Le défi de l’agriculture savoyarde 

Article de P/DurAlpes, le 17 déc, 2007

Les projets mi-figue mi-raisin sont révolus.

 Patrice Jacquin, président de la chambre d’agriculture de la Savoie, viticulteur et maire de Jongieux.

A l’issue des assises de l’agriculture savoyarde de début décembre inscrites dans le cadre de la démarche « Savoie 2020″, et longuement préparées par le binôme conseil général et chambre d’agriculture de la Savoie, les intentions de Patrice Jacquin,  furent sans équivoque : « osons, pour adapter notre cap aux attentes de nos concitoyens, aux contingences de notre environnement, tout en exigeant le respect de notre vocation de producteurs de biens alimentaires agricoles à forte valeur ».

Nécessité d’un nouveau contrat avec la société savoyarde.

Entre foncier (dans les 5 à 10 ans à venir la perspective d’accueil est de l’ordre de 50 000 nouveaux habitants) et tourisme (représentant 50% du PIB du département), le monde agricole – agriculture et forêt – a dû jouer des coudes. Revenu au centre de l’économie sous les effets de la mondialisation, le premier architecte des territoires a aujourd’hui son mot à dire dans les orientations territoriales de moyen et long termes.

« Si l’agriculture productrice de paysages peut participer davantage à la construction de produits touristiques, elle doit être associée à ces enjeux, et les acteurs touristiques, être impliqués dans le devenir de l’agriculture ».

Le choix de l’excellence : juste aller plus loin !

« Nous faisons déjà en partie du développement durable, mais sans le savoir. Nos choix sur la qualité ne sont plus suffisants, nous devons y associer ces concepts de développement durable, d’énergies renouvelables, de gestion environnementale, de pratiques raisonnées ».

Même si pour bon nombre d’agriculteurs ce concept reste encore flou, l’agriculture savoyarde a quelques longueurs d’avance, forte des choix effectués dans le passé. L’approche engagée par les produits de qualité et les cahiers des charges qu’elle s’est imposée, sous tendent un développement qui repose sur la valorisation des terroirs, les ressources naturelles et les pratiques peu intensives. Pour aller plus loin Patrice Jacquin propose d’engager la modernisation des organisations professionnelles agricoles, des pratiques respectueuses de l’environnement et de la biodiversité, des produits d’excellence, voire de luxe. Autant de pistes qui ancrent la volonté de l’agriculture savoyarde de s’inscrire dans une dynamique moderne et durable.

Et pour ne pas rester dans le concept du développement durable mais en faire l’axe stratégique du projet de l’agriculture savoyarde, il propose d’identifier quelques indicateurs pour mesurer le chemin parcouru et des objectifs chiffrés pour 2020 : l’évolution du revenu des agriculteurs et du nombre d’exploitations, l’évolution des surfaces consommées par habitant, le nombre d’exploitations agricoles engagées dans des systèmes contractuels de gestion de l’espace ou d’équipements énergétiques et enfin cinq critères concernant la pression sur l’environnement.

Porter de concert ce choix politique stratégique – agriculteurs, forestiers, élus – et proposer sa candidature à un pôle d’excellence rural, tel est le contrat que l’agriculture et la forêt savoyarde sont prêts à passer avec le département.

Une démarche innovante portée par un président déterminé qui ne met pas d’eau dans son vin !

Photos : © Bruno Fournier

Ecrire un Commentaire