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	<title>DurAlpes.com : Le développement durable dans les Alpes</title>
	<link>http://www.duralpes.com</link>
	<description>Le développement durable dans les Alpes : Urgence, Gestion, Climat, Réchauffement climatique, Tourisme, Eau, transports, Isère, Savoie, Hautre-Savoie, Suisse, Intelligence collective, Ecologie industrielle, Energie, Chauffage, Bois, Solaire, Geothermie, Glacier, Parc naturel régional, Environnement, Réchauffement climatique, Economie, Glaciers,</description>
	<pubDate>Sun, 02 May 2010 12:52:51 +0000</pubDate>
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	<language>fr</language>
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		<title>Maison Alpine du Développement Durable</title>
		<link>http://www.duralpes.com/chers-lecteurs/</link>
		<comments>http://www.duralpes.com/chers-lecteurs/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 25 Apr 2010 13:49:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Myriam Caudrelier</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[ACTIONS]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160;
 Chers lecteurs,
Depuis deux ans et demi que nous communiquons, plusieurs experts nous ont expliqué le concept de développement durable. Au fil des lettres hebdomadaires, j’ai souhaité que ces témoignages renforcent sa  compréhension et nous amènent à le traduire par l’action.
Développement durable ! Le terme sature parfois. Il devient slogan, suffisamment souple pour que chacun adapte son [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="left"> Chers lecteurs,</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="202" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/mc-avec-wa-5.jpg" height="246" />Depuis deux ans et demi que nous communiquons, plusieurs experts nous ont expliqué le concept de développement durable. Au fil des lettres hebdomadaires, j’ai souhaité que ces témoignages renforcent sa  compréhension et nous amènent à le traduire par l’action.<br />
Développement durable ! Le terme sature parfois. Il devient slogan, suffisamment souple pour que chacun adapte son contenu à sa guise, quitte alors à ne plus vouloir dire grand-chose. Pourtant, au-delà du terme, il recouvre une réalité incontournable : repenser nos modèles de développement.</p>
<p align="justify">C’est dans cet esprit qu’un appel fut lancé lors des éditos Dur’Alpes de <a href="http://www.duralpes.com/ah-la-rentree-et-ses-bonnes-resolutions/">septembre 2008 </a>et <a href="http://www.duralpes.com/voeux-2009-audace-et-determination/">janvier 2009</a>.<br />
Ainsi des liens se sont tissés, des volontés se sont affirmées, la Maison Alpine du Développement Durable - MADD - est née.</p>
<p align="justify">Un vaste chantier est engagé : mobiliser les forces du territoire alpin pour agir ensemble et répondre au mieux aux défis auxquels nous sommes confrontés.<br />
Les fondations sont posées. Les deux premières actions, l’une concernant l’alimentation,  l’autre les déchets, seront lancées lors de l’évènement du 11 mai, journée d’inauguration de la MADD dédiée aux collectivités et aux entreprises.</p>
<p align="justify">Pour préparer ce vaste programme Dur’Alpes suspendra ses parutions jusqu’au lundi 31 mai.</p>
<p align="justify">Je vous invite à retrouver la <a href="http://www.lamadd.eu/"><font color="#993328">MADD sur son site</font></a> et lors de notre évènement.</p>
<p align="justify">A tout bientôt.</p>
<p align="justify">Myriam Caudrelier</p>

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		<title>Quand l&#8217;architecture emboîte le pas de l&#8217;éco-responsabilité</title>
		<link>http://www.duralpes.com/quand-larchitecture-emboite-le-pas-de-leco-responsabilite/</link>
		<comments>http://www.duralpes.com/quand-larchitecture-emboite-le-pas-de-leco-responsabilite/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 18 Apr 2010 20:46:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique Gauzin-Muller</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[INNOVATION]]></category>

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		<description><![CDATA[
 Alors que la crise écologique et économique mondiale impose un tournant dans nos modes de vie, l&#8217;exposition « Habiter écologique » présentée pendant l’année 2009 à la Cité de l&#8217;Architecture et du Patrimoine fait une halte à Grenoble jusqu’en mai. L’exposition met en relation les enjeux environnementaux de notre époque et les réponses que proposent aujourd&#8217;hui architectes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/detourner_la_dalle-site.jpg"></a></p>
<p align="justify"> Alors que la crise écologique et économique mondiale impose un tournant dans nos modes de vie, l&#8217;exposition « Habiter écologique » présentée pendant l’année 2009 à la Cité de l&#8217;Architecture et du Patrimoine fait une halte à Grenoble jusqu’en mai. L’exposition met en relation les enjeux environnementaux de notre époque et les réponses que proposent aujourd&#8217;hui architectes et urbanistes.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/dom-gauzin-muller-site.jpg" height="314" />Maison ou quartier de ville, les projets présentés dans l’exposition sont l’aboutissement d’une approche pluridimensionnelle fondée sur de multiples critères tissant des liens entre écologie, économie, social et culture. Le travail de l’architecte a toujours été une synthèse créatrice, mais l’ampleur des thèmes à traiter aujourd’hui appelle des méthodes plus intégratives. Au cœur de ce processus, l’architecte joue plus que jamais le rôle d’un médiateur, d’un chef d’orchestre. Architecte et critique d&#8217;architecture française spécialisée dans la construction en bois, l&#8217;architecture écologique et l&#8217;urbanisme durable, la commissaire de l&#8217;exposition <font color="#b22222"><strong>Dominique Gauzin-Müller*</strong></font> illustre pour Dur’Alpes cette nouvelle tendance.</p>
<p align="justify"><strong>« Le principe de simplicité impose de séparer et de disjoindre alors que le principe de complexité enjoint de relier tout en distinguant. » Edgar Morin* </strong></p>
<p align="justify">La création, dès les prémisses d’un projet, d’une équipe multidisciplinaire permet de profiter des compétences de spécialistes pour optimiser les propositions. Les réponses sont mieux adaptées car elles prennent en compte un nombre supérieur de critères, incluant des échelles qui dépassent celle du bâtiment, et cherchent le meilleur compromis entre des exigences parfois contradictoires. Travailler avec des thermiciens sur les premières esquisses permet par exemple de déterminer avec précision l’implantation la plus favorable aux apports solaires : les futurs besoins en énergie en sont minimisés sans autre investissement que celui de la matière grise. Le choix d’un matériau peut combiner la recherche d’une matière première locale demandant peu d’énergie pour sa fabrication, l’envie de mettre en valeur des savoir-faire régionaux, la recherche d’un entretien minimal, le besoin d’inertie thermique pour assurer le confort d’été, etc.</p>
<p align="justify"><strong>Une approche globale, intégrative et un peu plus…</strong></p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/cite-chaillot-expo-habiter-ecolo-marcelgreencom-site.jpg" height="119" style="width: 220px; height: 125px" />Depuis quelques années, la démarche environnementale multicritères se généralise dans les pays anglo-saxons sous différents noms : Processus de conception intégrée (PCI) au Québec, Integrated Design aux États-Unis, Integrale Planung en Allemagne, etc. Comme l’indien Balkrishna Doshi, l’anglais Richard Rogers, le canadien Daniel Pearl ou l’américain Omer Mithun, je préfère parler de démarche « holistique » (1) pour témoigner du recul que demande cette approche vis-à-vis de grilles purement analytiques. Contrairement aux adjectifs « globale » ou « intégrée », ce terme exprime en effet la recherche de l’équilibre entre la rationalité analytique, qui siège dans l’hémisphère gauche de notre cerveau, et l’intuition empathique, qui est l’apanage de l’hémisphère droit (2).</p>
<p align="justify"><strong>D’Aristote à Edgar Morin.</strong></p>
<p align="justify">La pensée holistique trouve son origine dans la célèbre formule d’Aristote : « le tout est plus que la somme des parties » (3). Au XVIIIe siècle, Johann Wolfgang von Gœthe, philosophe, écrivain, botaniste et homme de sciences, prônait à son tour qu’il fallait envisager les choses dans leur totalité et non en les segmentant. À la fin du siècle suivant, le philosophe suisse Rudolf Steiner, grand admirateur de Gœthe, a transposé cette approche dans la pédagogie, l’agriculture et la conception des espaces. Le terme « holisme » n’apparaît qu’en 1926 dans un livre de Jan Christian Smuts mêlant science et philosophie intitulé « Holism and Evolution »  (4). La « pensée complexe » d’Edgar Morin (5) est assez proche des thèses développées par l’homme d’état sud-africain. Soucieux d&#8217;éclaircir un monde qu&#8217;il juge obscurci par une pensée simplificatrice, Morin voit en effet dans la complexité une approche fondamentale pour comprendre les phénomènes physiques, biologiques, sociaux, sociétaux, etc.</p>
<p align="justify"><strong>Prendre en compte de multiples critères et leurs interactions.</strong></p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/arton180-8603d_1260268228-site.jpg" height="220" />L’approche holistique trouve un écho dans les milieux écologistes, médicaux et agricoles (6). Appliquée à l’architecture et à l’aménagement du territoire, elle peut être considérée comme une tentative de rapprochement entre science et art, raison et intuition, portée par de nouvelles relations humaines entre les acteurs du projet. La démarche comprend l’examen du contexte et l’étude des systèmes sociaux-culturels, écologiques et économiques existants, ainsi que des interactions entre ces composants, suivis par l’analyse des conséquences positives et négatives d’éventuelles modifications de leur état. L’objectif est de déterminer les avantages et les inconvénients que les mesures envisagées peuvent avoir sur le plan humain, culturel, environnemental et financier, à court, moyen et long terme.</p>
<p align="justify"><strong>Susciter une « créativité empathique ».</strong></p>
<p align="justify">Le travail en équipe pluridisciplinaire est complexe. Il suppose d’accepter le partage des savoirs et la mise en commun des compétences, tout en considérant avec respect les propositions des autres dans un climat de confiance. Dans ce processus ouvert, des évaluations régulières sont nécessaires pour déterminer les orientations de l’étape suivante. Ce principe de bottom up permet à tous les acteurs d’avancer ensemble grâce à des approximations successives qui offrent à chacun la possibilité d’apporter sa contribution et de s’enrichir en retour. On peut ainsi parler, comme l’architecte italien Mario Cucinella, de « créativité empathique ».</p>
<p align="justify"><strong>Concrétisation.</strong></p>
<p align="justify">L’approche holistique est illustrée dans l’exposition « Habiter écologique » à travers l’exemple du Parc résidentiel Sandgrubenweg à Bregenz, réalisation phare du programme Haus de Zukunft (Habitat du futur), lancé en 2005 par le ministère autrichien des transports, de l’innovation et de la technologie. Cette opération pilote de 73 logements, initiée par le promoteur Hubert Rhomberg, a été confiée à l’architecte Wolfgang Ritsch. Sa conception est le fruit des échanges d’un groupe de travail interdisciplinaire qui s’est penché sur l’habitat du futur en intégrant les multiples facettes du développement durable. Le projet incite aux moyens de déplacement écologiques (grand parking à vélos, arrêt de bus à proximité, deux voitures en auto-partage), favorise la vie communautaire et les échanges de voisinage (salle commune, jardin) et intègre de nombreux services aux résidents anticipant le vieillissement de la population.</p>
<p align="justify">Les deux premiers immeubles ont été mis en service en 2006, la deuxième tranche en cours de travaux. Les résidences de quatre niveaux sont implantées sur un terrain d’un hectare, entre des constructions neuves et d’anciens bâtiments industriels, rénovés dans le cadre de la restructuration d’une friche industrielle. Leur forme organique et leur implantation non orthogonale découlent d’une expertise géomantique (7). Elles les distinguent nettement des autres résidences construites dans le Vorarlberg, auxquels certains reprochent leur apparence de « boîtes » en bois brut.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/detourner_la_dalle-site.jpg" height="179" />Bien que le parc résidentiel soit constitué d’immeubles collectifs, Wolfgang Ritsch a pu proposer à chaque client une personnalisation de son logement. La méthode de conception consciente (Bewußtes Planen) qu’il a développée s’appuie sur la Gestalt Théorie (8) pour d’analyser les besoins profonds, qui remontent à la petite enfance (9). Dans une optique holistique, elle cherche à mettre en relation les dimensions physique, affective, cognitive, sociale et spirituelle de l’être humain. L’homme passe en effet une grande partie de son temps dans son habitat, qui a sur son ressenti et son comportement une influence souvent négligée dans la culture occidentale.</p>
<p align="justify">Afin que l’ajustement entre l’individu et son environnement puisse être mené dans chaque logement, la structure porteuse est constituée de grands plateaux libres et un plancher technique permettant le passage des fluides, laisse une grande liberté quant à la disposition des pièces. Grâce à des cloisons légères, les plans restent flexibles et peuvent être facilement adaptés à de futurs besoins. La coursive continue qui entoure chaque niveau, passant d’une large loggia de 3 m côté sud à un espace de distribution généreusement dimensionné en façade nord, permet aux habitants des plus grands appartements de quasiment « tourner autour de leur logement », un des critères souvent cités par ceux qui rêvent d’une maison. Les contours irréguliers de l’enveloppe et le travail intensif sur le plan garantissent à chaque foyer un logement vraiment personnalisé : une individualisation du collectif !</p>
<p align="justify"><font color="#b22222"><strong>*Dominique Gauzin-Müller</strong></font> est une architecte et critique d&#8217;architecture française spécialisée dans la construction en bois, l&#8217;architecture écologique et l&#8217;urbanisme durable. Rédactrice en chef du magazine EcologiK, dédié à l&#8217;architecture et à l&#8217;urbanisme « éco-responsables », elle développe une philosophie inspirée par une approche « holistique » : globale, multidisciplinaire et intégrative.</p>
<p align="justify"><em>*« Le principe de simplicité impose de séparer et de disjoindre alors que le principe de complexité enjoint de relier tout en distinguant. » Edgar Morin « Finalité », </em><a href="http://www.institut-edgar-morin.org/"><em>www.institut-edgar-morin.org</em></a></p>
<h6 align="justify">(1) inspiré du grec ancien, holos (????) signifiant « tout entier »<br />
(2) Daniel Pink, « L’homme aux deux cerveaux – Apprendre à penser différemment dans un monde nouveau », Robert Laffont, 2007<br />
(3) Aristote, « Méthaphysique »<br />
(4) Jan Christian Smuts, “Holism and Evolution”, Macmillan, London/New York, 1926<br />
(5) Edgar Morin, « Introduction à la pensée complexe », Le Seuil, 1990<br />
(6) par exemple avec l’agro-écologie de Pierre Rabhi, voir ecologiK n° 3</h6>
<h6 align="justify">(7) La géomantie s’apparente à la fois à la géobiologie, au Feng Shui et à l’étude du genius loci, cher à Christian Norberg-Schulz.<br />
(8) Cette « théorie de la forme » est fondée sur le verbe allemand gestalten.<br />
(9) D’après Erik Erikson et Milton Erikson, entre 4 et 7 ans.<br />
D’autres architectes internationaux abordent déjà l’architecture et l’urbanisme selon une approche holistique :</h6>
<h6 align="justify">« Regarder les choses comme la synthèse du tout et pas de manière fragmentaire. »<br />
Balkrishna Doshi, “A flow in India”, A + U n° 445, 2007 (page 16)</h6>
<h6 align="justify">« Construire une ville durable exige une discipline holistique dans la planification, qui prend en compte tous les facteurs composant les besoins physiques, sociaux et économiques d’une collectivité et les met en relation avec un environnement plus vaste. »<br />
Richard Rogers, « Des villes pour une petite planète », Le Moniteur, 2000 (page 76)</h6>
<h6 align="justify">Nous croyons « fermement dans l’approche collaborative de la conception, cherchant la solution holistique et intégrant disciplines, connaissances et exigences. »</h6>
<h6 align="justify">David R. Macaulay, &#8220;Mithun - Integrated Design&#8221;, Ecotone Publishing, 2008 (page 8).</h6>

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		<title>La Stratégie nationale de développement durable : où en est-on ?</title>
		<link>http://www.duralpes.com/la-strategie-nationale-de-developpement-durable-ou-en-est-on/</link>
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		<pubDate>Sun, 11 Apr 2010 17:38:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>P/DurAlpes</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[ACTIONS]]></category>

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		<description><![CDATA[

 Organisée par le Ministère en charge du Développement durable, la Semaine du développement durable est depuis désormais 8 années, une semaine de mobilisation pendant laquelle entreprises, associations, collectivités territoriales,  ou encore établissements scolaires se portent volontaires pour valoriser les gestes éco-responsables du quotidien à travers l&#8217;organisation d&#8217;évènements et de manifestations. Une  semaine  pour informer et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/eau-robinet-site.jpg"></a></p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/blog-pauvrete-site.jpg"></a></p>
<p align="justify"> Organisée par le Ministère en charge du Développement durable, la Semaine du développement durable est depuis désormais 8 années, une semaine de mobilisation pendant laquelle entreprises, associations, collectivités territoriales,  ou encore établissements scolaires se portent volontaires pour valoriser les gestes éco-responsables du quotidien à travers l&#8217;organisation d&#8217;évènements et de manifestations. Une  semaine  pour informer et sensibiliser le public aux 3 composantes (environnement, économie et social) du développement durable et sur leur nécessaire complémentarité. Ainsi du 1 er au 7 avril, le cru 2010  s&#8217;est particulièrement orienté vers deux axes : la croissance verte et l&#8217;Année Internationale de la Biodiversité. Ce fut sans nul doute aussi, quelques semaines après l’abandon de la taxe carbone, l’occasion de faire un point sur le projet de la Stratégie nationale de développement durable 2009-2012… une SNDD jugée par le Conseil économique, social et environnemental comme « catalogue de vœux dans lequel chacun puise selon ses convictions » ; ce dernier précisant qu’il devient nécessaire de définir un nouveau modèle de société, nous incitant, en particulier, à modifier nos logiques de production, nos modes de consommation et l’éthique de nos comportements. « L’urgence, la gravité du sujet pour les générations actuelles et futures, obligent à définir en commun un projet de société réconciliant l’économique, le social et l’environnemental, permettant de passer d’une civilisation de l’avoir à une civilisation de l’être».</p>
<p align="justify"><strong>Rappel du  cadre.</strong></p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/logo-site.jpg" height="165" />En prolongement des engagements du Grenelle Environnement et conformément à l’article 1 de la loi de mise en œuvre de ces engagements, la Stratégie nationale de développement durable est élaborée par  l’État en association avec les collectivités territoriales, les représentants des milieux économiques et des salariés et ceux de la société civile, notamment les associations et organisations non gouvernementales de protection de l’environnement. Son objectif est d’offrir un cadre de référence et d’orientation pour l’ensemble des acteurs privés et publics, en cohérence avec la stratégie des instances européennes et avec les engagements internationaux de la France.</p>
<p align="justify">« Les besoins de la génération actuelle doivent être satisfaits sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Cet objectif de développement durable, proposé par les Nations-Unies en 1987, est inscrit dans la Charte de l’Environnement adossée à la Constitution française et dans les objectifs de l’Union européenne (traité d’Amsterdam). Il cherche à concilier une économie dynamique, un niveau élevé d’éducation, de protection de la santé, de cohésion sociale et territoriale, ainsi que de protection de l’environnement, dans un monde en paix et sûr, respectant la diversité culturelle.</p>
<p align="justify"><strong>Le développement durable, une approche décloisonnée.</strong></p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/champ-site.jpg" height="152" />Le changement climatique, la consommation d’énergie, la production de déchets, les menaces pour la santé publique, la pauvreté et l’exclusion sociale, la gestion des ressources naturelles, la perte de biodiversité, l’utilisation des sols, etc. sont autant de défis dont l’ampleur et l’interdépendance nécessitent une approche transversale. Ils dépassent l’horizon des politiques et des actions sectorielles et sont autant d’enjeux intégrés dans la SNDD. Ils appellent la mobilisation et la coopération de tous.</p>
<p align="justify"><strong>Faire du développement durable l’objectif partagé et structurant des stratégies, politiques et actions des acteurs publics et privés.</strong></p>
<p align="justify">À la suite des engagements pris à Rio en 1992 et renouvelés à Johannesburg en 2002, la France a bâti une première Stratégie nationale de développement durable pour la période 2003-2008, orientée en particulier vers la mobilisation des services de l’État.<br />
Mais la crise qui a déferlé sur le monde depuis 2008, oblige les États à s’interroger sur les causes des déséquilibres qui ont fait vaciller nos systèmes économiques et financiers.</p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/eau-robinet-site.jpg"></a><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/eau-robinet-site.jpg" height="312" style="width: 220px; height: 306px" /></p>
<p align="justify">Ce contexte nous enjoint de construire un nouveau modèle qui prenne en compte, sur le long terme, les exigences du développement durable et nous incite à nous engager sur le chemin d’une croissance profondément renouvelée. Ce contexte, dans lequel s’inscrit l’élaboration de la nouvelle SNDD 2009-2013, confère à l’exercice des exigences particulières. Nous devons apporter des réponses à la détresse sociale et à la montée du chômage tout en assurant le développement d’une croissance sobre qui soit économe des ressources naturelles afin de ne pas hypothéquer l’avenir par nos choix, notamment dans le domaine de l’environnement et du climat.</p>
<p align="justify"><strong>Un document court et explicatif.</strong></p>
<p align="justify">Outil de sensibilisation et d’information, le document a un format concis et pédagogique, une quarantaine de pages environ, centré sur les enjeux et les priorités.<br />
La Stratégie nationale de développement durable 2009-2013 est organisée en neuf défis clés, en cohérence avec l’architecture de la Stratégie européenne de développement durable (SEDD).<br />
Un plan simple et structuré est retenu pour chaque défi, comprenant une présentation du contexte national et international et des enjeux à long terme, les principaux objectifs opérationnels ou chiffrés à l’horizon 2020, une sélection des choix stratégiques pour les atteindre et une liste non exhaustive des principaux leviers d’action devant faciliter la mobilisation des acteurs privés et publics.</p>
<p align="justify"><strong>Des étapes pour l’élaboration et la concertation</strong>.</p>
<p align="justify">La déléguée interministérielle au développement durable a lancé le processus d’élaboration en novembre 2008.<br />
Pour le Commissariat général au développement durable, chargé d’animer et de coordonner cette élaboration, la première étape a été l’organisation de la concertation interministérielle et la rédaction d’une trame de plan identifiant des choix stratégiques.<br />
Dans une seconde étape une concertation fondée sur le principe de la gouvernance partagée instaurée lors du Grenelle à été mise en place. En cohérence avec les principes du développement durable, une large concertation a été organisée autour de l’élaboration de la stratégie 2009-2013 :</p>
<p align="justify">- une consultation écrite des partenaires institutionnels, ONG, syndicats, associations, membres de l’ex-Conseil national du développement durable (CNDD), membres du comité de suivi du Comité national agenda 21, etc. ;<br />
- une consultation du public par internet ;<br />
- une consultation des services déconcentrés du ministère du développement durable et des préfets de région ;<br />
- les résultats de la concertation ont été présentés le 14 mai 2009 au comité de suivi du Grenelle.</p>
<p align="justify"><img src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/meeddat_strategie_dd_60_mini-site.jpg" /></p>
<p align="justify">Trois journées de débats et d’échanges, ouverts à l’ensemble des contributeurs au projet de SNDD 2009-2013, ont ensuite permis aux participants de prendre connaissance des résultats de la consultation, de débattre de la version provisoire de la SNDD et d’exprimer leurs souhaits d’amélioration.<br />
Le projet de SNDD, incluant le fruit de la consultation, a été validé par le comité de suivi du Grenelle Environnement le 10 septembre 2009. Le projet de SNDD 2009-2013 a été soumis le 30 novembre 2009 au Conseil économique, social et environnemental (CESE). L’avis rendu le 27 janvier par le CESE portait, d’une part, sur les modalités d’appropriation par le plus grand nombre des défis de la SNDD et, d’autre part, dans la perspective de l’actualisation de la stratégie européenne, sur les conditions d’efficacité d’une stratégie de développement durable.<br />
Conformément à l’article D 134-9 du code de l’environnement, l’approbation officielle de la SNDD 2009-2013 devra faire l’objet d’un Comité interministériel de développement durable (CIDD).</p>
<p align="justify"><strong>Une conférence nationale sur les indicateurs de développement durable.</strong></p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/fumees-site.jpg" height="243" />L’engagement n° 216 du Grenelle Environnement ainsi que l’article 48 de la loi de mise en œuvre du Grenelle de l’environnement prévoyaient d’organiser, en 2010, une conférence nationale sur les indicateurs de développement durable afin de permettre une meilleure compréhension des enjeux du développement durable et de leur suivi. En vue de son organisation, un travail partenarial (Conseil économique, social et environnemental, Conseil national de l’information statistique, INSEE, ministère du Développement durable, etc.) a été conduit pour définir la meilleure manière de traduire ces enjeux dans des indicateurs. Cette conférence a permis de présenter :</p>
<p align="justify">- les indicateurs phares de la stratégie nationale de développement durable 2009-2013, au nombre d’une quinzaine, qui pourraient inclure les 11 indicateurs phares de la stratégie européenne de développement durable ;<br />
- les indicateurs complémentaires de la stratégie nationale de développement durable 2009-2013 en lien avec ses choix stratégiques ;<br />
- les conclusions des travaux de la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi sur les indicateurs synthétiques ;<br />
- les travaux en cours sur les déclinaisons territoriales des indicateurs de développement durable (délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires, ministère du Développement durable, agendas 21 locaux, etc.).</p>
<p align="justify"><img src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/19indicateurs-copie-site-3.jpg" /></p>
<p align="justify"><strong>L’Avis du CESE.</strong></p>
<p align="justify">L’avis rendu sur le projet de SNDD 2009-2013 parle de mutation culturelle et pointe les risques d’échec et les conditions politiques de réussite de cette ambition. Il recommande que l&#8217;adoption de la stratégie nationale du développement durable ne relève plus seulement d&#8217;un comité interministériel mais bien du Parlement ; ce texte devrait également être pris en charge par le Premier ministre « pour embrasser l&#8217;ensemble du champ politique » ;  autrement dit, la SNDD doit être « la colonne vertébrale de la politique gouvernementale et non un simple alibi. ».</p>
<p align="justify"><strong>Ses conclusions : mettre résolument en œuvre un nouveau modèle de développement.</strong></p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/pompe-site.jpg" height="104" /> « La prise de conscience de l’urgence d’un changement de modèle de développement progresse incontestablement dans notre pays comme ailleurs dans le monde. « L’ultimatum climatique » (slogan d’une campagne de mobilisation des organisations de l’environnement, dans la perspective du sommet de Copenhague) comme la crise économique nous rappellent opportunément que les sociétés humaines sont des organisations puissantes puisqu’elles sont en mesure de modifier les paramètres de l’écosystème planétaire auquel elles appartiennent, et fragiles parce qu’elles sont susceptibles de générer et d’entretenir des processus matériels et des idéologies qui mettent en péril leur cohésion et leur survie. Le droit, les règles, les normes sont des constructions collectives, historiquement situées, réputées exprimer une éthique commune. Parce qu’ils sont destinés à contenir et orienter les dynamiques internes en codifiant le lien social, leur élaboration doit être soumise au débat démocratique.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="202" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/nourriture-site.jpg" height="104" />Pour le CESE, la mutation culturelle à laquelle ce contexte nous convie doit commencer par l’adoption d’un regard plus clairvoyant sur les inégalités de toutes natures. La crise financière aux États-Unis s’est nourrie de deux causes profondes, liées au développement des inégalités de revenu : un endettement massif des ménages en raison de la stagnation des salaires moyens ; une prise de risque inconsidérée des entreprises financières, dans un contexte de régression sociale et de libéralisation institutionnelle ramenant ce pays à une situation comparable à celle constatée au début du XXè siècle.</p>
<p align="justify">La « révolution dans la concertation » proposée par le développement durable doit donc conduire à modifier en profondeur nos modes de production et de consommation (et aller bien au-delà de ce qui peut parfois apparaître comme un « verdissement de façade »). La crise nous y invite. Maintenant, il faut passer des intentions aux actes avec force et vigueur. C’est ce souffle que doit traduire la SNDD, en évitant de donner le sentiment, par l’adoption d’un ton insuffisamment offensif, que nous avons encore le temps pour prendre les décisions qui s’imposent. Surtout, c’est d’une véritable stratégie dont notre pays aurait besoin, définissant, selon une logique prospective, des objectifs, des moyens et des modalités d’évaluation pour procéder de manière périodique aux réorientations et ajustements nécessaires.</p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/blog-pauvrete-site.jpg"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/blog-pauvrete-site.jpg" height="146" /></a>Cet avis avance des propositions en ce sens, qui pourraient trouver à s’appliquer pleinement dans le cadre de la révision de la SEDD : il y a là, clairement, une opportunité à saisir. Mais il faut surtout qu’une vraie volonté politique appliquée sur la durée conduise à mettre effectivement en œuvre les mesures préconisées dans une stratégie nationale de développement durable, en donnant la priorité aux objectifs de long terme sur les contraintes de court terme (y compris électorales) : cela ne doit pas être un simple exercice de style que l’on oublie dans la gestion au quotidien. Les réformes ne sauraient réussir si leur sens, leur cohérence d’ensemble ne sont pas clairement perçus. Il revient au politique de définir un projet, une vision pour le pays, de tracer des perspectives pour susciter l’adhésion de nos concitoyens. La SNDD peut incarner un tel projet mobilisateur et être l’instrument de cette « révolution », à condition de faire passer au premier plan à la fois les solidarités sociales nécessaires à une gestion prévisionnelle et prévoyante des transitions les plus lourdes, et la solidarité intergénérationnelle de long terme. Les pouvoirs politiques devront opposer les exigences de cette vision stratégique aux pressions qui s’exerceront sur eux au nom d’intérêts économiques et financiers immédiats ignorant les priorités issues de ces solidarités fondamentales.</p>
<p align="justify">Les résultats de la conférence nationale sur les indicateurs et les acquis de la commission de concertation peuvent aider à l’implication des citoyens dans la SNDD, surtout précisément si le principe d’un rendez-vous annuel au CESE est retenu. Mais cette implication n’est possible que si chacun, à tous les niveaux, au prix d’un sursaut éthique, est convaincu que la SNDD est de nature, au-delà du défi climatique, à réévaluer la portée et les exigences de la devise républicaine.<br />
Celle-ci est porteuse de valeurs qui n’ont rien perdu de leur actualité : la liberté, l’égalité et la fraternité peuvent, au contraire, donner tout son sens, pour les citoyens, à la stratégie de développement durable ; c’est une des conditions nécessaires de son succès.</p>
<h6><span style="font-size: 7pt"><span style="font-size: 7pt">Sources : Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer en charge des Technologies vertes et des Négociations sur le climat.</span></span></h6>
<p><span style="font-size: 7pt"><font face="Verdana"><span style="font-size: 7pt"><o:p></o:p></span>Texte et photos © : <span> </span><a href="http://www.duralpes.com/mentions-legales/"><span style="color: windowtext; text-decoration: none; text-underline: none"><font face="Verdana">mentions légales, tous droits réservés </font></span></a></font></span><span style="font-size: 7pt"></span><span style="font-size: 7pt"><o:p></o:p></span> </p>

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		<title>CO2 : le désamour, acte III</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Mar 2010 06:31:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Marc Jancovici</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[C'EST QUOI]]></category>

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Voilà la taxe carbone une fois de plus renvoyée aux calendes grecques ! Non, soyons optimistes ; seulement aux frontières de nos voisins ; ou tout au plus, à l’échelle européenne ; mais qui a dit que la Grèce ne faisait pas partie de l’Union Européenne !
L’abandon de la fiscalité environnementale retournera donc dans des cartons bien rangés entre quelques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Voilà la taxe carbone une fois de plus renvoyée aux calendes grecques ! Non, soyons optimistes ; seulement aux frontières de nos voisins ; ou tout au plus, à l’échelle européenne ; mais qui a dit que la Grèce ne faisait pas partie de l’Union Européenne !<br />
L’abandon de la fiscalité environnementale retournera donc dans des cartons bien rangés entre quelques boules de naphtaline en attendant que les pays d’Europe meurent au diapason, à défaut de vaccin pour s’en prémunir, d’une atroce maladie contagieuse : la peur du déficit de compétitivité. Comment la Suède a-t-elle donc survécue ? N’a-t-elle pas compris déjà depuis 20 ans l’urgence de la situation ?</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/photo-site.jpg" height="287" style="width: 220px; height: 295px" />C’était une question de principe, juste pour prendre conscience de l’impérieuse nécessité de limiter les gaz à effet de serre, puisque la responsabilité collective ne fonctionne pas.<br />
Pourtant, si rien ne se fait, la vie, dans quelques générations, sera impossible en raison de l’importance des émissions de carbone qui entraînent le réchauffement climatique. Il ne nous reste plus qu’à devenir excellent en mathématiques pour pouvoir naviguer à vue dans le couloir des limbes des GES, entre carbone et méthane.<br />
Cette semaine encore <strong><font color="#b22222">Jean-Marc Jancovici</font></strong>, spécialiste de l’énergie et du climat, nous accompagne sur le chemin de la prise de conscience.</p>
<p align="justify">Afin de pouvoir effectuer des comparaisons - ce qui est essentiel pour mener des plans d&#8217;action, car tant que l&#8217;on ne sait pas s’il est préférable d&#8217;éviter l&#8217;émission de 1 kg de CO2 ou de 1 kg de méthane, il est difficile d&#8217;établir des priorités, et donc de choisir - il est possible de calculer, pour chacun des gaz à effet de serre, un « pouvoir de réchauffement global » ou PRG, qui permet de savoir de combien on augmente l&#8217;effet de serre lorsque l&#8217;on émet un kg du gaz considéré.<br />
Le PRG est une manière simplifiée de représenter les choses : si l&#8217;on voulait être exact, chaque PRG serait une fonction non seulement de la capacité d&#8217;absorption propre de chaque gaz, mais aussi de la concentration des autres gaz déjà présents, et encore de l&#8217;évolution future des « puits » qui épurent le gaz de l&#8217;atmosphère ! Cela est bien évidemment impossible. Toutefois, pour imparfaite qu&#8217;elle puisse être, une comparaison approximative est préférable à l&#8217;abscence de comparaison.</p>
<p align="justify">Une fois terminée cette grande dissertation sur leur élaboration imparfaite, voici les PRG relatifs des 6 gaz ou familles de gaz visés par le protocole de Kyoto :</p>
<p align="justify"><img border="0" align="middle" width="525" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/tableau-dequivallence.jpg" height="277" /></p>
<p align="justify">Que signifie ce tableau ? Si aujourd&#8217;hui on diffuse 1 kg de méthane dans l&#8217;atmosphère, on produira le même effet, sur le siècle, que si on émet 25 kg de gaz carbonique au même moment. On pourrait résumer en disant qu&#8217;un kg de méthane produit 25 fois l&#8217;effet de serre cumulé sur un siècle qu&#8217;un kg de gaz carbonique, ou encore que le méthane est un gaz 25 fois plus puissant que le gaz carbonique pour l&#8217;effet de serre.</p>
<p align="justify">Si on met 1 kg d&#8217;hexafluorure de soufre dans l&#8217;atmosphère, on produit 22 800 fois plus d&#8217;effet de serre cumulé sur un siècle que si on met un kg de gaz carbonique : pour l&#8217;effet de serre un kg de ce gaz « vaut » 22,8 tonnes de CO2, c&#8217;est à dire plus que l&#8217;émission annuelle de 3 Français ! Le PRG est donc tout simplement l&#8217;équivalent CO2 : il correspond au poids de CO2 qui produira la même perturbation du système climatique que le poids du gaz considéré.<br />
Dans certaines circonstances, plutôt que de mesurer le poids de gaz carbonique, les physiciens - et souvent les ingénieurs - ont pris l&#8217;habitude d&#8217;utiliser l’équivalent carbone. A ce moment là, plutôt que de comparer au poids de CO2 émis, on compare au seul poids du carbone contenu dans le CO2 émis.</p>
<p align="justify"><strong>Cesser rapidement d&#8217;émettre des gaz à effet de serre suffirait-il à arrêter le réchauffement en cours ?</strong></p>
<p align="justify"><img border="0" align="middle" width="523" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/humour-2.jpg" height="323" /></p>
<p align="justify">Pour bon nombre de problèmes d&#8217;environnement, nous avons tendance à tenir compte de ce qui est une réalité : dès que nous arrêtons la nuisance, le problème se stabilise, puis nous avons accès à une certaine forme de remise en état. Par exemple :<br />
- si nous avons des voitures qui font trop de bruit, le problème s&#8217;arrête dès que la circulation s&#8217;arrête,<br />
- si nous avons trop d&#8217;oxydes d&#8217;azote dans l&#8217;air, la concentration cesse d&#8217;augmenter dès que la circulation s&#8217;arrête, et très rapidement la qualité de l&#8217;air s&#8217;améliore,<br />
- si une carrière défigure le paysage, on peut l&#8217;arrêter, tout reboucher, replanter des arbres, et c&#8217;est « presque comme si » il n&#8217;y avait jamais eu de carrière,<br />
- si une usine pollue trop une rivière, on arrête l&#8217;usine (ou on met ce qu&#8217;il faut pour épurer l&#8217;eau), et assez rapidement l&#8217;eau de la rivière redevient presque aussi propre « qu&#8217;avant »,<br />
- et plus généralement, tant qu&#8217;une situation n&#8217;est pas trop dégradée on peut « remettre les choses en état » : reconstituer un stock de poissons en arrêtant la pêche, préserver une espèce et lui permettre de se développer etc.</p>
<p align="justify">De ce fait, la grande majorité d&#8217;entre nous a intuitivement tendance à considérer que pour le changement climatique, c&#8217;est pareil : que personne ne s&#8217;affole ; le jour où nous trouverons que la plaisanterie a assez duré nous ferons ce qu&#8217;il faut pour passer l&#8217;éponge et faire « comme si » il n&#8217;y avait jamais eu de changement climatique. Pas de chance : c&#8217;est impossible. Ici, la notion même de remise en état du système n&#8217;existe pas, du moins pas aux échelles de temps qui nous intéressent. En effet, nous l’avons vu précédemment, la durée de vie des gaz à effet de serre dans l&#8217;atmosphère est très longue, notamment pour le principal d&#8217;entre eux, le gaz carbonique, qui a une durée de vie dans l&#8217;atmosphère de l&#8217;ordre du siècle (cela signifie, en simplifiant un peu, qu&#8217;il faut attendre de l&#8217;ordre du siècle pour que la dernière tonne de CO2 arrivée dans l&#8217;atmosphère commence à s&#8217;évacuer).</p>
<p align="justify">En pratique, si nous arrêtons totalement les émissions demain matin (y compris la respiration !), cela aurait pour seul effet de faire lentement décroître la concentration atmosphérique en CO2. Mais, à supposer que nous n&#8217;ayons pas déjà fait ce qu&#8217;il faut pour complètement « dérégler » le cycle du carbone, c&#8217;est ensuite quelques milliers d&#8217;années au moins qu&#8217;il faudra attendre pour que la concentration du CO2 dans l&#8217;atmosphère revienne à son niveau de 1850.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/india.jpg" height="180" />Comme les gaz à effet de serre continuent à jouer le rôle de couverture (ou de vitre de serre) tant qu&#8217;ils sont présents, leur très grande longévité signifie que le réchauffement provoqué par l’activité humaine depuis 1750 se poursuivra encore quelques siècles, et ceci quoi que nous fassions aujourd&#8217;hui.</p>
<p align="justify">D&#8217;autres compartiments du système climatique vont également prendre du temps pour « répondre » au renforcement de l&#8217;effet de serre, notamment l&#8217;océan et les calottes glaciaires des pôles.<br />
A cause de la très grande inertie de certaines des composantes de la machine climatique, l&#8217;évolution que nous avons mise en route aura donc des conséquences pendant quelques milliers d&#8217;années, quoi que nous fassions désormais. Osons un parallèle : la machine climatique se comporte un peu comme une voiture dont le premier comportement, quand on appuie sur la pédale de frein, serait d&#8217;accélérer un peu plus fort. Il est assez facile de comprendre que si nous attendons pour agir que la situation soit déjà dégradée, alors la seule garantie que nous aurons à ce moment-là sera que « ce sera pire derrière », quoi que nous fassions.</p>
<p align="justify">Certes, il est encore entre nos mains d&#8217;avoir une évolution forte ou faible, un changement d&#8217;ère climatique ou peut-être une simple modification gérable de l&#8217;ère actuelle, car le moment où l&#8217;on commence à diminuer nos émissions et la vitesse de diminution ont un impact très fort sur les températures maximum atteintes et la pente de montée en température (la vitesse avec laquelle les températures augmentent). Mais cette option ne va pas rester ouverte très longtemps&#8230;</p>
<p align="justify">Rappelons que, pour l&#8217;essentiel des gaz à effet de serre d&#8217;origine humaine, il n&#8217;existe aucun procédé connu ou envisageable qui permette de retirer rapidement le surplus de gaz à effet de serre présent dans l&#8217;atmosphère. Pour le CO2, en particulier, il est possible en théorie d&#8217;accélérer le fonctionnement des puits de carbone naturels (sols, arbres, océan), mais cette accélération ne pourrait en aucun cas épurer en quelques années l&#8217;excès de CO2 mis dans l&#8217;air depuis 1750. Cela pourrait éventuellement permettre d&#8217;épurer quelques dizaines de « ppm » en quelques décennies, et ce à supposer que nous n&#8217;émettions plus rien et que par ailleurs les écosystèmes terrestres continuent à se porter à peu près bien, ce qui cessera d&#8217;être le cas d&#8217;ici quelques décennies si nous ne modifions pas le cap. En outre, pour la partie océanique, une accélération de cette épuration augmente l&#8217;acidification de l&#8217;eau, et créera d’autres perturbations.<br />
Mais il y a une autre conclusion que nous pouvons émettre : admettons que la baisse des émissions de CO2 soit non point le reflet de notre sagesse, c&#8217;est à dire la conséquence d&#8217;une limitation volontaire de notre consommation, mais le simple reflet d&#8217;une raréfaction des combustibles fossiles, parce que nous n&#8217;aurons pas su nous arrêter avant.</p>
<p align="justify"><strong>Que se passerait-il alors ?</strong></p>
<p align="justify">- d&#8217;abord nous subissons les effets de la pénurie, c&#8217;est à dire de la diminution progressive de l&#8217;approvisionnement en combustibles fossiles, alors que nous ne nous étions pas préparés à cela (sinon ce n&#8217;est plus une pénurie !), ce qui a toutes les chances de provoquer quelques soubresauts désagréables,<br />
- malgré cette baisse des émissions consécutives à la pénurie, la concentration en CO2 continue d&#8217;augmenter pendant encore un siècle (ordre de grandeur),<br />
- et surtout la température, au moment où nous passerons le pic des émissions de CO2, continuera d&#8217;augmenter rapidement pendant plus d&#8217;un siècle. En d&#8217;autres termes la perturbation continue à croître, alors que nos moyens de réponse, pourraient aller en décroissant rapidement, à cause de la pénurie en combustibles fossiles (l&#8217;inconnue est l&#8217;énergie non fossile, bien sûr).</p>
<p align="justify">En clair, si nous attendons la pénurie de combustibles fossiles pour limiter nos émissions, nous avons alors de bonnes chances de nous retrouver dans une situation où nous cumulerons des ennuis sans cesse croissants (parce que le système sera de plus en plus perturbé) avec de moins en moins de moyens pour y faire face. Voilà une situation que nous serions peut-être bien inspirés de chercher à éviter&#8230;</p>
<h6 align="justify">Jean-Marc Jancovici, spécialiste de l’énergie et du climat, conseiller énergie-climat de Nicolas Hulot et auprès de divers organismes publics et privés, polytechnicien et père du bilan carbone.</h6>

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		<title>CO2 : le désamour, acte II</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Mar 2010 05:41:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Marc Jancovici</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[C'EST QUOI]]></category>

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		<description><![CDATA[.
Nous l’avons vu dans un précédent dossier « 50 ans d’aventure et de recherche en antarctique », Claude Lorius - glaciologue grenoblois mondialement reconnu, 1er français à recevoir le prix Blue Planet*- par ses nombreux travaux de recherche sur la glace menés avec son équipe, a remis à la science et à l’homme une clef de lecture [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6 align="justify"><font color="#add8e6">.</font><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/gaz_graph6-site-3.jpg"></a></h6>
<p align="justify">Nous l’avons vu dans un précédent dossier « <a href="http://www.duralpes.com/acte-ii2-le-developpement-durable-vous-y-croyez/">50 ans d’aventure et de recherche en antarctique </a>», <a href="http://www.duralpes.com/le-developpement-durable-vous-y-croyez-acte-ii1/">Claude Lorius </a>- glaciologue grenoblois mondialement reconnu, 1er français à recevoir le prix Blue Planet*- par ses nombreux travaux de recherche sur la glace menés avec son équipe, a remis à la science et à l’homme une clef de lecture de l’évolution climatique à travers le temps : le lien entre climat et concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Une recherche qui a mobilisé toute sa vie et l’a mené au cœur de l’un des plus grands défis de notre société : le réchauffement climatique, et, d’une façon plus générale, au constat de la dégradation de l’environnement planétaire. Les hommes peuvent-ils encore corriger leurs outrances ? En ont-t-ils seulement le désir ?</p>
<p align="justify"><strong><font color="#a52a2a"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/photo_jmj-site-2.jpg" height="318" />Jean-Marc Jancovici,</font></strong> spécialiste de l&#8217;énergie et du climat, conseiller énergie-climat de Nicolas Hulot et auprès de divers organismes publics et privés, polytechnicien et père du bilan carbone effectue pour Dur’Alpes un énième travail de sensibilisation et de vulgarisation ; l’objet de l’exercice est de comprendre « bien » pour agir « mieux ».<br />
Le dossier de la semaine dernière nous a appris qu’un « gaz à effet de serre » est un gaz présent dans l&#8217;atmosphère terrestre qui intercepte les infrarouges émis par la surface terrestre ; que les deux principaux gaz responsables de l&#8217;effet de serre de la Terre, depuis que notre planète a une atmosphère, sont la vapeur d&#8217;eau (H2O) et le gaz carbonique (CO2) mais qu’il en existe d&#8217;autres, et même beaucoup d&#8217;autres.</p>
<p align="justify">Certains, comme le CO2 et la vapeur d&#8217;eau, sont « naturels », c&#8217;est-à-dire qu&#8217;ils étaient présents dans l&#8217;atmosphère avant l&#8217;apparition de l&#8217;homme. Cette présence ancienne signifie, qu&#8217;il existe des sources « naturelles », mais aussi des « puits », qui retirent les gaz en question de l&#8217;atmosphère pour les stocker sous une autre forme, permettant à la concentration de rester à peu près stable. Pour la vapeur d&#8217;eau le « puits » s&#8217;appelle&#8230; la pluie, et pour le CO2 une partie du puits est tout simplement la photosynthèse.<br />
Outre la vapeur d&#8217;eau et le gaz carbonique, les principaux gaz « naturels » à effet de serre sont : le méthane, qui n&#8217;est rien d&#8217;autre que&#8230; le gaz « naturel » de nos cuisinières, le protoxyde d&#8217;azote, l&#8217;ozone.</p>
<p align="justify">Dire que ces gaz sont « naturels » - et donc qu&#8217;ils ont des sources naturelles - ne signifie bien évidemment pas que l&#8217;homme n&#8217;a pas d&#8217;influence sur leurs émissions ou sur leur concentration dans l&#8217;atmosphère. Pour les trois gaz mentionnés ci-dessus, comme pour le CO2, il est avéré que l&#8217;homme ajoute sa part et a augmenté leur concentration dans l&#8217;air de manière significative. C&#8217;est du reste pour cela que le CO2, le méthane et le protoxyde d&#8217;azote sont pris en compte dans les accords internationaux comme le protocole de Kyoto par exemple.</p>
<p align="justify"><strong>Que sont les gaz « industriels » à effet de serre ?</strong></p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/usine-site.jpg" height="261" />A côté des gaz « naturels » à effet de serre, il en existe d&#8217;autres, que nous pouvons qualifier d&#8217; « artificiels ». Il s’agit de gaz industriels qui ne sont présents dans l&#8217;atmosphère que par le fait de l&#8217;homme. Les principaux gaz « industriels » à effet de serre sont les halocarbures : il s&#8217;agit d&#8217;une vaste famille de gaz obtenus en remplaçant, dans une molécule d&#8217;hydrocarbure (le propane, le butane, ou encore l&#8217;octane, que l&#8217;on trouve dans l&#8217;essence, sont des hydrocarbures), de l&#8217;hydrogène par un gaz halogène (le fluor, le chlore&#8230;). Les molécules ainsi obtenues ont deux propriétés importantes pour nous :</p>
<p align="justify">- Elles absorbent très fortement les infrarouges, beaucoup plus que le gaz carbonique à poids égal.<br />
- Certaines d&#8217;entre elles sont très « solides » : elles sont chimiquement très stables dans l&#8217;atmosphère, et seule la partie la plus « énergique » du rayonnement solaire et intersidéral (les ultraviolets et les rayons cosmiques) peut « casser » les liaisons de ces molécules une fois qu&#8217;elles sont dans l&#8217;atmosphère. Comme ces processus sont lents et n&#8217;interviennent que loin du sol, ces molécules d&#8217;halocarbures ont donc des durées de vie dans l&#8217;atmosphère qui peuvent être très longues, car il faut attendre qu&#8217;elles diffusent dans la stratosphère - donc qu&#8217;elles montent haut alors qu&#8217;elles sont souvent très lourdes - avant d&#8217;être « cassées »… cela peut prendre des milliers d&#8217;années.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/gaz-a-effet-de-serre-site.jpg" height="165" />Une famille particulière d&#8217;halocarbures, les CFC (chlorofluorocarbures), a la double propriété de contribuer à l&#8217;augmentation de l&#8217;effet de serre, mais aussi de diminuer la concentration de l&#8217;ozone stratosphérique (la fameuse « couche d&#8217;ozone », qui en fait n&#8217;est pas vraiment une couche). La production de ces gaz est désormais interdite (ou en cours d&#8217;éradication), au titre du protocole de Montréal signé en 1987, qui ne prend pas en compte les autres gaz à effet de serre.</p>
<p align="justify">Il existe également un autre gaz industriel que l&#8217;on mentionne souvent dans les milieux spécialisés, l&#8217;hexafluorure de soufre. Il est utilisé par exemple pour les applications électriques (transformateurs) et&#8230; les doubles vitrages. Il n&#8217;est pas émis en grande quantité mais est encore plus absorbant pour les infrarouges et résistant à la partie « dure » du rayonnement solaire que les halocarbures.</p>
<p align="justify"><strong>D’où proviennent les grands responsables de l&#8217;effet de serre ?</strong></p>
<p align="justify">Si nous ne nous occupons pas de la raison pour laquelle les gaz à effet de serre sont dans l&#8217;atmosphère, celui qui engendre le plus d&#8217;effet de serre est&#8230; la vapeur d&#8217;eau.<br />
Mais si l&#8217;on se limite à l&#8217;effet de serre d&#8217;origine humaine, que l&#8217;on appelle parfois effet de serre « additionnel » (parce qu&#8217;il se rajoute à celui d&#8217;origine naturelle), ou anthropique, la répartition par gaz est totalement différente :</p>
<p align="justify">- Les émissions directes de vapeur d&#8217;eau des hommes (provenant des centrales électriques, de l&#8217;irrigation, des barrages, de la déforestation&#8230;) ne contribuent pas à augmenter l&#8217;effet de serre de manière décelable, et ne sont donc pas prises en compte dans les émissions humaines.<br />
En effet, sur une planète couverte aux 2/3 d&#8217;eau (les océans), et compte tenu du fait que l&#8217;eau ne s&#8217;accumule pas dans l&#8217;atmosphère - où son temps de résidence est de l&#8217;ordre d&#8217;une semaine seulement -, les émissions d&#8217;origine humaine sont totalement marginales dans le cycle global de l&#8217;eau (à titre indicatif, les émissions annuelles de vapeur d&#8217;eau de l&#8217;humanité provenant de la combustion des hydrocarbures représentent moins de 1% de l&#8217;évaporation naturelle survenant en une seule journée). L&#8217;action de l&#8217;homme peut très significativement perturber le cycle local de l&#8217;eau (la Mer d&#8217;Aral ou le barrage d&#8217;Assouan en offrent de bons exemples), mais cela n&#8217;a pas de répercussions significatives au niveau de la teneur moyenne en vapeur d&#8217;eau de l&#8217;ensemble de l&#8217;atmosphère.<br />
Ce qui précède explique pourquoi il n&#8217;est pas tenu compte de la vapeur d&#8217;eau, excepté dans quelques cas bien particuliers tels l&#8217;aviation, lorsque l&#8217;on calcule les émissions de gaz à effet de serre liées à l&#8217;activité humaine.</p>
<p align="justify">- Le gaz carbonique d&#8217;origine humaine est responsable d&#8217;un peu plus de 55% de l&#8217;effet de serre additionel dû à l’homme. Ce gaz comporte bien sûr des émissions naturelles (la respiration des animaux, une partie de la putréfaction, les incendies naturels, ou encore le réchauffement de l&#8217;océan de surface) très importantes, mais elles sont compensées par des « puits » tout aussi importants (le refroidissement d&#8217;autres portions de l&#8217;eau océanique de surface, et la photosynthèse). Le gaz carbonique venant des activités humaines (on parle d&#8217;émissions anthropiques, c&#8217;est à dire provoquées par l&#8217;homme) provient :<br />
* pour l&#8217;essentiel de la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz),<br />
* pour partie de certaines industries (par exemple pour la production de ciment),<br />
* enfin pour une part non négligeable de la déforestation, notamment en zone tropicale.</p>
<p align="justify">- Le méthane engendre un peu plus de 15% de l&#8217;effet de serre anthropique. Le méthane est un gaz qui se forme dès qu&#8217;un composé organique (un reste d&#8217;animal ou de plante) se décompose à l&#8217;abri de l&#8217;oxygène de l&#8217;air (par fermentation ou putréfaction), par exemple au fond de l&#8217;eau ou sous terre. Les réserves de gaz naturel ne se sont pas formées autrement que par la décomposition, il y a très longtemps, de plantes et d&#8217;animaux, qui se sont d&#8217;abord transformés en hydrocarbures liquides, puis en gaz. Une partie du méthane présent dans l&#8217;atmosphère est donc d&#8217;origine parfaitement naturelle, provenant notamment des zones humides (marécages, marais, etc.) et&#8230; des termites !<br />
Mais l&#8217;homme y rajoute sa part. Le méthane d&#8217;origine humaine provient :<br />
*  pour une part de la combustion de matière organique, notamment des brûlis en zone tropicale (la combustion du bois est toujours une combustion imparfaite, qui libère dans l&#8217;atmosphère des composés mal ou pas brûlés, dont du méthane),<br />
* de l&#8217;élevage des ruminants (vaches, moutons, chèvres, yaks&#8230;), car les aliments qu&#8217;ils ingèrent fermentent dans leur estomac, en dégageant du méthane (à titre informatif il y a environ 20 millions de bovins en France : le poids des vaches est supérieur au poids des hommes !),<br />
* de la culture du riz, car les zones humides en général émettent du méthane (ce gaz se forme dès que des composés organiques se décomposent – « pourrissent » - à l&#8217;abri de l&#8217;oxygène de l&#8217;air, comme par exemple au fond des marécages, ou encore dans les sédiments océaniques),<br />
* des décharges d&#8217;ordures ménagères (encore la dégradation à l&#8217;abri de l&#8217;oxygène de l&#8217;air),<br />
* des exploitations pétrolières et gazières, à cause des fuites de gaz (le méthane est le principal constituant du gaz naturel), et des mines de charbon (le méthane est le principal constituant du grisou).</p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/gaz_graph6-site-3.jpg"><img border="0" align="middle" width="525" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/gaz_graph6-site-3.jpg" height="410" /></a></p>
<p align="justify">- Les halocarbures engendrent un peu plus de 10% de l&#8217;effet de serre anthropique (ces gaz n&#8217;ont pas d&#8217;émissions naturelles). Les premiers représentants de cette famille sont connus de tous : il s&#8217;agissait des CFC, désormais remplacés par d&#8217;autres gaz voisins, mais qui ne détruisent pas l&#8217;ozone stratosphérique. Ces gaz sont utilisés :<br />
* comme gaz réfrigérants (dans les systèmes de climatisation et les chaînes du froid) ; les émissions de ce poste proviennent essentiellement des fuites et mise à la décharge des systèmes de climatisation,<br />
* comme gaz propulseurs dans des bombes aerosols ; les fameux CFC constituent une sous-famille devenue célèbre des halocarbures. Le Protocole de Montreal a décidé leur éradication progressive car, en plus d&#8217;être de puissants gaz à effet de serre, ils sont aussi responsables de la diminution de l&#8217;ozone en haute altitude,<br />
* dans certains procédés industriels (fabrication de mousses plastiques, mais aussi de composants d&#8217;ordinateurs ou de téléphones portables).</p>
<p align="justify">- Le protoxyde d&#8217;azote engendre environ 5% de l&#8217;effet de serre anthropique. Pour ce gaz il y a aussi des émissions naturelles, qui proviennent essentiellement des zones humides. La part « humaine » provient de l&#8217;utilisation des engrais azotés en agriculture, et de certains procédés chimiques.</p>
<p align="justify">- L&#8217;ozone troposphérique (la troposphère est la couche la plus basse de l&#8217;atmosphère, celle qui « touche » le sol, et va jusqu&#8217;à la stratosphère, à environ 10 km du sol) engendre enfin environ 10% de l&#8217;effet de serre anthropique. L&#8217;ozone est une variante de l&#8217;oxygène qui est naturellement présent dans l&#8217;atmosphère. Selon l&#8217;endroit où il se trouve il nous intéresse beaucoup ou il nous est nuisible :<br />
* dans la haute atmosphère, où l&#8217;on parle d&#8217;ozone stratosphérique (la stratosphère est la couche de l&#8217;atmosphère située entre 10 et 50 km d&#8217;altitude), il arrête les ultraviolets du soleil qui ont tendance à « casser » les liaisons chimiques indispensables à la vie ; il nous y est donc très utile (sans cette couche d&#8217;ozone stratosphérique la vie évoluée n&#8217;existerait probablement pas en dehors des océans),<br />
* dans nos villes, bien qu&#8217;il continue aussi à arrêter les ultraviolets les plus agressifs qui viennent du soleil (mais près du sol il n&#8217;en reste plus beaucoup à arrêter, heureusement), il montre aussi une autre de ses facettes comme oxydant très agressif que nos poumons n&#8217;aiment pas beaucoup respirer. L&#8217;ozone troposphérique est l&#8217;un des composants de la pollution locale, et provient indirectement de la combustion d&#8217;hydrocarbures.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="middle" width="525" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/gaz_graph5-site-2.jpg" height="380" /></p>
<p align="justify">Depuis le début de l&#8217;ère industrielle, c&#8217;est à dire depuis l&#8217;année 1750 environ, ce que nous avons mis dans l&#8217;atmosphère a pour effet d&#8217;introduire un « forçage radiatif » de l&#8217;ordre de 1% du rayonnement reçu.<br />
Dit autrement, à travers ses émissions de gaz à effet de serre, l&#8217;homme a modifié la situation « comme si » le soleil avait augmenté sa puissance d&#8217;environ 1%. Cela peut paraître peu. Pourtant, compte tenu des énergies considérables qui sont en jeu, de la fragilité de certains équilibres naturels, et du fait que ces effets agissent sur de longues périodes, c&#8217;est très significatif pour notre avenir.</p>
<p align="justify"><strong>Combien de temps restent-ils dans l&#8217;atmosphère ?</strong></p>
<p align="justify">Les gaz à effet de serre, une fois dans l&#8217;atmosphère, n&#8217;y restent pas éternellement, mais, « leur disparition » peut prendre un certain temps. L&#8217;épuration des gaz à effet de serre de l&#8217;atmosphère peut survenir :</p>
<p align="justify">- par un phénomène physique. Par exemple la pluie, phénomène physique (condensation), enlève de la vapeur d&#8217;eau de l&#8217;atmosphère.<br />
- par une réaction chimique intervenant au sein de l&#8217;atmosphère. C&#8217;est le cas pour le méthane, qui s&#8217;élimine par réaction avec des radicaux OH naturellement présents dans l&#8217;atmosphère, pour donner du CO2.<br />
- par une réaction chimique, photochimique ou physique intervenant à la frontière entre l&#8217;atmosphère et les autres compartiments de la planète. C&#8217;est par exemple le cas pour le CO2, qui est réduit par la photosynthèse des plantes (réaction photochimique), ou qui est dissout dans l&#8217;océan (réaction physique) pour finir par y donner des ions bicarbonate et carbonate (par contre le CO2 est chimiquement stable dans l&#8217;atmosphère, et il n&#8217;y a pas de réaction purement chimique prenant place au sein de l&#8217;atmosphère qui « élimine » ce gaz),<br />
- soit par suite d&#8217;un phénomène radiatif. Par exemple les rayonnements électromagnétiques « durs » émis par le soleil - ainsi que les rayons cosmiques, qui sont de même nature que les rayons émis par une source radioactive – « cassent » des molécules dans la haute atmosphère. Une partie des halocarbures disparait de cette façon ; certains halocarbures sont cependant encore suffisamment réactifs pour disparaître comme le méthane, par réaction chimique avec d&#8217;autres composés de l&#8217;atmosphère.</p>
<p align="justify">Mais la très mauvaise surprise, c&#8217;est que mise à part la vapeur d&#8217;eau, qui s&#8217;évacue en quelques jours, les gaz à effet de serre mettent très longtemps à s&#8217;en aller de l&#8217;atmosphère. Il n’est pas aisé de définir avec précision le temps nécessaire pour évacuer ce que nous émettons aujourd’hui car l’atmosphère a un fonctionnement complexe dont les scientifiques n’ont pas encore percé tous les mystères. En outre l&#8217;augmentation de la concentration dont nous sommes à l&#8217;origine va trop vite pour qu&#8217;il soit facile de s&#8217;inspirer de ce qui s&#8217;est passé aux époques anciennes sur la vitesse d&#8217;élimination du surplus.</p>
<p align="justify">Cela va prendre longtemps ! De l&#8217;ordre du siècle avant que le CO2 ne commence à être évacué de l&#8217;atmosphère, 10 ans pour le méthane… certains halocarbures n&#8217;ont toujours pas commencé à s&#8217;épurer significativement de l&#8217;atmosphère au bout de 1000 ans.<br />
L’essentiel des gaz que nous émettons aujourd&#8217;hui, y compris le gaz carbonique que nous avons par exemple émis ce matin en venant travailler en voiture, ou hier en faisant fonctionner une chaudière de logement ou un four à verre, sera encore au-dessus de la tête de nos (arrière-arrière) petits-enfants dans 1 ou 2 siècles. Et bien sûr, pendant tout le temps que ces gaz restent au-dessus de nos têtes, ils contribuent à un effet de serre supplémentaire.</p>
<p align="justify">Cette simple caractéristique explique pourquoi le changement climatique est un processus fondamentalement irréversible, qu&#8217;il sera complètement impossible d&#8217;inverser à bref délai le jour où l&#8217;expérience nous importunera pour de bon. Nous devons à la fois diminuer l’effet de serre pour les prochains siècles, et nous adapter au réchauffement pour le siècle actuel.</p>
<p align="justify">À travers notre prochain dossier nous essaierons de comprendre comment il est possible de calculer, pour chacun des gaz à effet de serre, un « pouvoir de réchauffement global » (en abrégé PRG, et en abrégé en anglais GWP, pour Global Warming Potential), qui permet de savoir de combien on augmente l&#8217;effet de serre lorsque l&#8217;on émet un kg du gaz considéré. Information déterminante pour évaluer ensuite « l’impact écologique » des activités des collectivités, entreprises ou particuliers.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>

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		<title>CO2 : le désamour, acte I</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Mar 2010 06:56:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>P/DurAlpes</dc:creator>
		
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.
La 15e conférence des parties de la convention climat de l’ONU s’est tenue à Copenhague en décembre dernier, dans le prolongement des accords de Kyoto de1997. Après le bilan pessimiste des climatologues et experts environnementaux, les 200 pays et leurs dirigeants devront s’entendre sur une baisse des émissions à effet de serre - GES. La [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6 align="justify"></h6>
<p align="justify"><font color="#add8e6">.</font></p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/pleiades_spitzer-site.jpg" height="300" />La 15e conférence des parties de la convention climat de l’ONU s’est tenue à Copenhague en décembre dernier, dans le prolongement des accords de Kyoto de1997. Après le bilan pessimiste des climatologues et experts environnementaux, les 200 pays et leurs dirigeants devront s’entendre sur une baisse des émissions à effet de serre - GES. La future conférence apparaît donc comme l’ultime chance pour sauver une planète en situation de danger.<br />
Alors que les nations avancent péniblement - même si l’accord de Copenhague entérine, et pour la première fois, l&#8217;objectif de limiter à 2°C le réchauffement, et acte l&#8217;acceptation par les pays émergents d&#8217;actions de réduction de leurs émissions, à condition que ce soit sur une base volontaire - la corne d’abondance des GES alimente sans état d’âme les moindres coins de l’atmosphère.<br />
Dans cette course folle qui sera le perdant : l’homme ou la planète ? Le handicap est grand me direz-vous, car l’homme a besoin de la planète ; elle, elle n’a point besoin de lui. Une prise de conscience suffirait pourtant pour donner toutes ses chances au premier.<br />
A bon entendeur, ouvrons le dossier technique des GES, pour lequel plusieurs épisodes seront nécessaires.</p>
<p align="justify"><strong>Mais qu&#8217;est-ce que l&#8217;effet de serre ?</strong></p>
<p align="justify"><em>Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une serre ?<br />
</em>Chacun connait le bâtiment couvert de vitres, qui laisse passer la lumière du soleil, mais empêche que la chaleur contenue à l&#8217;intérieur de la serre sous l&#8217;effet de la lumière du soleil, ne se dissipe trop vite vers l&#8217;extérieur. Deux effets contribuent à retenir la chaleur prisonnière à l&#8217;intérieur de la serre :<br />
- un effet purement mécanique : les vitres empêchent tout simplement l&#8217;air chaud d&#8217;aller ailleurs ! C&#8217;est pour cela que l&#8217;on trouve des serres faites d&#8217;une simple bâche de plastique, qui ne procurent que cet effet « mécanique »,<br />
- un « effet de serre » : en réponse à l&#8217;énergie reçue des rayons du soleil, l&#8217;intérieur de la serre chauffe et émet des infrarouges qui sont interceptés par le verre. Le verre - matériau très opaque pour ce rayonnement particulier - empêche l&#8217;énergie de se dissiper vers l&#8217;extérieur, provoquant ainsi une montée de température à l&#8217;intérieur de la serre.</p>
<p align="justify"><em>Mode d&#8217;action à l’échelle de la planète.<br />
</em><img border="0" align="middle" width="525" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/effet_de_serrsite.jpg" height="617" /></p>
<p align="justify">Lorsque le rayonnement solaire atteint l&#8217;atmosphère terrestre, une partie - environ 28 % - est directement renvoyée par l&#8217;air vers l’espace, les nuages blancs et la surface claire de la Terre comme les régions blanches et glacées de l&#8217;Arctique et de l&#8217;Antarctique : c&#8217;est l&#8217;albédo. Les rayons incidents qui n&#8217;ont pas été réfléchis vers l&#8217;espace sont alors absorbés par l&#8217;atmosphère et/ou la surface terrestre.</p>
<p align="justify">Cette partie du rayonnement absorbée par la Terre lui apporte de la chaleur (énergie), qu&#8217;elle restitue à son tour, la nuit notamment et en hiver, en direction de l&#8217;atmosphère sous forme de rayons infrarouges. C&#8217;est le rayonnement du corps noir. Ce rayonnement est ensuite absorbé en partie par les gaz à effet de serre. Puis, dans un troisième temps, la chaleur est réémise par l’atmosphère dans toutes les directions, notamment vers la Terre.</p>
<p align="justify">Ce rayonnement qui retourne vers la Terre crée l&#8217;effet de serre ; il est à l&#8217;origine d&#8217;un apport supplémentaire de chaleur à la surface terrestre. Sans ce phénomène, la température moyenne sur Terre chuterait d&#8217;abord à -18 °C. Puis, la glace s&#8217;étendant sur le globe, l&#8217;albédo terrestre augmenterait et la température se stabiliserait vraisemblablement à -100°C.<br />
On peut donc considérer l&#8217;atmosphère comme un réservoir d&#8217;énergie. Si l&#8217;effet de serre est plus efficace pour retenir l&#8217;énergie (ou ralentir la déperdition de l&#8217;énergie), ce réservoir se remplit ; ainsi l&#8217;énergie emmagasinée par la surface terrestre augmente.</p>
<p align="justify">En moyenne, l&#8217;énergie venue de l&#8217;espace et reçue par la Terre et celle de la Terre émise vers l&#8217;espace, sont quasiment égales. Si ce n&#8217;était pas le cas, la température de surface de la Terre évoluerait vers toujours plus froid ou vers toujours plus chaud. En effet, quand les échanges moyens d&#8217;énergie avec l&#8217;espace ne sont pas équilibrés, il y a stockage ou déstockage d&#8217;énergie par la Terre. Ce déséquilibre provoque un changement de température de l&#8217;atmosphère.</p>
<p align="justify"><strong>Quel rôle jouent les GES ?</strong></p>
<p align="justify">L’atmosphère contient naturellement en petite quantité des gaz à effet de serre (GES), qui jouent pour notre planète exactement le même rôle que les vitres de la serre : le CO2 (dioxyde de carbone), le CH4 (méthane), le N2O (protoxyde d’azote ou gaz hilarant !) et la vapeur d’eau. Ces gaz n&#8217;empêchent pas la lumière du soleil d&#8217;arriver jusqu&#8217;à nous (ils sont très transparents au rayonnement solaire), mais empêchent le rayonnement infrarouge émis par le sol de repartir vers l&#8217;espace. Ils font ainsi office de « couvercle » en retenant prisonnière en quelque sorte, l&#8217;énergie - donc une température élevée - près du sol. C’est ce que l’on appelle l’effet de serre naturel.</p>
<p align="justify">L&#8217;effet de serre de notre atmosphère est donc un phénomène bénéfique. Le danger qui est désigné par le terme « effet de serre » correspond à un abus de langage. Il faut lui préférer le terme de « réchauffement climatique », ou mieux encore de « changement climatique ». Ce qui est dangereux ce n&#8217;est pas le phénomène lui-même, parfaitement naturel et essentiel à notre existence, mais sa modification rapide du fait anthropique, modification qui elle est porteuse de graves dangers.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="middle" width="525" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/industrie-site.jpg" height="354" /></p>
<p align="justify">Les activités humaines produisent de plus en plus de CO2, de CH4 et de N2O qui se propagent dans l’atmosphère tout comme d’autres GES très nocifs tels les gaz fluorés inventés par l’Homme. L’ensemble de ces gaz viennent alors s’ajouter à ceux déjà présents naturellement et « épaississent la couverture naturelle ».<br />
La Terre a donc plus chaud. Il s’agit d’effet de serre additionnel qui a pour conséquence d’accélérer le réchauffement naturel de la planète. La Terre a connu au cours de son histoire des phases de réchauffement et de refroidissement. Actuellement nous sommes dans une phase de réchauffement.<br />
Il est assez fréquent de penser que les émissions de gaz à effet de serre n&#8217;ont que deux grandes causes, et donc deux seules catégories de responsables : les transports et les industries. La réalité est bien plus complexe.</p>
<p align="justify">Toute activité humaine, quelle qu&#8217;elle soit, engendre directement des émissions de gaz à effet de serre, même une compagnie d&#8217;assurances ou une crèche. Il faut en outre y rajouter des émissions « indirectes », liées aux produits ou services consommés pour « faire tourner la boutique », et qui peuvent facilement être bien plus importantes que les émissions directes.<br />
- Ainsi, le CO2 provient de l’utilisation des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) par les centrales électriques, des transports, des industries, des chaudières, etc. La déforestation est une source importante de CO2.<br />
- Le N2O est surtout produit par les engrais utilisés en agriculture et les industries chimiques.<br />
- Le CH4 provient essentiellement des processus de fermentation des animaux d’élevage, des décharges et des rizières.<br />
- Les gaz fluorés sont issus des systèmes réfrigérants, de la climatisation et des industries.<br />
Il devient donc urgent d’inverser ces tendances et d’envisager toutes activités par le prisme des gaz à effet de serre.</p>
<p align="justify">Les perspectives de réduction des GES sont cependant peu encourageantes. La voix des Etats-Unis et celle de la Chine sont déterminantes pour entraîner les autres pays du monde dans la lutte réelle contre le réchauffement climatique et signer des accords de réduction importants et contraignants.<br />
La déclaration en fin d’année 2009 par l’EPA - Agence américaine de Protection de l’Environnement - reconnaissant qu’au moins 6 gaz à effet de serre, dont le dioxyde de carbone, étaient nocifs pour la santé à certaines doses suffira t-elle à lancer ces pays et ceux qui voudront bien le suivre dans une politique d’incitation forte et décisive à la réduction ?</p>
<h6 style="margin: 0cm 0cm 10pt" class="MsoNormal"><span style="font-family: 'Verdana','sans-serif'">Sources : </span><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'">CLEVACTI - Adrien BERNARD ; Manicore - Jean-Marc Jancovici</span><span style="font-family: 'Verdana','sans-serif'"><o:p></o:p></span></h6>
<p align="justify">&nbsp;</p>
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		<title>Vancouver, le revers de la médaille</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Mar 2010 06:53:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie Durand</dc:creator>
		
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Les Jeux Olympiques - JO - sont un « méga événement » sportif et touristique. Pendant 15 jours, à l’échelle du globe, des millions de spectateurs vivent des émotions fortes devant les performances des futurs champions. Pour autant, à l’heure où les individus comptabilisent les scores de leur empreinte écologique et semblent être sensibles à la cause [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Les Jeux Olympiques - JO - sont un « méga événement » sportif et touristique. Pendant 15 jours, à l’échelle du globe, des millions de spectateurs vivent des émotions fortes devant les performances des futurs champions. Pour autant, à l’heure où les individus comptabilisent les scores de leur empreinte écologique et semblent être sensibles à la cause de la planète, de nombreuses controverses s’ouvrent sur le bien-fondé d’un tel événement.<br />
Les JO d’hiver interpellent désormais les villes candidates. Se posent les problèmes climatiques (baisse de l’enneigement), du transport des spectateurs et des athlètes, du déplacement des populations pour la construction du village olympique, de la fabrication des infrastructures, de sites artificiels&#8230;<br />
Le sujet est délicat. Car comment faire abstraction de l’aventure humaine qui marque à jamais une vie : dans un ultime dépassement de soi le sportif exulte ; les organisateurs s’unissent dans des mouvements de solidarité inespérée ; la cohésion locale touche au paroxysme ; demain, les spectateurs seront tous sportifs ! Ils le disent tous, ceux qui ont vécu ces moments d’exception, l’homme redevient humain.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/ndurandsite-2.jpg" height="259" style="width: 220px; height: 261px" />Qu’en pense la planète ? Quel équilibre à trouver entre impacts négatifs et positifs ?<br />
La récompense suprême, ne serait-elle pas celle qui couronnerait le programme de la ville candidate aux jeux construit en adéquation avec les enjeux du développement durable ?<br />
Top chrono ! La ville d’Annecy est en lice.<br />
A travers l’exemple des JO de Vancouver annoncés comme les plus « verts » de l&#8217;histoire, sans pour autant satisfaire à toutes les attentes, et avant l’ouverture des jeux paralympiques, <em><font color="#8b0000"><strong>Nathalie Durand*</strong>, d<span lang="FR-CH">irectrice générale de l’Observatoire Sport et Développement Durable (OSDD), experte en sport et développement durable, </span></font></em>slalome sur le blanc de la page entre problématiques sportives et perspectives encourageantes.</p>
<p align="justify">À l’origine scandinave, les Jeux d’hiver[1] furent adaptés en région alpine - France, Italie et Suisse - par les hôteliers, les syndicats d’initiative et les compagnies de chemin de fer pour favoriser le tourisme de montagne, le tourisme « blanc ». Plutôt hostile à l’idée d’une appropriation extérieure de leurs Jeux, la Scandinavie proposa alors que les manifestations situées en dehors de leur frontière soient désignées par « Semaine internationale des sports d’hiver » ; cette semaine deviendra ensuite « Jeux olympiques d’hiver ».</p>
<p align="justify"><strong>Les JO d’hiver : une course démesurée ?</strong></p>
<p align="justify">Les premiers Jeux d&#8217;hiver eurent lieu en France, à Chamonix, en 1924. Ils regroupaient 16 pays, 300 sportifs avec pour discipline le patinage artistique, le combiné nordique, le hockey sur glace, le curling et le bobsleigh. La facture de ces premiers Jeux Olympiques s’éleva à environ 2 millions de francs, soit, à valeur constante, près de 167 millions d’euros[2] pour construire les infrastructures sportives nécessaires[3].<br />
<img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/james-bonheur-jo-2010-site.jpg" height="230" style="width: 220px; height: 224px" />Depuis, à chacune des Olympiades d’hiver, les jeux franchissent une marche supplémentaire. Toujours plus hauts, toujours plus beaux. La soif des sommets n’est jamais assouvie : encore plus de participants, de nations, de disciplines sportives, de visiteurs, de téléspectateurs… Les équipements sportifs et les infrastructures énormes, sont les signes extérieurs visibles du gigantesque iceberg que représente l’engagement financier des Jeux modernes. A titre d’exemple, les JO d’hiver de Vancouver ont mobilisé[4] : 82 pays représentés, 5 500 athlètes et employés, 10 000 journalistes, 3 milliards de téléspectateurs dans le monde entier et 75 millions de connexions internet.</p>
<p align="justify"><strong>Pour quels enjeux financiers et sociaux.</strong></p>
<p align="justify">La charge d’investissement des Jeux olympiques de Vancouver s’élève à plus de 7 milliards de dollars canadiens[5] - CAD - soient environ 5 milliards d’euros, qui se répartissent entre : construction des sites et infrastructures 2 902 millions d’euros ; budget du comité organisateur et frais de candidature 1 276 millions d’euros ; sécurité  705 millions d’euros ; dépenses locales pour la promotion des Jeux 76  millions d’euros.<br />
Montant d’autant plus démesuré qu’une partie de la facture devra être prise en charge par les contribuables canadiens pour 2 milliards d’euros, ceux de Colombie Britannique pour 2 milliards d’euros supplémentaires, et même ceux du Québec devront supporter 10 millions d’euros. Ces prélèvements nouveaux se traduiront entre-autres par des coupes dans les services sociaux, des réductions de bourses aux étudiants et des programmes d’art[6] ; que la ville de Vancouver doit faire face à des défis sociaux préoccupants : le nombre de SDF a doublé entre 2002 et 2008, passant de 1 121 personnes sans-abri[7] à 2 660 ; et que le pays tout entier compte plus de 300 000 SDF, 1.7 million de résidents en difficulté, dont 30% pour les tribus !</p>
<p align="justify"><strong>Pour quels enjeux environnementaux ?</strong></p>
<p align="justify"><em><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/logo_jeux_olympiques_2010-site.jpg" height="279" />L’enneigement :</em><br />
La réussite des Jeux Olympiques d’hiver est inhérente à la qualité et à l’enneigement des pistes. Or, les précipitations n’ont pas permis à Vancouver d’offrir la qualité de neige espérée. Pour pallier cette situation, l’organisation a dû avoir recours aux camions et aux hélicoptères pour transporter la neige des sommets vers les zones de plus basse altitude, et à 35 canons à neige d&#8217;une capacité d&#8217;environ 23 millions de litres d&#8217;eau, pour produire de la neige artificielle.<br />
L’impact environnemental étant à ce niveau de deux ordres : les émissions de gaz à effet de serre supplémentaires des camions et hélicoptères ; et celui du recours à la neige de culture qui, plus dense que la neige naturelle, conduira, parce qu’elle gêne le reverdissement des pistes à la belle saison, à l’épandage massif d’engrais.</p>
<p align="justify"><em>La biodiversité :<br />
</em>L’accueil des 5 500 athlètes et employés, 10 000 journalistes et 500 000 visiteurs a nécessité la construction de nombreuses infrastructures hôtelières et sportives, érigées malheureusement sur des lieux de grande richesse en faune et flore, avec, comme incidence, l’artificialisation des sols et la perte de la biodiversité ! Un vrai paradoxe à l’heure où la communauté scientifique mondiale s’alarme sur la perte de la biodiversité dans le monde, liée en grande partie aux facteurs anthropiques : la moitié des espèces vivantes que nous connaissons pourrait disparaître d&#8217;ici un siècle.</p>
<p align="justify"><em>Le changement climatique :<br />
</em>Loin de l&#8217;objectif « carbone neutre » promis, et bien qu’ils soient évalués à 15 % en dessous du bilan habituel de tels événements, les GES générés par les déplacements en avion de milliers de personnes venus des quatre coins du monde et par les infrastructures (chauffage des hôtels, construction de routes et du prolongement d&#8217;une autoroute entre Vancouver et Whistler qui va, et pour longtemps, augmenter le trafic routier…) dépasseront les 268 000 tonnes annoncées par le Comité d&#8217;organisation des Jeux olympiques et paralympiques d&#8217;hiver à Vancouver (Covan) ; et c’est sans compter l&#8217;émission de 150 000 tonnes attribuables aux spectateurs, sponsors, fournisseurs…, ni même les balais incessants des camions et hélicoptères réquisitionnés pour assurer l’enneigement nécessaire[8].</p>
<p align="justify"><strong>Collectionner les bons points…</strong></p>
<p align="justify">Pourtant, en termes de transport, les déplacements des visiteurs se sont effectués grâce à la mise en service de bus à énergie propre préfigurant la future flotte urbaine de 1 500 véhicules « verts », au 20 nouveaux bus fonctionnant à l&#8217;aide de piles à combustible à l&#8217;hydrogène (vapeur d’eau, sans rejet de CO2) ou à la ligne de métro Canada Line créée entre l&#8217;aéroport et le centre de Vancouver. Parallèlement les entreprises ont été mobilisées. Elles ont pu offrir des solutions multiples, comme suggérer aux employés de prendre leurs vacances pendant la période des Jeux ; permettre les horaires flexibles ; encourager les employés à privilégier les transports en commun ou le co-voiturage ; organiser le télétravail.</p>
<p align="justify"><strong>… pour avoir une image.</strong></p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/vancouver-site-jo-source-site.jpg" height="146" style="width: 220px; height: 148px" />L’organisation des JO de Vancouver compensera les émissions de CO2 avec l’entreprise Offsetters, principal fournisseur canadien de compensation CO2 situé en Colombie Britannique, la province des Jeux. Les compensations versées sont destinés à des projets d’efficacité énergétique et d’énergie renouvelable, in situ, et des projets compensatoires de la « International Gold Standard ». Le fait que la compensation s’applique en partie à des projets locaux est à souligner !</p>
<p align="justify">Par ailleurs de nombreux événements culturels organisés autour des Jeux (musique, théâtre), ont favorisé la cohésion sociale et le partage des émotions et performances sportives.</p>
<p align="justify">Des programmes comme « À nous le podium 2010 » ont permis d’offrir aux athlètes canadiens des ressources supplémentaires et des programmes sportifs de haut niveau. Ces aides financières, humaines (personnel encadrant) et les équipements sportifs supplémentaires ne sont certainement pas étrangers à la « gold collection » remportée par le pays.</p>
<p align="justify">L’éducation au développement durable dans les écoles, n’était quant à elle pas en reste grâce à la forte sensibilisation, au volet éducatif accompagné de publication de documents destinés aux écoles et dédiés à la thématique du développement durable[9].</p>
<p align="justify">Une médaille d’or pour la consommation éco-responsable est à rajouter au palmarès puisque les médailles ont été fabriquées à partir de matériaux de récupération : des composants électroniques usagés et inutilisables.</p>
<p align="justify">La construction écologique marque également le programme d’actions « durables » puisque les sites et les infrastructures ont été réalisés suivant des technologies éco-énergétiques et que la compensation en fixation de carbone équilibrera la grande quantité de CO2 émise durant les deux semaines de compétition.</p>
<p align="justify">Implanté à côté de la future piscine de 50 mètres d’un centre communautaire récréatif et aquatique, le site Hillcrest/Nat Bailey Stadium Park qui abrite la piste de curling est un bon exemple de solution intégrée. Après les Jeux, la chaleur générée par l’installation de réfrigération de la patinoire sera captée et utilisée pour chauffer la piscine. Belle illustration des possibilités de valorisation des « déchets » d’un site comme matière entrante dans un autre site. Dans le même esprit, les villages des athlètes de Vancouver et de Whistler ont utilisé la chaleur résiduelle provenant des systèmes municipaux de traitement des eaux usées[10].</p>
<p align="justify"><strong>Un « souvenir amer » dans les jeux de Vancouver.</strong></p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/mont-currie-site.jpg" height="197" style="width: 220px; height: 204px" />Bien qu’ils leur aient attribué des compensations financières et des emplois temporaires, les JO marqueront à jamais la mémoire de onze peuples indiens propriétaires des terres ancestrales, notamment celle du Mont Currie qu’ils utilisaient pour certains d’entre eux, comme terrain de chasse traditionnelle et de cueillette (thé, baies et plantes médicinales)[11].. Comment, entre autoroute, hôtels et piste de ski, pourront-ils trouver leurs repères désormais !</p>
<p align="justify">Nous venons de voir que les Jeux Olympiques d’hiver de Vancouver ont eu le souci d’intégrer dans leurs programmes d’actions les dimensions environnementale, sociale, culturelle et économique ; pourtant, trop segmentés ils n’ont pu produire les effets souhaités. La difficulté, en effet, est de prendre en compte ces dimensions de manière imbriquée dans la stratégie (vision) et son plan d’action. Le raisonnement doit porter sur les chaines d’impact. Par exemple, la pollution de l’air a une incidence sur la santé et les résultats des sportifs qui, par là même, ont des incidences financières en terme sportif : coût de la performance et coût pour les soins médicaux. Ce mode de raisonnement doit s’appliquer également sur l’articulation des actions entre elles.</p>
<p align="justify"><strong>Le développement durable : une réponse pour les JO.</strong></p>
<p align="justify">Le développement s’est ancré progressivement dans le sport depuis 1992 au sommet de la Terre à Rio de Janeiro, auquel le Comité International Olympique (CIO) a participé. En 1994, l’environnement a été ajouté au côté du sport et de la culture comme troisième pilier de l’Olympisme ; le CIO a établi une Commission Sport et Environnement puis signé un accord de coopération avec le Programme des Nations Unies pour l’Environnement. En 1999, le mouvement olympique s’est engagé dans le développement durable avec l’élaboration d’un document doctrinal l’Agenda 21 du Mouvement Olympique, qui s’articule autour de trois objectifs :<br />
* l’amélioration des conditions socioéconomiques : coopération internationale, lutte contre l’exclusion, changement des habitudes de consommation, santé,<br />
* la conservation et la gestion des ressources pour un développement durable,<br />
* le renforcement du rôle des principaux groupes dans les Jeux : les femmes, les jeunes et les autochtones.</p>
<p align="justify">La charte Olympique préconise désormais dans son point 13, « d’encourager et soutenir une approche responsable des problèmes d’environnement, de promouvoir le développement durable dans le sport et d’exiger que les Jeux Olympiques soient organisés en conséquence ». Cette thématique du sport et développement durable s’est peu à peu ancrée dans les instances internationales.<br />
Les Nations Unies ont consacré une partie du rapport, Le sport au service du développement et de la paix, à la thématique « sport et développement durable ». Plus largement, le sport est devenu un levier pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)[12].<br />
Au niveau européen, par l’article 10 de la Charte européenne du sport intitulé « Le sport et le principe du développement durable », le Conseil de l’Europe insiste sur la « nécessité d’adapter les activités physiques aux ressources limitées de la planète »[13].</p>
<p align="justify">En France, l’ancrage du développement durable dans le sport est devenu significatif à partir des années 2000. Depuis 2002, le ministère des Sports de la Jeunesse et de la Vie Associative s’engage dans des actions de formation, de concertation, de contrats d’objectifs avec les fédérations sportives, de subventions (Centre National de Développement pour le Sport (CNDS)) à des clubs selon la Stratégie nationale du développement durable. En 2003, le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) publie L&#8217;Agenda 21 du Sport français en faveur du développement durable, et dans le même temps, de nombreuses initiatives du secteur sportif apparaissent : éco-conception du matériel sportif, organisation de manifestations sportives, pédagogie, équipement sportif,…</p>
<p align="justify">Le développement durable ou soutenable défini dans le rapport de Brundtland et validé par le Sommet de Rio de Janeiro est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs [14]». Il suppose un développement écologiquement soutenable, socialement équitable et économiquement efficace.<br />
Ce développement durable[15] nécessite de prendre en compte les 5 finalités suivantes : l’épanouissement humain et l’accès pour tous à une bonne qualité de vie ; la lutte contre le changement climatique et la protection de l’atmosphère ; la préservation de la biodiversité, la protection des milieux et des ressources ; l’emploi, la cohésion sociale et la solidarité entre territoires et entre générations ; la dynamique de développement suivant des modes de production et de consommation responsables.<br />
De plus, la mise en place du développement durable s’appuie sur : la participation ; la stratégie d’amélioration ; la transversalité ; l’organisation du processus décisionnel ; l’évaluation dans un but d’amélioration continue.</p>
<p align="justify">Aujourd’hui, Le CIO s’efforce d’appliquer ces principes tout au long du projet olympique, de la phase de candidature des villes jusqu’à l’organisation de l’événement, voire au-delà. L’un des outils utilisé est l’étude d’impact des Jeux Olympiques.<br />
Cette étude fait désormais partie des obligations de toute ville hôte (CIO 2005 et 2004). L’OGGI (Olympic Games Global Impact) vise à mesurer environ 150 indicateurs[16] sur les dimensions environnementales, socioculturelles et économiques des JO - infrastructures, sites sportifs ou encore programmes sportifs, culturels ou éducatifs - (les Jeux de Vancouver n’ont retenu que 50 indicateurs[17]).<br />
Cette démarche permet d&#8217;évaluer l&#8217;impact des JO dans la ville hôte, au niveau de la région et du pays concerné. Cette étude, réalisée par chaque comité d’organisation des Jeux Olympiques (COJO), doit, sur une période de onze ans, rendre quatre rapports au CIO. Ce travail débute deux ans avant l&#8217;élection de la ville hôte, c&#8217;est-à-dire lorsque celle-ci annonce sa candidature officielle, et se termine deux ans après les JO. L’OGGI permet également aux différents COJO de bénéficier de l&#8217;expérience des précédentes éditions et met en lumière les problèmes rencontrés. Finalement, grâce à l’OGGI, le CIO entend maîtriser la taille, la complexité et le coût, toujours grandissant d&#8217;une édition en surveillant et dirigeant les parties concernées par l&#8217;organisation et la préparation d&#8217;un tel événement.<br />
Mais l’une des problématiques importantes de la mise en place du développement durable durant les Jeux, repose sur l’application de l’OGGI au sein des COJO. En effet, cette méthodologie d’étude doit se combiner avec une stratégie sportive du développement durable à l’échelle du territoire et dans le temps, afin de servir de garanti au projet, mais surtout, de piloter régulièrement et dans sa globalité, la mise en place d’une stratégie sportive et territoriale pour et par le développement durable. L’OGGI ne serait plus une mesure, mais un système de pilotage des JO.</p>
<p align="justify">Bien que les mesures prises par le CIO pour organiser des JO soient nombreuses (incitatives et méthodologiques) et permettent au comité d’organisation de progresser, les JO restent en général un catalogue d’actions environnementales, socioculturelles et économiques.</p>
<p align="justify"><strong>Une méthodologie « par et pour le développement durable des sportifs et du</strong> <strong>territoire ».</strong> </p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/flamme-olympique-grece-vancouver-2010-jeux-d-hiver_pics_8-site.jpg" height="177" style="width: 220px; height: 168px" />Les démarches engagées produiraient des avancées encore plus significatives si, plutôt que de proposer des actions indépendantes, les villes organisatrices combinaient l’ensemble de leurs actions dans un schéma directeur avec une définition claire des objectifs en termes, à la fois territorial et sportif, des besoins et un plan d’actions transversal mutualisant compétences et actions.<br />
C’est pourquoi toutes questions de management doivent s’afficher dans le sens d’un équilibre du budget à retombées neutres ou positives à la fois pour l’événement et le territoire ; d’un renforcement de la cohésion sociale entre sportifs et non sportifs ; d’une minimisation de l’impact sur la biodiversité et d’une valorisation des ressources naturelles ; d’une valorisation des pratiques sportives autochtones, d’une éducation et formation au sport et au développement durable ; d’une implication des parties prenantes pour co-construire la décision prise par le commanditaire ; d’une politique sportive qui s’appuie sur une coopération étroite entre parties intéressées (enseignants, athlètes, organisateurs, parents, fédérations sportives, communautés territoriales, bénévoles…), dans laquelle chacune exerce pleinement ses responsabilités et ses compétences, chacun donnant de son intelligence, de son talent et de son imagination… Ces éléments constituant un véritable tremplin pour une politique sportive et territoriale viable, vivable et économique.<br />
Ainsi, en misant sur le développement du territoire, les JO ne seraient plus une source de déficit, comme l’ont montré les dernières éditions, mais une source de profit pour l’ensemble des parties prenantes. Les collectivités ont donc toute légitimé à s’interroger sur l’opportunité d’accueillir ces Jeux et de répondre aux engagements de l’Agenda 21 du Mouvement Olympique. La stratégie est le fil rouge de l’événement sportif.<br />
A l’heure où le sport est de plus en plus montré du doigt pour ses dérives - certains sponsors s’en écartent d’ailleurs - les événements d’envergure devraient permettre de remettre les valeurs sportives au cœur des actions sportives (émulation, fair play, solidarité, responsabilité), contribuer à l’épanouissement des sportifs et non sportifs, et relever ce formidable défi : construire un monde plus responsable. </p>
<h6 align="justify">  <span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[1] Patrick Clastres, Jeux olympiques. Un siècle de passions, éd. Les Quatre chemins, juin 2008.      <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[2]  INSEE, <a href="http://www.insee.org/"><span style="color: blue">www.insee.org</span></a>      <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[3] Raphaël Mugnier, « Les sports d&#8217;hiver à travers les Jeux olympiques de Chamonix Mont-Blanc en 1924 », in Jeux et sports dans l&#8217;histoire (tome 2 : pratiques sportives), Paris, CTHS, 1992.      <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[4] ww.vancouver2010.com       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[5] Sources : Comité organisateur des Jeux olympiques de Vancouver, gouvernement du Canada, gouvernement du Québec, gouvernement de la Colombie-Britannique, Vancouver Sun.       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[6] Council of Canadians.       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[7] Rapport préparé par une université de la Colombie-Britannique pour l&#8217;équipe de recherche du comité d&#8217;organisation olympique de Vancouver, décembre 2009.       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[8] <a href="http://cypressmountain.com/"><span style="color: blue">http://cypressmountain.com/</span></a>       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[9] Voir l&#8217;interview de Barry Penner, Ministre de l&#8217;environnement de la Colombie Britannique.       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[10] <a href="http://ecoloinfo.com/"><span style="color: blue">http://ecoloinfo.com</span></a> « Des JO Verts… On progresse ?         <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[11] Naomi Klein, « La guerre des neiges », in Le Passant ordinaire n° 47, octobre-décembre 2003.     <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[12] Plus d’information sur le sport au service du développement et de la paix http/www.un.org/themes/sport.       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[13] <a href="http://www.coe.int/T/F/Coop%E9ration_culturelle/Sport"><span style="color: blue">www.coe.int/T/F/Coop%E9ration_culturelle/Sport</span></a>       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[14] CMED, Notre avenir à tous, Edition du fleuve, 1988, p.51.       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[15] Stratégie Nationale Du Développement Durable.        <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[16] Université de Columbia.       <o:p></o:p></span><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'">[17] Un indicateur ne peut pas être isolé. Il est une des étapes du management qui comprend, tout d’abord : l’identification des enjeux environnementaux, socioculturels et sportifs sur le territoire d’accueil de la manifestation ; la définition de la stratégie, c&#8217;est-à-dire les objectifs et les finalités de cette manifestation ; la définition du plan d’action en termes d’infrastructures, transport, alimentation, compétition&#8230; ; la définition de l’évaluation (pourquoi faire, avec qui, comment, …). Ensuite, en fonction de ce que l’on souhaite évaluer, on va choisir des indicateurs qui seront fonction de ce que l&#8217;on cherche à quantifier ou qualifier, informer, mesurer le progrès, aider à la prise de la décision, sensibiliser au changement, inciter à l’action.<o:p></o:p></span></h6>
<h6 style="margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal" class="MsoNormal"><span style="font-size: 7.5pt; font-family: 'Georgia','serif'"></span></h6>
<h6 align="justify"><font color="#8b0000"><span><span lang="FR-CH">* Maitre d’armes, </span>Nathalie Durand est fondatrice et directrice générale de l’association 1901, l’Observatoire Sport et Développement Durable (OSDD). Une expertise depuis plus de 15 ans en matière de  sport et le développement durable,  lui a permis d&#8217;être sollicitée pour : l&#8217;animation de colloques de niveau international, l&#8217;organisation d&#8217;évènements sportifs, l&#8217;animation de nombreuses  formations et la coordination  </span><span lang="FR-CH">d’ouvrages, notamment sur la montagne et le développement durable, à paraître aux éditions PUS en 2010, « </span>Les pratiques sportives de montagne, levier du développement durable : recueil de bonnes pratiques ».<span lang="FR-CH"><o:p></o:p></span></font></h6>

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		<title>Une identité durable pour les Alpes ?</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 06:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andre Palluel</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[PROSPECTIVE]]></category>

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&#160;
Un historien a d&#8217;autant plus de mal à se lancer dans la prospective qu&#8217;il est fondamentalement plus préparé à se tourner vers le passé que vers l&#8217;avenir et qu&#8217;il sait par expérience combien ont été erronées toutes les tentatives de nos ancêtres pour prédire le futur.
Néanmoins il est humain et naturel de faire des bilans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/26-news-texte-palluel-andre.jpg"></a></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Un historien a d&#8217;autant plus de mal à se lancer dans la prospective qu&#8217;il est fondamentalement plus préparé à se tourner vers le passé que vers l&#8217;avenir et qu&#8217;il sait par expérience combien ont été erronées toutes les tentatives de nos ancêtres pour prédire le futur.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="196" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/palluel-andre-site2.jpg" height="231" />Néanmoins il est humain et naturel de faire des bilans et de réfléchir à l&#8217;avenir, tant il est vrai que celui qui a un passé, a aussi le sentiment de l&#8217;avenir et que connaître le premier n&#8217;a vraiment d&#8217;intérêt que pour préparer le second, évidence qui se pose chaque jour &#8220;que Dieu fait&#8221;, même si certaines périodes (même factices, comme le changement de millénaire) s&#8217;y prêtent plus que d&#8217;autres. <em>&#8220;Il n&#8217;y a plus de Pyrénées&#8221; disait-on au 17e siècle,</em> nous confie <strong><font color="#993300">André Palluel-Guillard</font><font color="#993300">*</font></strong>, professeur émérite à l&#8217;Université de Savoie, <em>est-ce à dire qu&#8217;il n&#8217;y aura bientôt plus d&#8217;Alpes au 21e siècle ?</em></p>
<p align="justify">A première vue en dépit de la beauté des paysages qui ne cessent (et plus que jamais) d&#8217;émerveiller les voyageurs et les témoins, il paraît bien que les Alpins soient sur la voie fatale de la disparition : les langues locales régressent inexorablement et le monde rural se rétrécit comme peau de chagrin. A quoi bon mener des bêtes en alpage alors qu&#8217;on peut obtenir facilement un lait aussi bon et en plus grande quantité dans des étables ? Finalement, entre ces deux &#8220;fatalités&#8221;, il ne restera que peu de place à quelques &#8220;indigènes&#8221; fanatiques ou oubliés réduits à être des figurants ou au pire des domestiques pour la satisfaction des besoins des foules traversant la région.</p>
<p align="justify">Le drame historique que l&#8217;on a un peu trop facilement oublié, a été la disparition des centres alpins de décision. Les grands nationalismes du dix-neuvième siècle ont anéanti les pouvoirs locaux de sorte que les Alpes ne dépendent plus d&#8217;elles-mêmes mais des grandes métropoles voisines. On dit bien que Genève, Lyon, Turin, Milan sont les &#8220;portes des Alpes&#8221;. En fait, elles représentent toutes les mondes urbains, capitalistiques et technocratiques des plaines d&#8217;Europe du nord et du sud qui utilisent les Alpes au mieux de leurs stratégies et de leurs besoins, alternant les soucis contradictoires d&#8217;exploitation et de réserves écologiques ou simplement de zones de loisirs, les grandes questions de ces métropoles restant celles de leurs liaisons ou de la satisfaction des besoins de leurs populations.</p>
<p align="justify">En soi, tout ceci n&#8217;est pas nouveau car depuis longtemps (en tous les cas depuis le dix-huitième siècle), le regard des &#8220;voyageurs&#8221; n&#8217;a cessé d&#8217;être celui du mépris de l&#8217;urbain pour ces terres encore vierges et de l&#8217;enthousiasme du romantique pour ces paysages épargnés par la civilisation. Pendant longtemps, en dépit de l&#8217;exode rural, on a cru que la campagne parviendrait, malgré tout, à se maintenir tant soit peu, mais il a fallu se faire une raison, elle a disparu et les paysans avec. Il en est de même de l&#8217;alpe, cette &#8220;supercampagne&#8221;. Il n&#8217;y a plus de paysans et faisons-nous une raison de la disparition tout aussi inexorable du montagnard réduit peu à peu au rôle de technicien du paysage car il a bien fallu se rendre compte aussi de la fragilité de ces derniers tant il est vrai qu&#8217;il n&#8217;y a finalement pas (qu&#8217;il n&#8217;y a jamais eu) de paysages naturels et que tout dépend de l&#8217;action humaine. Finalement, il en est des paysages comme des gouvernements : on a ceux que l&#8217;on mérite&#8230;</p>
<p align="justify">Conséquence inévitable de l&#8217;inévitable mondialisation, me direz-vous en opposant l&#8217;inévitabilité des évolutions à mon pessimisme&#8230; Mais justement, il n&#8217;y a jamais rien d&#8217;inévitable et une fois de plus les Alpes se présentent comme une provocation. Elles l&#8217;ont été de tout temps à ceux qui prétendent les franchir sans effort. La nature alpine ne cesse de rappeler ses exigences à une humanité qui se croit assez forte pour les nier. D&#8217;où la surprise devant les accidents actuels de la circulation et du tourisme d&#8217;autant plus douloureux qu&#8217;ils sont imprévus dans un monde orgueilleux, suffisant et imprudent.</p>
<p align="justify"><strong>Toute vie est un combat.</strong></p>
<p align="justify">Celui qui s&#8217;annonce pour les générations futures sera en effet l&#8217;équilibre entre les &#8220;Alpins&#8221; (ou tout au moins ce qu&#8217;il en restera) et leurs voisins de l&#8217;extérieur. Entre un impensable isolement contredit par les techniques et les moyens de communication et une désastreuse capitulation au seul profit des forces externes, il est urgent (et surtout nécessaire) de trouver un juste milieu ou au moins l&#8217;intérêt du dialogue, ce qui suppose d&#8217;abord que face à leurs puissants interlocuteurs, les &#8220;indigènes&#8221; aient quelque chose d&#8217;original à dire et qu&#8217;ils trouvent l&#8217;élite nécessaire pour y parvenir, tant il est vrai que cette dernière est indispensable pour &#8220;conscientiser&#8221; et représenter les populations locales. Ce but suppose une organisation interne et des moyens de formation particulièrement originaux puisqu&#8217;il faut en même temps utiliser les techniques de ses voisins tout en leur résistant et d&#8217;abord en s&#8217;en distinguant.</p>
<p align="justify">Le temps n&#8217;est plus au particularisme des costumes folkloriques mais à celui des responsabilités et auto-décisions locales car la grande question est celle de la possibilité des populations alpines de rester maîtresses de leur destin (en partie du moins) c&#8217;est à dire de gagner l&#8217;espace de décision qui leur revient.</p>
<p align="justify">Nous savons que toutes les civilisations sont mortelles. Il n&#8217;y a aucune raison que la civilisation alpine échappe à cette inexorable conclusion, mais finalement ne meurent que ceux qui le veulent bien.</p>
<p align="justify">On pourra toujours trouver des candidats pour aimer les Alpes. Encore faudra-t-il trouver des bonnes volontés pour les défendre ou au mieux pour en faire respecter l&#8217;originalité et les caractères. Sinon, il est évident que parler des Alpes durant le prochain millénaire relèvera de l&#8217;histoire ancienne.</p>
<p><strong><font color="#993300"><em><font size="1" face="TrebuchetMS"><font size="1" face="TrebuchetMS">*André Palluel-Guillard est aussi président fondateur des Amis des musées d&#8217;art et d&#8217;histoire de Chambéry, de la Société  de protection des sites et des monuments anciens de la Savoie, de la Société savoisienne <font color="#b22222">d&#8217;histoire</font> et d&#8217;archéologie, membre du Comitato di storia patria, Turin, et de la Fondation Napoléon.</font></font></em></font></strong><strong><font color="#993300"><em></em></font></strong><strong><font color="#993300"><em><font size="1" face="TrebuchetMS"></font></em></font></strong><strong><font color="#993300"><em><font size="1" face="TrebuchetMS"><font size="1" face="TrebuchetMS"></p>
<p align="justify"><a href="http://www.whosalpes.com/pdfs/Palluel.pdf"></a></p>
<p></font></font></em></font></strong></p>
<p align="justify"><span style="font-size: 7pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 1pt">Photos : © <span style="font-size: 7pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 1pt">MIRCO éditions </span></span></p>

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		<title>Sauvegardons les semences de la vie !</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Feb 2010 06:00:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Rabhi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[ACTIONS]]></category>

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Sur l’ensemble de la planète, la biodiversité – la diversité de la vie, depuis les bactéries jusqu’aux plantes, depuis les espèces jusqu’aux écosystèmes – est en déclin. En quelques décennies, les altérations et les destructions causées par l’homme aux écosystèmes naturels – en particulier les forêts primaires, les forêts tropicales, les zones humides, les mangroves, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/pierre-rahbi-site.jpg"></a></p>
<p align="justify">Sur l’ensemble de la planète, la biodiversité – la diversité de la vie, depuis les bactéries jusqu’aux plantes, depuis les espèces jusqu’aux écosystèmes – est en déclin. En quelques décennies, les altérations et les destructions causées par l’homme aux écosystèmes naturels – en particulier les forêts primaires, les forêts tropicales, les zones humides, les mangroves, les lacs, les rivières, les mers et les océans – ont crû à un rythme inquiétant. Selon l’Evaluation des écosystèmes pour le millénaire publiée par les Nations Unies en 2005, les taux actuels d’extinctions d’espèces seraient jusqu’à 1000 fois plus élevés que les niveaux jugés naturels. Tout comme pour le changement climatique qui va aggraver les pertes de biodiversité et être aggravé par celles-ci, le problème reste l’accélération du phénomène et notre relative inertie. La Terre évolue vers un état où elle pourrait ne plus nous soutenir. Le sujet est suffisamment préoccupant pour que les Nations Unies déclarent l’année 2010 Année internationale de la biodiversité. Éduquer, informer restent essentiel pour sensibiliser à la hauteur des enjeux.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/pierre-rahbi-site.jpg" height="249" style="width: 220px; height: 260px" />Ainsi Dur’Alpes ouvre le dossier de la biodiversité et reçoit son premier invité, <font color="#8b0000"><strong>Pierre Rabhi.*</strong></font> Tout au long de cette année plusieurs experts et grands noms viendront éveiller nos consciences mais aussi, ouvrir des pistes ensemencées d’espoir.</p>
<p align="justify">Le monde végétal relève de la même complexité que les autres règnes. Que la vie des végétaux soit intimement liée à celle du sol est une évidence, une banalité pour tout le monde. Pour l’agroécologiste, cette liaison va bien au-delà d’un phénomène élémentaire. Car le végétal est aussi le langage de l’organisme silencieux que représente la terre. Du lichen initial au séquoia, le peuple végétal est infini : de forme, de taille, de fonction, de substance, de couleur, de floraison, de fructification… infiniment diversifiées.</p>
<p align="justify">Selon les latitudes et les climats, cette toison de jade recouvre une partie très importante des terres émergées. Même les déserts les plus torrides et les plus froids recèlent des végétaux dont les prouesses d’adaptation semblent révéler une sorte d’intelligence par des stratagèmes extraordinaires pour survivre, des « techniques » très élaborées pour se reproduire, se propager, agrandir leur territoire, résister à l’adversité, au chaud et au froid, tirer parti des maigres ressources en eau… etc.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/toile_araignee-site.jpg" height="331" style="width: 220px; height: 339px" />Le drame de la déforestation par le fer et le feu avec lesquels nous dévastons les grandes forêts est d’une tristesse infinie car, outre l’inintelligence et l’aveuglement que traduisent nos actes, nous faisons disparaître un bien extraordinaire dont nous sommes loin d’avoir réalisé l’inventaire. Mais l’instinct de pillards semble l’emporter sur le bon sens le plus élémentaire et la technologie décuple les effets négatifs de nos agissements. C’est ainsi que la préservation de la biodiversité végétale est l’un des très grands enjeux pour la survie mais ne semble pas pour autant alerter la conscience collective ni des décideurs, ni des citoyens.</p>
<p align="justify">Depuis la naissance de l’agriculture, les humains n’ont cessé d’intégrer des végétaux dans leur menu augmentant sans cesse le potentiel alimentaire, l’améliorant, l’adaptant à leur usage spécifique pour se nourrir, se soigner, se vêtir, construire leur abri, mais aussi en savourer les parfums, les arômes, les couleurs, la beauté et la subtilité. Les végétaux ont mis à profit la mobilité humaine et même à l’occasion de confrontations violentes, pour se propager, s’échanger, s’adapter à de nouveaux biotopes d’abord continentaux, puis intercontinentaux. Avec la découverte de l’Amérique, le potentiel augmente d’une façon spectaculaire : pommes de terre, tomates, maïs, tabac… etc. Nous sont désormais familiers et bien installés dans notre quotidien.</p>
<p align="justify">Avec l’ère de la technoscience, de la productivité, de la marchandisation et du profit financier sans limite, la donne change brutalement. L’application des principes industriels à l’agriculture ne voit plus dans les végétaux qu’une source de profit financier. Le charme est en quelque sorte rompu, remplacé par la spéculation froide des samouraïs de l’économie. Alors commence un processus de sélection et de transformation, le paysan lui-même devient un industriel de la terre chargé de produire de la matière première vivante pour les usines de transformation qui réalisent de la valeur ajoutée sur son dos.</p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/epices-site.jpg"></a><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/epices-site.jpg" height="244" />Petit à petit, la règle se « planétarise », concerne tous les continents. Alors s’amorce un appauvrissement sans précédent du patrimoine domestique génétique enrichi depuis des millénaires par l’ensemble du genre humain.</p>
<p align="justify">Un processus d’usurpation graduelle se met en route avec l’accaparement de ce bien commun que l’on appelle semence, à savoir le principe même de la vie et de la survie. Peu de citoyens sont vraiment conscients de ce « hold-up » qui est fait au détriment de l’ensemble de l’humanité par des confréries de profiteurs internationaux. Pire encore, les confrères ont réussi à se donner l’image de bienfaiteurs de leur semblables et peut-être même que certains en sont profondément convaincus. La mainmise sur le fondement de la pérennité des végétaux indispensable à la pérennité de l’humanité donne un pouvoir exorbitant à ceux qui la détiennent. A partir de cette confiscation, s’ouvrent des secteurs de valorisation spéculative grâce à une sélection sur des critères parfois précieux, à des hybridations non reproductibles qui, sous le prétexte de performance génétique pour une meilleure productivité génèrent de la dépendance et renforcent le pouvoir quasi-discrétionnaire des monopoles.</p>
<p align="justify">Le dernier avatar de ce dernier courant qui convulse la planète concerne les organismes génétiquement modifiés et… brevetés. Avec les OGM, nous atteignons le summum de la transgression car nous portons atteinte à la logique fondamentale de la vie, à l’ordre strict qu’elle a établi pour garder sa cohérence, sa pérennité et son intégrité.</p>
<p align="justify">Dans ce registre, la recherche devient un alibi très présentable permettant à des scientifiques, subjugués par leur magistère, des firmes en mal de diversification pour de nouveaux secteurs de profit et à des politiciens consentants, complices ou impuissants de se coaliser pour jouer aux dés le destin collectif. Car nous sommes déjà bien habitués à des « nuisances scientifiques » engagées avec la certitude proclamée de leur innocuité. Une apocalypse biologique au sein de la nature et des pathologies jusque là inconnues, affectant les animaux et les humains, ne sont pas à exclure.</p>
<p align="justify">Quant à l’argument selon lequel c’est avec les OGM que l’on résoudra les problèmes de la faim dans le monde, non seulement il ne résiste pas à une analyse objective, mais les conséquences agronomiques, économiques et sociales désastreuses sont déjà le lot d’un nombre toujours croissant de petits paysans du Tiers-monde en particulier, acculés au suicide. Les OGM sont une grande imposture que l’agroécologie ne peut en aucun cas valider.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/tomateinv-site.jpg" height="300" />A tout cela, il faut ajouter une production végétale hors sol qui a recours à une quantité extravagante d’énergie combustible pour produire hors saison. Les systèmes artificiels tels que l’hydroponie ne retiennent du végétal que son processus de croissance hors du contexte naturel d’une terre vivante à laquelle il doit sa vitalité, sa qualité nutritive et sa saveur.</p>
<p align="justify">Le monde politique n’ayant cure de ces problèmes pourtant majeurs, c’est encore des individus de la société civile qui les prennent en charge avec la force de leur conviction et la faiblesse de leurs moyens. Des associations s’organisent pour préserver et propager, par la création de petits conservatoires, telle ou telle espèce menacée de disparaître. Des semenciers militants se spécialisent dans les variétés traditionnelles reproductibles, transmissibles. D’autres élargissent considérablement la gamme des végétaux par une sorte de brassage quasi-planétaire au grand dam des monopoles leur opposant des réglementations et des restrictions à l’évidence arbitraires pour tenter de les éliminer au profit des productions massives d’hybrides qui envahissent les catalogues et les présentoirs de semences.</p>
<p align="justify">Ainsi, pendant que des intérêts parfois sordides endoctrinent, manipulent et créent du consentement auprès d’une opinion mal informée pour faire accepter ses appétits mercantiles, l’héritage génétique constitué depuis des millénaires et dont l’innocuité, l’adaptabilité, la reproductibilité, et l’efficacité alimentaires ne sont plus à démontrer ne cesse de disparaître chaque jour et de façon irréversible pour certaines espèces. La sauvegarde de la biodiversité végétale devient désormais une des priorités planétaires.</p>
<h6 align="justify"><span style="font-size: 11pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'">Agriculteur, écrivain et penseur français d&#8217;origine algérienne, Pierre Rabhi, un des pionniers de l&#8217;agriculture biologique, inventeur du concept « Oasis en tous lieux » sème dans son sillon humaniste des graines d’initiatives.</span></h6>
<h6 align="justify"><span style="font-size: 11pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'">Défenseur d’un mode de société plus respectueux des hommes et de la terre, il soutient le développement de pratiques agricoles accessibles à tous et notamment aux plus démunis, tout en préservant les patrimoines nourriciers. </span></h6>
<h6 align="justify"><span style="font-size: 11pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'">Depuis 1981, il transmet son savoir-faire dans les pays arides d&#8217;Afrique, en France et en Europe, cherchant à redonner leur autonomie alimentaire aux populations. Reconnu aujourd&#8217;hui comme expert international pour la sécurité alimentaire il a participé à l&#8217;élaboration de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification. Initiateur du Mouvement pour la Terre et l&#8217;Humanité, il est l&#8217;auteur de nombreux ouvrages dont « Paroles de Terre », « Du Sahara aux Cévennes », « Conscience et Environnement » ou « Graines de Possibles ». </span></h6>

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		<title>Des solutions climatiques vues d’ailleurs : l&#8217;Australie</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Feb 2010 11:39:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Prudent</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[AILLEURS]]></category>

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&#160;
 Les changements climatiques constituent un problème mondial qui nécessite des solutions tangibles. Dans notre précédent article Elisabeh Marsollier soulignait la grande vulnérabilité du Canada et plus particulièrement du Nord canadien. Elle y pointait la démesure entre les budgets investis dans les sables bitumineux en Alberta et ceux qui, subissant des coupes régulières, ne permettent pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/edward-street-building-ok-site.jpg"></a></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"> Les changements climatiques constituent un problème mondial qui nécessite des solutions tangibles. Dans notre précédent article Elisabeh Marsollier soulignait la grande vulnérabilité du Canada et plus particulièrement du Nord canadien. Elle y pointait la démesure entre les budgets investis dans les sables bitumineux en Alberta et ceux qui, subissant des coupes régulières, ne permettent pas de financer de manière significative les politiques de prévention et d’adaptation aux changements climatiques.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/gp.jpg" height="320" />L’escale de cette semaine se fera en Australie, autre très grand pays au climat diversifié, et menacé, aussi.<br />
<font color="#8b0000"><strong>Guillaume Prudent-Richard,</strong><em><font color="#b22222"> </font><font color="#8b0000">ex-consultant à l&#8217;Onerc, consultant sur les questions de changements climatiques auprès de différents départements fédéraux australiens pour AECOM Australie,</font></em> </font>après une présentation géographique du pays, nous informera sur les mesures mises en place par les différents gouvernements australiens et autres acteurs pour faire face à ce défi climatique.</p>
<p align="justify">De la grande barrière de corail aux Alpes australiennes en passant par les déserts et les forêts tropicales, l’Australie s’étend sur 3 800 km du nord au sud et 4 000 km d’est en ouest. Cette île-continent présente une grande diversité de climats avec des zones désertiques, tropicales, subtropicales, tempérées et méditerranéennes. Le climat australien est notamment caractérisé par un été long, chaud et, la plupart du temps, très sec. Alors que le Nord Tropical reçoit jusqu&#8217;à 12 450 millimètres d’eau par an, il n’en tombe seulement que 125 millimètres dans les zones les plus arides du centre, soit environ 100 fois moins de pluie ! Les aborigènes d’Australie se sont adaptés à ces conditions extrêmes depuis plus de 50 000 ans. Ces groupes de chasseurs-cueilleurs ont survécu la dernière glaciation pendant laquelle les niveaux marins étaient plus bas de 100 mètres ; l’Australie était alors accessible à pied depuis la Tasmanie et la Papouasie Nouvelle Guinée (certains auteurs estiment que jusqu&#8217;à 80 % de la population périt au cours de cet épisode climatique).</p>
<p align="justify">Mais l’Australie d’aujourd’hui n’est plus une société de chasseurs-cueilleurs. C’est une nation industrialisée dont l’économie repose encore largement sur le secteur primaire, activités minières et, pour une moindre part, agriculture. En janvier 2009, alors que l’état du Queensland (nord-est) était sous plusieurs dizaines de centimètres d’eau, l’état du Victoria et Melbourne (sud-est) connaissaient les feux de brousse les plus destructeurs de l’histoire australienne. Environ 450 000 hectares de bush et de forêts sont partis en fumée avec plus de 2 000 maisons. Les « Black Saturday bushfires » ont fait 173 victimes. De la même manière que la canicule 2003 en Europe ou Katrina en 2005 à la Nouvelle-Orléans, ces événements vont rappeler à la société australienne son exposition à des aléas d’origine climatique.</p>
<p align="justify"><img border="0" align="middle" width="525" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/cartessite3.jpg" height="428" /></p>
<p align="justify"><strong>Changements climatiques, l’Australie n’est pas en reste.</strong></p>
<p align="justify">L’Australie a connu des changements climatiques très marqués. Les températures moyennes de l’air ont augmenté d’environ 0.9°C depuis 1950. Les zones les plus peuplées du sud-est, où se trouve la plupart de la population, ont subi un réchauffement compris entre 1°C et 1.5°C alors que le nord-ouest, inhabité, s’est refroidi d’environ 0.5°C (moyenne annuelle 1950-2006). Les tendances en termes de précipitations sur la même période montrent des contrastes similaires avec une diminution dans la moitié est (jusqu&#8217;à – 50 millimètres par décennie sur la façade maritime Pacifique) et une augmentation pour la moitie ouest (jusqu&#8217;à + 50 millimètres par décennie sur la façade maritime de l’océan Indien). Ces tendances vont surement se poursuivre et même s’intensifier au cours du 21e siècle. Le réchauffement moyen pourrait atteindre entre 0.4 et 1.8°C d’ici à 2030, entre 0.8°C et 2.8°C pour 2050 et entre 1.0°C et 5.0°C pour 2070. Comme c’est souvent le cas, les projections en termes de précipitations sont associées à d’importantes incertitudes. Dans l’ensemble, les précipitations devraient plutôt diminuer, avec des tendances plus marquées en hiver et au printemps et de possibles augmentation en été et en automne. Les incertitudes augmentent considérablement pour les projections aux horizons 2070 et 2100 (CSIRO/BoM 2007).</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/desert1.jpg" height="173" style="width: 220px; height: 184px" />Une des conséquences directes les plus graves de ces changements a été la diminution de la disponibilité en eau. Le bassin versant du Murray-Darling (le plus grand d’Australie, qui couvre cinq états) a déjà connu des diminutions de débit de 21% au cours de la dernière décennie (1997-2006). Les projections couplées hydro-climatiques montrent des diminutions entre 9 et 33% pour les scenarios « secs » et une augmentation de 16% pour le scenario « humide », moins probable. La région de Perth en Australie Orientale a connu des changements radicaux en termes de disponibilité en eau. Les écoulements de surface qui alimentent les réservoirs de cette agglomération de 1 650 000 habitants sont passés de 388 giga litres par an (moyenne 1911-1974) à 177 giga litres par an (moyenne 1975-1996) et à 114 giga litres par an (moyenne 1997-2005) (CSIRO 2008).</p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/completed-lawrence-hargrave-drive-site.jpg"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/completed-lawrence-hargrave-drive-site.jpg" height="331" /></a>Les 59 736 kilomètres de côtes australiennes sont également exposés à la montée du niveau marin. L’Australie a mis en place depuis 1993 un réseau de mesure de la montée du niveau de la mer avec correction de la subsidence locale et des effets barométriques. Un ensemble de 14 stations mesurent quotidiennement le niveau de l’océan à des intervalles réguliers autour de l’Australie. Les tendances les plus importantes ont été enregistrées dans le Nord et l’Ouest du pays avec des augmentations allant de 12 centimètres sur les côtes des Territoires du Nord à presque 14 centimètres sur les côtes d’Australie Orientale (depuis 1993). La côte Est (Queensland, Nouvelle Galles du Sud et Victoria) a connu des augmentations du niveau marin moins marquées, entre 2.4 centimètres et 4.5 centimètres (BoM 2009). Les projections varient d’une zone à l’autre, par exemple + 40 centimètres pour 2050 et + 90 centimètres pour 2100 sont attendus pour la Nouvelle Galles du Sud et la région de Sydney (DECC 2009). Le gouvernement australien vient de publier une analyse nationale de la vulnérabilité côtière dans laquelle un scénario « extrême » de + 1.1 mètres pour 2100 a été utilisé (DCC 2009).</p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/feu.jpg" height="145" style="width: 220px; height: 147px" />Les événements climatiques extrêmes comme les inondations, les feux de brousse, les cyclones tropicaux ou encore les marées de tempêtes montrent des changements d’intensité, de localisation et de fréquence qu’il est difficile de capturer en un paragraphe. Les tendances sont hétérogènes à l’échelle de ce territoire de plus de 7.5 millions de km2 et reflètent des évolutions locales différentes. En fonction de la région considérée, il y a aggravement ou réduction de la situation de danger dans laquelle des enjeux humains sont exposés. A noter que certains des phénomènes naturels les plus destructeurs ont eu tendance à devenir plus fréquents et plus intenses (feux de brousse et sécheresse) ou moins fréquents mais plus intenses (cyclones tropicaux).</p>
<p align="justify">Ce tour d’horizon rapide des changements climatiques observés et projetés ne présente qu’une partie d’un phénomène bien réel. De nombreux autres paramètres et phénomènes climatiques pourraient être décrits au risque de submerger le lecteur d’une avalanche de chiffres. Au delà du pur exercice scientifique, ce travail d’observations et de modélisation permet de mieux comprendre et de mieux se préparer face aux changements climatiques et leurs conséquences à l’échelle locale.</p>
<p align="justify"><strong>Une vulnérabilité importante.</strong></p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/120-edward-street-building-ok-site.jpg"></a><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/edward-street-building-ok.jpg"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/edward-street-building-ok.jpg" height="272" style="width: 220px; height: 281px" /></a>Deux facettes de la vulnérabilité australienne aux changements climatiques sont présentées dans les prochains paragraphes : la vulnérabilité côtière et celle des communautés aborigènes du Nord Tropical.<br />
La côte est l’élément central de la société australienne. Une majorité d’australien (85%) vivent dans les régions côtières et les cinq plus grosses villes australiennes, Sydney, Melbourne, Brisbane, Perth et Adelaïde sont construites sur le littoral. L’énorme richesse de l’Australie, son sous-sol, est exporté quotidiennement à partir de nombreux terminaux portuaires. Cet espace côtier est en première ligne face aux changements climatiques. Si le niveau de la mer montait de 1.1 mètres, ce sont entre 157 000 et 247 600 bâtiments qui seraient inondés pour un préjudice total de plus de 63 milliard AUD (? 40.25 milliard EUR) (DCC 2009a). Cette estimation ne prend en compte que les dommages structurels aux bâtiments. Si les dommages fonctionnels (manque à gagner, perturbations sociétales, etc.) étaient pris en compte, le préjudice serait beaucoup plus élevé.</p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/ville-2-site.jpg"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/ville-2-site.jpg" height="187" /></a>A cette montée lente du niveau de la mer s’ajoute un changement des marées de tempête. Le niveau de la mer étant plus élevé, la hauteur des vagues pour un événement de fréquence équivalente est plus grande. Des marées de tempêtes centennales pourraient, avec une élévation moyenne du niveau marin (50 centimètres) devenir des événements décennaux (DCC 2009b). La tempête centennale qui a déferlé sur Sydney en Juin 2007 a couté plus de 1.3 milliard AUD (? 851 million EUR) en biens assurés (DCC 2009a). La plupart des infrastructures australiennes aussi bien publiques que privées sont construites sur la côte. Les aéroports de Sydney et de Brisbane sont construits au niveau de la mer, toutes les pistes sont à moins de un mètre au dessus du niveau de la mer. Les ports, de nombreuses routes et autoroutes, réseaux de distribution d’eau, usine de traitement des eaux usées, sans compter les résidences privées, sont menacés par une montée du niveau marin et des événements climatiques encore plus extrêmes et fréquents.</p>
<p align="justify"><a href="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/foret.jpg"></a><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/arbres-ok.jpg" height="344" style="width: 220px; height: 353px" />Les populations indigènes sont souvent considérées, notamment par les milieux académiques, comme les plus exposées aux changements climatiques en raison de leur (supposée) capacité d’adaptation limitée : faible revenu, conditions sociales difficiles, clash culturel, etc. Cependant une étude détaillée de certaines communautés de la zone tropicale montre que ce postulat n’est pas complètement vérifié. La nature des infrastructures par comparaison avec des zones plus développées les rend moins vulnérables. Une piste de brousse ou une rampe bétonnées pour les barges de marchandises sont certes moins confortables et moins efficaces qu’une quatre voies goudronnée ou qu’un ponton de déchargement mais elles sont plus robustes et moins coûteuses d’entretien. Peu de maisons ou de routes sont construites directement sur le littoral et chaque communauté dispose d’au moins un bâtiment construit aux normes anticycloniques qui peut accueillir toute la population. De plus, les communautés indigènes sont habituées aux phénomènes climatiques extrêmes. Leur réponse est parfois rudimentaire, comme partir à pied, à l’intérieur des terres quand un cyclone arrive, mais souvent efficace. Finalement, il y a eu certaine acceptation des changements climatiques. Avant d’être perçus comme les conséquences négatives d’un problème d’origine humaine, ils sont perçus comme un phénomène naturel. Certains impacts, comme la perte de terrains côtiers où sont enterrés des ancêtres sont ainsi mieux acceptés. Cette perception est importante pour des populations qui ont perdu une partie de leur mode de vie originel mais qui gardent un lien très fort avec le milieu qu’elles habitent. Ceci ne veut pas dire que ces populations n’ont pas du tout de vulnérabilité. Elles dépendent encore largement de la pêche et de la chasse pour leur alimentation quotidienne. Tout changement de la diversité et de la distribution des animaux et des plantes ou de l’occurrence des saisons sèches et humides aura certainement un impact sur leurs traditions et leurs pratiques culturelles (AECOM 2010).</p>
<p align="justify"><strong>La réponse australienne.</strong></p>
<p align="justify"><img border="0" align="left" width="220" src="http://www.duralpes.com/blog/wp-content/dsc_0621-site.jpg" height="339" />Le gouvernement australien articule sa réponse face aux changements climatiques autour de trois piliers : la mitigation des gaz a effet de serre, l’adaptation aux inévitables impacts des changements climatiques et la participation aux négociations internationales. Cette position n’a été adoptée qu’après l’accession au poste de Premier Ministre de Kevin Rudd en 2007. Auparavant, le gouvernement de John Howard n’avait pas ratifié le Protocole de Kyoto et les changements climatiques étaient considérés comme un problème, mais pas suffisamment sérieux pour être inscrit à l’agenda politique australien. Quelques études de vulnérabilités avaient été conduites par des états australiens ou des compagnies privées mais ces initiatives restaient ponctuelles. Depuis 2007 et le changement de direction du gouvernement fédéral, les moyens mis en place sont considérables. Un ministère fédéral dédié aux changements climatiques a été crée (Department of Climate Change) et de nombreux programmes d’études de la vulnérabilité et d’adaptation aux changements climatiques ont vu le jour. Ces projets sont menés par des agences fédérales et régionales, des universités, des instituts de recherche, comme le cousin australien du CNRS, le CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation) et des entreprises privées de conseil. Ces projets s’intéressent à l’ensemble des aspects du problème climatique et vont de la simple évaluation scientifique des tendances locales à des modélisations économiques des coûts potentiels des impacts et des bénéfices des actions d’adaptation.</p>
<p align="justify">En résumé, l’Australie peut être considérée comme une des nations industrialisées les plus exposées à la variabilité et aux changements climatiques. Si la réponse du gouvernement fédéral a été très tardive, elle est maintenant massive et s’attaque au problème sur tous les fronts. Cependant le retard accumulé par le gouvernement précédent n’est pas encore combler et l’enthousiasme général commence à retomber dans une ambiance post-Copenhague teintée de demi-échec. Sans compter que la question climatique fait l’objet de batailles féroces au Parlement Australien entre Liberal et Labor. </p>
<h6 align="justify">AECOM, 2010 (current). Climate change risk assessment in the Northern Territory Top End, consulting report for the Local Government Association of the Northern Territory.<br />
Bureau of Meteorology (BoM), 2009. Australian Baseline Sea Level Monitoring Project, 2009 update, 41 pages.<br />
Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO)/BoM, 2007. Climate change in Australia, Technical Report 2007, Canberra: CSIRO, 148 pages.<br />
CSIRO, 2008. Water Availability in the Murray-Darling Basin, Canberra: CSIRO, 67 pages.<br />
New South Wales Department of Environment and Climate Change, 2009. Scientific Basis of the 2009 Sea Level Rise Benchmark: Draft Technical Note, 10 pages.<br />
Department of Climate Change (DCC), 2009a. Faster change and more serious risks, 60 pages.<br />
DCC, 2009b. Climate Change Risks to Australia’s Coast: A First Pass National Assessment, 170 pages.</h6>
<p align="justify"><span style="font-size: 7pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'; letter-spacing: 1pt">Photos : © MIRCO éditions - Guillaume Prudent-Richard - AECOM Australie</span></p>

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