La montagne à l’état pur

Article de P/DurAlpes, le 29 nov, 2007

L’or récompense les toilettes sèches les plus hautes de France !

Les opérations de nettoyage et de sensibilisation à la sécurité et à l’environnement sont légions sur la commune de Saint-Gervais. Curieuse contrepartie de l’engouement touristique pour le plus haut sommet de France.
Cette année, le maire, Jean-Marc Peillex et son équipe municipale ont placé l’exigence à un niveau élevé. En s’attaquant au volet sanitaire – installer des toilettes  à 4362 mètres, à proximité de l’abri de détresse Vallot dont les abords étaient depuis des années transformés en toilettes publiques – il pointe en quelque sorte la légèreté citoyenne sans doute supplantée par les émotions fortes transmises par le paysage sublime.
« Cette situation connue par tous, mais peu dénoncée, était devenue inacceptable… même si la neige immaculée recouvre régulièrement ces tas d’immondices et d’excréments. » 

Un maire, une commune, une Marianne d’or de l’environnement et du développement durable pour une mobilisation accrue.

Jean-Marc Peillex, également conseiller général de la Haute-Savoie vient donc de recevoir des mains de Christian Poncelet, président du Sénat, la 2ème Marianne d’Or pour couronner les actions de la campagne « la montagne à l’état pur ».
Récompense qui va droit au cœur de nombreux – ambassadeurs –  qui ont sensibilisé pendant tout l’été alpinistes et promeneurs. Respecter ce site classé dans lequel le camping est strictement interdit, ne pas s’engager dans l’ascension du Mont-Blanc sans avoir au préalable réservé le refuge, rester vigilant pour que le site ne devienne pas un vaste parc d’attraction pour touristes furent les leitmotive de cette campagne.
Limiter la fréquentation de l’accès au sommet du Mont-Blanc à celle de la capacité d’accueil des refuges est certainement un remède efficace à la sur fréquentation actuelle. Mais rappeler à l’homme les fondamentaux de sa démarche est aussi une autre piste pour répondre aux paradoxes du tourisme en montagne : comment concilier attractivité et préservation des lieux.

Tiens ! demain j’me fais un 5000… une brève de comptoir quand on se fait une p’tite bière. Homme que recherches-tu ?

Photos : © MIRCO éditions

  1. 1 commentaire pour “La montagne à l’état pur”

  2. par ours louis, le 9 sept 2008| répondre

    Ayant participé au débat animé par Jean-Marc PEILLEX Maire de St Gervais le samedi 23 sep 2006 sur le « Mont-Blanc » la montagne à l’état pur ! j’ai souhaité apporter mon point de vue de Professionnel de la montagne et formateur :
    Durant deux heures le Maire a pu présenter son point de vue avec de nombreux échanges avec les participants (150 personnes) Débat ouvert et assez intéressant dégageant les différents aspects d’un problème complexe.
    Mon intervention : Bien que le Mont-Blanc soit géographiquement sur le territoire de St-Gervais (démonstration cartographique à l’appui) c’est un sommet emblématique pour notre région, pour notre Département pour le pays…l’impact dépasse les seules limites d’une commune et ses répercussion en terme d’image et d’attractivité ont des répercussions sur toute une économie : professionnels de la montagne, tourisme, immobilier….
    On ne peut pas aller contre la loi qui dit que tout citoyen est libre d’aller et de venir…cependant les questions qui se posent sont de l’ordre de la sécurité, de la salubrité , de la préservation de l’environnement.. toutes les discussions quant à la « sur-fréquentation » qu’il faudrait déterminer, se recentrent sur des problèmes d’aménagements ou d’ équipements.
    Le refuge ne peut recevoir tous les alpinistes (le Maire engage sa responsabilité en cas d’incendie et le CAF en tant que gestionnaire. Autorisé pour 116 couchages il reçoit parfois jusqu’à 180 à 200 personnes!) Cependant, la construction envisagée d’un nouveau refuge, éventuellement plus grand ne résoudra pas la fréquentation donc les bivouacs qui se développent à proximité avec toute la pollution déchets, déjections…conservés par la neige.

    Si le Maire ne peux pas instituer un péage ou un permis ou une interdiction…qui iraient à l’encontre des intérêts des personnes et du tourisme en montagne, par contre la loi permet à une commune de réaliser des équipements : toilettes sèches, cuve à détritus…et de demander en contre -partie une contribution au prorata des frais engagés.

    Lorsque le refuge est plein, qui prendra la responsabilité de laisser les gens dehors et d’interdire le bivouac pour une nuit? Cette solution acceptable permettrait aux montagnards de participer, pour garder la montagne propre, et de pouvoir librement continuer à pratiquer la montagne y compris au Mont-Blanc. Cette solution retiendrait un assentiment assez général.

    Autres aspects auxquelles on pourrait réfléchir:
    Il sera nécessaire de mettre plus de moyens pour informer et former le public qui est de moins en moins montagnard mais de plus en plus citadin ou étranger, attirés par un mythe, sans forcément avoir les moyens et la connaissance nécessaire pour accéder au Mont-Blanc.
    Dans ce domaine on ne part pas de rien ; il faut reconnaître le travail important réalisé sur ce plan par les professionnels de la montagne.
    En tant que professionnel, je remarque, depuis 40 ans, une nette sensibilisation du public à l’environnement et je constate que la montagne est généralement mieux respectée et plus propre.
    Il reste des points de « fréquentation intense » tels le Mont-Blanc, les Gorges de l’Ardèche. qui engendrent des problèmes importants. Des solutions ont été trouvées d’autres sont à mettre en œuvre…Il faudra se donner les moyens de l’accueil par des solutions constructives plus que répressives.
    Cette tâche dépasse certainement les moyens d’une seule commune. Toutes les communes concernées par le Mont-Blanc, le Conseil Général, le Préfet…devraient travailler en concertation pour trouver les bonnes réponses aux vrais problèmes.

    Attention de ne pas « diaboliser la Montagne et de communiquer sur la montagne poubelle ». Nous vivons de l’activité touristique et celle-ci n’est pas brillante. Ces dernières années la fréquentation de la montagne est passée après la mer, la campagne et la ville ! Cet été nous avons encore perdu des parts de marché !
    Notre fond de commerce « la montagne, les paysages, l’environnement qui devraient faire rêver » doit redevenir plus attractif par la qualité de l’accueil, de l’information, des équipements appropriés.. et non pas rester de belles cartes postales qui ne sont plus en phase avec la réalité.

    Louis OURS Formateur montagne, moniteur ski, accompagnateur en montagne .

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