Martial Saddier

Député de la Haute-Savoie.
Vice-président de l’Association des Maires de France.
 

  La prise de conscience

.

doit se faire à l’échelle mondiale

  

 

Il ne s’agit plus aujourd’hui de « croire » au développement durable.

L’urgence climatique est telle que ce modèle d’évolution doit s’imposer à tous. Le constat est alarmant et la prise de conscience doit se faire à l’échelle mondiale. L’important étant d’agir concrètement le plus vite possible afin de favoriser le changement, celui de nos sociétés mais aussi celui de nos économies. Le seul vrai gage d’un virage bien négocié en la matière réside en effet dans l’imbrication des enjeux environnementaux et économiques. L’une des locomotives du développement durable, c’est l’ « économie verte ».

La France s’engage  

De telles mutations passent par une forte volonté politique. Sur ce terrain la France s’engage à l’image du projet de loi portant engagement national pour l’environnement et du récent lancement de la concertation nationale pour la préparation du Plan National d’Adaptation au changement climatique, concertation pour laquelle je suis amené à présider le groupe de travail n°3 regroupant les thèmes suivants : financement, gouvernance/territoires, connaissance, éducation/formation. Des orientations prises dans la continuité de la Charte de l’Environnement, projet de loi constitutionnelle pour lequel j’ai été désigné rapporteur pour avis en 2003. Ce texte consacre les principes d’une écologie soucieuse de l’avenir de l’homme et délimite les droits,  devoirs et responsabilités de chacun. Parallèlement, il existe plusieurs groupes de travail qui œuvrent en ce sens. Auteur du rapport « Pour une filière apicole durable » rendu en 2008, je préside le comité opérationnel dédié à l’apiculture. Parmi les chantiers en cours, on peut citer la mise en place d’un Institut Scientifique et Technique de l’Abeille ayant notamment pour mission d’identifier les principales causes de mortalité des cheptels. Concernant l’agriculture biologique, j’ai également rendu un rapport sur le sujet en 2002. Dans la continuité, je dirige le comité opérationnel qui travaille aujourd’hui à la reconnaissance des spécificités de ce mode de production dans la Loi de Modernisation de l’Agriculture.

Agir localement et collectivement 

Localement, des outils existent. En tant que Président du Syndicat Mixte d’Aménagement de l’Arve et de ses Abords, je peux citer le SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux) que nous sommes en train de mettre en place dans la vallée. Il vise à élaborer un Plan d’Aménagement et de Gestion Durable de la ressource en eau et des milieux aquatiques. Ce projet permet d’aller au-delà d’une approche de sauvegarde linéaire de la rivière au sens où la réflexion s’étend à l’ensemble du bassin versant, dont les cours d’eau participent à la qualité finale de l’Arve. Le périmètre comprend 110 communes et s’étend sur 2253 km2. Il vient d’être validé par le Préfet.
L’avenir du développement durable est fortement lié à l’approche collective des enjeux. D’une part parce que c’est en regroupant les moyens que l’on favorise la mise en œuvre de mesures concrètes et d’autre part parce que c’est à l’échelle d’un territoire que se situe l’essence même de ce modèle d’évolution. Le SCOT (Schéma de Cohérence et d’Orientation Territoriale) l’illustre parfaitement. Cet outil permet de projeter l’organisation d’une zone géographique donnée de façon harmonieuse en tenant compte de ses spécificités. Il repose sur une collaboration politique approfondie entre les communes. La notion d’équilibre y est centrale. En montagne par exemple, le foncier est rare, le SCOT permet d’anticiper les évolutions et de les raisonner. La Communauté de Communes Faucigny Glières (CCFG) que je préside vient d’arrêter son SCOT. Il est « grenello compatible », en ce sens on peut dire que la CCFG est avant-gardiste.

Au regard des actions en cours, il me semble que la prise de conscience de l’urgence environnementale est bien en marche. Elle doit de toute évidence se renforcer et être poussée par une forte volonté politique. La valeur ajoutée résidant dans l’approche et l’anticipation collective et donc « durable » de ce défi incontournable que représente l’adaptation au changement climatique.