Parce qu’il n’est plus question de surfer !

Article de Myriam Caudrelier, le 11 jan, 2010

 

L’hiver est bien là ! La France grelotte et perd la mémoire. La vague de froid n’affiche pourtant pas encore les records des hivers 56 ou 63, voire plus proches de nous, ceux des hivers 85, 86 et 87 où les températures sont descendues sur une grande partie du territoire entre -10 et -25.

La neige et l’air froid qui tourbillonnent au dessus de toute l’Europe ne doivent pas pour autant balayer l’ensemble des difficultés liées au changement climatique ; il ne faut pas confondre météo et climat.

Depuis le milieu des années 1990, le réchauffement climatique occupe le premier rang des inquiétudes concernant l’environnement : le phénomène est d’ores et déjà observable, et les conséquences futures potentiellement dramatiques. Copenhague fut la triste illustration que cette question ne peut avoir de solution qu’au niveau mondial. Mais le climat est loin d’être la seule menace d’envergure susceptible de mettre en cause la survie de notre espèce.

Le cortège fait froid dans le dos. En premier lieu la perte de la biodiversité ; l’urgence est telle que l’Organisation des Nations unies a proclamé 2010, « année internationale de la biodiversité » pour alerter l’opinion publique sur l’état et les conséquences du déclin de la biodiversité dans le monde. Face aux menaces qui pèsent sur elle (urbanisation croissante, pratiques agricoles, déforestation, pollutions…), la conservation de la diversité biologique est devenue une préoccupation mondiale.

Ensuite, la croissance infinie des flux de matière et des flux d’énergie, l’hyperconsommation, la pauvreté, la perte d’identité des peuples, l’insécurité alimentaire, 9 milliards d’individus en 2050 et moi et moi et moi… sont autant de menaces pour la pérennité de l’espèce humaine.

Quelles solutions me direz-vous puisque nous parlons désormais de finitude de la planète ?

Fuir ou agir ? Revenir à l’âge de pierre ? Se priver à jamais du consumérisme à outrance inscrit dans nos mémoires depuis que l’on s’est mis à croire que le bonheur pouvait s’installer entre le porte-monnaie et les biens matériels.

Le mot avenir serait-il définitivement condamné à vivre au passé.
Le malthusianisme inquiète. Et dans son expression économique et politique la décroissance fait peur ; le terme est négatif et renvoie à la régression, et par métonymie, à la mort.
L’exercice n’est certes pas aisé car il s’agit bien de réduire de manière drastique nos flux de matières premières et d’énergie, de réduire notre frénésie de consommation, de rééquilibrer le Sud sans pour autant perdre le Nord.

Faire mieux avec moins.

Une prospérité sans croissance serait-elle possible ? Sans doute si l’on envisage une croissance partagée ; une forme d’égalité devant les biens fondamentaux comme l’eau et l’alimentation et l’accès pour tous à la santé, l’éducation, la culture, le logement… une nouvelle économie qui fait place à la connaissance, aux technologies propres et à leurs transferts. Sans doute si l’on s’engage vers des politiques de croissance au service de l’humanité.
Car la croissance continue, moteur de l’économie d’aujourd’hui, pointe le terme d’un modèle économique qui ne produit plus rien de bon, ni sur le plan humain, ni sur le plan technique, ni sur le plan financier.

Infléchir la tendance constitue un vrai défi.
Répartir différemment la richesse est le point clef de notre équation.
La pédagogie, l’intelligence, l’audace et le bons sens sont les leviers de ce modèle de société qu’il nous faut réinventer.
Définir une autre organisation basée sur la solidarité et non la compétition est-ce faire régresser l’humanité ?

Oui je crois en la capacité de l’homme à se réapproprier son avenir. La lumière de la petite étoile qui guidait sa marche peut se rallumer à tout moment.
La tâche incommensurable ne doit pas faire peur ! Ne jetons pas le manche après la cognée ; au contraire il est exaltant d’avoir à donner un autre sens à sa vie. Ces dernières années, la plupart des hommes n’ont vécu qu’en feuilletant le livre de leur destin. Aujourd’hui il nous est possible d’en écrire les pages ; celles qui marqueront l’humanité d’un nouvel âge : celui de l’espoir.

Nord ou Sud, il nous appartient d’apprendre à l’écrire, ensemble.

Myriam Caudrelier, conceptrice éditrice du Who’s Alpes et de Dur’Alpes Attitude ; présidente fondatrice de la Maison Alpine du Développement Durable.
  1. 2 commentaires pour “Parce qu’il n’est plus question de surfer !”

  2. par Larrieu, le 11 jan 2010| répondre

    Voilà des perspectives à travers cet édito. Il faudra en effet oser s’attaquer à notre schéma économique pour ne pas attendre seulement après « les solutions technologiques ». C’est une très bonne idée que Duralpes vienne en 2010 alimenter la réflexion aussi sur ce point. Bravo pour votre détermination. (commentaire à ne pas publier)nn1

  3. par Lorius, le 12 jan 2010| répondre

    Parfait pour les bases de notre action.
    Bises Claude

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