Risques climatiques vus d’ailleurs : le Canada

Article de Elisabeth Marsollier, le 1 fév, 2010

 

Situés aux antipodes l’un de l’autre, le Canada et l’Australie, s’opposent par la nature de leur climat mais se rejoignent dans bien d’autres domaines.
Tous deux reflètent des structures économiques similaires. Grands producteurs d’énergie, ils jouent un rôle de premier ordre dans le développement d’une approche mondiale exhaustive sur le défi posé par les changements climatiques.
Au même titre que le Canada, l’Australie est au nombre des pays les plus touchés par les impacts néfastes de ces changements. Ils collaborent dans le cadre de divers partenariats plurilatéraux visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à promouvoir la sécurité et la diversification énergétiques par des mesures concrètes. Ces activités représentent une contribution à la lutte contre les changements climatiques par le développement et le déploiement de technologies peu ou non polluantes. Seront-elles suffisantes face aux menaces sévères auxquelles sont exposés ces deux pays ?

Pour mieux comprendre leurs enjeux, Dur’Alpes vous invite pendant deux semaines, à un voyage au long cours.
En premier lieu, vers le Canada avec Elisabeth Marsollier*, auteur et co-auteur de plusieurs ouvrages et de rapports de l’OCDE, de rapports officiels du gouvernement du Québec, du gouvernement fédéral canadien et des Nations Unies, et qui enseigne par ailleurs l’environnement et le développement durable dans plusieurs universités canadiennes.

Puis, dans un deuxième temps, en direction de l’Australie avec Guillaume Prudent-Richard, qui nous expliquera comment ce continent déjà très exposé aux nombreux extrêmes climatiques, (sécheresses, cyclones, marées de tempêtes, etc.) aborde les aspects plus politiques de « l’adaptation aux changements climatiques ».
Il n’est pas dans notre intention de copier les arguments d’un mauvais scénario de sciences fiction ou de faire du catastrophisme à outrance ; il s’agit seulement de pointer sans faire du « politiquement correct » un sujet délicat qui nécessite une impérieuse politique d’anticipation.

Les changements climatiques sont bien réels au Canada.

D’un océan à l’autre, le pays en ressent les impacts : hausse du niveau de la mer, accroissement du nombre et de l’intensité des vagues de chaleur et des problèmes de santé connexes, baisse du niveau des Grands Lacs, changement des régimes de vents et de précipitations ainsi que fonte des glaciers et de la glace de mer en Arctique, étés plus chauds et niveaux plus élevés de smog dans les grands centres urbains, évènements météorologiques extrêmes plus nombreux tels que les sécheresses dans les Prairies, tempêtes de verglas dans l’Est du Canada ou inondations au Manitoba et au Québec, changements dans la migration des poissons, et infestations d’insectes dans les forêts de la Colombie-Britannique. En ce qui concerne ses ressources en eau douce, le Canada commence aussi à vivre une réduction de l’approvisionnement et une demande nationale accrue allant de pair avec une augmentation marquée de la demande mondiale ; il est attendu que ces tendances devraient s’amplifier.

Couvrant un territoire de 9 984 670 km2 (terre : 9 093 507 km2 ; eau : 891 163 km2), la superficie du Canada est un peu moins des trois-cinquièmes de celle de la Russie, environ 1,3 fois plus grande que l’Australie et un peu plus petite que celle de l’Europe. Avec 33 millions et demi d’habitants, le Canada ne représente cependant qu’environ 0,5 % de la population mondiale et produit cependant 2 % des émissions mondiales de gaz à effets de serre (GES).

Le Canada est en effet devenu l’un des pays industrialisés les plus énergivores et les plus carbo-intensifs du monde en grande partie en raison de ses exportations énergétiques croissantes vers les États-Unis et l’exploitation des sables bitumineux d’Alberta. Rien que les deux exploitations de sable bitumineux de Fort McMurray sont déjà la quatrième source de dioxyde de carbone au Canada.

Carte des dépôts de sables bitumineux de l’Alberta – Source : Norman Einstein  

L’importante augmentation des GES survenue au Canada dans les dernières années est essentiellement due à l’essor de l’industrie des sables bitumineux, aux autres activités industrielles ainsi qu’au secteur des transports. En 2020, l’accroissement de la production de pétrole par l’exploitation prévue des sables bitumineux pourrait amener la seule province de l’Alberta à produire autant de gaz à effets de serre que l’Autriche ou que la Belgique.

Le Canada est avec les États-Unis et la Russie l’un des rares pays développés dont les émissions de gaz à effet de serre continuent de croître. En 2007, au Canada, les émissions totales de GES ont atteint 747 mégatonnes d’équivalent de dioxyde de carbone (équivalent CO2), en hausse de 4,0 % par rapport à 2006 et de 0,8 % par rapport à 2004. En 2007, les émissions excédaient de près de 26 % le total de 592 Mt atteint en 1990. Cette tendance représente un écart de 33,8 % par rapport au niveau cible de 558,4 Mt établi pour le Canada aux termes du Protocole de Kyoto. Le Canada occupe la dernière place dans le plus récent bulletin de notes en matière d’environnement décerné aux pays du G8 par le Fonds mondial pour la nature et Allianz, le géant de l’assurance.

Un récent rapport du journaliste Andrew Nikiforuk présente le rôle du Canada dans la lutte contre les changements climatiques et s’intitule «Tar Sands: Dirty Oil and the Future of a Continent»[1]. Il met en évidence le fait que les investissements dans les sables bitumineux en Alberta ont atteint près de 200 milliards de dollars. Pendant ce temps, les technologies pour lutter contre l’augmentation des GES, la capture et le stockage du carbone n’ont pas été développées et elles pourraient ne pas l’être dans les 20 prochaines années. Le coût pour développer ces technologies a été évalué par Andrew Nikiforuk entre 2 et 3 milliards de dollars par an, soit entre 40 et 60 milliards en 20 ans.

La production de pétrole à partir des sables bitumineux consomme des quantités énormes d’énergie et génère jusqu’à cinq fois plus de GES que la production de pétrole conventionnelle. Elle exige aussi des quantités considérables d’eau. Les eaux contaminées accumulées dans des bassins de décantation couvrent déjà une superficie de 50 km2. D’après un rapport publié récemment par l’Institut Pembina, 1,8 milliard de litres d’eau contaminée sont rejetés dans ces bassins chaque jour, soit plus que la consommation d’eau de la ville la plus peuplée du Canada, Toronto. De plus, on ne sait pas si l’on pourra, ni comment il sera possible d’assurer la remise en état des immenses mines à ciel ouvert et, surtout, la décontamination des bassins toxiques. Les populations de caribous forestiers, déjà menacées, continuent de décliner à cause des activités d’exploitation, de la construction des routes d’accès et des pipelines.
Marlo Raynolds, directeur général de l’Institut Pembina, et Steven Guilbeault, Cofondateur et coordonnateur général adjoint d’Équiterre, écrivaient récemment : « Tous ces faits démontrent clairement que l’industrie des sables bitumineux est une industrie très polluante. Pourtant, au lieu de s’atteler à la tâche d’assainir les pratiques de l’industrie, le gouvernement fédéral (canadien) et le gouvernement (de la province) de l’Alberta continuent d’approuver de manière expéditive de nouveaux projets, tout en essayant de minimiser l’importance des problèmes de pollution aux yeux de la communauté internationale. Par exemple, le gouvernement de l’Alberta a lancé une campagne de relations publiques internationale de 25 millions de dollars dans l’espoir de défendre sa gestion des sables bitumineux (…). De même, le gouvernement (fédéral) canadien a fait pression sur le gouvernement américain afin que le pétrole des sables bitumineux échappe à une nouvelle loi qui interdit aux organismes publics américains d’acheter des combustibles à forte production de GES[2 ]».

Compte tenu de l’augmentation projetée de la production, la pollution issue des sables bitumineux pourrait potentiellement tripler d’ici les dix prochaines années. Si le Canada maintient le statu quo, l’exploitation des sables bitumineux risque d’affecter la capacité du Canada de faire sa juste part pour limiter les changements climatiques.
Ainsi, les émissions de GES par habitant canadien font partie des plus élevées dans le monde. Le Canada est le deuxième producteur mondial de GES par habitant, après les États-Unis d’Amérique. Au Canada, le Québec a, comparativement avec les autres provinces canadiennes, le plus faible taux d’émissions de GES par habitant du pays.

Effets du changement climatique, prévisions de changements, vulnérabilités et adaptations.

En raison des changements climatiques, la faculté d’adaptation revêt, plus que jamais, une grande importance. Les gens et les écosystèmes ont toujours tenté de s’ajuster aux changements et aux variations climatiques. Le rythme accéléré et l’ampleur des changements climatiques qui se font sentir partout au Canada, et plus particulièrement dans le Nord canadien, ont rendu l’adaptation plus difficile. Les risques posés par les effets dommageables des changements climatiques se sont également multipliés.

Les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre et la mise en œuvre envisageable du projet politique mondial de limiter la hausse moyenne des températures du globe terrestre à deux degrés Celsius environ par rapport aux valeurs pré-industrielles ne mettront pas fin aux changements climatiques actuels. Les gaz à effet de serre d’origine anthropique déjà présents dans l’atmosphère vont de toute manière continuer à changer le climat. C’est pour cette raison que les mesures d’adaptation doivent être prises dès maintenant.

Le Gouvernement fédéral canadien appuie la protection de l’environnement et le contrôle des changements climatiques en élaborant des politiques et des programmes, et en effectuant des recherches scientifiques limitées en raison de contraintes budgétaires sévères, en particulier en ce qui concerne la recherche dans les zones nordiques de son territoire.

Les auteurs d’un récent rapport du gouvernement canadien (2008) sur les effets des changements climatiques sur la santé humaine, intitulé « Santé et changement climatique : évaluation des vulnérabilités et de la capacité d’adaptation au Canada »[3] ont conclu que les problèmes respiratoires et cardiaques seront plus nombreux à cause des vagues de chaleur estivale plus intenses et en raison à la pollution plus grande de l’air. Ces chercheurs estiment que, dans les décennies à venir, le nombre de jours de grande chaleur pourrait doubler ou même tripler, entraînant ainsi une hausse de la mortalité. Le nombre de décès liés à ce phénomène devrait augmenter brusquement, surtout au Sud du pays.

Le document indique que la pollution de l’air, des niveaux plus élevés d’ozone dans l’atmosphère inférieure et une augmentation de la production de pollen feront croître les symptômes d’asthme et les allergies.
Les changements climatiques risquent aussi de créer un climat plus favorable à l’apparition de maladies infectieuses qui sont, pour l’instant, considérées comme rares ou exotiques au Canada. 

Ce sont les communautés du nord du pays (essentiellement composées d’autochtones) qui seront les plus vulnérables. En plus des nouveaux problèmes de santé qui affecteront le Canada, elles auront à tenir compte d’avalanches et de glissements de terrain qui pourraient devenir plus fréquents. Elles devront aussi affronter des pénuries de vivres et une diminution de la quantité d’eau potable.

Une plus grande sensibilisation des autorités publiques et de la population est nécessaire pour que les risques soient compris et que des mesures soient prises. Les auteurs du rapport demandent au gouvernement fédéral canadien d’agir immédiatement pour préparer les Canadiens aux graves conséquences et aux désastres qui seront engendrés par les changements climatiques.

La Table ronde nationale (canadienne) sur l’environnement et l’économie (TRNEE) a déterminé dans un récent rapport intitulé « FRANC NORD : Adaptation de l’infrastructure du Nord canadien au changement climatique »[4] que les infrastructures et les collectivités du Nord canadien sont loin d’être préparées à faire face efficacement à la menace émergente que posent les changements climatiques aux routes, aux bâtiments, aux sites d’élimination des déchets industriels, aux infrastructures de transmission de l’énergie et aux autres infrastructures essentielles en santé et en éducation.
Le rapport insiste plus particulièrement sur les risques d’effondrement ou de dégâts majeurs en ce qui concerne les routes, les bâtiments, les tours de communications, les systèmes énergétiques et les sites d’élimination des déchets des collectivités ainsi que pour les exploitants des ressources énergétiques et minières. Il est recommandé que le gouvernement fédéral canadien revoie à la hausse le financement qu’il consacre et entend consacrer à l’adaptation ou à la reconstruction de ces infrastructures.
Il doit aussi revoir les codes et normes d’ingénierie et de construction pour tenir compte désormais non seulement du risque climatique dans l’ensemble du pays, mais tout particulièrement dans le Nord, où prévalent des conditions particulières. Des infrastructures d’une valeur de plus de 5 milliards de dollars canadiens (environ 3,125 milliards d’euros) pourraient devenir précaires en raison des changements climatiques. Au cours de la prochaine décennie, les nouveaux projets d’infrastructure et les projets de remplacement des infrastructures existantes rendues dangereuses devront être conçus et construits pour résister aux nouvelles conditions climatiques envisagées.

Une autre recommandation de la TRNEE souligne la nécessité pour le gouvernement fédéral canadien « d’investir dans la mise à jour et la transmission de données plus complètes sur le climat, les projections liées au changement climatique et les informations en ce qui a trait à l’aménagement des infrastructures ». Les sciences sont au cœur des connaissances et des tendances en matière de changements climatiques. Il est critique d’en apprendre davantage sur la nature et la portée du changement climatique dans le Nord canadien et sur la façon dont seront touchées les infrastructures et les collectivités. Les données et renseignements de ce genre peuvent être plus utiles, et être utilisés au-delà des affaires gouvernementales, en soutenant la capacité des collectivités à s’adapter rapidement et efficacement ainsi qu’en favorisant le développement de l’infrastructure privée.
Plus précisément, la TRNEE recommande que le gouvernement du Canada investisse et garantisse les investissements dans les stations de collecte de données sur le climat et le pergélisol du Nord canadien pour modéliser le climat, prévoir les impacts, et appuyer les besoins de prise de décision en matière d’adaptation de l’infrastructure. Elle préconise les partenariats et les ententes de recherche. Elle demande également au gouvernement du Canada de consacrer les ressources nécessaires à la mise à jour et à la diffusion de façon fiable des données et renseignements pertinents sur le climat aux communautés et instances concernées, aux organismes de recherche et au secteur privé.

Par exemple, les modèles climatologiques utilisés à l’échelle du continent nord américain n’utilisent que les données d’une seule station au Nord du cercle arctique (soit la station d’Eureka sur l’île d’Ellesmere) alors que les données de nombreuses autres stations météorologiques sont disponibles. Plusieurs scientifiques ont exprimé leurs craintes en ce qui concerne une potentielle sous-évaluation du phénomène de réchauffement de l’Arctique à cause de cette extrême simplification des informations utilisées dans les modèles. Depuis le début de l’année 2010, les scientifiques canadiens ont dénoncé le sous-financement de la recherche scientifique sur les changements climatiques en particulier dans le Nord canadien.

La TRNEE recommande que le gouvernement fédéral canadien adopte pour le Nord canadien des approches de prévention des catastrophes et de renforcement de la préparation des collectivités pour les affronter. Il doit revoir les moyens d’urgence pour les aider à réagir ainsi que pour qu’elles puissent elles-mêmes réagir efficacement aux catastrophes.

Le TRNEE recommande aussi que le gouvernement fédéral canadien s’assure que les intérêts nordiques sont représentés et intégrés à l’élaboration de solutions d’adaptation au changement climatique. Les processus et mécanismes nationaux ne tiennent pour l’instant pas suffisamment compte ni ne se servent de façon adéquate les perspectives du Nord dans la conception et dans la mise à jour des outils d’adaptation au changement climatique. Cet aspect est essentiel pour que la région s’organise efficacement. Une participation importante des professionnels et des experts (codes et normes, assurance, gestion des catastrophes) et des collectivités du Nord dans la planification, la conception et l’exécution de l’infrastructure doit être organisée et institutionnalisée.

Il est essentiel que le Nord canadien dispose d’infrastructures fiables pour le développement régional durable et pour la sécurité humaine. Pourtant, dans plusieurs collectivités nordiques, les capacités d’évaluer et de gérer les risques que représentent pour l’infrastructure le changement climatique, ainsi qu’à saisir les occasions d’affaires, sont trop limitées. Comme il est critique de bâtir une expertise locale et régionale, il est nécessaire que les différents paliers de gouvernement collaborent pour tirer profit et partager les connaissances traditionnelles et locales, soutenir le développement d’habilités régionales ainsi que l’innovation régionale en encourageant l’élaboration de technologies adaptées.

Les efforts consentis.

Les efforts du gouvernement fédéral canadien ont été très limités jusqu’alors pour adresser les problèmes liés aux changements climatiques. En décembre 2007, le gouvernement du Canada investissait 85,9 millions de dollars canadiens (environ 54 millions d’euros) sur quatre ans « pour aider les Canadiens à renforcer leur capacité à s’adapter à un climat changeant.» Tout récemment des coupures majeures ont eu lieu dans les programmes consacrés aux impacts et aux adaptations aux changements climatiques.

Il est attendu que le Ministère de l’environnement se servira de son expertise pour améliorer les prévisions des changements environnementaux, des régimes climatiques et des phénomènes climatiques extrêmes à venir. Des projections plus exactes concernant les changements climatiques devraient aider les Canadiens à se préparer plus efficacement.

Les informations issues de la modélisation des changements climatiques seront utilisées pour améliorer la conception des ponts, des maisons et des structures de télécommunication pour que ces infrastructures puissent résister aux précipitations, à la glace et aux quantités de neige extrêmes ainsi qu’aux changements du niveau de la mer. Ces informations devraient contribuer à la planification des situations d’urgence partout au Canada.

Il était attendu que le ministère de l’environnement et d’autres ministères du gouvernement fédéral canadien mettent en œuvre des initiatives d’adaptation pour intervenir en réponse aux répercussions des changements climatiques : un système d’alerte et d’intervention relatif au climat et aux maladies infectieuses, et des stratégies et des programmes d’adaptation pour le Nord canadien, dont les collectivités et les infrastructures sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques. Les récentes coupures du gouvernement dans les fonds prévus pour les activités d’impacts et d’adaptation pourraient gravement nuire à l’efficacité des programmes prévus, en particulier dans le Nord.

Il semblerait même que le gouvernement fédéral canadien donne plus d’importance au niveau international qu’au niveau national. Ainsi le gouvernement du Canada consacre 100 millions de dollars canadiens (environ 63 millions d’euros) à l’adaptation globale au changement climatique pour aider les pays qui sont particulièrement vulnérables aux effets des changements climatiques.
Le Nord canadien apparait donc comme le grand oublié des programmes d’études, de prévisions et d’adaptation aux changements climatiques du gouvernement fédéral canadien.

[1] Andrew Nikiforuk, « Tar Sands : Dirty Oil and the Future of a Continent, édition révisée en 2010, Greystone Books, 240 pages, ISBN-10: 1553655559, ISBN 13: 978-1553655558
[2] « Exploitation des sables bitumineux – Le Canada, producteur de pétrole », Journal « Le Devoir », 6 juin 2008
[3] Mai 2008, version française du rapport préparé pour le gouvernement du Canada qui décrit les impacts sanitaires des changements climatiques sur la santé des Canadiens, gouvernement du Canada, 558 pages
[4] Novembre 2009-ce rapport peut être téléchargé depuis le site Web de la TRNEE : www.nrtee-trnee.ca/franc-nord
 .
* Elisabeth Marsollier a acquis une expertise en recherche et en enseignement du développement durable et de l’environnement ainsi qu’en relations internationales et en coopération internationale. Elle a aussi de grandes connaissances en gouvernance et en éthique.
 
Elle enseigne à temps partiel le développement durable, l’environnement et la gestion dans diverses universités canadiennes et européennes (dont l’Université de Savoie), et effectue des contrats spécialisés.
Après un doctorat de troisième cycle en écologie appliquée de l’Université Joseph Fourier (Grenoble) : thèse de doctorat sur le bassin-versant du Lac du Bourget, elle a fait des études post-doctorales en gouvernance du développement durable avec l’Université McGill (Canada) et l’Ecole Pratique des Hautes Etudes de Paris. 
Elle a une maîtrise de recherche en géographie physique (écologie, climatologie et hydrologie continentale, géomorphologie, biogéographie et pédologie) de l’Université Joseph Fourier (Grenoble) ainsi qu’une maîtrise en enseignement de l’histoire et géographie.
Diplômée de l’Université d’Ottawa en développement international et en coopération, elle a suivi des formations en administration publique (université du Québec et Ecole de la fonction publique), en économie et en philosophie (Université du Québec) avant de travailler en recherche et en coordination de recherches, en France au Centre Technique de Génie Rural des Eaux et Forêts ainsi qu’au Ministère de la Santé et de l’Environnement de Polynésie française.
Elle a occupé des postes de gestionnaire aux niveaux provincial (Québec) et fédéral canadiens et international (Nations Unies). Ainsi elle a été successivement Directrice du Conseil canadien de la recherche sur les études d’impact environnementales (1987-1990), Gestionnaire du portefeuille de projets sur les Eaux internationales et du portefeuille de projets sur la Biodiversité aquatique du Fonds pour l’Environnement Mondial au Programme des Nations Unies pour l’Environnement(1991-1993), Présidente et Directrice générale du Conseil de la conservation et de l’environnement du Québec (1993-1995) et Directrice générale de la recherche sur les océans et l’aquaculture (2000-2002).
Elle est auteur et co-auteur de plusieurs ouvrages et de rapports de l’OCDE, de rapports officiels du gouvernement du Québec, du gouvernement fédéral canadien, et des Nations Unies (y compris des rapports pour le Conseil de sécurité et plusieurs documents fondamentaux du Fonds pour l’Environnement Mondial).
  1. 3 commentaires pour “Risques climatiques vus d’ailleurs : le Canada”

  2. par Sylvie Parent, le 9 fév 2010| répondre

    Article intéressant et bien écrit. J’en retiens l’impact important des sables bitumineux sur la pollution générée par le Canada et leur influence sur les changements climatiques; et deuxièmement, le peu d’implication du gouvernement canadien dans le suivi des impacts des changements climatiques dans le grand nord, région très à risque sur la planète à court terme.

  3. par Svetli Dubeau, le 20 avr 2011| répondre

    Je suis tout à fait pantois devant ce fabuleux article frappant de vérités. Cela reflète bien l’ironie du bon vouloir de notre bon gouvernement conservateur vis-à-vis des Canadiens qui, pour hausser les recettes du pays et redistribuer la richesse, contribue fortement à l’asphyxie de notre économie prisonnière des énergies fossiles.
    Les programmes de suivi des changements climatiques font peut-être trop peur aux croyants qui siègent au Parlement pour ne pas divulguer les données et faire paniquer les canadiens et le marché «frileux».
    Pourtant le Canada est très bien placé pour devenir un leader mondial des énergies propres renouvelables avec tout le potentiel éolien (hydrolien) le long de son littoral (le plus étendu au monde) ainsi qu’avec le record d’ensoleillement par année.

  4. par verselin, le 16 mai 2011| répondre

    L’article est fort intéressant. Non seulement il est bien écrit, mais il dépeint une triste réalité !… Celle d’un Canada avide de profit qui détruit un écosystème sans penser aux demains !
    Mais le « monde entier » fait de même !
    Madame MARSOLLIER Elisabeth nous parle des sable bitumineux, mais n’aborde pas la problématique des gaz de schistes, qui eux aussi contribuent à non seulement détruire de grande portion de territoire mais aussi à mettre en danger les eaux souterraine pour les générations futures alors que nous savons que l’eau sur terre sera un des éléments de crises dans les décennies à venir !
    C’est vrai que les problèmes soulevés par les énergies fossiles sont nombreux et que d’aborder cela en totalité serait peut-être un si gros pavé, qu’ils nous seraient difficile de l’avaler.
    La seule solution passe par les énergies renouvelables,… mais combattre les groupes pétrochimiques, s’avère une tache fort difficile tant les enjeux financiers sont important pour eux !

Ecrire un Commentaire