Le tourisme responsable, un voyage haut en surprises

Article de P/DurAlpes, le 3 mar, 2008

Effet de mode ou nécessité, le tourisme commence à prendre en compte son rapport à l’environnement. Le défi est double : par nature l’activité touristique a de forts impacts environnementaux dans des espaces fragiles ou emblématiques. Mais l’activité touristique repose aussi sur la mise en valeur des richesses de notre planète. Comment concevoir alors une offre qui génère une économie locale tout en assurant une bonne gestion des ressources naturelles ? Diversification, écotourisme, actions de sensibilisation au tourisme responsable… quelques initiatives voient le jour.

Megève Tourisme a décidé de faire de la protection de l’environnement son credo. Une ambition qui se traduit par des actions concrètes qui ne nuisent en rien au positionnement et à la notoriété de Megève. Bien au contraire car ici, on le sait bien, la montagne est un milieu exposé et fragile qui doit faire l’objet de toute attention. Cette démarche volontaire repose sur le projet d’un acteur, puis associe la clientèle pour enfin mobiliser les autres professionnels. 

Le slalom de la certification.

Megève Tourisme est le premier office du tourisme français certifié ISO 14001. Obtenue l’été dernier, elle garantit des engagements comme une première réponse aux enjeux environnementaux.

Pour le directeur Adrien Duvillard et son équipe, “c’est l’enracinement d’une culture d’entreprise. Cette certification requiert un parfait contrôle et une gestion attentive de toutes nos actions. Les critères ISO très exigeants demandent la mise en place de procédures internes importantes. Il s’agit de recenser dans un premier temps tout ce qui concerne la consommation d’électricité, d’eau, de papier interne et externe, de carburants, etc. Il faut ensuite mettre en place, assurer un suivi et expliquer toutes les procédures utilisées et les objectifs fixés. Tous les services sont concernés (promotion, communication, presse, événementiel, accueil, administratif), et chacun se doit de passer toute décision par ce prisme avant d’engager une action. C’est également un outil de management interne utile pour fédérer une équipe autour d’un projet”. 

Un parcours initiatique.

L’équipe ne s’endort pas pour autant sur ses lauriers. Car au-delà des actions socles qui dans quelques années constitueront l’abécédaire du citoyen responsable - baisse de consommation d’énergie et de papier, tri sélectif, achat de voitures hybrides - Megève Tourisme s’est engagé dans une politique environnementale suivie et vigoureuse.

En premier lieu, le renforcement des outils électroniques. Par exemple, Megève magazine est distribué sur des clefs USB, le “blog environnement” ouvre un espace de libre échange thématique. Un mode d’expression efficace, réactif et branché sur l’actualité “verte” du village.

Ensuite, derrière chaque évènement se profile une action de sensibilisation en prise directe avec les lieux. Ainsi, “Rêves nature” un programme destiné aux enfants, permet de s’ouvrir à l’environnement tout en s’amusant. Connaître pour mieux respecter en est le principe de base avec des découvertes du milieu naturel, des contacts avec les agriculteurs ou des actions ludiques sur le recyclage par exemple. Le Congrès international de l’eau en montagne, quant à lui, a déjà réuni les meilleurs spécialistes mondiaux sur cette thématique. La préservation de cette ressource naturelle sera un des enjeux majeurs du tourisme alpin dans les années à venir.

“Notre démarche consiste à proposer un autre rapport aux loisirs, en impliquant et sensibilisant davantage le visiteur pour qu’il devienne un acteur responsable et citoyen. Ce dernier ne se contente plus de consommer ses loisirs mais il s’engage dans une démarche d’apprentissage et d’actions, en lien avec le milieu dans lequel il se trouve. On commence à modifier son mode de vie, en vacances, pour ensuite l’appliquer au quotidien”.

Une cascade d’initiatives.

“Le tourisme responsable, ne peut progresser sans l’implication de nos partenaires locaux ; nous travaillons avec eux pour qu’ils développent à leur tour une offre qui corresponde aux attentes de nos visiteurs sensibles à la protection de notre environnement.”

Au départ 7 hôtels - sur 50 environ - se sont engagés dans une charte des bonnes pratiques environnementales. Carte bio qui fait la part belle aux produits locaux pour le chalet de l’Ancolie. Double pari pour le chalet refuge d’altitude l’Igloo qui a su tirer parti d’un handicap majeur - l’absence initiale de tout système de réseau d’eau - tout en assurant des prestations de très grande qualité, reposant sur une politique d’économie et de gestion des ressources naturelles. Les premières réactions d’une clientèle de plus en plus exigeante confirment bien la justesse de ces choix.

La charte qui s’est transformée en un véritable maillage de projets en lien avec l’office de tourisme de Chamonix laisse désormais la place à “l’association Mont Blanc écotourisme”. Son but : encourager un tourisme responsable au pays du Mont Blanc, structurer les initiatives et en assurer la promotion. Progressivement d’autres acteurs de la station s’associent à ce concept.

C’est à travers des applications concrètes que le développement du tourisme responsable favorise la prise de conscience des touristes de l’enjeu environnemental. Il motive également les opérateurs touristiques pour préserver le patrimoine naturel qui les fait vivre. Il peut ainsi devenir le projet structurant de tout un territoire.

Portrait d’Adrien Duvillard  à découvrir dans le Who’s Alpes en cliquant ici 

Photos : © l.maisant  - bionassayimages.com - MIRCO éditions

  1. 1 commentaire pour “Le tourisme responsable, un voyage haut en surprises”

  2. par ours, le 17 mar 2008| répondre

    J’ai trouvé l’initiative très intéressante mais elle reste dans le domaine des intentions et ne représente pas le réel problème de la valorisation de notre environnement naturel et paysager préservé par des générations d’agriculteurs Mégevans qui est le véritable fond de commerce du tourisme…que dire des alpages abandonnés, des chalets d’alpages transformés en restaurants (sans permis), des pelouses alpines remplacées par l’engazonnement, des accès à la montagne non maîtrisés voire en hélicoptère pour atteindre les chalets d’altitudes pour riches clientèles…à qui ont fait voir la montagne asseptisée et folklorique..pendant que les Mégevans doivent partir habiter à Passy et se déplacer chaque jour en voiture ? Une réflexion globale sur l’avenir et les valeurs devrait s’engager …j’espère que la nouvelle équipe municipale travaillera sur le moyen et le long terme, pour que les jeunes du Pays puissent continuer à y travailler et nos amis les touristes à venir retrouver les vrais valeurs qui ont toujours été les nôtres et qui ont fait le succès de Megève. Cordialement

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