Jean Picchioni
Président du Sivom de la station des 7 laux.
Tout, ou presque tout
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reste à faire
Le développement durable : « mais c’est bien sûr ! » pour plagier le Commissaire Bourrel, à la veille d’élucider un problème !
Dans nos civilisations rurales, nos anciens le pratiquaient sans en connaître les fondements au travers de leur activité agricole respectant l’environnement et la nature et partageant une vie sociale et d’entraide dans leurs villages de montagne. Depuis, la société évolue :on consomme, on communique, on gaspille … et on va faire exploser le système.
Dans mon village des Adrets, la saison d’hiver était la saison du repos ; la neige recouvrant les champs, donnait l’occasion de loisirs simples :bataille de boules de neiges, constructions de neige, luge , raquettes, skis pour les plus initiés… Il est décidé d’organiser ces loisirs pour plus de monde en répondant à une mode de pratique des « sports d’hiver » et une station de ski est crée ;on déforeste, on bulle, on bétonne, on plante des pylônes et on fait du business.
Une activité générant des emplois est la bienvenue et il y a un projet économique dans notre commune qui se désertifie. Mais nous devons moderniser sans cesse le parc des remontées mécaniques et il nous faut de la neige de culture pour assurer les investissements et l’activité, il faut s’adapter au besoin de la clientèle (half-pipe,snow-park.,débrayables…) et voilà, nous sommes complètement dans le système et nous ne pouvons pas arrêter cette logique sinon mourir et première constatation.
C’est à se demander si le développement durable n’est pas fondamentalement, une valeur vouée à être étrangère à l’activité.
Je pense que le projet de développement durable est par essence transversal et complexe et malheureusement peut être récupéré pour vendre plus, pour améliorer l’image ou pour faire bien et parler à la mode de notre temps, comme d’ailleurs l’expression : démocratie participative, expressions que l’on retrouve régulièrement dans les interventions.
Ce n’est pas parce que l’on en parle beaucoup (médiatiquement, dans les instances politiques, professionnelles, économiques) que l’on maîtrise le concept et les enjeux. Je pense que nous en sommes à la phase de sensibilisation, d’information ; la crise économique aidera à cette mutation.et les actions ne s’engageront qu’en prenant en compte le dernier pilier indispensable de la gouvernance.
Aujourd’hui, le développement durable a envahi notre espace médiatique, politique, économique et professionnel ; il s’insinue dans les moindres recoins de notre vie, d’enfants et d’adultes, au cœur de nos familles… Ce n’est pas pour autant qu’on en maîtrise le concept, ni qu’on en perçoit clairement les enjeux, à moyen et à long terme. Tout, ou presque tout, reste à faire en matière d’éducation et d’information, d’actions.





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