’hydroponie ne retiennent du végétal que son processus de croissance hors du contexte naturel d’une terre vivante à laquelle il doit sa vitalité, sa qualité nutritive et sa saveur.</p>
<p align="justify">Le monde politique n’ayant cure de ces problèmes pourtant majeurs, c’est encore des individus de la société civile qui les prennent en charge avec la force de leur conviction et la faiblesse de leurs moyens. Des associations s’organisent pour préserver et propager, par la création de petits conservatoires, telle ou telle espèce menacée de disparaître. Des semenciers militants se spécialisent dans les variétés traditionnelles reproductibles, transmissibles. D’autres élargissent considérablement la gamme des végétaux par une sorte de brassage quasi-planétaire au grand dam des monopoles leur opposant des réglementations et des restrictions à l’évidence arbitraires pour tenter de les éliminer au profit des productions massives d’hybrides qui envahissent les catalogues et les présentoirs de semences.</p>
<p align="justify">Ainsi, pendant que des intérêts parfois sordides endoctrinent, manipulent et créent du consentement auprès d’une opinion mal informée pour faire accepter ses appétits mercantiles, l’héritage génétique constitué depuis des millénaires et dont l’innocuité, l’adaptabilité, la reproductibilité, et l’efficacité alimentaires ne sont plus à démontrer ne cesse de disparaître chaque jour et de façon irréversible pour certaines espèces. La sauvegarde de la biodiversité végétale devient désormais une des priorités planétaires.</p>
<h6 align="justify"><span style="font-size: 11pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'">Agriculteur, écrivain et penseur français d&#8217;origine algérienne, Pierre Rabhi, un des pionniers de l&#8217;agriculture biologique, inventeur du concept « Oasis en tous lieux » sème dans son sillon humaniste des graines d’initiatives.</span></h6>
<h6 align="justify"><span style="font-size: 11pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'">Défenseur d’un mode de société plus respectueux des hommes et de la terre, il soutient le développement de pratiques agricoles accessibles à tous et notamment aux plus démunis, tout en préservant les patrimoines nourriciers. </span></h6>
<h6 align="justify"><span style="font-size: 11pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'">Depuis 1981, il transmet son savoir-faire dans les pays arides d&#8217;Afrique, en France et en Europe, cherchant à redonner leur autonomie alimentaire aux populations. Reconnu aujourd&#8217;hui comme expert international pour la sécurité alimentaire il a participé à l&#8217;élaboration de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification. Initiateur du Mouvement pour la Terre et l&#8217;Humanité, il est l&#8217;auteur de nombreux ouvrages dont « Paroles de Terre », « Du Sahara aux Cévennes », « Conscience et Environnement » ou « Graines de Possibles ». </span></h6>

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		<title>Des solutions climatiques vues d’ailleurs : l&#8217;Australie</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Feb 2010 11:39:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Prudent</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[AILLEURS]]></category>

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 Les changements climatiques constituent un problème mondial qui nécessite des solutions tangibles. Dans notre précédent article Elisabeh Marsollier soulignait la grande vulnérabilité du Canada et plus particulièrement du Nord canadien. Elle y pointait la démesure entre les budgets investis dans les sables bitumineux en Alberta et ceux qui, subissant des coupes régulières, ne permettent pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/edward-street-building-ok-site.jpg"></a></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"> Les changements climatiques constituent un problème mondial qui nécessite des solutions tangibles. Dans notre précédent article Elisabeh Marsollier soulignait la grande vulnérabilité du Canada et plus particulièrement du Nord canadien. Elle y pointait la démesure entre les budgets investis dans les sables bitumineux en Alberta et ceux qui, subissant des coupes régulières, ne permettent pas de financer de manière significative les politiques de prévention et d’adaptation aux changements climatiques.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/gp.jpg" height="320" />L’escale de cette semaine se fera en Australie, autre très grand pays au climat diversifié, et menacé, aussi.<br />
<font color="#8b0000"><strong>Guillaume Prudent-Richard,</strong><em><font color="#b22222"> </font><font color="#8b0000">ex-consultant à l&#8217;Onerc, consultant sur les questions de changements climatiques auprès de différents départements fédéraux australiens pour AECOM Australie,</font></em> </font>après une présentation géographique du pays, nous informera sur les mesures mises en place par les différents gouvernements australiens et autres acteurs pour faire face à ce défi climatique.</p>
<p align="justify">De la grande barrière de corail aux Alpes australiennes en passant par les déserts et les forêts tropicales, l’Australie s’étend sur 3 800 km du nord au sud et 4 000 km d’est en ouest. Cette île-continent présente une grande diversité de climats avec des zones désertiques, tropicales, subtropicales, tempérées et méditerranéennes. Le climat australien est notamment caractérisé par un été long, chaud et, la plupart du temps, très sec. Alors que le Nord Tropical reçoit jusqu&#8217;à 12 450 millimètres d’eau par an, il n’en tombe seulement que 125 millimètres dans les zones les plus arides du centre, soit environ 100 fois moins de pluie ! Les aborigènes d’Australie se sont adaptés à ces conditions extrêmes depuis plus de 50 000 ans. Ces groupes de chasseurs-cueilleurs ont survécu la dernière glaciation pendant laquelle les niveaux marins étaient plus bas de 100 mètres ; l’Australie était alors accessible à pied depuis la Tasmanie et la Papouasie Nouvelle Guinée (certains auteurs estiment que jusqu&#8217;à 80 % de la population périt au cours de cet épisode climatique).</p>
<p align="justify">Mais l’Australie d’aujourd’hui n’est plus une société de chasseurs-cueilleurs. C’est une nation industrialisée dont l’économie repose encore largement sur le secteur primaire, activités minières et, pour une moindre part, agriculture. En janvier 2009, alors que l’état du Queensland (nord-est) était sous plusieurs dizaines de centimètres d’eau, l’état du Victoria et Melbourne (sud-est) connaissaient les feux de brousse les plus destructeurs de l’histoire australienne. Environ 450 000 hectares de bush et de forêts sont partis en fumée avec plus de 2 000 maisons. Les « Black Saturday bushfires » ont fait 173 victimes. De la même manière que la canicule 2003 en Europe ou Katrina en 2005 à la Nouvelle-Orléans, ces événements vont rappeler à la société australienne son exposition à des aléas d’origine climatique.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="middle" width="525" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/cartessite3.jpg" height="428" /></p>
<p align="justify"><strong>Changements climatiques, l’Australie n’est pas en reste.</strong></p>
<p align="justify">L’Australie a connu des changements climatiques très marqués. Les températures moyennes de l’air ont augmenté d’environ 0.9°C depuis 1950. Les zones les plus peuplées du sud-est, où se trouve la plupart de la population, ont subi un réchauffement compris entre 1°C et 1.5°C alors que le nord-ouest, inhabité, s’est refroidi d’environ 0.5°C (moyenne annuelle 1950-2006). Les tendances en termes de précipitations sur la même période montrent des contrastes similaires avec une diminution dans la moitié est (jusqu&#8217;à – 50 millimètres par décennie sur la façade maritime Pacifique) et une augmentation pour la moitie ouest (jusqu&#8217;à + 50 millimètres par décennie sur la façade maritime de l’océan Indien). Ces tendances vont surement se poursuivre et même s’intensifier au cours du 21e siècle. Le réchauffement moyen pourrait atteindre entre 0.4 et 1.8°C d’ici à 2030, entre 0.8°C et 2.8°C pour 2050 et entre 1.0°C et 5.0°C pour 2070. Comme c’est souvent le cas, les projections en termes de précipitations sont associées à d’importantes incertitudes. Dans l’ensemble, les précipitations devraient plutôt diminuer, avec des tendances plus marquées en hiver et au printemps et de possibles augmentation en été et en automne. Les incertitudes augmentent considérablement pour les projections aux horizons 2070 et 2100 (CSIRO/BoM 2007).</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/desert1.jpg" height="173" style="width: 220px; height: 184px" />Une des conséquences directes les plus graves de ces changements a été la diminution de la disponibilité en eau. Le bassin versant du Murray-Darling (le plus grand d’Australie, qui couvre cinq états) a déjà connu des diminutions de débit de 21% au cours de la dernière décennie (1997-2006). Les projections couplées hydro-climatiques montrent des diminutions entre 9 et 33% pour les scenarios « secs » et une augmentation de 16% pour le scenario « humide », moins probable. La région de Perth en Australie Orientale a connu des changements radicaux en termes de disponibilité en eau. Les écoulements de surface qui alimentent les réservoirs de cette agglomération de 1 650 000 habitants sont passés de 388 giga litres par an (moyenne 1911-1974) à 177 giga litres par an (moyenne 1975-1996) et à 114 giga litres par an (moyenne 1997-2005) (CSIRO 2008).</p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/completed-lawrence-hargrave-drive-site.jpg"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/completed-lawrence-hargrave-drive-site.jpg" height="331" /></a>Les 59 736 kilomètres de côtes australiennes sont également exposés à la montée du niveau marin. L’Australie a mis en place depuis 1993 un réseau de mesure de la montée du niveau de la mer avec correction de la subsidence locale et des effets barométriques. Un ensemble de 14 stations mesurent quotidiennement le niveau de l’océan à des intervalles réguliers autour de l’Australie. Les tendances les plus importantes ont été enregistrées dans le Nord et l’Ouest du pays avec des augmentations allant de 12 centimètres sur les côtes des Territoires du Nord à presque 14 centimètres sur les côtes d’Australie Orientale (depuis 1993). La côte Est (Queensland, Nouvelle Galles du Sud et Victoria) a connu des augmentations du niveau marin moins marquées, entre 2.4 centimètres et 4.5 centimètres (BoM 2009). Les projections varient d’une zone à l’autre, par exemple + 40 centimètres pour 2050 et + 90 centimètres pour 2100 sont attendus pour la Nouvelle Galles du Sud et la région de Sydney (DECC 2009). Le gouvernement australien vient de publier une analyse nationale de la vulnérabilité côtière dans laquelle un scénario « extrême » de + 1.1 mètres pour 2100 a été utilisé (DCC 2009).</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/feu.jpg" height="145" style="width: 220px; height: 147px" />Les événements climatiques extrêmes comme les inondations, les feux de brousse, les cyclones tropicaux ou encore les marées de tempêtes montrent des changements d’intensité, de localisation et de fréquence qu’il est difficile de capturer en un paragraphe. Les tendances sont hétérogènes à l’échelle de ce territoire de plus de 7.5 millions de km2 et reflètent des évolutions locales différentes. En fonction de la région considérée, il y a aggravement ou réduction de la situation de danger dans laquelle des enjeux humains sont exposés. A noter que certains des phénomènes naturels les plus destructeurs ont eu tendance à devenir plus fréquents et plus intenses (feux de brousse et sécheresse) ou moins fréquents mais plus intenses (cyclones tropicaux).</p>
<p align="justify">Ce tour d’horizon rapide des changements climatiques observés et projetés ne présente qu’une partie d’un phénomène bien réel. De nombreux autres paramètres et phénomènes climatiques pourraient être décrits au risque de submerger le lecteur d’une avalanche de chiffres. Au delà du pur exercice scientifique, ce travail d’observations et de modélisation permet de mieux comprendre et de mieux se préparer face aux changements climatiques et leurs conséquences à l’échelle locale.</p>
<p align="justify"><strong>Une vulnérabilité importante.</strong></p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/120-edward-street-building-ok-site.jpg"></a><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/edward-street-building-ok.jpg"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/edward-street-building-ok.jpg" height="272" style="width: 220px; height: 281px" /></a>Deux facettes de la vulnérabilité australienne aux changements climatiques sont présentées dans les prochains paragraphes : la vulnérabilité côtière et celle des communautés aborigènes du Nord Tropical.<br />
La côte est l’élément central de la société australienne. Une majorité d’australien (85%) vivent dans les régions côtières et les cinq plus grosses villes australiennes, Sydney, Melbourne, Brisbane, Perth et Adelaïde sont construites sur le littoral. L’énorme richesse de l’Australie, son sous-sol, est exporté quotidiennement à partir de nombreux terminaux portuaires. Cet espace côtier est en première ligne face aux changements climatiques. Si le niveau de la mer montait de 1.1 mètres, ce sont entre 157 000 et 247 600 bâtiments qui seraient inondés pour un préjudice total de plus de 63 milliard AUD (? 40.25 milliard EUR) (DCC 2009a). Cette estimation ne prend en compte que les dommages structurels aux bâtiments. Si les dommages fonctionnels (manque à gagner, perturbations sociétales, etc.) étaient pris en compte, le préjudice serait beaucoup plus élevé.</p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/ville-2-site.jpg"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/ville-2-site.jpg" height="187" /></a>A cette montée lente du niveau de la mer s’ajoute un changement des marées de tempête. Le niveau de la mer étant plus élevé, la hauteur des vagues pour un événement de fréquence équivalente est plus grande. Des marées de tempêtes centennales pourraient, avec une élévation moyenne du niveau marin (50 centimètres) devenir des événements décennaux (DCC 2009b). La tempête centennale qui a déferlé sur Sydney en Juin 2007 a couté plus de 1.3 milliard AUD (? 851 million EUR) en biens assurés (DCC 2009a). La plupart des infrastructures australiennes aussi bien publiques que privées sont construites sur la côte. Les aéroports de Sydney et de Brisbane sont construits au niveau de la mer, toutes les pistes sont à moins de un mètre au dessus du niveau de la mer. Les ports, de nombreuses routes et autoroutes, réseaux de distribution d’eau, usine de traitement des eaux usées, sans compter les résidences privées, sont menacés par une montée du niveau marin et des événements climatiques encore plus extrêmes et fréquents.</p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/foret.jpg"></a><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/arbres-ok.jpg" height="344" style="width: 220px; height: 353px" />Les populations indigènes sont souvent considérées, notamment par les milieux académiques, comme les plus exposées aux changements climatiques en raison de leur (supposée) capacité d’adaptation limitée : faible revenu, conditions sociales difficiles, clash culturel, etc. Cependant une étude détaillée de certaines communautés de la zone tropicale montre que ce postulat n’est pas complètement vérifié. La nature des infrastructures par comparaison avec des zones plus développées les rend moins vulnérables. Une piste de brousse ou une rampe bétonnées pour les barges de marchandises sont certes moins confortables et moins efficaces qu’une quatre voies goudronnée ou qu’un ponton de déchargement mais elles sont plus robustes et moins coûteuses d’entretien. Peu de maisons ou de routes sont construites directement sur le littoral et chaque communauté dispose d’au moins un bâtiment construit aux normes anticycloniques qui peut accueillir toute la population. De plus, les communautés indigènes sont habituées aux phénomènes climatiques extrêmes. Leur réponse est parfois rudimentaire, comme partir à pied, à l’intérieur des terres quand un cyclone arrive, mais souvent efficace. Finalement, il y a eu certaine acceptation des changements climatiques. Avant d’être perçus comme les conséquences négatives d’un problème d’origine humaine, ils sont perçus comme un phénomène naturel. Certains impacts, comme la perte de terrains côtiers où sont enterrés des ancêtres sont ainsi mieux acceptés. Cette perception est importante pour des populations qui ont perdu une partie de leur mode de vie originel mais qui gardent un lien très fort avec le milieu qu’elles habitent. Ceci ne veut pas dire que ces populations n’ont pas du tout de vulnérabilité. Elles dépendent encore largement de la pêche et de la chasse pour leur alimentation quotidienne. Tout changement de la diversité et de la distribution des animaux et des plantes ou de l’occurrence des saisons sèches et humides aura certainement un impact sur leurs traditions et leurs pratiques culturelles (AECOM 2010).</p>
<p align="justify"><strong>La réponse australienne.</strong></p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/dsc_0621-site.jpg" height="339" />Le gouvernement australien articule sa réponse face aux changements climatiques autour de trois piliers : la mitigation des gaz a effet de serre, l’adaptation aux inévitables impacts des changements climatiques et la participation aux négociations internationales. Cette position n’a été adoptée qu’après l’accession au poste de Premier Ministre de Kevin Rudd en 2007. Auparavant, le gouvernement de John Howard n’avait pas ratifié le Protocole de Kyoto et les changements climatiques étaient considérés comme un problème, mais pas suffisamment sérieux pour être inscrit à l’agenda politique australien. Quelques études de vulnérabilités avaient été conduites par des états australiens ou des compagnies privées mais ces initiatives restaient ponctuelles. Depuis 2007 et le changement de direction du gouvernement fédéral, les moyens mis en place sont considérables. Un ministère fédéral dédié aux changements climatiques a été crée (Department of Climate Change) et de nombreux programmes d’études de la vulnérabilité et d’adaptation aux changements climatiques ont vu le jour. Ces projets sont menés par des agences fédérales et régionales, des universités, des instituts de recherche, comme le cousin australien du CNRS, le CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation) et des entreprises privées de conseil. Ces projets s’intéressent à l’ensemble des aspects du problème climatique et vont de la simple évaluation scientifique des tendances locales à des modélisations économiques des coûts potentiels des impacts et des bénéfices des actions d’adaptation.</p>
<p align="justify">En résumé, l’Australie peut être considérée comme une des nations industrialisées les plus exposées à la variabilité et aux changements climatiques. Si la réponse du gouvernement fédéral a été très tardive, elle est maintenant massive et s’attaque au problème sur tous les fronts. Cependant le retard accumulé par le gouvernement précédent n’est pas encore combler et l’enthousiasme général commence à retomber dans une ambiance post-Copenhague teintée de demi-échec. Sans compter que la question climatique fait l’objet de batailles féroces au Parlement Australien entre Liberal et Labor. </p>
<h6 align="justify">AECOM, 2010 (current). Climate change risk assessment in the Northern Territory Top End, consulting report for the Local Government Association of the Northern Territory.<br />
Bureau of Meteorology (BoM), 2009. Australian Baseline Sea Level Monitoring Project, 2009 update, 41 pages.<br />
Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO)/BoM, 2007. Climate change in Australia, Technical Report 2007, Canberra: CSIRO, 148 pages.<br />
CSIRO, 2008. Water Availability in the Murray-Darling Basin, Canberra: CSIRO, 67 pages.<br />
New South Wales Department of Environment and Climate Change, 2009. Scientific Basis of the 2009 Sea Level Rise Benchmark: Draft Technical Note, 10 pages.<br />
Department of Climate Change (DCC), 2009a. Faster change and more serious risks, 60 pages.<br />
DCC, 2009b. Climate Change Risks to Australia’s Coast: A First Pass National Assessment, 170 pages.</h6>
<p align="justify"><span style="font-size: 7pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'; letter-spacing: 1pt">Photos : © MIRCO éditions - Guillaume Prudent-Richard - AECOM Australie</span></p>

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		<title>Risques climatiques vus d’ailleurs : le Canada</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Feb 2010 07:00:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Elisabeth Marsollier</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[AILLEURS]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160;
Situés aux antipodes l’un de l’autre, le Canada et l’Australie, s’opposent par la nature de leur climat mais se rejoignent dans bien d’autres domaines.
Tous deux reflètent des structures économiques similaires. Grands producteurs d’énergie, ils jouent un rôle de premier ordre dans le développement d’une approche mondiale exhaustive sur le défi posé par les changements climatiques.
Au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Situés aux antipodes l’un de l’autre, le Canada et l’Australie, s’opposent par la nature de leur climat mais se rejoignent dans bien d’autres domaines.<br />
Tous deux reflètent des structures économiques similaires. Grands producteurs d’énergie, ils jouent un rôle de premier ordre dans le développement d’une approche mondiale exhaustive sur le défi posé par les changements climatiques.<br />
Au même titre que le Canada, l’Australie est au nombre des pays les plus touchés par les impacts néfastes de ces changements. Ils collaborent dans le cadre de divers partenariats plurilatéraux visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à promouvoir la sécurité et la diversification énergétiques par des mesures concrètes. Ces activités représentent une contribution à la lutte contre les changements climatiques par le développement et le déploiement de technologies peu ou non polluantes. Seront-elles suffisantes face aux menaces sévères auxquelles sont exposés ces deux pays ?</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/elisa-photo-ca_01-ok.jpg" height="293" />Pour mieux comprendre leurs enjeux, Dur’Alpes vous invite pendant deux semaines, à un voyage au long cours.<br />
En premier lieu, vers le Canada avec <font color="#b22222"><strong><font color="#4682b4">Elisabeth Marsollier*,</font></strong> </font>auteur et co-auteur de plusieurs ouvrages et de rapports de l’OCDE, de rapports officiels du gouvernement du Québec, du gouvernement fédéral canadien et des Nations Unies, et qui enseigne par ailleurs l’environnement et le développement durable dans plusieurs universités canadiennes.</p>
<p align="justify">Puis, dans un deuxième temps, en direction de l’Australie avec Guillaume Prudent-Richard, qui nous expliquera comment ce continent déjà très exposé aux nombreux extrêmes climatiques, (sécheresses, cyclones, marées de tempêtes, etc.) aborde les aspects plus politiques de « l’adaptation aux changements climatiques ».<br />
Il n’est pas dans notre intention de copier les arguments d’un mauvais scénario de sciences fiction ou de faire du catastrophisme à outrance ; il s’agit seulement de pointer sans faire du « politiquement correct » un sujet délicat qui nécessite une impérieuse politique d’anticipation.</p>
<p align="justify"><strong>Les changements climatiques sont bien réels au Canada</strong>.</p>
<p align="justify">D’un océan à l’autre, le pays en ressent les impacts : hausse du niveau de la mer, accroissement du nombre et de l’intensité des vagues de chaleur et des problèmes de santé connexes, baisse du niveau des Grands Lacs, changement des régimes de vents et de précipitations ainsi que fonte des glaciers et de la glace de mer en Arctique, étés plus chauds et niveaux plus élevés de smog dans les grands centres urbains, évènements météorologiques extrêmes plus nombreux tels que les sécheresses dans les Prairies, tempêtes de verglas dans l&#8217;Est du Canada ou inondations au Manitoba et au Québec, changements dans la migration des poissons, et infestations d&#8217;insectes dans les forêts de la Colombie-Britannique. En ce qui concerne ses ressources en eau douce, le Canada commence aussi à vivre une réduction de l’approvisionnement et une demande nationale accrue allant de pair avec une augmentation marquée de la demande mondiale ; il est attendu que ces tendances devraient s’amplifier.</p>
<p align="justify">Couvrant un territoire de 9 984 670 km2 (terre : 9 093 507 km2 ; eau : 891 163 km2), la superficie du Canada est un peu moins des trois-cinquièmes de celle de la Russie, environ 1,3 fois plus grande que l’Australie et un peu plus petite que celle de l’Europe. Avec 33 millions et demi d’habitants, le Canada ne représente cependant qu&#8217;environ 0,5 % de la population mondiale et produit cependant 2 % des émissions mondiales de gaz à effets de serre (GES).</p>
<p align="justify">Le Canada est en effet devenu l&#8217;un des pays industrialisés les plus énergivores et les plus carbo-intensifs du monde en grande partie en raison de ses exportations énergétiques croissantes vers les États-Unis et l&#8217;exploitation des sables bitumineux d’Alberta. Rien que les deux exploitations de sable bitumineux de Fort McMurray sont déjà la quatrième source de dioxyde de carbone au Canada.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="middle" width="525" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/athabasca_oil_sands_map-site-ok.jpg" height="767" /></p>
<h6 align="justify">Carte des dépôts de sables bitumineux de l’Alberta - Source : Norman Einstein  </h6>
<p align="justify">L&#8217;importante augmentation des GES survenue au Canada dans les dernières années est essentiellement due à l’essor de l’industrie des sables bitumineux, aux autres activités industrielles ainsi qu’au secteur des transports. En 2020, l’accroissement de la production de pétrole par l’exploitation prévue des sables bitumineux pourrait amener la seule province de l’Alberta à produire autant de gaz à effets de serre que l’Autriche ou que la Belgique.</p>
<p align="justify">Le Canada est avec les États-Unis et la Russie l&#8217;un des rares pays développés dont les émissions de gaz à effet de serre continuent de croître. En 2007, au Canada, les émissions totales de GES ont atteint 747 mégatonnes d’équivalent de dioxyde de carbone (équivalent CO2), en hausse de 4,0 % par rapport à 2006 et de 0,8 % par rapport à 2004. En 2007, les émissions excédaient de près de 26 % le total de 592 Mt atteint en 1990. Cette tendance représente un écart de 33,8 % par rapport au niveau cible de 558,4 Mt établi pour le Canada aux termes du Protocole de Kyoto. Le Canada occupe la dernière place dans le plus récent bulletin de notes en matière d&#8217;environnement décerné aux pays du G8 par le Fonds mondial pour la nature et Allianz, le géant de l&#8217;assurance.</p>
<p align="justify">Un récent rapport du journaliste Andrew Nikiforuk présente le rôle du Canada dans la lutte contre les changements climatiques et s&#8217;intitule «Tar Sands: Dirty Oil and the Future of a Continent»[1]. Il met en évidence le fait que les investissements dans les sables bitumineux en Alberta ont atteint près de 200 milliards de dollars. Pendant ce temps, les technologies pour lutter contre l&#8217;augmentation des GES, la capture et le stockage du carbone n&#8217;ont pas été développées et elles pourraient ne pas l&#8217;être dans les 20 prochaines années. Le coût pour développer ces technologies a été évalué par Andrew Nikiforuk entre 2 et 3 milliards de dollars par an, soit entre 40 et 60 milliards en 20 ans.</p>
<p align="justify">La production de pétrole à partir des sables bitumineux consomme des quantités énormes d&#8217;énergie et génère jusqu&#8217;à cinq fois plus de GES que la production de pétrole conventionnelle. Elle exige aussi des quantités considérables d&#8217;eau. Les eaux contaminées accumulées dans des bassins de décantation couvrent déjà une superficie de 50 km2. D&#8217;après un rapport publié récemment par l&#8217;Institut Pembina, 1,8 milliard de litres d&#8217;eau contaminée sont rejetés dans ces bassins chaque jour, soit plus que la consommation d&#8217;eau de la ville la plus peuplée du Canada, Toronto. De plus, on ne sait pas si l&#8217;on pourra, ni comment il sera possible d&#8217;assurer la remise en état des immenses mines à ciel ouvert et, surtout, la décontamination des bassins toxiques. Les populations de caribous forestiers, déjà menacées, continuent de décliner à cause des activités d&#8217;exploitation, de la construction des routes d’accès et des pipelines.<br />
Marlo Raynolds, directeur général de l&#8217;Institut Pembina, et Steven Guilbeault, Cofondateur et coordonnateur général adjoint d&#8217;Équiterre, écrivaient récemment : « Tous ces faits démontrent clairement que l&#8217;industrie des sables bitumineux est une industrie très polluante. Pourtant, au lieu de s&#8217;atteler à la tâche d&#8217;assainir les pratiques de l&#8217;industrie, le gouvernement fédéral (canadien) et le gouvernement (de la province) de l’Alberta continuent d&#8217;approuver de manière expéditive de nouveaux projets, tout en essayant de minimiser l&#8217;importance des problèmes de pollution aux yeux de la communauté internationale. Par exemple, le gouvernement de l&#8217;Alberta a lancé une campagne de relations publiques internationale de 25 millions de dollars dans l&#8217;espoir de défendre sa gestion des sables bitumineux (…). De même, le gouvernement (fédéral) canadien a fait pression sur le gouvernement américain afin que le pétrole des sables bitumineux échappe à une nouvelle loi qui interdit aux organismes publics américains d&#8217;acheter des combustibles à forte production de GES[2 ]».</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/sables_bitumineux_industrie-site.jpg" height="163" />Compte tenu de l&#8217;augmentation projetée de la production, la pollution issue des sables bitumineux pourrait potentiellement tripler d&#8217;ici les dix prochaines années. Si le Canada maintient le statu quo, l&#8217;exploitation des sables bitumineux risque d’affecter la capacité du Canada de faire sa juste part pour limiter les changements climatiques.<br />
Ainsi, les émissions de GES par habitant canadien font partie des plus élevées dans le monde. Le Canada est le deuxième producteur mondial de GES par habitant, après les États-Unis d’Amérique. Au Canada, le Québec a, comparativement avec les autres provinces canadiennes, le plus faible taux d&#8217;émissions de GES par habitant du pays.</p>
<p align="justify"><strong>Effets du changement climatique, prévisions de changements, vulnérabilités et adaptations.</strong></p>
<p align="justify">En raison des changements climatiques, la faculté d’adaptation revêt, plus que jamais, une grande importance. Les gens et les écosystèmes ont toujours tenté de s’ajuster aux changements et aux variations climatiques. Le rythme accéléré et l’ampleur des changements climatiques qui se font sentir partout au Canada, et plus particulièrement dans le Nord canadien, ont rendu l’adaptation plus difficile. Les risques posés par les effets dommageables des changements climatiques se sont également multipliés.</p>
<p align="justify">Les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre et la mise en œuvre envisageable du projet politique mondial de limiter la hausse moyenne des températures du globe terrestre à deux degrés Celsius environ par rapport aux valeurs pré-industrielles ne mettront pas fin aux changements climatiques actuels. Les gaz à effet de serre d’origine anthropique déjà présents dans l’atmosphère vont de toute manière continuer à changer le climat. C’est pour cette raison que les mesures d’adaptation doivent être prises dès maintenant.</p>
<p align="justify">Le Gouvernement fédéral canadien appuie la protection de l&#8217;environnement et le contrôle des changements climatiques en élaborant des politiques et des programmes, et en effectuant des recherches scientifiques limitées en raison de contraintes budgétaires sévères, en particulier en ce qui concerne la recherche dans les zones nordiques de son territoire.</p>
<p align="justify">Les auteurs d’un récent rapport du gouvernement canadien (2008) sur les effets des changements climatiques sur la santé humaine, intitulé « Santé et changement climatique : évaluation des vulnérabilités et de la capacité d&#8217;adaptation au Canada »[3] ont conclu que les problèmes respiratoires et cardiaques seront plus nombreux à cause des vagues de chaleur estivale plus intenses et en raison à la pollution plus grande de l&#8217;air. Ces chercheurs estiment que, dans les décennies à venir, le nombre de jours de grande chaleur pourrait doubler ou même tripler, entraînant ainsi une hausse de la mortalité. Le nombre de décès liés à ce phénomène devrait augmenter brusquement, surtout au Sud du pays.</p>
<p align="justify">Le document indique que la pollution de l&#8217;air, des niveaux plus élevés d&#8217;ozone dans l&#8217;atmosphère inférieure et une augmentation de la production de pollen feront croître les symptômes d&#8217;asthme et les allergies.<br />
Les changements climatiques risquent aussi de créer un climat plus favorable à l&#8217;apparition de maladies infectieuses qui sont, pour l&#8217;instant, considérées comme rares ou exotiques au Canada. </p>
<p align="justify">Ce sont les communautés du nord du pays (essentiellement composées d’autochtones) qui seront les plus vulnérables. En plus des nouveaux problèmes de santé qui affecteront le Canada, elles auront à tenir compte d’avalanches et de glissements de terrain qui pourraient devenir plus fréquents. Elles devront aussi affronter des pénuries de vivres et une diminution de la quantité d&#8217;eau potable.</p>
<p align="justify">Une plus grande sensibilisation des autorités publiques et de la population est nécessaire pour que les risques soient compris et que des mesures soient prises. Les auteurs du rapport demandent au gouvernement fédéral canadien d&#8217;agir immédiatement pour préparer les Canadiens aux graves conséquences et aux désastres qui seront engendrés par les changements climatiques.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="middle" width="525" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/152469-img-10772-hr_jpg-site.jpg" height="349" /></p>
<p align="justify">La Table ronde nationale (canadienne) sur l&#8217;environnement et l&#8217;économie (TRNEE) a déterminé dans un récent rapport intitulé « FRANC NORD : Adaptation de l&#8217;infrastructure du Nord canadien au changement climatique »[4] que les infrastructures et les collectivités du Nord canadien sont loin d’être préparées à faire face efficacement à la menace émergente que posent les changements climatiques aux routes, aux bâtiments, aux sites d&#8217;élimination des déchets industriels, aux infrastructures de transmission de l&#8217;énergie et aux autres infrastructures essentielles en santé et en éducation.<br />
Le rapport insiste plus particulièrement sur les risques d&#8217;effondrement ou de dégâts majeurs en ce qui concerne les routes, les bâtiments, les tours de communications, les systèmes énergétiques et les sites d&#8217;élimination des déchets des collectivités ainsi que pour les exploitants des ressources énergétiques et minières. Il est recommandé que le gouvernement fédéral canadien revoie à la hausse le financement qu&#8217;il consacre et entend consacrer à l’adaptation ou à la reconstruction de ces infrastructures.<br />
Il doit aussi revoir les codes et normes d&#8217;ingénierie et de construction pour tenir compte désormais non seulement du risque climatique dans l&#8217;ensemble du pays, mais tout particulièrement dans le Nord, où prévalent des conditions particulières. Des infrastructures d’une valeur de plus de 5 milliards de dollars canadiens (environ 3,125 milliards d’euros) pourraient devenir précaires en raison des changements climatiques. Au cours de la prochaine décennie, les nouveaux projets d’infrastructure et les projets de remplacement des infrastructures existantes rendues dangereuses devront être conçus et construits pour résister aux nouvelles conditions climatiques envisagées.</p>
<p align="justify">Une autre recommandation de la TRNEE souligne la nécessité pour le gouvernement fédéral canadien « d&#8217;investir dans la mise à jour et la transmission de données plus complètes sur le climat, les projections liées au changement climatique et les informations en ce qui a trait à l&#8217;aménagement des infrastructures ». Les sciences sont au cœur des connaissances et des tendances en matière de changements climatiques. Il est critique d’en apprendre davantage sur la nature et la portée du changement climatique dans le Nord canadien et sur la façon dont seront touchées les infrastructures et les collectivités. Les données et renseignements de ce genre peuvent être plus utiles, et être utilisés au-delà des affaires gouvernementales, en soutenant la capacité des collectivités à s’adapter rapidement et efficacement ainsi qu’en favorisant le développement de l’infrastructure privée.<br />
Plus précisément, la TRNEE recommande que le gouvernement du Canada investisse et garantisse les investissements dans les stations de collecte de données sur le climat et le pergélisol du Nord canadien pour modéliser le climat, prévoir les impacts, et appuyer les besoins de prise de décision en matière d’adaptation de l’infrastructure. Elle préconise les partenariats et les ententes de recherche. Elle demande également au gouvernement du Canada de consacrer les ressources nécessaires à la mise à jour et à la diffusion de façon fiable des données et renseignements pertinents sur le climat aux communautés et instances concernées, aux organismes de recherche et au secteur privé.</p>
<p align="justify">Par exemple, les modèles climatologiques utilisés à l’échelle du continent nord américain n’utilisent que les données d’une seule station au Nord du cercle arctique (soit la station d’Eureka sur l’île d’Ellesmere) alors que les données de nombreuses autres stations météorologiques sont disponibles. Plusieurs scientifiques ont exprimé leurs craintes en ce qui concerne une potentielle sous-évaluation du phénomène de réchauffement de l’Arctique à cause de cette extrême simplification des informations utilisées dans les modèles. Depuis le début de l’année 2010, les scientifiques canadiens ont dénoncé le sous-financement de la recherche scientifique sur les changements climatiques en particulier dans le Nord canadien.</p>
<p align="justify">La TRNEE recommande que le gouvernement fédéral canadien adopte pour le Nord canadien des approches de prévention des catastrophes et de renforcement de la préparation des collectivités pour les affronter. Il doit revoir les moyens d&#8217;urgence pour les aider à réagir ainsi que pour qu&#8217;elles puissent elles-mêmes réagir efficacement aux catastrophes.</p>
<p align="justify">Le TRNEE recommande aussi que le gouvernement fédéral canadien s’assure que les intérêts nordiques sont représentés et intégrés à l’élaboration de solutions d’adaptation au changement climatique. Les processus et mécanismes nationaux ne tiennent pour l’instant pas suffisamment compte ni ne se servent de façon adéquate les perspectives du Nord dans la conception et dans la mise à jour des outils d’adaptation au changement climatique. Cet aspect est essentiel pour que la région s’organise efficacement. Une participation importante des professionnels et des experts (codes et normes, assurance, gestion des catastrophes) et des collectivités du Nord dans la planification, la conception et l’exécution de l’infrastructure doit être organisée et institutionnalisée.</p>
<p align="justify">Il est essentiel que le Nord canadien dispose d’infrastructures fiables pour le développement régional durable et pour la sécurité humaine. Pourtant, dans plusieurs collectivités nordiques, les capacités d’évaluer et de gérer les risques que représentent pour l’infrastructure le changement climatique, ainsi qu’à saisir les occasions d’affaires, sont trop limitées. Comme il est critique de bâtir une expertise locale et régionale, il est nécessaire que les différents paliers de gouvernement collaborent pour tirer profit et partager les connaissances traditionnelles et locales, soutenir le développement d’habilités régionales ainsi que l’innovation régionale en encourageant l’élaboration de technologies adaptées.</p>
<p align="justify"><strong>Les efforts consentis.</strong></p>
<p align="justify">Les efforts du gouvernement fédéral canadien ont été très limités jusqu’alors pour adresser les problèmes liés aux changements climatiques. En décembre 2007, le gouvernement du Canada investissait 85,9 millions de dollars canadiens (environ 54 millions d’euros) sur quatre ans « pour aider les Canadiens à renforcer leur capacité à s’adapter à un climat changeant.» Tout récemment des coupures majeures ont eu lieu dans les programmes consacrés aux impacts et aux adaptations aux changements climatiques.</p>
<p align="justify">Il est attendu que le Ministère de l’environnement se servira de son expertise pour améliorer les prévisions des changements environnementaux, des régimes climatiques et des phénomènes climatiques extrêmes à venir. Des projections plus exactes concernant les changements climatiques devraient aider les Canadiens à se préparer plus efficacement.</p>
<p align="justify">Les informations issues de la modélisation des changements climatiques seront utilisées pour améliorer la conception des ponts, des maisons et des structures de télécommunication pour que ces infrastructures puissent résister aux précipitations, à la glace et aux quantités de neige extrêmes ainsi qu’aux changements du niveau de la mer. Ces informations devraient contribuer à la planification des situations d’urgence partout au Canada.</p>
<p align="justify">Il était attendu que le ministère de l’environnement et d’autres ministères du gouvernement fédéral canadien mettent en œuvre des initiatives d’adaptation pour intervenir en réponse aux répercussions des changements climatiques : un système d’alerte et d’intervention relatif au climat et aux maladies infectieuses, et des stratégies et des programmes d’adaptation pour le Nord canadien, dont les collectivités et les infrastructures sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques. Les récentes coupures du gouvernement dans les fonds prévus pour les activités d’impacts et d’adaptation pourraient gravement nuire à l’efficacité des programmes prévus, en particulier dans le Nord.</p>
<p align="justify">Il semblerait même que le gouvernement fédéral canadien donne plus d’importance au niveau international qu’au niveau national. Ainsi le gouvernement du Canada consacre 100 millions de dollars canadiens (environ 63 millions d’euros) à l&#8217;adaptation globale au changement climatique pour aider les pays qui sont particulièrement vulnérables aux effets des changements climatiques.<br />
Le Nord canadien apparait donc comme le grand oublié des programmes d’études, de prévisions et d’adaptation aux changements climatiques du gouvernement fédéral canadien.</p>
<h6 align="justify"><span style="font-size: 8pt" lang="EN-US">[1] Andrew Nikiforuk, « Tar Sands : Dirty Oil and the Future of a Continent, édition révisée en 2010, Greystone Books, 240 pages, ISBN-10: 1553655559, ISBN 13: 978-1553655558</span></h6>
<h6 align="justify"><span style="font-size: 8pt" lang="EN-US"><o:p></o:p></span><span style="font-size: 8pt" lang="FR-CA">[2] « Exploitation des sables bitumineux - Le Canada, producteur de pétrole », Journal « Le Devoir », 6 juin 2008</span></h6>
<h6 align="justify"><span style="font-size: 8pt" lang="FR-CA"><o:p></o:p></span><span style="font-size: 8pt" lang="FR-CA">[3] Mai 2008, version française du rapport préparé pour le gouvernement du Canada qui décrit les impacts sanitaires des changements climatiques sur la santé des Canadiens, gouvernement du Canada, 558 pages</span></h6>
<h6 align="justify"><span style="font-size: 8pt" lang="FR-CA"><o:p></o:p></span><span style="font-size: 8pt" lang="FR-CA">[4] Novembre 2009-ce rapport peut être téléchargé depuis le site Web de la TRNEE : <a href="http://www.nrtee-trnee.com/fra/publications/franc-nord/franc-nord-fra.php">www.nrtee-trnee.ca/franc-nord<o:p></o:p></a></span></h6>
<h5 style="margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Arial','sans-serif'" lang="FR-CA"></span></h5>
<h5 align="justify" style="margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Arial','sans-serif'" lang="FR-CA"></span></h5>
<h5 align="justify" style="margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Arial','sans-serif'" lang="FR-CA"></span></h5>
<h5 align="justify" style="margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Arial','sans-serif'" lang="FR-CA"><font color="#ffffff"> .</font></span></h5>
<h5 align="justify" style="margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Arial','sans-serif'" lang="FR-CA"><font color="#4682b4">* Elisabeth Marsollier a acquis une expertise en recherche et en enseignement du développement durable et de l’environnement ainsi qu’en relations internationales et en coopération internationale. Elle a aussi de grandes connaissances en gouvernance et en éthique.</font></span></h5>
<h5 align="justify" style="margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Arial','sans-serif'" lang="FR-CA"><o:p></o:p></span><font color="#4682b4"> </font></h5>
<h5 align="justify" style="margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Arial','sans-serif'" lang="FR-CA"><font color="#4682b4">Elle enseigne à temps partiel le développement durable, l’environnement et la gestion dans diverses universités canadiennes et européennes (dont l’Université de Savoie), et effectue des contrats spécialisés.<o:p></o:p></font></span></h5>
<h5 align="justify" style="margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Arial','sans-serif'" lang="FR-CA"><font color="#4682b4">Après un doctorat de troisième cycle en écologie appliquée de l’Université Joseph Fourier (Grenoble) : thèse de doctorat sur le bassin-versant du Lac du Bourget, elle a fait des études post-doctorales en gouvernance du développement durable avec l’Université McGill (Canada) et l’Ecole Pratique des Hautes Etudes de Paris.<span>  </span><o:p></o:p></font></span></h5>
<h5 align="justify" style="margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Arial','sans-serif'" lang="FR-CA"><font color="#4682b4">Elle a une maîtrise de recherche en géographie physique (écologie, climatologie et hydrologie continentale, géomorphologie, biogéographie et pédologie) de l’Université Joseph Fourier (Grenoble) ainsi qu’une maîtrise en enseignement de l’histoire et géographie. <o:p></o:p></font></span></h5>
<h5 align="justify" style="margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Arial','sans-serif'" lang="FR-CA"><font color="#4682b4">Diplômée de l’Université d’Ottawa en développement international et en coopération, elle a suivi des formations en administration publique (université du Québec et Ecole de la fonction publique), en économie et en philosophie (Université du Québec) avant de travailler en recherche et en coordination de recherches, en France au Centre Technique de Génie Rural des Eaux et Forêts ainsi qu’au Ministère de la Santé et de l’Environnement de Polynésie française. <o:p></o:p></font></span></h5>
<h5 align="justify" style="margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Arial','sans-serif'" lang="FR-CA"><font color="#4682b4">Elle a occupé des postes de gestionnaire aux niveaux provincial (Québec) et fédéral canadiens et international (Nations Unies). Ainsi elle a été successivement Directrice du Conseil canadien de la recherche sur les études d’impact environnementales (1987-1990), Gestionnaire du portefeuille de projets sur les Eaux internationales et du portefeuille de projets sur la Biodiversité aquatique du Fonds pour l’Environnement Mondial au Programme des Nations Unies pour l’Environnement(1991-1993), Présidente et Directrice générale du Conseil de la conservation et de l’environnement du Québec (1993-1995) et Directrice générale de la recherche sur les océans et l’aquaculture (2000-2002). <o:p></o:p></font></span></h5>
<h5 align="justify" style="margin: 0cm 0cm 0pt" class="MsoNormal"><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Arial','sans-serif'" lang="FR-CA"><font color="#4682b4">Elle est auteur et co-auteur de plusieurs ouvrages et de rapports de l’OCDE, de rapports officiels du gouvernement du Québec, du gouvernement fédéral canadien, et des Nations Unies (y compris des rapports pour le Conseil de sécurité et plusieurs documents fondamentaux du Fonds pour l’Environnement Mondial). <o:p></o:p></font></span></h5>
<h5 align="justify"></h5>

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		<title>Des mots pour en parler</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Jan 2010 07:11:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>P/DurAlpes</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[C'EST QUOI]]></category>

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		<description><![CDATA[
 
&#160;
&#160;
&#8220;Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde&#8221;,  A. Camus.
De quels maux souffre donc la planète ? La vraie catastrophe serait qu’une dérive sémantique nuise à la bonne compréhension des problèmes par les hommes et constitue un frein à la nécessité d’agir. La vraie catastrophe serait que nous n’ayons pas envie de comprendre ces [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/mots-croises.jpg"></a></p>
<p align="justify"> <img border="0" align="left" width="260" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/mots-croises-1.jpg" height="378" /></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><em>&#8220;Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde&#8221;,  A. Camus.</em></p>
<p align="justify"><em>De quels maux souffre donc la planète ? La vraie catastrophe serait qu’une dérive sémantique nuise à la bonne compréhension des problèmes par les hommes et constitue un frein à la nécessité d’agir. La vraie catastrophe serait que nous n’ayons pas envie de comprendre ces mots.<br />
Voici donc quelques définitions des termes les plus usités dans le vocable du développement durable.</em></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font color="#b22222"><strong>Agenda 21</strong><br />
</font>Programme d&#8217;actions destinées à traduire dans les faits les principes et visées du développement durable, défini à Rio lors du 2ème sommet de la Terre organisé sous l&#8217;égide des Nations-Unies. Les villes et autres collectivités territoriales notamment sont invitées par ce moyen à s&#8217;approprier et à pratiquer des politiques qui tendent à satisfaire les besoins des générations actuelles sans hypothéquer, pour le moins, la capacité des générations futures à satisfaire les leurs.</p>
<p align="justify"><strong><font color="#808000">Agenda 21 local</font><br />
</strong>Processus de réflexion stratégique proposé dans l&#8217;Agenda 21 de Rio pour mettre en place au niveau local un projet collectif de développement durable : &#8220;Il faudrait que toutes les collectivités locales instaurent un dialogue avec les habitants, les organisations locales et les entreprises privées afin d&#8217;adopter &#8220;un programme Action 21&#8243; à l&#8217;échelon de la collectivité&#8221;. La concertation et la recherche d&#8217;un consensus permettraient aux collectivités locales de s&#8217;instruire au contact des habitants et des associations locales, civiques, communautaires, commerciales et industrielles, et d&#8217;obtenir l&#8217;information nécessaire à l&#8217;élaboration des stratégies les plus appropriées. Grâce au processus de concertation, les ménages prendraient davantage conscience des questions liées au développement durable…&#8221;.</p>
<p align="justify"><strong><font color="#99ccff">Bassin versant<br />
</font></strong>Aire dont les eaux de pluie alimentent un cours d&#8217;eau, un lac ou une autre masse d&#8217;eau.</p>
<p align="justify"><strong><font color="#993366">Bien public</font><br />
</strong>&#8220;Bien ou service pour lequel les droits de propriété ne sont pas définis. En l&#8217;absence d&#8217;intervention des pouvoirs publics, les biens d&#8217;environnement (air pur, par exemple) sont généralement considérés comme des biens publics. Un air sain est un bien public, parce que le fait d&#8217;en jouir ne le rend pas plus rare pour les autres et qu&#8217;on ne peut empêcher personne de respirer. Le bien public est non rival (le fait que l&#8217;autre en bénéficie ne réduit pas mon utilité) et non exclusif (on ne peut pas se l&#8217;approprier pour son usage personnel et empêcher autrui d&#8217;en profiter). Le climat est un bien public, tout comme la biodiversité, une monnaie commune et stable, la sécurité ou l&#8217;État de droit. Ces biens publics résultent de règles, d&#8217;efforts, de compromis, d&#8217;interdits ou d&#8217;obligations, dont la justification est précisément qu&#8217;ils engendrent des effets bénéfiques pour tous&#8221;.<br />
Hélas, les biens publics mondiaux ont du mal à émerger ou à être préservés (la biodiversité, le climat&#8230;), parce qu&#8217;il n&#8217;existe pas de gouvernement mondial chargé de les construire et de les entretenir. Il faut donc s&#8217;en remettre à la bonne volonté des hommes et des institutions internationales, publiques ou privées. La difficulté c’est que chaque groupe ou chaque nation, tend à vouloir laisser aux autres la charge de l&#8217;effort, de la contrainte ou des obligations.</p>
<p align="justify"><font color="#b8860b"><strong>Biodiversité</strong></font><br />
Selon Edward Osborne Wilson qui a introduit le terme dans la littérature scientifique, la biodiversité est &#8220;la totalité de toutes les variations de tout le vivant&#8221;. Elle se décline en diversité écologique (les milieux), diversité spécifique (les espèces) et diversité génétique (au sein d&#8217;une même espèce). Elle est le produit de l&#8217;adaptation du vivant à des environnements changeants, mais elle est aussi la seule garantie que la vie aura la capacité de s&#8217;adapter en cas de changement de l&#8217;environnement. C&#8217;est cette capacité d&#8217;adaptation qui est atteinte lorsque des espèces disparaissent.</p>
<p align="justify"><font color="#333333"><strong>Bilan carbone<br />
</strong></font>Le Bilan Carbone est un outil de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre. Il permet une évaluation assez précise des émissions directes ou induites par une activité (économique ou non), la fabrication d’un produit ou un territoire. Le Bilan Carbone permet également d´étudier la vulnérabilité d´une activité économique et tout particulièrement sa dépendance aux énergies fossiles, dont le prix est amené à augmenter dans les prochaines années.<br />
Le Bilan Carbone est donc un outil permettant de tenir une &#8220;comptabilité carbone&#8221;, selon des règles qui sont publiques et compatibles avec les normes déjà en vigueur (ISO 14064 notamment). Depuis octobre 2007, il existe aussi une version pour les particuliers, le Bilan Carbone Personnel.</p>
<p align="justify"><font color="#ff99cc"><strong>Biocarburant (ou éthanol)</strong><br />
</font>Carburant d’origine végétale proposé comme substitut à l’essence ou au gasoil issus du pétrole. Concrètement, il s’agit de l’alcool issu de la transformation des sucres des végétaux que l’on mélange avec de l’essence classique.</p>
<p align="justify"><font color="#ccffcc"><strong><font color="#339966">Bioclimatique</font><br />
</strong></font>Cette conception de l’habitat vise à réduire les besoins énergétiques, à assurer une bonne ventilation naturelle, un éclairage optimal et une humidité contrôlée. L’environnement extérieur joue un rôle primordial dans la construction d’un tel habitat.</p>
<p align="justify"><strong><font color="#0000ff">Biodégradable</font></strong><br />
Un produit est considéré comme étant biodégradable si, une fois utilisé, il peut se décomposer de façon naturelle par l’action d’organismes biologiques, en éléments divers dépourvus d&#8217;effets dommageables sur le milieu naturel.</p>
<p align="justify"><font color="#800000"><strong>Biogaz<br />
</strong></font>Ensemble des gaz qui résultent de la fermentation des déchets organiques dans un milieu en raréfaction d&#8217;air, comme les décharges ou les stations d&#8217;épuration, tels que le méthane et le dioxyde de carbone. Cette fermentation est le résultat d&#8217;une activité bactérienne, naturelle ou contrôlée.</p>
<p align="justify"><font color="#ff6600"><strong>Biomasse</strong></font><br />
En écologie, la biomasse est la masse totale des organismes vivants mesurée dans une population, une aire ou une autre unité.<br />
En énergie, le terme de biomasse regroupe l&#8217;ensemble des matières organiques pouvant devenir des sources d&#8217;énergie. Ces matières organiques qui proviennent des plantes sont une forme de stockage de l&#8217;énergie solaire, captée et utilisée par les plantes grâce à la chlorophylle. Elles peuvent être utilisées soit directement (bois énergie) soit après une méthanisation de la matière organique (biogaz) ou de nouvelles transformations chimiques (biocarburant).</p>
<p align="justify"><strong><font color="#999999">Biosphère</font></strong><br />
&#8220;Partie de la Terre et de l&#8217;atmosphère indispensable à la vie.&#8221;</p>
<p align="justify"><strong><font color="#003366">Changements climatiques</font><br />
</strong>Un changement climatique correspond à une modification durable des paramètres statistiques du climat global de la Terre ou de ses divers climats régionaux.<br />
Dans les travaux du GIEC, le terme &#8220;changement climatique&#8221; fait référence à tout changement dans le temps, qu&#8217;il soit dû à la variabilité naturelle ou aux activités humaines.<br />
Au contraire, dans la Convention cadre des Nations Unies, le terme désigne uniquement les changements dus aux activités humaines ; les changements climatiques d&#8217;origine naturelle sont désignés &#8220;variabilité climatique&#8221;.<br />
Le changement climatique anthropique est l&#8217;évolution du climat venant s&#8217;ajouter à ses variations naturelles, qui est attribuée à l&#8217;augmentation de la concentration des gaz à effet de serre engendrées par les activités humaines, qui absorbent le rayonnement terrestre et retardent ainsi la perte d&#8217;énergie vers l&#8217;espace.</p>
<p align="justify"><font color="#3bc364"><strong>Déforestation<br />
</strong></font>La destruction de la forêt a un impact sur le changement climatique en relâchant le carbone contenu dans le réservoir constitué par la matière organique et le bois. La déforestation a aussi un impact régional (régime des précipitations) et local : érosion du sol, désertification et destruction de la biodiversité.</p>
<p align="justify"><font color="#4682b4"><strong>Développement durable<br />
</strong></font>&#8220;Le développement soutenable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs&#8221;. &#8220;Une politique et une stratégie visant à assurer la continuité dans le temps du développement économique et social, dans le respect de l&#8217;environnement, et sans compromettre les ressources naturelles indispensables à l&#8217;activité humaine&#8221;. &#8220;Le concept de développement durable intègre à la fois des préoccupations de développement de l&#8217;ensemble des sociétés des diverses régions du monde, d&#8217;équité sociale, de protection de l&#8217;environnement local, régional et global, de protection du patrimoine planétaire et de solidarité vis-à-vis des générations futures&#8221;.<br />
La définition de la Commission Brundtland est suffisamment large pour avoir donné lieu à diverses interprétations et pour avoir nourri de nombreuses polémiques. Le développement durable reste attaché à la conférence de Rio qui prônait une approche conjointe de l&#8217;environnement (des pays du Nord) et du développement (des pays du Sud). Du fait de son contexte historique et politique international, le développement durable est un compromis entre trois contradictions fondamentales :<br />
- compromis entre les intérêts des générations actuelles et celui des générations futures, dans le contexte de l&#8217;équité intergénérationnelle,<br />
- compromis Nord/Sud entre les pays industrialisés et les pays en développement,<br />
- compromis entre les besoins des êtres humains et la préservation des écosystèmes (les habitats et les espèces).</p>
<p align="justify"><strong><font color="#c19b74">Désertification</font></strong><br />
Dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides par suite de divers facteurs, parmi lesquels les variations climatiques et l’extension des activités humaines (surpâturage, déboisement, mauvaises pratiques d&#8217;irrigation et de travail du sol, industrialisation) ou d&#8217;une combinaison de ces facteurs<br />
Diversité<br />
Ce terme désigne une pluralité. Par exemple en démographie, il fait référence aux différences ethniques, linguistiques et culturelles parmi des sous-groupes d’individus au sein d’une population en général.</p>
<p align="justify"><font color="#4eabc5"><strong>Durabilité</strong></font><br />
&#8220;Les processus et les institutions durables répondent à certains critères : ils n&#8217;épuisent pas les ressources nécessaires aux générations futures; ils renforcent continuellement les capacités des individus – compétences, connaissances et ressources - qui permettent l’initiative et l’adaptation (par l’éducation, la santé, l’alimentation, la culture), et les capacités des institutions ; les responsabilités et les avantages sont largement partagés.&#8221;</p>
<p align="justify"><font color="#808000"><strong>Ecocitoyenneté</strong></font><br />
&#8220;Le concept d&#8217;écocitoyen est né dans les pays occidentaux à la fin des années 70 et s&#8217;est popularisé depuis la Conférence de Rio en 1992. Sans négliger la valeur des relations que doit entretenir l&#8217;homme et sa société pour accéder au titre de citoyen, le qualificatif d&#8217;écocitoyen s&#8217;attache particulièrement à la nécessité, pour l&#8217;individu, d&#8217;avoir des gestes et des comportements responsables tant par rapport à son lieu de vie qu&#8217;à l&#8217;égard de ses semblables. Être un écocitoyen, c&#8217;est reconnaître la portée écologique de tous ses gestes quotidiens, des déplacements à la consommation en passant par ses rejets. L&#8217;écocitoyen adopte les &#8220;bons gestes&#8221; : il préfère les objets mécaniques aux objets à pile, - il ne jette pas ses détritus par terre, il trie ses déchets, il utilise les transports en commun ou son vélo autant que possible, il ne verse pas d&#8217;huile dans les caniveaux ou dans les éviers, il ne gaspille pas l&#8217;énergie etc… l’écocitoyen a également le droit de jouir d&#8217;un environnement sain et donc de jouer son rôle d’alerte et de mobilisation pour faire respecter ce droit</p>
<p align="justify"><font color="#ff6600"><strong>Écoconception</strong></font><br />
&#8220;La conception pour l&#8217;environnement (CPE) consiste lors de la phase de conception, à tout mettre en œuvre pour réduire les impacts négatifs sur l&#8217;environnement tout au long du cycle de vie du produit. La CPE fournit aux entreprises un cadre systématique pour intégrer les problèmes environnementaux dans les décisions de conception.<br />
La CPE s&#8217;efforce d&#8217;améliorer la performance environnementale d&#8217;ensemble du système de production, et par conséquent, englobe des concepts comme la prévention des pollutions, les technologies propres, la maîtrise de l&#8217;énergie et le recyclage des produits. La CPE s&#8217;étend d&#8217;évidence au-delà des produits spéciaux ou nocifs, comme les produits chimiques, à un large ensemble de produits manufacturés.</p>
<p align="justify"><font color="#993366"><strong>Écologie</strong></font><br />
Apparue au XIXe siècle, l&#8217;écologie est l&#8217;étude scientifique des relations qu&#8217;entretiennent les êtres vivants avec leur milieu, l&#8217;ensemble formant ce qu&#8217;on appelle l&#8217;écosystème.<br />
Aujourd&#8217;hui, le terme écologie désigne le plus souvent le mouvement politique qui s&#8217;est affirmé dans les pays développés à partir de la fin des années 1960 avec l&#8217;émergence de la contestation de la société de consommation. Il a surtout pris son essor à partir de la publication du rapport du Club de Rome, Halte à la croissance !, en 1972, qui mettait en garde contre l&#8217;existence de limites naturelles à la possibilité d&#8217;une croissance économique infinie. Les mouvements écologistes se sont donnés pour mission de développer la prise de conscience de l&#8217;empreinte polluante de l&#8217;être humain sur son milieu. En participant aux élections dans de nombreux pays développés, les partis verts entendent influer sur le contenu des politiques publiques, afin de rendre l&#8217;économie et les modes de vie durables au regard de l&#8217;environnement. Une frange plus radicale des écologistes prône la décroissance, seule en mesure, à leurs yeux, de freiner la destruction des ressources naturelles de la planète.</p>
<p align="justify"><font color="#4eabc5"><strong>Écologie industrielle</strong><br />
</font>&#8220;Les traditionnelles remises en cause du système industriel, dominées par les questions de pollution et d&#8217;épuisement des ressources, ne suffisent plus.<br />
Une approche nouvelle, plus large, émerge depuis quelques années: l&#8217;écologie industrielle. Au lieu de voir le système industriel comme séparé de la Biosphère, il est possible de le considérer comme un cas particulier d&#8217;écosystème. L&#8217;écologie industrielle s&#8217;intéresse à l&#8217;évolution à long terme du système industriel dans son ensemble et pas seulement aux problèmes d&#8217;environnement&#8221;. &#8220;L&#8217;écologie industrielle est un nouveau champ d&#8217;étude situé à l&#8217;intersection de l&#8217;économie des ressources, du droit environnemental et de l&#8217;ingénierie industrielle.<br />
La vision de Frosch est simple: pourquoi notre système industriel ne se comporterait-il pas comme un écosystème où les rebuts d&#8217;une espèce servent de ressources à d&#8217;autres espèces ? Pourquoi les déchets d&#8217;une entreprise ne deviendraient-ils pas les intrants d&#8217;une autre entreprise ? On réduirait ainsi la consommation de matières premières et la pollution, tout en permettant aux entreprises d&#8217;économiser sur leurs frais d&#8217;incinération ou d&#8217;enfouissement.&#8221;</p>
<p align="justify"><font color="#f4eb0a"><strong><font color="#0000ff">Écotaxe (impôt sur l&#8217;environnement)</font><br />
</strong></font>Une écotaxe consiste à pénaliser certaines activités polluantes, en prélevant un impôt proportionnel à l&#8217;usage du polluant (engrais, nitrates, carburant&#8230;). C&#8217;est une taxe qui permet &#8220;d&#8217;internaliser les externalités négatives&#8221;, c&#8217;est-à-dire d’imputer sur le produit le coût des dommages qu’il engendre sur l’environnement et qui est habituellement rejeté sur la société.<br />
Les avantages d&#8217;une telle taxation sont multiples. D&#8217;abord, les pollueurs, devenus payeurs, peuvent être incités à revoir leur mode de production pour en limiter les impacts polluants. Ensuite, elle donne aux consommateurs un signal clair qui les oriente vers des achats durables. Enfin, l&#8217;État y gagne des ressources pour faire des investissements verts ou pour réduire d&#8217;autres taxes, celles qui pèsent sur le travail, par exemple, ce qui incitera les entreprises à créer plus d&#8217;emplois.<br />
La taxe carbone - qui vise à limiter l&#8217;émission de dioxyde de carbone - rentre dans la catégorie des écotaxes.</p>
<p align="justify"><font color="#808000"><strong>Effet de serre<br />
</strong></font>&#8220;Réchauffement de l&#8217;atmosphère (et de la surface de la Terre) dû au fait que certains gaz absorbent le rayonnement infrarouge thermique dégagé par la Terre et le renvoient en partie vers la surface de celle-ci. Cet effet est un phénomène naturel renforcé par l’augmentation de l&#8217;émission anthropique (c&#8217;est à dire due aux activités humaines) de dioxyde de carbone et d&#8217;autres gaz à effet de serre.&#8221;</p>
<p align="justify"><font color="#b22222"><strong>Empreinte écologique<br />
</strong></font>L’empreinte écologique vise à traduire de manière facilement compréhensible l’impact d’activités humaines sur les écosystèmes et la planète. Elle se mesure généralement en surface (hectares par individu, ou hectares consommés par une ville ou un pays pour répondre à ses besoins, par exemple). Cette surface traduit, grâce à un système de conversion une quantité de ressources nécessaires par système opérant.<br />
Plus précisément, l&#8217;empreinte écologique quantifie pour un individu, une population ou une activité la surface bioproductive nécessaire pour produire les principales ressources consommées par cette population et pour absorber ses déchets.</p>
<p align="justify"><font color="#ff00ff"><strong>Énergies d’origine fossile</strong><br />
</font>Énergies provenant d’une ressource naturelle stockée dans le sol, à plus ou moins grande profondeur (pétrole, gaz, charbons, …). Avec l’uranium, les énergies d’origine fossile, constituent les énergies non renouvelables, donc épuisables.</p>
<p align="justify"><font color="#808080"><strong>Énergies renouvelables</strong></font><br />
Énergies tirées d’une source inépuisable, comme le soleil, le vent, l’eau en mouvement et la biomasse.</p>
<p align="justify"><font color="#692f3e"><strong>Gaz à effet de serre (GES)<br />
</strong></font>&#8220;On entend par gaz à effet de serre les constituants gazeux de l&#8217;atmosphère, tant naturels qu’anthropiques, qui absorbent et réémettent le rayonnement infrarouge.&#8221; Ils contribuent à maintenir la chaleur dans l&#8217;atmosphère terrestre. Les principaux gaz sont la vapeur d&#8217;eau, le dioxyde de carbone CO2, le méthane CH4, l&#8217;oxyde nitreux NO2 et les chlorofluorocarbones : les hydrofluorocarbones (HFC), les hydrocarbures perfluorés (PFC) et l&#8217;hexafluorure de soufre SF6. Les six derniers gaz font l&#8217;objet de restrictions dans le cadre du Protocole de Kyoto.</p>
<p align="justify"><font color="#993366"><strong>GIEC (Groupe d&#8217;experts intergouvernemental sur l&#8217;évolution du climat)</strong></font><br />
Le GIEC a pour mission d’évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. Il n’a pas pour mandat d’entreprendre des travaux de recherche ni de suivre l’évolution des variables climatologiques ou d’autres paramètres pertinents. Ses évaluations sont principalement fondées sur les publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue.</p>
<p align="justify"><font color="#99cc00"><strong>Greenwashing<br />
</strong></font>Terme anglophone qui peut être traduit par éco-blanchiment ou blanchiment vert. C’est un procédé de marketing utilisé par une organisation (entreprise, gouvernement, collectivité, etc) dans le but de donner à l&#8217;opinion publique une image écologique responsable, par des efforts de communication, alors que plus d&#8217;argent a été investi en publicité &#8220;verte&#8221; (la couleur verte symbolisant ici l&#8217;écologie) qu&#8217;en de réelles actions en faveur de l&#8217;environnement. A la notion de greenwashing on peut opposer celle de publicité éthique. Le terme greenwashing trouve son origine dans la contraction des mots green, vert et brainwashing, ou lavage de cerveau.</p>
<p align="justify"><font color="#4eabc5">HQE (Haute qualité environnementale)<br />
</font>&#8220;La qualité environnementale d&#8217;un bâtiment est son aptitude à préserver les ressources naturelles et à satisfaire aux exigences de confort, de santé et de qualité de vie des occupants. Aptitude qu&#8217;il acquiert en intégrant la qualité environnementale à chaque étape de son existence : programmation, conception, réalisation, usage&#8230; puis éventuellement réhabilitation, rénovation, démolition.<br />
La qualité environnementale consiste à :<br />
- économiser les ressources naturelles : énergies, eau, sol, matières premières, …<br />
- abaisser la pollution de l&#8217;air extérieur, de l&#8217;eau et des sols.<br />
- réduire la production de déchets, notamment de déchets ultimes.<br />
- diminuer les nuisances sonores.<br />
- favoriser l&#8217;intégration du bâtiment dans son site.<br />
- assurer des conditions de vie saines et confortables à l&#8217;intérieur des bâtiments.</p>
<p align="justify"><font color="#ff0000"><strong>Hybride (véhicule)<br />
</strong></font>Véhicule équipé d’un moteur thermique (à essence ou diesel) et d’un moteur électrique fonctionnant ensemble ou séparément selon les conditions de circulation. Ce type de véhicule peut faire économiser entre 25 et 30% de carburant en ville.</p>
<p align="justify"><font color="#b22222"><strong>Malthusianisme</strong></font><br />
Thomas Robert Malthus, pasteur et économiste anglais de la fin du XVIIIe siècle, ne partageait pas la foi inébranlable de ses contemporains dans le progrès. Son pessimisme s&#8217;illustre particulièrement dans son Essai sur le principe de population, paru en 1798. Il y met en évidence la &#8220;loi&#8221; suivante : la population a tendance à croître selon une progression géométrique, doublant tous les vingt-cinq ans, alors que les moyens de subsistance, soumis à des rendements décroissants, peuvent augmenter tout au plus selon une progression arithmétique. Ce déséquilibre est porteur de misère, de famines et autres catastrophes, à moins que les hommes, conscients des conséquences de leurs actes, n&#8217;acceptent de restreindre volontairement les naissances, en retardant le mariage et en pratiquant la chasteté. Le malthusianisme en est ainsi venu à désigner toute doctrine prônant la restriction volontaire des naissances.</p>
<p align="justify"><font color="#33cccc"><strong>Méthanisation<br />
</strong></font>Processus naturel biologique de dégradation par des microorganismes en l’absence d&#8217;oxygène de la matière organique (déchets végétaux ou organiques d’origine municipale, industrielle, agricole ou ménagère) pour produire, à l’échelle d’une maison ou d’une ville, du gaz (biogaz) convertible en énergie de chauffage ou de cuisson. La méthanisation permet d&#8217;atteindre deux objectifs complémentaires : produire de l’énergie tout en réduisant la charge polluante des déchets et des effluents organiques et également, selon la nature du produit de départ, produire un digestat stabilisé utilisable comme fertilisant ou amendement organique.</p>
<p align="justify"><font color="#808000"><strong>Paradigme</strong></font><br />
Représentation du monde, manière de voir les choses, modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée). C&#8217;est en quelque sorte un rail de la pensée dont les lois ne doivent pas être confondues avec un autre paradigme.<br />
Le paradigme au sens collectif est un système de représentations largement accepté dans un domaine particulier. Cela dit, les paradigmes tendent à différer selon les groupes sociaux et à changer dans le temps en fonction de l&#8217;évolution des connaissances (cas notamment des paradigmes scientifiques). En entreprise, le mot &#8220;paradigme&#8221; est également utilisé, parfois de façon surabondante. On a beaucoup parlé de &#8220;nouveau paradigme&#8221; ou de &#8220;changer de paradigme&#8221;, notamment pour donner un aspect fortement novateur à un projet. A tel point qu’on a pu le considérer comme un mot prestigieux visant à intimider l&#8217;interlocuteur.</p>
<p align="justify"><font color="#692f3e"><strong>Plan Climat<br />
</strong></font>Un plan climat territorial est une démarche volontaire des collectivités locales qui entreprennent des actions locales ciblées pour réduire leurs émissions à effet de serre (meilleur tri et recyclage des déchets, transports en commun, économies sur l’éclairage public, énergies renouvelables…). Il prévoit notamment un état des lieux (bilan carbone, empreinte énergétique..), un travail de prospective (tendances lourdes, phénomènes émergents) et des objectifs quantifiés dans l&#8217;espace et dans le temps.</p>
<p align="justify"><font color="#8fbc8f"><strong>Pollution</strong></font><br />
&#8220;Toute intervention de l&#8217;homme dans les équilibres naturels par la mise en circulation de substances toxiques, nuisibles, ou encombrantes, qui troublent ou empêchent l&#8217;évolution naturelle du milieu.&#8221; Plus généralement, il s’agit de l’introduction directe ou indirecte, par l&#8217;activité humaine, de substances, de vibrations, de chaleur ou de bruit dans l&#8217;air, l&#8217;eau ou le sol, susceptibles de porter atteinte à la santé humaine ou à la qualité de l&#8217;environnement, d&#8217;entraîner des détériorations aux biens matériels, une détérioration ou une entrave à l&#8217;agrément de l&#8217;environnement ou à d&#8217;autres utilisations légitimes de ce dernier.</p>
<p align="justify"><font color="#993366"><strong>RSE (Responsabilité Sociale de l&#8217;Entreprise)</strong></font><br />
La RSE est la déclinaison des principes du développement durable à l’échelle de l’entreprise. Elle signifie essentiellement que les entreprises, de leur propre initiative, contribuent à améliorer la société et à protéger l’environnement. Elles intègrent ces préoccupations dans leurs activités en mettant en œuvre des dispositifs au sein de leur structure et avec leurs parties prenantes.<br />
Systémique<br />
&#8220;Méthode scientifique visant à comprendre le fonctionnement et la structure des systèmes, par la connaissance des relations, des processus et des régulations qui s&#8217;y déroulent.&#8221; Elle permet d&#8217;analyser un ensemble complexe de faits ou d&#8217;éléments en relation, en traitant ces derniers dans leur globalité et non de manière individuelle.</p>
<p align="justify"><font color="#ccac00"><strong>Terroir</strong><br />
</font>Un terroir est un espace géographique délimité défini à partir d’une communauté humaine qui construit au cours de son histoire un ensemble de traits culturels distinctifs, de savoirs, et de pratiques fondés sur un système d’interactions entre le milieu naturel et les facteurs humains. Les savoir-faire mis en jeu révèlent une originalité, confèrent une typicité et permettent une reconnaissance pour les produits ou services originaires de cet espace et donc pour les hommes qui y vivent. Les terroirs sont des espaces vivants et innovants qui ne peuvent être assimilés à la seule tradition.</p>
<p align="justify"><font color="#4eabc5"><strong>Tourisme responsable<br />
</strong></font>Tourisme qui participe au développement des populations et des territoires d’accueil au Nord comme au Sud tout en contribuant aux enjeux du XXIe siècle. C’est un type de tourisme alternatif ayant pour objectif :<br />
- Le développement économique et l’épanouissement des populations locales (par l&#8217;implication dans l&#8217;économie locale, une rémunération juste et stable des partenaires, des conditions de travail décentes&#8230;).<br />
- La préservation à long terme des ressources naturelles, culturelles et sociales (tourisme durable).<br />
- Une rencontre authentique entre les voyageurs et les populations locales.</p>
<p align="justify"><font color="#b22222"><strong>Valorisation énergétique<br />
</strong></font>La valorisation énergétique consiste à utiliser les calories contenues dans les déchets, en les brûlant et en récupérant l’énergie ainsi produite sous forme de chaleur ou d’électricité. Toutefois, on ne peut qualifier un incinérateur d’unité de valorisation énergétique que s’il répond au seuil d’efficacité énergétique imposé par l’union européenne dans la directive cadre sur les déchets.</p>
<h6 align="justify">Sources des définitions citées :  Ademe - Alternatives Economiques - GIEC - Ministère de l&#8217;Écologie, de l&#8217;Energie, du Développement durable et de la Mer - OCDE - Wikipédia.</h6>

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		<title>Développement durable : les enjeux des territoires alpins</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Jan 2010 09:00:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent Briquel</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[ACTIONS]]></category>

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Parler des enjeux de développement d’un territoire, c’est à la fois identifier les questions-clés auquel il est confronté, et définir des priorités en vue d’y répondre. Ce développement suscite en permanence de nouvelles questions qui ne sont pas nécessairement vues de la même manière selon les personnes et les contextes territoriaux. Mettre en évidence les enjeux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/3873011791_ab9dc84f0f-site.jpg"></a></p>
<p align="justify">Parler des enjeux de développement d’un territoire, c’est à la fois identifier les questions-clés auquel il est confronté, et définir des priorités en vue d’y répondre. Ce développement suscite en permanence de nouvelles questions qui ne sont pas nécessairement vues de la même manière selon les personnes et les contextes territoriaux. Mettre en évidence les enjeux de développement d’un territoire, c’est donc croiser différents regards sur celui-ci, et se mettre d’accord sur des points fondamentaux qui guideront les actions menées en sa faveur. C&#8217;est désormais, s’interroger aussi  sur la durabilité de ce territoire.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/vincent_briquel_2010_janv-site.jpg" height="270" style="width: 216px; height: 262px" /><font color="#a12820"><strong>Vincent Briquel*</strong></font>, est socio-économiste à l&#8217;unité de recherche Développement des Territoires Montagnards du Cemagref de Grenoble. ll nous fait part de réflexions mûries lors de sa participation à des recherches menées au niveau européen comme à celui des territoires des Alpes. Il pointe entre autres la nécessité  de construire un projet d’ensemble pour pouvoir répondre efficacement aux enjeux du territoire alpin.</p>
<p align="justify">Reconnue pour son caractère mobilisateur, la notion de développement durable, quelle que soit la façon dont on le définit, invite à prendre en compte les dimensions économiques, sociales et environnementales des enjeux de développement, ainsi que les différences de temporalité des processus conduisant à l’émergence de ces enjeux ou des impacts des réponses qui peuvent leur être apportées. Elle pose de ce fait la question des capacités de réaction ou d’adaptation des territoires vis à vis de tendances sur lesquelles ils n’ont pas toujours prise. De même, elle conduit à préciser les arbitrages entre les réponses aux enjeux les plus immédiats et les enjeux plus émergents, qui, à condition d’être d’ores et déjà perçus comme importants, pourront amener à réorienter les politiques de développement.</p>
<p align="justify">Pour ces raisons, il n’est pas toujours aisé de dégager les enjeux les plus fondamentaux d’un territoire, et encore moins de faire en sorte qu’ils soient partagés et appropriés par les acteurs de ce territoire. Néanmoins, on a assisté à une montée en puissance de la durabilité comme principe orientant les politiques de développement de l’Europe, des Etats ou des régions. Ce principe change-t-il, ou brouille-t-il la vision des enjeux des territoires ? Peut-il servir de fil conducteur, ou du moins a-t-il des vertus pédagogiques suffisantes, pour mieux identifier ces enjeux, pour signaler l’insuffisance des réponses qui leur sont apportées et finalement pour accorder les points de vue sur les priorités de l’action publique ? Le débat n’est pas simple. L’exemple des Alpes, évoqué ici, peut aider à l’éclairer.</p>
<p align="justify"><strong>Des enjeux formulés d’abord par réaction à des menaces.</strong></p>
<p align="justify">Le développement des territoires des Alpes, comme celui des autres territoires, est le fruit de processus séculaires, où certains facteurs ont constitué des atouts, d’autres des handicaps. Pour les Alpes, on pense, bien sûr, aux conditions de vie difficiles en haute montagne, mais le développement des territoires a pu s’appuyer sur la valorisation des ressources naturelles et paysagères de la montagne alpine. D’autres territoires bénéficiaient d’autres potentialités. Cependant les Alpes ont pris conscience qu’elles étaient l’une des zones de montagne les plus exploitées dans le monde. Les territoires alpins partagent en effet une communauté d’enjeux associés à l’image de la montagne alpine, mais aussi aux menaces que font peser leur développement sur la richesse de leur patrimoine naturel et culturel.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/libellue-site.jpg" height="277" />C’est bien ce sentiment d’appartenance à un espace emblématique qui est à l’origine d’initiatives de type politique, destinées à faire valoir la présence d’enjeux importants pour le développement des Alpes. Ainsi, la Convention Alpine met en avant la nécessité de préserver le patrimoine des Alpes et le cadre de vie de ses populations, et de trouver un juste équilibre entre les intérêts économiques et la sauvegarde des écosystèmes. Sa signature en 1991 marque la reconnaissance par les Etats alpins et par l’Union Européenne de l’importance de ces grands enjeux panalpins. En soulignant la nécessité de rechercher des équilibres à long terme entre protection de l’environnement, promotion sociale et culturelle et développement économique, la Convention Alpine a anticipé la vision du développement durable consacrée peu après au sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992.</p>
<p align="justify">Cette convention n’est cependant qu’une convention cadre, destinée à être complétée par des protocoles contenant des mesures spécifiques pour la mise en œuvre des principes qu’elle énonce. Ceux-ci ont abordé des questions face auxquelles des consensus politiques n’ont pas été toujours faciles à dégager, comme par exemple le développement d’installations d’enneigement artificiel ou les nouvelles infrastructures de transport transalpin.</p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/tourisme-hivernal-site.jpg"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/tourisme-hivernal-site.jpg" height="274" style="width: 220px; height: 281px" /></a>La Convention Alpine est amenée à revoir périodiquement les questions auxquelles elle s’était attachée à l’origine. L’intégration, très perceptible depuis la fin des années 90, d’objectifs de durabilité dans les politiques de développement contribue également à élargir l’approche des enjeux alpins. Il s’agit désormais de prendre en compte des tendances lourdes qui peuvent remettre en cause la durabilité du développement. Pour les Alpes, on peut craindre en effet que le réchauffement climatique ait des impacts importants sur la végétation ou remette en cause des modes de développement basés sur le tourisme hivernal. D’autres tendances vont aussi conditionner le développement de ces territoires. On pense par exemple à la diminution des usages agricoles de l’espace, au développement de la mobilité et des échanges, à la raréfaction des espaces urbanisables, au vieillissement de la population ou encore à ses exigences croissantes en matière de cadre de vie ou de loisirs. Dès lors qu’elles sont considérées comme des menaces, ces tendances conduisent à requalifier les enjeux de développement des Alpes. Pour cela, il devient nécessaire de bien situer les problèmes pressentis et d’évaluer la capacité de les contrer. L’exercice est particulièrement délicat car il s’agit d’analyser ou même d’anticiper des situations complexes, où divers facteurs sont en jeu et combinent leurs effets dans plusieurs domaines.</p>
<p align="justify"><strong>Des enjeux repositionnés par rapport aux politiques de développement.</strong></p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/3873011791_ab9dc84f0f-site.jpg"></a>L’Union Européenne, la France ou d’autres Etats ont peu à peu défini des normes pour permettre à leurs politiques de répondre à des enjeux de développement durable. La Stratégie Européenne de Développement Durable, instituée en 2001 lors du conseil européen de Göteborg et révisée en 2006, retient divers domaines d’enjeux, dont le changement climatique et l&#8217;énergie propre, le transport durable, la conservation et la gestion des ressources naturelles, ou encore l’inclusion sociale et les questions démographiques et migratoires. Elle cible des objectifs essentiels auxquels les politiques européennes devront contribuer et présente à cet effet toute une série d&#8217;objectifs opérationnels et chiffrés et des mesures concrètes en vue de les atteindre.</p>
<p align="justify">En traduisant des enjeux de développement durable en objectifs pour leurs politiques, l’UE ou les Etats alpins ont dessiné un cadre à respecter lors de leur mise en œuvre. La territorialisation de ces politiques soulève de plus la question de la différence entre les échelles d’énonciation des enjeux et celles de la conduite des actions concrètes. Elle implique de raisonner les enjeux à l’échelle des territoires et de leur trouver des façons d’y répondre dans les politiques ayant des effets sur ceux-ci. Il n’est pourtant pas toujours facile de faire valoir au niveau européen, au niveau national ou même à celui des régions des enjeux jugés essentiels dans un territoire donné. La diversité des territoires alpins se traduit en outre par des différences de sensibilité à des enjeux considérés comme importants pour les Alpes prises dans leur ensemble.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="230" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/giunti_game-site.jpg" height="86" />Les politiques européennes ou nationales prennent-elles correctement la mesure des enjeux des territoires alpins ? Les Alpes sont-elles considérées comme des zones à enjeux forts pour ces politiques ? En lançant en 1995 le Réseau Alpin des Espaces Protégés, les Etats signataires de la Convention Alpine ont développé un fort moyen de réponse aux menaces de perte de biodiversité dans les Alpes. Cette initiative rejoint un objectif de la Commission Européenne dans le domaine de la protection de la nature. Mais dans d’autres domaines, les enjeux des Alpes ont-ils pu trouver une expression leur permettant d’être pris en compte dans les politiques de développement ? Il se peut en effet que les Alpes se situent en périphérie concernant les décisions politiques et économiques de l’Union Européenne ou même des Etats alpins. Il est possible que dans certains domaines, les enjeux concernant les Alpes ne soient pas radicalement différents de ceux concernant d’autres espaces.</p>
<p align="justify"><strong>Des grands enjeux de durabilité formulés pour les Alpes.</strong></p>
<p align="justify">La spécificité ou la généricité des enjeux alpins et leur prise en compte dans les politiques ont été abordées dans des travaux visant à situer ces enjeux dans une perspective d’ensemble. Il s’agit notamment d’une étude prospective sur l’arc alpin réalisée en 2005 à la demande de l’autorité de gestion du programme Interreg IIIb Espace Alpin. Le projet DIAMONT, mené de 2005 à 2008 et financé par ce programme, s’est également penché sur ces questions. Ces travaux ont analysé les principales dynamiques en œuvre sur les territoires des Alpes. Certaines vont les marquer durablement et fortement. Leurs effets potentiels et les menaces qu’ils représentent conduisent à identifier divers types d’enjeux vis à vis de la durabilité. Certains ont une forte dimension territoriale, en ce sens qu’ils concernent a priori certains territoires des Alpes et appellent à des actions ciblées dans ces territoires. D’autres sont beaucoup plus transversaux, car ils nécessitent des réponses d’ensemble au niveau des Alpes et mettent en jeu plusieurs domaines de l’action publique.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/routiers-site.jpg" height="174" style="width: 220px; height: 182px" />DIAMONT identifie huit questions-clé qui interpellent la durabilité des Alpes et recadrent les enjeux de développement des territoires alpins. La première, la marginalisation des zones rurales périphériques, reste difficile à résoudre du fait du recul de l’agriculture. Cette question concerne des zones économiquement défavorisées, le vieillissement de la population et l’isolement rendant ces zones peu attractives pour des touristes, des nouveaux résidents ou de nouvelles activités. Face à la question de la gestion à long terme des forêts de montagne, un enjeu fort, pour les territoires alpins, est de leur donner les moyens d’assurer le maintien des fonctions productrices, récréatives et protectrices de ces forêts, et notamment de couvrir les coûts de gestion des forêts de protection dans les zones où celles-ci n’ont pas de valeur économique. De même, le développement maîtrisé de l’urbanisation implique de traiter les effets négatifs de l’étalement urbain tout en consolidant le rôle que jouent les villes alpines comme pôles d’emplois et de services. Autre question à forte dimension territoriale, le tourisme durable implique de faire face à l’accroissement de la concurrence entre les Alpes et d’autres destinations, le tourisme doux offrant des solutions prometteuses mais manquant encore de professionnalisme. La compétitivité et l’innovation est une question plus transversale. Les Alpes sont actuellement assez bien positionnées dans ces domaines, grâce à des centres de recherche et à des entreprises dont le marché est global. Les perspectives dépendront des capacités des territoires à saisir de nouvelles opportunités de développement dans un contexte de mondialisation de l’économie. Autre question-clé, les transports et les nuisances qu’ils engendrent ont été vus comme appelant des mesures assez drastiques, telles que des limitations de trafic dans les zones sensibles ou l’internalisation des coûts de transports par des systèmes de taxes ou de redevances, faute d’évolution perceptible en faveur des transports publics ou de diminution pressentie de la demande de transports. Et bien sûr, le développement du patrimoine naturel et culturel et la vigilance quant aux effets du changement restent pour DIAMONT des questions-clé.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/givre-220-150.jpg" height="150" />De façon générale, ces travaux confirment la pertinence des enjeux auxquels s’étaient déjà attachée la Convention Alpine et ses protocoles ; ils identifient d’autres enjeux. Ils indiquent que certains d’entre eux sont particulièrement prégnants dans les Alpes, du fait de la fragilité des milieux de montagne, de l’exiguïté des vallées par où passent les grands axes de transports, ou de la vulnérabilité aux risques naturels des zones encore disponibles pour l’urbanisation. Mais ces travaux ont été réalisés par des équipes différentes et se sont basés avant tout, dans un cas, sur des recherches bibliographiques, et dans l’autre, sur des recueils d’opinions auprès d’experts. De ce fait, ils ne repèrent pas nécessairement les mêmes enjeux. Contrairement à l’étude prospective sur l’arc alpin, DIAMONT ne mentionne pas l’accessibilité aux réseaux de communication ou l’élargissement de l’accès à l’enseignement supérieur comme enjeu d’importance pour les Alpes. Ces travaux n’abordent pas non plus certaines questions auxquelles l’Europe accorde une grande attention, comme l’accès à l’emploi ou la réduction des inégalités sociales. Ils rendent compte par ailleurs de la diversité des perceptions des enjeux au sein des Alpes. Selon les experts français interrogés dans DIAMONT, les Alpes pouvaient tirer parti des processus de métropolisation, tandis que ceux d’autres pays alpins estiment que le développement des métropoles proches des Alpes pénaliserait fortement les zones alpines voisines. Les avis sont plus unanimes quant à la nécessité de développer les complémentarités entre villes et campagnes au sein des régions urbaines des Alpes. Enfin, certains enjeux n’ont peut-être pas été signalés du fait que des réponses leur sont d’ores et déjà en partie apportées, même si elles suscitent des débats, comme le soutien à l’agriculture de montagne, ou font moins appel à des actions d’ensemble, comme la conservation des identités locales dans un contexte de globalisation.</p>
<p align="justify"><strong>Des enjeux appropriables dans les territoires.</strong></p>
<p align="justify">Compte tenu de la grande variété des situations au sein des Alpes, des enjeux et de leur perception, il n’est pas sûr que celles-ci émettent clairement en direction de l’Europe ou des Etats un message sur la façon dont les politiques de développement répondent aux enjeux de durabilité de leurs territoires. Les Alpes françaises ont pu servir de terrain d’expérimentation pour la politique nationale en faveur de la montagne, puis par la suite aux politiques visant à la maîtrise des risques naturels ou concernant la gestion agri-environnementale des espaces. Mais la durabilité renvoie à l’ensemble des politiques concourant au développement des territoires. Dès lors, il s’agit avant tout de veiller à ce que la territorialisation de ces politiques, et notamment le fait de déléguer la mise en œuvre de certaines d’entre elles aux régions, aux départements ou à d’autres collectivités, permette de répondre à des enjeux bien perçus dans les territoires, non explicitement formulés dans les objectifs de ces politiques. Répondre à ces enjeux, c’est en effet construire un projet d’ensemble pour le territoire, en définissant des orientations stratégiques pour son développement, puis en traduisant les enjeux en termes d’objectifs généraux et d’objectifs intermédiaires. C’est rassembler des partenaires contribuant à la mise en œuvre du projet en fonction de ses priorités, de ses outils propres, ainsi que sur des politiques partagées. C’est aussi initier et intégrer des dispositifs territoriaux et mobiliser des dispositifs spécifiques d’intervention ; mobiliser des financements, en provenance de l’Europe, des contrats de projets Etat-Région ou d’autres sources de financement. Répondre aux enjeux d’un territoire implique de ce fait de mobiliser les compétences nécessaires afin de pouvoir mettre en œuvre efficacement les moyens et les dispositifs des politiques de développement font appel.</p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/flore-site-2.jpg"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/flore-site-2.jpg" height="150" /></a>La complexité des tâches et la lourdeur des procédures peuvent faire perdre de vue des enjeux de long terme, appelant des actions pouvant dépasser l’horizon des projets établis par les Pays, les agglomérations, les parcs naturels régionaux et ou les réseaux de villes. Néanmoins, il s’agit de plus en plus, dans les projets de territoires, de fixer des objectifs de développement à l’horizon de 10 ou 15 ans. Désormais, les documents d’urbanisme (PLU et SCOT) doivent respecter les grandes orientations d’aménagement consignées dans les projets d&#8217;aménagement et de développement durable (PADD) établis par les communes ou les EPCI concernés. Ceux-ci expriment l’évolution souhaitable de leur territoire à l’horizon de 10 à 20 ans dans le respect des principes du développement durable. C’est au nom de ces principes que les lois relatives à la mise en œuvre du Grenelle de l’Environnement insistent sur le rôle que peuvent jouer les documents d’urbanisme pour préserver les continuités écologiques nécessaires au maintien des habitats naturels de la flore et de la faune sauvage.</p>
<p align="justify">Les principes du développement durable font progressivement leur chemin dans l’action publique au niveau des territoires. Ces principes inspirent notamment des démarches comme la mise en place d’Agendas 21, dont on trouve de nombreux exemples, dans les Alpes françaises, avec l’Isère, la communauté d’agglomération de Chambéry Métropole, le syndicat Arlysère ou le syndicat d’aménagement du Trièves, ou encore les villes d’Annecy ou de Gap. Les responsables des territoires placent-ils pour autant le développement durable au centre de leurs préoccupations ? Cette question avait été abordée dans DIAMONT. Des maires de communes alpines avaient été invités à qualifier la situation de leur commune par rapport à 24 questions-type en rapport avec la durabilité, et à indiquer quelle place elles prenaient dans la politique menée dans leur commune. 225 maires de communes des Alpes françaises avaient donné leur opinion. A les entendre, les problèmes de leurs communes concernent davantage leur développement économique ou social que les questions environnementales. Avaient été donnés comme exemples d’enjeux, la qualité des emplois offerts, la capacité d’initiative des entrepreneurs locaux ou la participation à la vie associative, ou, dans le domaine environnemental, la préservation des espaces semi-naturels ou la mise en place de mesures pour économiser l’énergie. Les questions environnementales mobilisent cependant le plus souvent les maires au quotidien. Bon nombre d’entre elles concernent en effet l’urbanisme ou les usages de l’espace. En revanche, en dépit d’une forte sensibilité à des enjeux économiques ou sociaux, les maires se sentent peut être assez démunis pour attirer des entreprises ou pour lutter contre l’exclusion sociale. Les réponses à de tels enjeux sont plutôt à concevoir dans un cadre intercommunal, avec la participation des services de l’Etat, des régions ou des départements. Prendre la mesure des enjeux de durabilité des territoires alpins est une incitation à établir des projets collectifs mobilisant les capacités de répondre à ces enjeux.</p>
<p align="justify"><strong>Des référentiels pour mieux situer les enjeux de durabilité des territoires.</strong></p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/3873011791_ab9dc84f0f-site.jpg"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/3873011791_ab9dc84f0f-site.jpg" height="335" style="width: 220px; height: 322px" /></a>Des diagnostics de territoires permettent de construire, ensemble, des représentations des territoires pour élaborer des projets dépassant les intérêts individuels et concrétisant des choix collectivement assumés. De tels exercices peuvent préparer des démarches de prospective. La pratique du diagnostic conduit en effet à dépasser l’objectif premier de «porter à connaissance» en s’appuyant sur des indicateurs ou des informations qualitatives pour dégager les principales questions que pose le développement d&#8217;un territoire. Et aussi, pour analyser les causes des dysfonctionnements qui pénalisent l’émergence de projets d’avenir construits en commun. Un exercice de diagnostic mené dans le Pays Gapençais a ainsi permis de repérer l’insuffisance de la prise en compte des complémentarités fonctionnelles entre la ville-centre, la périphérie de Gap et les espaces ruraux plus éloignés. Il soulignait en même temps que la clé du développement de ce territoire résidait dans sa capacité à pérenniser et à maîtriser l’accueil de la population et des activités économiques, tout en ménageant ses deux richesses essentielles que sont l&#8217;espace et les paysages. Pour que ce territoire puisse donner des réponses aux enjeux de son développement, une première étape était de développer des coopérations sectorielles décentralisées au sein de ce territoire.</p>
<p align="justify">La démarche de diagnostic nécessite d’être guidée afin de situer dans leur ensemble les enjeux de durabilité d’un territoire. Par nature, ceux-ci sont multidimensionnels et en interrelation. La question de la qualité des eaux soulève celle des capacités épuratrices des milieux récepteurs et amène à analyser la pérennité des usages de cette ressource par l’agriculture ou d’autres activités. Une activité vue comme durable d’un point de vue économique ne le sera pas nécessairement du point de vue environnemental. A cet effet, divers travaux proposent des référentiels pour faciliter l’intégration de la durabilité dans les démarches de diagnostic et dans les projets territoriaux.</p>
<p align="justify">Pour la  France, le cadre de référence des projets territoriaux de développement durable et des Agendas 21 locaux, établi en 2006 par le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, définit le développement durable au travers de 5 grandes finalités, retraçant celles énoncées par l’Europe, dont la cohésion sociale et la solidarité entre territoires et entre générations, ou le développement de modes de production et de consommation responsables. Ces finalités s’exprimeront dans des projets territoriaux, préparés à l’aide de diagnostics identifiant les enjeux prioritaires du territoire et les leviers d’action mobilisables pour engager ce territoire dans une démarche d’amélioration. Les 13 domaines d’enjeux définis à cet effet constituent les champs d’action proposés pour les territoires [voir ci-dessous].<br />
De son côté, la DATAR s’apprête à publier en 2010 un premier ensemble d’indicateurs territoriaux de développement durable, structurés selon 19 orientations pour le développement durable. On donnera comme exemples le développement de solidarités intergénérationnelles sur les territoires, la réduction des émissions de gaz à effets de serre et l’anticipation des effets du changement climatique, ou encore le développement du capital humain et la valorisation du potentiel d’emploi. Ce référentiel sert lui aussi à resituer les enjeux de durabilité des territoires dans un schéma d’ensemble. Mais son application pour établir des diagnostics butte sur les limites des indicateurs de développement durable actuellement mobilisables dans les territoires français, qu’il invite à compléter. La collecte et la diffusion d’informations adéquates sont en effet des facteurs décisifs dans tout diagnostic de durabilité.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><strong>Cadre de référence pour les projets territoriaux de développement durable et les Agendas 21 locaux : Domaines d’enjeux.</strong></p>
<blockquote>
<p align="justify">Solidarité et coopération<br />
Santé<br />
Sécurité, prévention des risques naturels et technologiques et prévention des incivilités<br />
Accès à la connaissance<br />
Culture<br />
Sport et loisirs<br />
Développement économique, agriculture et forêts, tourisme<br />
Emploi<br />
Urbanisme, habitat, logement<br />
Déplacements, transports et infrastructures<br />
Conservation de la biodiversité et préservation des ressources naturelles<br />
Énergie<br />
Gestion responsable et services au public</p></blockquote>
<h6 align="justify"> Source : MEDD, 2006</h6>
<h6 align="justify"><font color="#a12820">* Vincent Briquel est socio-économiste à l&#8217;unité de recherche Développement des Territoires Montagnards du Cemagref de Grenoble. Ses travaux concernent la construction de diagnostics permettant aux territoires d&#8217;analyser leur mode de développement et de cerner les questions auxquelles ils doivent porter particulièrement attention, et sur la mobilisation d&#8217;indicateurs venant en appui à ces diagnostics.</font></h6>
<p align="justify"> <span style="font-size: 7pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'; letter-spacing: 1pt">Photos : © Carole Stoffel et Denis Favre Bonvin – MIRCO éditions - Tous droits réservés</span></p>

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		<title>Parce qu’il n’est plus question de surfer !</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Jan 2010 07:35:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Myriam Caudrelier</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[PROSPECTIVE]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160;
L’hiver est bien là ! La France grelotte et perd la mémoire. La vague de froid n’affiche pourtant pas encore les records des hivers 56 ou 63, voire plus proches de nous, ceux des hivers 85, 86 et 87 où les températures sont descendues sur une grande partie du territoire entre -10 et -25.
La neige et l’air [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="192" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/mc-edito-2010_3.jpg" height="208" />L’hiver est bien là ! La France grelotte et perd la mémoire. La vague de froid n’affiche pourtant pas encore les records des hivers 56 ou 63, voire plus proches de nous, ceux des hivers 85, 86 et 87 où les températures sont descendues sur une grande partie du territoire entre -10 et -25.</p>
<p align="justify">La neige et l’air froid qui tourbillonnent au dessus de toute l’Europe ne doivent pas pour autant balayer l’ensemble des difficultés liées au changement climatique ; il ne faut pas confondre météo et climat.</p>
<p align="justify">Depuis le milieu des années 1990, le réchauffement climatique occupe le premier rang des inquiétudes concernant l&#8217;environnement : le phénomène est d&#8217;ores et déjà observable, et les conséquences futures potentiellement dramatiques. Copenhague fut la triste illustration que cette question ne peut avoir de solution qu’au niveau mondial. Mais le climat est loin d&#8217;être la seule menace d&#8217;envergure susceptible de mettre en cause la survie de notre espèce.</p>
<p align="justify">Le cortège fait froid dans le dos. En premier lieu la perte de la biodiversité ; l’urgence est telle que l’Organisation des Nations unies a proclamé 2010, « année internationale de la biodiversité » pour alerter l’opinion publique sur l’état et les conséquences du déclin de la biodiversité dans le monde. Face aux menaces qui pèsent sur elle (urbanisation croissante, pratiques agricoles, déforestation, pollutions&#8230;), la conservation de la diversité biologique est devenue une préoccupation mondiale.</p>
<p align="justify">Ensuite, la croissance infinie des flux de matière et des flux d’énergie, l’hyperconsommation, la pauvreté, la perte d’identité des peuples, l’insécurité alimentaire, 9 milliards d’individus en 2050 et moi et moi et moi… sont autant de menaces pour la pérennité de l’espèce humaine.</p>
<p align="justify"><strong>Quelles solutions me direz-vous puisque nous parlons désormais de finitude de la planète ?</strong></p>
<p align="justify">Fuir ou agir ? Revenir à l’âge de pierre ? Se priver à jamais du consumérisme à outrance inscrit dans nos mémoires depuis que l’on s’est mis à croire que le bonheur pouvait s’installer entre le porte-monnaie et les biens matériels.</p>
<p align="justify">Le mot avenir serait-il définitivement condamné à vivre au passé.<br />
Le malthusianisme inquiète. Et dans son expression économique et politique la décroissance fait peur ; le terme est négatif et renvoie à la régression, et par métonymie, à la mort.<br />
L’exercice n’est certes pas aisé car il s’agit bien de réduire de manière drastique nos flux de matières premières et d’énergie, de réduire notre frénésie de consommation, de rééquilibrer le Sud sans pour autant perdre le Nord.</p>
<p align="justify"><strong>Faire mieux avec moins.</strong></p>
<p align="justify">Une prospérité sans croissance serait-elle possible ? Sans doute si l’on envisage une croissance partagée ; une forme d’égalité devant les biens fondamentaux comme l’eau et l’alimentation et l’accès pour tous à la santé, l’éducation, la culture, le logement… une nouvelle économie qui fait place à la connaissance, aux technologies propres et à leurs transferts. Sans doute si l’on s’engage vers des politiques de croissance au service de l’humanité.<br />
Car la croissance continue, moteur de l’économie d’aujourd’hui, pointe le terme d’un modèle économique qui ne produit plus rien de bon, ni sur le plan humain, ni sur le plan technique, ni sur le plan financier.</p>
<p align="justify">Infléchir la tendance constitue un vrai défi.<br />
Répartir différemment la richesse est le point clef de notre équation.<br />
La pédagogie, l’intelligence, l’audace et le bons sens sont les leviers de ce modèle de société qu’il nous faut réinventer.<br />
Définir une autre organisation basée sur la solidarité et non la compétition est-ce faire régresser l’humanité ?</p>
<p align="justify">Oui je crois en la capacité de l’homme à se réapproprier son avenir. La lumière de la petite étoile qui guidait sa marche peut se rallumer à tout moment.<br />
La tâche incommensurable ne doit pas faire peur ! Ne jetons pas le manche après la cognée ; au contraire il est exaltant d’avoir à donner un autre sens à sa vie. Ces dernières années, la plupart des hommes n’ont vécu qu’en feuilletant le livre de leur destin. Aujourd’hui il nous est possible d’en écrire les pages ; celles qui marqueront l’humanité d’un nouvel âge : celui de l’espoir.</p>
<p align="justify">Nord ou Sud, il nous appartient d’apprendre à l’écrire, ensemble.</p>
<h6><em><font color="#b22222">Myriam Caudrelier, conceptrice éditrice du Who’s Alpes et de Dur’Alpes Attitude ; présidente fondatrice de la Maison Alpine du Développement Durable.</font></em></h6>

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		<title>Bonne année</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Jan 2010 20:53:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>P/DurAlpes</dc:creator>
		
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		<title>Ecritures sacrées</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Dec 2009 23:21:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>P/DurAlpes</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[INNOVATION]]></category>

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Désormais, tout le monde a au moins une fois entendu parler du développement durable. Le concept repose sur une implacable logique. Pourtant, sa mise en œuvre est une toute autre histoire.

Nous ne reviendrons pas sur les fondamentaux, clairement exposés dans nos articles : Le développement durable : vous y croyez.
En revanche, en cette période de fin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/5-bandeau-sup-3-site.jpg"></a><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/5-bandeau-sup-2-site.jpg"></a></p>
<p align="justify"><font color="#edfcfb"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/arte-de-noel-2.jpg"><img border="0" align="middle" width="525" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/arte-de-noel-2.jpg" height="525" /></a> .</font></p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/5-bandeau-sup-3-site.jpg"></a><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/5-bandeau-sup-2-site.jpg"></a></p>
<h5 align="justify"></h5>
<h5 align="justify"></h5>
<h5 align="justify"></h5>
<h5 align="justify"></h5>
<h5 align="justify"></h5>
<h5 align="justify"><em><font color="#e1f6fe">.</font></em></h5>
<h5 align="justify"><font color="#800000"><em>Désormais, tout le monde a au moins une fois entendu parler du développement durable. Le concept repose sur une implacable logique. Pourtant, sa mise en œuvre est une toute autre histoire.</em></font></h5>
<p align="justify"><font color="#808080"><font color="#800000"><em><strong><br />
Nous ne reviendrons pas sur les fondamentaux, clairement exposés dans nos articles</strong></em> : </font><em><a href="http://www.duralpes.com/le-developpement-durable-vous-y-croyez-que-faut-il-retenir/"><font color="#daa520">Le développement <font color="#daa520">durable</font> :<font color="#daa520"> vous</font></font><font color="#daa520"> y croyez.</font></a></em></font></p>
<p align="justify"><font color="#808080">En revanche, en cette période de fin d&#8217;année riche en symboles, il nous a paru intéressant de donner à lire ou à relire quelques principes, au caractère sacré, puisque l’avenir de l’humanité en dépend.</font></p>
<p align="justify"><strong><font color="#8b4513">La conférence de Rio, en 1992.</font></strong></p>
<p align="justify"><font color="#808080">Comme celle de Johannesburg, en 2002, elle a mobilisé les chefs d’Etat et de gouvernement, les ONG, a alerté les citoyens, en particulier ceux des pays riches, sur les risques encourus par la planète et par l’humanité, en mettant l’accent sur la biodiversité et le changement climatique et a proposé, avec les Agenda 21, le développement durable comme modèle de développement.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 1 : Développement centré sur l&#8217;être humain</font><br />
<font color="#808080">Les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 2 : Souveraineté et responsabilité</font><br />
<font color="#808080">Conformément à la Charte des Nations Unies et aux principes du droit international, les Etats ont le droit souverain d&#8217;exploiter leurs propres ressources selon leur politique d&#8217;environnement et de développement, et ils ont le devoir de faire en sorte que les activités exercées dans les limites de leur juridiction ou sous leur contrôle ne causent pas de dommages à l&#8217;environnement dans d&#8217;autres Etats ou dans des zones ne relevant d&#8217;aucune juridiction nationale.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 3 : Equité inter et intragénérationnelle</font><br />
<font color="#808080">Le droit au développement doit être réalisé de façon à satisfaire équitablement les besoins relatifs au développement et à l&#8217;environnement des générations présentes et futures.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 4 : Intégration de l&#8217;environnement aux autres dimensions du développement</font><br />
<font color="#808080">Pour parvenir à un développement durable, la protection de l&#8217;environnement doit faire partie intégrante du processus de développement et ne peut être considérée isolément.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 5 : Elimination de la pauvreté</font><br />
<font color="#808080">Tous les Etats et tous les peuples doivent coopérer à la tâche essentielle de l&#8217;élimination de la pauvreté, qui constitue une condition indispensable du développement durable, afin de réduire les différences de niveaux de vie et de mieux répondre aux besoins de la majorité des peuples du monde.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 6 : Besoins particuliers des pays en développement</font><br />
<font color="#808080">La situation et les besoins particuliers des pays en développement, en particulier des pays les moins avancés et des pays les plus vulnérables sur le plan de l&#8217;environnement, doivent se voir accorder une priorité spéciale. Les actions internationales entreprises en matière d&#8217;environnement et de développement devraient également prendre en considération les intérêts et les besoins de tous les pays.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 7 : Responsabilités communes mais différenciées</font><br />
<font color="#808080">Les Etats doivent coopérer dans un esprit de partenariat mondial en vue de conserver, de protéger et de rétablir la santé et l&#8217;intégrité de l&#8217;écosystème terrestre. Etant donné la diversité des rôles joués dans la dégradation de l&#8217;environnement mondial, les Etats ont des responsabilités communes mais différenciées. Les pays développés admettent la responsabilité qui leur incombe dans l&#8217;effort international en faveur du développement durable, compte tenu des pressions que leurs sociétés exercent sur l&#8217;environnement mondial et des techniques et des ressources financières dont ils disposent.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 8 : Consommation et production soutenables et politiques démographiques appropriées</font><br />
<font color="#808080">Afin de parvenir à un développement durable et à une meilleure qualité de vie pour tous les peuples, les Etats devraient réduire et éliminer les modes de production et de consommation non viables et promouvoir des politiques démographiques appropriées.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 9 : Coopération en matière de renforcement des capacités</font><br />
<font color="#808080">Les Etats devraient coopérer ou intensifier le renforcement des capacités endogènes en matière de développement durable en améliorant la compréhension scientifique par des échanges de connaissances scientifiques et techniques et en facilitant la mise au point, l&#8217;adaptation, la diffusion et le transfert de techniques, y compris de techniques nouvelles et novatrices.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 10 : Accès à l&#8217;information et participation aux décisions</font><br />
<font color="#808080">La meilleure façon de traiter les questions d&#8217;environnement est d&#8217;assurer la participation de tous les citoyens concernés, au niveau qui convient. Au niveau national, chaque individu doit avoir dûment accès aux informations relatives à l&#8217;environnement que détiennent les autorités publiques, y compris aux informations relatives aux substances et activités dangereuses dans leurs collectivités, et avoir la possibilité de participer aux processus de prise de décision. Les Etats doivent faciliter et encourager la sensibilisation et la participation du public en mettant les informations à la disposition de celui-ci. Un accès effectif à des actions judiciaires et administratives, notamment des réparations et des recours, doit être assuré.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 11 : Législation environnementale adaptée<br />
</font><font color="#808080">Les Etats doivent promulguer des mesures législatives efficaces en matière d&#8217;environnement. Les normes écologiques et les objectifs et priorités pour la gestion de l&#8217;environnement devraient être adaptés à la situation en matière d&#8217;environnement et de développement à laquelle ils s&#8217;appliquent. Les normes appliquées par certains pays peuvent ne pas convenir à d&#8217;autres pays, en particulier à des pays en développement, et leur imposer un coût économique et social injustifié</font>.</p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 12 : Coopération économique internationale<br />
</font><font color="#808080">Les Etats devraient coopérer pour promouvoir un système économique international ouvert et favorable, propre à engendrer une croissance économique et un développement durable dans tous les pays, qui permettrait de mieux lutter contre les problèmes de dégradation de l&#8217;environnement. Les mesures de politique commerciale motivées par des considérations relatives à l&#8217;environnement ne devraient pas constituer un moyen de discrimination arbitraire ou injustifiable, ni une restriction déguisée aux échanges internationaux. Toute action unilatérale visant à résoudre les grands problèmes écologiques au-delà de la juridiction du pays importateur devrait être évitée. Les mesures de lutte contre les problèmes écologiques transfrontières ou mondiaux devraient, autant que possible, être fondées sur un consensus international.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 13 : Responsabilité et indemnisation</font><br />
<font color="#808080">Les Etats doivent élaborer une législation nationale concernant la responsabilité de la pollution et d&#8217;autres dommages à l&#8217;environnement et l&#8217;indemnisation de leurs victimes. Ils doivent aussi coopérer diligemment et plus résolument pour développer davantage le droit international concernant la responsabilité et l&#8217;indemnisation en cas d&#8217;effets néfastes de dommages causés à l&#8217;environnement dans des zones situées au-delà des limites de leur juridiction par des activités menées dans les limites de leur juridiction ou sous leur contrôle.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 14 : Transfert de substances nocives<br />
</font><font color="#808080">Les Etats devraient concerter efficacement leurs efforts pour décourager ou prévenir les déplacements et les transferts dans d&#8217;autres Etats de toutes activités et substances qui provoquent une grave détérioration de l&#8217;environnement ou dont on a constaté qu&#8217;elles étaient nocives pour la santé de l&#8217;homme.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 15 : Précaution</font><br />
<font color="#808080">Pour protéger l&#8217;environnement, des mesures de précaution doivent être largement appliquées par les Etats selon leurs capacités. En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l&#8217;absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l&#8217;adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l&#8217;environnement.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 16 : Internalisation des coûts</font><br />
<font color="#808080">Les autorités nationales devraient s&#8217;efforcer de promouvoir l&#8217;internalisation des coûts de protection de l&#8217;environnement et l&#8217;utilisation d&#8217;instruments économiques, en vertu du principe selon lequel c&#8217;est le pollueur qui doit, en principe, assumer le coût de la pollution, dans le souci de l&#8217;intérêt public et sans fausser le jeu du commerce international et de l&#8217;investissement.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 17 : Etude d’impact<br />
</font><font color="#808080">Une étude d&#8217;impact sur l&#8217;environnement, en tant qu&#8217;instrument national, doit être entreprise dans le cas des activités envisagées qui risquent d&#8217;avoir des effets nocifs importants sur l&#8217;environnement et dépendent de la décision d&#8217;une autorité nationale compétente.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 18 : Aide aux Etats sinistrés</font><br />
<font color="#808080">Les Etats doivent notifier immédiatement aux autres Etats toute catastrophe naturelle ou toute autre situation d&#8217;urgence qui risque d&#8217;avoir des effets néfastes soudains sur l&#8217;environnement de ces derniers. La communauté internationale doit faire tout son possible pour aider les Etats sinistrés.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 19 : Communication d’information transfrontalière</font><br />
<font color="#808080">Les Etats doivent prévenir suffisamment à l&#8217;avance les Etats susceptibles d&#8217;être affectés et leur communiquer toutes informations pertinentes sur les activités qui peuvent avoir des effets transfrontières sérieusement nocifs sur l&#8217;environnement et mener des consultations avec ces Etats rapidement et de bonne foi.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 20 : Rôle des femmes</font><br />
<font color="#808080">Les femmes ont un rôle vital dans la gestion de l&#8217;environnement et le développement. Leur pleine participation est donc essentielle à la réalisation d&#8217;un développement durable.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 21 : Rôle des jeunes</font><br />
<font color="#808080">Il faut mobiliser la créativité, les idéaux et le courage des jeunes du monde entier afin de forger un partenariat mondial, de manière à assurer un développement durable et à garantir à chacun un avenir meilleur.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 22 : Rôle des cultures et collectivités</font><br />
<font color="#808080">Les populations et communautés autochtones et les autres collectivités locales ont un rôle vital à jouer dans la gestion de l&#8217;environnement et le développement du fait de leurs connaissances du milieu et de leurs pratiques traditionnelles. Les Etats devraient reconnaître leur identité, leur culture et leurs intérêts, leur accorder tout l&#8217;appui nécessaire et leur permettre de participer efficacement à la réalisation d&#8217;un développement durable.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 23 : Peuples soumis à oppression</font><br />
<font color="#808080">L&#8217;environnement et les ressources naturelles des peuples soumis à oppression, domination et occupation doivent être protégés.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 24 : La guerre exerce une action intrinsèquement destructrice sur le développement durable<br />
</font><font color="#808080">La guerre exerce une action intrinsèquement destructrice sur le développement durable. Les Etats doivent donc respecter le droit international relatif à la protection de l&#8217;environnement en temps de conflit armé et participer à son développement, selon que de besoin.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 25 : Interdépendance entre paix et développement durable<br />
</font><font color="#808080">La paix, le développement et la protection de l&#8217;environnement sont interdépendants et indissociables.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 26 : Règlement pacifique des différends<br />
</font><font color="#808080">Les Etats doivent résoudre pacifiquement tous leurs différends en matière d&#8217;environnement, en employant des moyens appropriés conformément à la Charte des Nations Unies.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808000">Principe 27 : Coopération et solidarité<br />
</font> <font color="#808080">Les Etats et les peuples doivent coopérer de bonne foi et dans un esprit de solidarité à l&#8217;application des principes consacrés dans la présente Déclaration et au développement du droit international dans le domaine du développement durable</font>.</p>
<p align="justify"><strong><font color="#8b4513">La Charte de l’environnement signée par la France.</font></strong></p>
<p align="justify"><font color="#808080">Le Législateur a pris acte des enjeux considérables que représente la préservation de notre environnement et des dangers que font peser sur la vie les atteintes, trop souvent mortelles, qui lui sont portées. Au niveau international, sous la pression des ONG et des militants écologistes, l’ONU a pris des mesures incitatives en matière d’Agenda 21, de lutte contre les gaz à effet de serre.<br />
Au plan national, il a traduit cet engagement dans la Loi fondamentale du Pays : après la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 qui affirme les droits civils et politiques, le Préambule de la Constitution de 1946 qui reconnaît les droits économiques et sociaux, la Charte de l’environnement, correspond à la troisième génération des droits de l’Homme.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808080">La « Charte de l’environnement » a été adossée à la Constitution de la Cinquième République par la loi constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005.</font></p>
<p align="justify"><font color="#808080">« Le peuple français,</font><br />
<font color="#8b4513"><em>Considérant :<br />
</em></font><font color="#808080">Que les ressources et les équilibres naturels ont conditionné l&#8217;émergence de l&#8217;humanité ;<br />
Que l&#8217;avenir et l&#8217;existence même de l&#8217;humanité sont indissociables de son milieu naturel ;<br />
Que l&#8217;environnement est le patrimoine commun des êtres humains ;<br />
Que l&#8217;homme exerce une influence croissante sur les conditions de la vie et sur sa propre évolution ;<br />
Que la diversité biologique, l&#8217;épanouissement de la personne et le progrès des sociétés humaines sont affectés par certains modes de consommation ou de production et par l&#8217;exploitation excessive des ressources naturelles ;<br />
Que la préservation de l&#8217;environnement doit être recherchée au même titre que les autres intérêts fondamentaux de la Nation ;<br />
Qu&#8217;afin d&#8217;assurer un développement durable, les choix destinés à répondre aux besoins du présent ne doivent pas compromettre la capacité des générations futures et des autres peuples à satisfaire leurs propres besoins,</font></p>
<p align="justify"><font color="#8b4513"><em>Proclame :<br />
</em></font><font color="#808000"><font color="#808080"><font color="#808000">Article 1er</font>. - Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.<br />
<font color="#808000">Article 2.</font> - Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l&#8217;amélioration de l&#8217;environnement.<br />
<font color="#808000">Article 3.</font> - Toute personne doit, dans les conditions définies par la loi, prévenir les atteintes qu&#8217;elle est susceptible de porter à l&#8217;environnement ou, à défaut, en limiter les conséquences.<br />
<font color="#808000">Article 4.</font> - Toute personne doit contribuer à la réparation des dommages qu&#8217;elle cause à l&#8217;environnement, dans les conditions définies par la loi.<br />
<font color="#808000">Article 5</font>. - Lorsque la réalisation d&#8217;un dommage, bien qu&#8217;incertaine en l&#8217;état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l&#8217;environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d&#8217;attributions, à la mise en œuvre de procédures d&#8217;évaluation des risques et à l&#8217;adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage.<br />
<font color="#808000">Article 6.</font> - Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l&#8217;environnement, le développement économique et le progrès social.<br />
<font color="#808000">Article 7</font>. - Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d&#8217;accéder aux informations relatives à l&#8217;environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l&#8217;élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l&#8217;environnement.<br />
<font color="#808000">Article 8</font>. - L&#8217;éducation et la formation à l&#8217;environnement doivent contribuer à l&#8217;exercice des droits et devoirs définis par la présente Charte.<br />
<font color="#808000">Article 9.</font> - La recherche et l&#8217;innovation doivent apporter leur concours à la préservation et à la mise en valeur de l&#8217;environnement.<br />
<font color="#808000">Article 10</font>. - La présente Charte inspire l&#8217;action européenne et internationale de la France ».<br />
</font></font></p>
<p><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/5-bandeau-bas-3-site.jpg"></a></p>
<p align="justify"><img border="0" align="middle" width="525" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/5-bandeau-bas-3-site.jpg" height="135" /></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><span style="font-size: 7pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'; letter-spacing: 1pt">Photos : © <span style="font-size: 7pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'; letter-spacing: 1pt"> MIRCO éditions - Tous droits réservés</span></span></p>

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