3. Brève histoire du développement durable

Article de Dominique Levet, le 1 fév, 2009

3ème partie

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BREVE HISTOIRE DU DEVELOPPEMENT DURABLE

Un appel à la sagesse et à la responsabilité de tous vient cloturer l’acte I de notre dossier  Le développement durable, vous y croyez ?

Un historique complet dans lequel Dominique Levet* pointe les espoirs et les désillusions, la difficulté aussi de trouver «Le consensus universel» face aux enjeux de la planète.

L’ÈRE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE ET DE LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE

Nous avons vu que le concept de développement est né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ; qu’il revient à ce que les pays les plus pauvres cherchent à combler leur retard sur les pays les plus riches, en fait, sur le modèle américain, grâce à une croissance économique toujours plus forte ; qu’il a été immédiatement conçu et utilisé comme une arme dans la Guerre froide qui opposait l’Ouest, à l’économie libérale, à l’Est, aux économies collectivistes[1].

Dès le début des années Soixante-dix des voix se sont élevées, à l’Ouest, pour dénoncer ce modèle des «Trente glorieuses» qui consistait à accumuler toujours plus de richesses. Elles ont souligné que la planète est un monde fini, dont une partie des ressources naturelles était en voie d’épuisement rapide parce les hommes prélevaient sur ces réserves des quantités toujours plus importantes d’énergies fossiles. Le monde ne pouvait plus ignorer qu’il existait des limites écologiques aux modes de développement et de fonctionnement de l’Occident.

C’est alors que des scientifiques, des économistes, des philosophes et des politiques ont proposé dans le cadre de la première conférence internationale sur l’Environnement, à Stockholm, en 1972, de lier développement et environnement, tout en affirmant que pour les pays en voie de développement «la plupart des problèmes de l’environnement sont causés par le sous-développement» ; que l’Assemblée des Nations unies, en 1974, a proposé de créer «un nouvel ordre économique international plus humain et plus équitable». On s’aperçut bien vite que le véritable sens de ce Nouvel ordre économique international était : toujours plus de croissance et de libéralisme dans les échanges.

Néanmoins la prise de conscience se poursuivait, de grandes organisations internationales, comme l’UICN, le WWF, le PNUE, l’UNESCO, proposaient, à la fin de la décennie Soixante-dix, de substituer au modèle occidental «un écodéveloppement durable», une «Stratégie mondiale de la conservation (qui aurait) pour but de contribuer à l’avènement du développement durable». Le mot était inventé. Restait à lui donner vie, c’est-à-dire à définir le concept, à en faire un objectif commun de l’humanité et à le traduire dans des actions. Ce sera le travail de la Commission Brundtland et de la Conférence de Rio, en 1992, avec la création des Agenda 21.
   
La fin de la Guerre froide.

La chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989, la réunification des deux Allemagne, en novembre 1990, l’effondrement de l’URSS à partir de 1991, mettaient un terme à la Guerre froide et consacraient la victoire absolue des Etats-Unis et de leur modèle libéral : démocratie, dollar et marché. C’est du moins, ce que le monde croyait et ce qu’annonçait, en 1993, l’économiste américain Francis Fukuyama dans son livre «La fin de l’histoire et le dernier homme[2]». Il manifestait une totale confiance dans le fait que la démocratie libérale était appelée à s’imposer partout, comme modèle universel, stade final de l’humanité. Pour Hubert Védrine, le monde entrait dans l’ère de l’hyperpuissance américaine[3], une puissance qui maîtrisait simultanément les quatre domaines-clés : militaire, économique, technologique et culturel.

Première conséquence de la fin de la Guerre froide : elle libérait des capitaux importants, utilisés jusque là dans la recherche et la fabrication d’armements. On pouvait espérer qu’ils viendraient augmenter l’effort consenti, à travers les aides aux pays en voie de développement, à la lutte contre la pauvreté. Il n’en fut rien ! Un tel espoir, marqué par l’euphorie de l’immédiat après Guerre froide, ignorait qu’avec la fin de celle-ci l’aide au développement perdait de son intérêt, principalement stratégique. L’aide publique au développement (APD)[4] connaissait alors une forte baisse : entre 1992 et 1997 elle passait de 0,33% du PIB à 0,22%, pour se stabiliser à ce niveau jusqu’en 2002. On est très loin des objectifs fixés par les Nations unies, au début des années Soixante-dix, quand les pays de l’OCDE s’étaient engagés de lui consacrer 0,7% de leur PIB. Il faudra attendre 2003 pour que l’APD amorce une nouvelle progression (0,25% du PIB), à la suite de la Déclaration dite du «Millénaire», adoptée, le 8 septembre 2000, par tous les Etats membres de l’ONU[5] et du Sommet de Monterey[6] en 2002.

L’aide est désormais conditionnée à l’impératif, pour les dictatures des Etats en voie de développement, de se mettre en accord avec un fonctionnement démocratique de leurs pays. C’est cela que leur signifie, en juin 1990, au Seizième Sommet des Chefs d’Etat de France et d’Afrique, à la Baule, François Mitterrand lorsqu’il affirme que «le souffle de la démocratie fera le tour de la planète». En 1991, il revient sur cette question en exigeant que des accords soient passés entre les pays pauvres et les Instances financières internationales (IFI). Les fonds privés prennent le relais des fonds publics (dans l’esprit du système libéral), choisissent, parmi les pays pauvres, les bénéficiaires de l’aide : des Etats riches en matières premières, abandonnant les autres à l’ «étau de la dette». L’aide prend de plus en plus la forme d’une aide humanitaire dont l’application relève essentiellement des Organisations non gouvernementales (ONG) et non plus des Etats. Pour autant, l’aide publique n’a pas totalement disparu pendant cette décennie ; elle s’est réorientée, en ce qui concerne l’Europe, vers les pays de l’ancienne Europe de l’Est qui, affranchis de la tutelle soviétique, aspirent à entrer dans l’Union européenne. Ils bénéficient d’une aide importante, octroyée par celle-ci, pour se mettre à niveau.

C’est au moment où l’aide aux pays pauvres perd tout son intérêt stratégique que le développement est attaqué comme «religion occidentale», instrument de domination de l’Occident sur le Sud, agent impérialiste, responsable de la dilapidation des ressources naturelles de la planète.

De nouveaux acteurs : les ONG.

La fin de la Guerre froide n’explique pas, à elle seule, les changements qui interviennent à partir des années 90. D’autres raisons interviennent. L’effondrement de l’URSS, en 1991, est accompagné d’un affaiblissement général du socialisme : en 1991, le Chinois Deng Xiaoping ouvre son pays au «socialisme de marché»[7] . En 1991, nous assistons à la libéralisation de l’économie de l’Inde[8] ; en 1994[9], à l’ouverture de l’Afrique du Sud qui a mis fin à son régime d’apartheid et a, ainsi, rendu possible de nouveaux échanges internationaux avec des pays plus vertueux, entre autres, européens.

L’arrivée des nouvelles technologies de l’information et des communications crée un nouvel espace mondial propice à l’émergence d’une «communauté internationale» qui s’imposera lors des grandes conférences internationales – Rio, en 1992, Kyoto, en 1997, Johannesburg, en 2002, etc. Internet sera capable de mobiliser des centaines de milliers de signatures et de personnes au cours de campagnes de sensibilisation[10]. Internet et ses capacités à mobiliser les citoyens[11] de la planète à la «vitesse d’un temps de guerre»[12], peut bouleverser la donne et permettre de construire ce que Joël de Rosnay appelle «une économie par le peuple et pour le peuple»[13].

Mais le fait déterminant de cette période est que les ONG deviennent une force planétaire avec laquelle il faut compter. En effet, l’Etat laisse de plus en plus la place aux initiatives privées, l’humanitaire domine et le champ d’action des organisations humanitaires est désormais planétaire. «Médecins sans frontières»[14] (MSF) est créé en 1971. MSF prend la forme juridique d’une association régie par la loi de 1901 et se donne pour objectif de «réunir, sans discrimination et sans exclusive, tous les médecins et corps de santé volontaires, pour apporter leur assistance aux populations éprouvées par des cataclysmes, des accidents collectifs ou des situations de belligérance». Médecins sans frontières «se mettra à disposition des organismes internationaux, des gouvernements ou autorités constituées des pays éprouvés, ainsi que des organisations publiques et privées qui, dans ces mêmes pays, lui font appel».

En mars 1980, est créée l’association Médecins du monde, par Bernard Kouchner, l’un des fondateurs de MSF. A l’origine de cette scission, un différent à propos de la mission «Un bateau pour le Vietnam» montée par B. Kouchner. Deux logiques s’opposaient. L’une affirmait que la seule mission de l’association était de soigner, l’autre qu’il fallait soigner mais aussi faire savoir pour dénoncer les atteintes aux droits de l’homme. Pour cela, Kouchner avait mobilisé des journalistes qui devaient trouver leur place à bord du bateau affrété pour la mission. On voit bien, tout l’intérêt qu’il y avait – et qui reste d’actualité – à associer action humanitaire et médias mais en mesurait-on bien, aussi, les dangers ?

La même année que MSF, en 1971, était fondée l’association Greenpeace : «une organisation indépendante des Etats, des pouvoirs politiques et économiques» dont le «but est de dénoncer les atteintes à l’environnement et d’apporter des solutions qui contribuent à la protection de l’environnement et à la promotion de la paix». L’association, qui défend des valeurs de non-violence et de protection de l’environnement, assure son indépendance financière et politique en refusant toute subvention publique ou contributions d’entreprises et en n’acceptant que les «contribution des particuliers». Elle s’affirme comme un contre pouvoir[15]: «Cette indépendance structurelle est le gage de notre liberté de parole et d’action, en tous lieux et en toutes circonstances»[16].

Certaines de ces grandes ONG, à l’exemple du World Wide Fund for Nature[17], créée en 1961, en Suisse, à l’initiative des laboratoires pharmaceutiques Hoffmann La Roche[18] - le fameux panda ! – pensent que ce qui est «Bon pour les affaires, (est) bon pour la nature». Tant qu’a duré la Guerre froide elles sont restées dans leur domaine de compétence : la défense de l’environnement. Avec la fin de celle-ci et de la victoire du modèle américain, elles ont pris le pouvoir.

De nouvelles priorités environnementales.

La décennie qui débute en 1990 correspond à l’affirmation de nouvelles priorités environnementales. En Europe, l’effondrement du bloc soviétique, révèle l’urgence qu’il y a, pour l’Union Européenne, à agir pour venir en aide aux anciennes démocraties populaires dont l’appareil industriel est désuet et fortement polluant, que ce soit dans l’industrie chimique ou l’énergie d’origine nucléaire[19]. Les grandes ONG imposent, à Rio, l’adoption de conventions internationales sur la désertification, la biodiversité et le changement climatique. Les dangers qui menacent la planète sont devenus des dangers naturels et non plus des dangers sociaux. Enfin, l’influence de l’idéologie anglo-saxonne est de plus en plus prégnante, notamment à travers les ONG, le mythe de la Wilderness, le thème de la conservation, parfois au détriment des populations locales.

L’exemple de la tribu des Twas est exemplaire. Les Twas vivaient dans le sud-ouest de l’Ouganda, en harmonie avec la forêt, «comme faisant partie de la faune». Dans les années Trente, les écologistes persuadent les autorités de créer trois réserves forestières de Mgahinga, Echuya et Bwindi. Celles-ci recouvrent en partie le territoire des Twas. En 1991, les réserves sont transformées en parcs nationaux gérés par le Programme mondial de l’environnement[20] avec le soutien financier de la Banque mondiale.

Les Twas étaient accusés de chasser les gorilles des montagnes, espèce menacée et protégée. Or, les Twas ne peuvent chasser les gorilles pour la bonne raison qu’ils se sentent parents des grands singes qui, en revanche, sont bien chassés mais par des populations voisines. Néanmoins, sous la pression des conservationnistes occidentaux, les Twas ont été chassés de leurs terres coutumières et leur vie et leur culture, qui dépendent étroitement de la forêt, sont menacées de mort[21].

Sauver la planète ou sauver l’homme ?

Aujourd’hui, le développement durable a envahi notre espace médiatique, politique, économique et professionnel ; il s’insinue dans les moindres recoins de notre vie, d’enfants et d’adultes, au cœur de nos familles… Ce n’est pas pour autant qu’on en maîtrise le concept, ni qu’on en perçoit clairement les enjeux, à moyen et à long terme. Tout, ou presque tout, reste à faire en matière d’éducation et d’information, d’actions.

Les organisations environnementales poursuivront leur travail à l’échelle internationale et nationale, dans les Etats où elles sont implantées ou bien là où elles disposent de relais efficaces ; les conférences internationales à thèmes, auxquelles participent Etats, ONG et partenaires économiques, feront sans doute avancer les grandes problématiques environnementales – l’accès à l’eau potable pour tous, la limitation de la production de gaz à effet de serre et la lutte contre le réchauffement climatique, la protection de la biodiversité, etc.

Il reste un domaine où le travail s’avère délicat mais où il est urgent et déterminant d’agir. C’est celui de l’action locale. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte : l’insuffisante formation des élus et des populations locales, y compris pour les citoyens engagés dans des associations qui défendent un développement durable de leur commune ou de leur région ; le difficile dialogue entre les élus des communes ou des instances départementales et régionales avec les acteurs du territoire, voire un refus de la concertation ; l’importance des intérêts locaux qu’ils soient économiques ou culturels, qu’ils relèvent de stratégies de prise de pouvoirs ou de défense d’intérêts particuliers.

Bien souvent, lorsqu’un dossier important vient au jour, qu’il engage l’avenir du territoire, les populations locales ont du mal à se prononcer et à agir, soit parce qu’elles sont tenues à l’écart du débat, soit parce qu’elles perçoivent difficilement la dimension exacte des enjeux, soit parce qu’elles n’utilisent pas les moyens légaux mis à leur disposition. En cas de désaccord avec l’autorité, des organisations de défense de l’environnement, extérieures au territoire, interviennent, non seulement pour apporter leur compétence – ce qui est souhaitable et nécessaire – mais pour influer sur le débat. Or, le développement durable demande à ce que les populations locales conservent l’initiative de la décision, en vertu de l’application du principe de subsidiarité (qui nous vient de l’Union européenne) et du principe 22 de la Déclaration de Rio qui spécifie que «les populations et communautés autochtones et les autres collectivités locales ont un rôle vital à jouer dans la gestion de l’environnement et le développement du fait de leurs connaissances du milieu et de leurs pratiques traditionnelles.»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On aura bien compris, à la lecture de cette brève histoire du développement durable, que deux concepts s’affrontent, suffisamment éloignés l’un de l’autre, pour parler de fracture conceptuelle[22]. Le premier, qui défend une durabilité forte, est proche, quand il ne se confond pas avec elle, de l’écologie radicale. Il a le mérite de s’en tenir à une position claire : Gaïa, la «planète sanctifiée», a priorité sur l’homme. Le second, encore nommé durabilité faible, présente une approche «humaniste» de la question et repose sur la confiance dans les vertus du progrès, dans la droite ligne des idées du Siècle des Lumières. Dans ce cas, l’humanité a priorité sur la nature - l’environnement - qui n’est qu’une construction, fruit des activités humaines. Elle présente, entre autres, le grave défaut d’abriter tous ceux qui prétendent faire du développement durable et qui se livrent, en réalité, à leur activité favorite, l’accumulation de richesses. Celui-ci n’est souvent qu’une variable d’ajustement pour des objectifs commerciaux ou stratégiques. Dans cette optique, le développement durable s’inscrit toujours dans la mondialisation marchande et ne remet nullement en cause le concept de développement dans son acceptation de croissance économique. En revanche, la durabilité forte plaide pour une «décroissance»[23].

Il ne s’agit certainement pas de trancher entre ces deux voies censées conduire au développement durable mais d’en inventer une troisième, fondée sur de réelles valeurs humanistes, prenant à chacune de ces deux théories ce qu’elle a de meilleurs. Et de ne pas oublier que, dans l’esprit des principes de Rio, «les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable».

1 Dans la première partie de notre article paru le lundi 19 janvier 2009, Dur’Alpes Attitude, Lettre au sommet n°65, «De la naissance du concept de développement à son rejet : le développement, une arme au service de la Guerre froide.»
2 Fukuyama (F.), La fin de l’histoire et le dernier homme, Flammarion, 1993.
3 Néologisme lancé en 1998 par Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères, pour «désigner une puissance sans précédent ni équivalent historique ou actuel».
4 L’origine de l’aide publique au développement est à rechercher dans la création du Plan Marshall, en 1947, de l’organisation mondiale de la santé (OMS), en 1948, du premier Fonds européen de développement en 1957, du Comité d’aide au développement au sein de l’OCDE… Le texte fondateur date de 1961. Il s’intitule : «résolution sur l’effort commun d’aide».
Des études ont montré que l’APD était vraiment efficace à diminuer la pauvreté, lorsque les efforts portaient sur des programmes de proximité concernant les enfants, l’alimentation, l’aide d’urgence, à condition que l’environnement intérieur, propre aux bénéficiaires, y soit favorable.
Une des limites de l’APD réside dans les choix des bailleurs de fonds qui se dirigent, bien souvent, vers les pays qui sont leurs «clients» traditionnels.
5 Ils affirmaient vouloir s’efforcer «de concrétiser nos aspirations universelles à la paix, à la coopération et au développement».
6 «Nous ne pouvons pas permettre le déclin de l’APD, si nous voulons que nos engagements soient pris au sérieux». Déclaration d secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, devant le comité préparatoire de la Conférence de Monterey. Au cours de la Conférence, l’UE s’est engagée à ce que les pays membres portent leur contribution à 0,7% de leur PIB à l’horizon 2015, avec une étape intermédiaire à 0,56% en 2010.
7 En 1978, au cours du plénum du Parti communiste chinois, le «petit Timonier», Deng Xiaoping, lance la Chine sur la voie des réformes économiques avec ses «Quatre modernisations» dans l’industrie, l’agriculture, la recherche et la défense. Mais la progression ne sera pas linéaire et il faudra attendre le milieu des années 90, pour que la Chine accepte de démanteler son secteur d’Etat. Le parti communiste chinois se ralliera à l’ «économie socialiste de marché» en 1992.
8 Dans les années 1950 le modèle de développement mis en place par Nehru est celui du «modèle de développement par substitution aux importations». Il reposait sur une forte intervention de l’Etat : planification centralisée, grande importance du secteur public, barrières douanières et autorisations administratives pour les entreprises privées. Le développement de l’Inde était alors à l’abri de la concurrence internationale mais eu égard à la faiblesse de sa productivité et à l’affaissement de ses exportations - de 1,9% en 1950 à 0,6% en 1973 – sa capacité à financer ses importations, en particulier le pétrole, était fortement obérée. Le système s’avérant inadapté – la dette extérieure de l’Inde, en 1991, s’élevait à 72 milliards de dollars – l’Inde a été contrainte d’accepter un plan d’ajustement structurel du Fonds monétaire international (FMI), assorti d’une condition : la libéralisation de son économie. (Source : Christophe Jaffrelot, L’Inde rétive au libéralisme total, Le Monde diplomatique, janvier 2004.)
9 Elections libres et multiraciales du Parlement le 27 avril 1994. Le 10 mai 1994, Nelson Mandela prête serment et devient le premier président noir du pays. La constitution de l’Afrique du Sud est adoptée en décembre 1996.
10 Le 1er février 2007, Les Amis de la Terre appellent, sur leur site, à «Participe[r] à la plus grande mobilisation citoyenne contre le changement climatique !». Pour obtenir des informations ils invitent leurs adhérents et sympathisants à consulter le site des Amis de la Terre et les incitent à « Faire circuler au maximum cet appel autour de vous et dans tous vos réseaux ! Faites-le également apparaître sur votre site Internet et dans vos news letters».
11 On connaît le rôle joué par Internet dans le «non» au référendum sur la Constitution européenne. Dans une tribune du Monde du 2 janvier 2007, «Les paradoxe du temps politique», Jean-Louis Andreani explique l’accélération du temps politique par la démocratie d’opinion et le fait que «le temps politique est devenu le temps médiatique». Dans cette accélération du temps politique Internet joue un rôle majeur : lors de la dernière campagne présidentielle les principaux candidats (Sarkozy, Royal, Bayrou) ont tous utilisé la toile.
12 Formule employée par Lester Brown, l’un des fondateurs de l’écologie politique mondiale et auteur du livre : Le Plan B. Pour un pacte écologique mondial, Calmann-Lévy, 2007.
13 Rosnay (J.), La révolte du pron@tariat. Ed. Fayard, 2006.
14 Vallaeys (A.), Médecins sans frontières, la biographie, Fayard, 2005.
15 Greenpeace s’oppose aux essais nucléaires français. En juillet 1985 le bateau amiral de l’association, le Rainbow Warrior, est coulé par des agents secrets français en Nouvelle-Zélande.
16 Les citations de ce paragraphe sont toutes tirées du site officiel de Greenpeace France.
17 Le Fond mondial pour la nature, World Wide Fund for Nature (WWF) est la nouvelle dénomination du World Wildlife Fund. Son siège est à Gland en Suisse.
18 Sylvie Brunel, Le développement durable, Que sais-je ? page 38.
19 A une question écrite de M. Georges Gruillot, député UMP du Doubs, portant sur «la sécurité nucléaire à l’Est» le ministre de l’industrie, de la poste et des télécommunications répondait que «Depuis l’accident de Tchernobyl en avril 1996 et l’ouverture des pays de l’Est à la suite de l’effondrement de l’URSS, la sûreté nucléaire dans ces pays est devenue une source de vives préoccupations pour la communauté internationale». (Source : Bienvenue au sénat. Un site au service des citoyens).
20 Global Environment Facility (GEF)
21 Les tribus victimes de l’écologie, publié dans le Courrier international, n° 851, du 22 au 28 février 2007.
22 Ce schéma, «La fracture conceptuelle», doit beaucoup au travail de François Mancebo dans son livre, Le développement durable, chez Armand Colin, coll. U, page 108.
23 Bernard (M.), Cheynet (V.), Clémentin (B.) (sous la coordination de), Objectif décroissance. Vers une société harmonieuse, Parangon/Vs, 2005 et Besson-Girard (J.-C.), Decrescendo cantabile. Petit manuel pour une décroissance harmonique, Parangon/Vs, Lyon, 2005.

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*Dominique Levet, professeur en sciences politiques des problématiques environnementales et de développement durable dans le cadre du Master international ParisTech, (Ancien administrateur de l’Institut Européen du Développement Durable (IEDD) dont il a été l’un des fondateurs et le secrétaire général). Est actuellement président de «Valloire et Maurienne en Développement Durable (VM2D)» et organise, chaque année en août, en partenariat avec le Centre culturel de Valloire, une «semaine culturelle» sur le développement durable. 

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