Valloire : plaidoyer pour un développement durable
Posté le 15 juil, 2008 | par Dominique Levet |Valloire ! Le village de Place, autrement dit le chef-lieu, lové dans son écrin de roc, de pelouse alpine et de forêts d’épicéas, écrin adouci, au premier plan, par les ramures de quelques feuillus. Tout au loin, les premières neiges.
Bernard Grange, photographe d’art à Valloire, a su exprimer, tout à la fois, la majesté des lieux et la puissance des massifs ; la beauté de cette nature sauvage qui porte, néanmoins, l’empreinte de la main de l’homme ; souligner la force et la paix qui émanent de ce village, regroupé autour de son église. On a envie de s’arrêter et d’y vivre et, en regardant cette photo, me viennent à l’esprit les vers du poète des Fleurs du Mal : « Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. »
C’est vrai ! Mais ce n’est qu’une part de la réalité car, aujourd’hui plus que jamais, à l’heure de la globalisation ou de la mondialisation, comme on voudra, le bonheur de ce village, des femmes et des hommes qui vivent et travaillent sur cette terre de Maurienne dépend, certes, de contraintes endogènes mais, plus gravement encore, de son environnement global.
Ce qui a changé.
Nul, en effet, ne peut ignorer que des contraintes de plus en plus fortes, que nous qualifierons d’exogènes, c’est-à-dire d’extérieures à notre environnement immédiat, s’exercent sur le moindre recoin de notre planète. Ces contraintes se nomment, entre autres et en tout premier lieu, réchauffement climatique, crise énergétique et, dans le cas de nos stations de moyenne montagne mutation profonde du marché de la neige.
Le réchauffement climatique ou élévation moyenne des températures à la surface du globe - de 0,6 à 1° C au cours du dernier siècle - est un fait majeur. Le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC ou IPCC en anglais) le confirme et le tient pour certain : « le réchauffement est sans équivoque, évident dans les observations des accroissements des températures moyennes mondiales de l’océan et de l’atmosphère. » La communauté scientifique internationale considère le fait du réchauffement climatique comme avéré ; en témoignent, déjà, la recrudescence de phénomènes extrêmes comme les cyclones, les inondations près des côtes, une modification du régime des précipitations, etc.
L’OCDE [1], insiste sur le fait que dans les Alpes « le réchauffement récent y est à peu près trois fois supérieur à la moyenne mondiale » et met en évidence que les années 2000, 2002 et 2003 ont été les plus chaudes depuis 500 ans. La neuvième Conférence Alpine [2], d’Alpbach, en Autriche (novembre 2006) a appelé les différents acteurs des territoires alpins concernés (acteurs politiques et économiques) à mettre en place un plan d’actions pour la prévention des changements climatiques et à concevoir des stratégies d’adaptation pour les stations de sports d’hiver.
Il est acquis que le réchauffement climatique a, et aura dans l’avenir, un impact fort dans les Alpes avec des conséquences graves sur un milieu d’une importance économique et écologique majeure, sur une activité, le tourisme d’hiver, très vulnérable. Or, ce milieu est déjà fragilisé par les risques naturels, une pression démographique très forte, une pression sur l’environnement et la biodiversité qui ne cesse de s’accroître.
Une augmentation moyenne de la température de 2° C d’ici à 2050 fait remonter la limite de fiabilité d’enneigement naturel de 300 m ; une augmentation de 4° C, d’ici 2100, et c’est une remontée de 600 m de la limite de fiabilité. Dans ce cas, 29% des stations de Savoie auront disparu, 67% de celles des Hautes Alpes, 90% des stations des Alpes de Hautes Provence [3]. On voit bien, que les conséquences des modifications du climat pourront être irréparables dans certains cas. La question n’est donc plus : « Est-ce que le réchauffement climatique va se produire ? » Mais : « Que faisons-nous pour lutter contre ses conséquences extrêmes ? Comment ? Avec qui ? »
Les responsables du tourisme d’hiver ne sont pas restés inactifs. Ils ont recours à la neige artificielle, à l’amélioration des techniques de damage des pistes, au transfert des domaines skiables à des altitudes plus élevées ou sur des glaciers, à l’utilisation de bâches de plastique pour les protéger contre la fonte…, y compris au recours aux assurances. Mais tous ces moyens ont un coût financier, un impact environnemental mal ou peu évalué et, dans tous les cas, la persistance et l’accentuation du réchauffement font qu’ils ne sont pas la réponse appropriée à ce défi. Nous ne ferons ni l’économie d’une réflexion ni l’impasse sur une modification radicale de nos modes de penser et de nos pratiques.
A Valloire, le réchauffement est déjà perceptible si l’on en croit le professeur Jean-Claude Magnin qui, dans la dernière édition du livre Valloire, la vallée d’or [4], explique que « Depuis trois ou quatre ans (ont apparu) de petits éboulements laissant des traces brunes sur les parois de la Grande Parée, de l’Argentière, de la Haute Parée, signes nets des effets du réchauffement car, désormais, les fractures au sein des roches sont ouvertes par absence de glace. […] le névé situé juste en aval du col des Aiguilles d’Arves, entre Centrale et Septentrionale, n’est plus présent en été : on n’aperçoit que des plaques de « glacier noir », c’est-à-dire des blocs de glace mêlés à des débris terreux dans lesquels se creusent, çà et là, de petites crevasses. »
Dans cette lutte sur deux fronts : celui des contraintes créées par l’évolution du climat et celui de la concurrence entre les stations il y aura des « gagnants » et des « perdants » ; les stations de moyenne montagne qui auront su anticiper seront celles qui auront le plus de chance de survivre. Voulons-nous être de celles-là ? Ou de celles qui risquent de disparaître ?
Des atouts à valoriser.
Dans cette compétition, Valloire doit déterminer quels sont ses atouts et construire un véritable projet de développement durable pour cette station-village de charme, lancée en 1936 par une initiative du Club Alpin Français (CAF). Elle en possède plus d’un.
Son territoire est remarquable à plus d’un titre. La terre de Valloire appartient « au domaine humanisé » de la Maurienne ; elle offre une belle unité entre géographie physique et communauté humaine - la vallée de la Valloirette, suspendue à plus de 700 m au dessus de la vallée principale de la Maurienne, et sa vallée adjacente de la Névachette. Il en résulte un territoire fortement anthropisé où la vie a, pendant des siècles, tenu à un équilibre fragile, « négocié » en permanence avec un environnement naturel difficile sinon hostile.
Autre atout, son patrimoine naturel, géologique, faunistique et floristique. L’intérêt géologique du territoire de Valloire est attesté par le fait que les géologues en ont tiré trois noms pour désigner des domaines géologiques caractéristiques : les sous-zones des Aiguilles d’Arves et du Galibier, la « brèche du télégraphe ». Une partie de son territoire est classé Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF).
La commune de Valloire appartient au domaine du baroque savoyard. Son église, construite de 1630 à 1682 est un bel exemple de cet art religieux populaire qui traduit un renouveau de la foi catholique après le Concile de Trente (1545-1563).
Enfin, l’ancienneté de sa communauté humaine, sans cesse enrichie par des apports extérieurs qui maintiennent la population à un niveau élevé et enrichissent la communauté d’expériences nouvelles. Dans un contexte démographique de recul général de la population dans la vallée de la Maurienne, Valloire entame son redressement démographique dès le début des années quatre-vingt-dix, par un afflux d’éléments extérieurs composé en grande partie de jeunes couples. Cette population a, au cours des siècles, largement contribué à forger les paysages que nous admirons et donné à ce territoire son caractère actuel.
On peut évoquer aussi la richesse et la diversité du tissu associatif, sa forte implication dans la vie de la commune et de la station, tant d’un point de vue culturel, sportif, de la formation que des services à la personne … Cette vie associative constitue un pôle d’initiatives et d’interventions fort apprécié des Valloirins et des vacanciers et un vivier d’idées et d’acteurs du plus grand intérêt pour l’avenir.
Facteur d’attractivité déterminant le paysage requiert toute l’attention et tous les efforts de la communauté : c’est son meilleur capital. Des actions sont en cours depuis plusieurs années, dues à des initiatives privées ou communales. Les deux fermes, du GAEC du Pré-Clos à la Borgé et de Ladroit au village des Granges - ferme communale - contribuent par leurs activités à maintenir ouverts les paysages. L’une et l’autre, par de nombreux autres aspects, inscrivent leur activité dans une démarche de développement durable (voir article d’Hélène Martin-Tosca et Gilles Tosca). L’association foncière pastorale du Crey-Rond, présidée par Bernard Grange, œuvre aussi pour maintenir les paysages ouverts sur le Crey-Rond grâce au pâturage des moutons. Elle emploie un berger à temps partiel, pratique un pâturage raisonné sur des terrains privés qui, sans cela, seraient à l’abandon.
Nous l’avons déjà dit le paysage est le résultat, à la fois, de l’action des forces de la nature – érosion des glaciers pour une grande part - et de l’intervention humaine. Il n’y a donc rien de figé dans le paysage. Mais, attention, si on n’y prend garde, l’homme par son intervention ou par une absence d’intervention peut très bien dénaturer, parfois irrémédiablement, des paysages.
S’appuyer sur les outils d’aménagements.
Les paysages ouverts ne sont pas des paysages naturels mais résultent de l’activité agro-pastorale de dizaines de générations. Ne pas intervenir c’est accepter qu’ils disparaissent. L’adoption d’une charte architecturale et paysagère, comme cela s’est fait dans la Combe de Savoie et le Val Gelon correspond à une démarche de mise en valeur du territoire dans le respect du patrimoine paysager de la commune tout en répondant à des attentes et à des exigences nouvelles : préservation, innovation, intégration des activités humaines dans l’environnement naturel et bâti, performances. Cette charte, présenterait l’avantage d’être une aide à la prise de décision pour une démarche qualitative adaptée au territoire. Elle viendrait en accompagnement d’un Schéma de cohérence territoriale (SCOT) et du Plan local d’urbanisme (PLU).
Un projet de territoire ne peut être conçu que sous l’impulsion du politique, c’est-à-dire du maire et de son équipe avec les contributions de l’ensemble des acteurs du territoire. Pour cela, les élus et les citoyens de Valloire ont à leur disposition un cadre législatif et des outils réglementaires de qualité. Notre propos n’est pas de tous les nommer, encore moins de les étudier mais de rappeler que depuis 2005, à l’initiative du Président de la République, de l’époque, Jacques Chirac, la France a fait entrer dans sa loi fondamentale (Constitution de la Vème République) une Charte de l’Environnement qui, après la révolution politique de 1789 avec la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, la dimension sociale de la République (préambule à la Constitution de 1946), est le texte qui couronne l’édifice constitutionnel. Il est reconnu, pour chacun, un droit « de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé » (article 1er) et il est affirmé « que toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement. » (article 2).
Les élus, à qui appartient la décision finale et dont nous attendons qu’ils fixent les axes fondamentaux de la politique de la commune ont à leur disposition le Plan local d’urbanisme et son Projet d’aménagement et de développement durable (PADD). Ces outils leur permettront de définir les grands axes de leur politique. A la base de tout cela, un important et difficile travail est à effectuer pour instaurer une bonne gouvernance du territoire.
La réalisation d’un Agenda 21, par la commune, est l’occasion de se doter d’un véritable outil de mise en œuvre d’un projet global de développement durable, conçu et arrêté avec la population dans une vaste et réelle mobilisation de tous les acteurs du territoire. Mais c’est aussi un engagement moral, en d’autres termes : affirmer sa solidarité, dans une perspective d’action à grande échelle, avec tous les peuples de la terre. C’est aussi cela le message de Rio : « Une seule Terre ! » (devise de la conférence de Stockholm en 1972).
Engager un Agenda 21 de la commune c’est donc adopter les grands principes du programme de Rio, à savoir : élaborer une politique de développement « économiquement viable, écologiquement durable, socialement équitable ». L’Homme est placé au centre du développement qui devient le fruit de quatre pôles interdépendants : l’économie, le social, l’environnement et l’éthique.
L’essentiel : oser un projet.
Il y a sept ans, on commençait à peine à évoquer le changement climatique et, le plus souvent, les personnes – des scientifiques ou des écologistes – qui abordaient cette question étaient considérées comme de doux farfelus. Aujourd’hui le développement durable est au cœur de nos discours, de nos annonces, souvent tonitruantes et peu suivies d’effet, pour quelques uns de leurs actions. Après le film d’Al Gore, les travaux du GIEC, le Grenelle de l’Environnement…, il est difficile de ne pas admettre l’évidence. Le nier, faire comme s’il ne se passait rien, serait de notre part, à tous, la marque d’une certaine cécité, d’une grande ignorance, coupable au regard des générations à venir. Ce serait une faute.
A Valloire, le ski restera un des socles de la vie économique du pays, sinon le principal pour de nombreuses années encore. Mais il s’agit moins de le développer que de l’optimiser. Si la commune se donnait une vaste ambition, comme devenir un site d’expérimentation et de démonstration d’un développement durable appliqué à une station de moyenne altitude elle pourrait diversifier ses activités et développer un « tourisme culturel » réparti sur l’année. Il attirerait de nouveaux publics : particuliers qui viendraient chercher des informations et voir « comment on fait » (démonstrations), professionnels, scientifiques et étudiants qui rechercheraient des formations et des lieux de discussions et d’échanges (universités d’été avec un public international), populations scolaires. La commune y trouverait le moyen de rééquilibrer ses activités, entre l’hiver et l’été, dans le cadre d’une saison élargie. Son image en serait renforcée auprès de ses clients de l’extérieur, sur la base d’une plus grande qualité environnementale avec, pourquoi pas, un label de qualité. Les équipements hôteliers y puiseraient un dynamisme nouveau ; des gisements d’emplois seraient mis à jour.
Un tel projet est incompatible avec « le versant noir » de Valloire. Les événements liés aux sports motorisés, associés à une urbanisation démesurée brouillent l’image de cette station-village de charme, sans oublier que ces activités vont à l’encontre des recommandations faites dans le cadre du Grenelle de l’Environnement et des premières mesures qui en découlent ; de la réalité de la crise énergétique. Il ne s’agit pas de les supprimer du jour au lendemain, mais de leur substituer des manifestations respectueuses de l’environnement dont les effets économiques seront, à terme, équivalents.
La recherche de gains rapides et importants mais de courte durée peut-être déstabilisante pour des parties prenantes du territoire qui n’entreraient pas dans cette logique parce que, justement, elles tiennent compte des principes fondamentaux du développement durable. Les pouvoirs publics locaux doivent donner un signe fort dans ce sens s’ils veulent que leur politique soit crédible auprès de toute la population. Ils peuvent s’appuyer sur une demande touristique nouvelle de qualité environnementale, de volonté de découvrir et de comprendre le milieu d’accueil, par l’acquisition ludique de connaissances et la rencontre avec gens du pays.
Rappelons que le développement durable est, tout à la fois, une philosophie de vie et une méthodologie de l’action pour permettre à l’humanité de sortir du cycle mortifère dans lequel elle s’est égarée. Il consiste à satisfaire les aspirations économiques et sociales de l’humanité présente et en devenir, tout en préservant, ou mieux, en faisant fructifier le patrimoine naturel et environnemental dans lesquels elles s’enracinent. A notre échelle, la communauté villageoise est riche d’un capital humain, naturel et patrimonial, économique, qui lui permet d’établir les bases solides d’un développement durable de Valloire.
L’arrivée en mars 2008 d’une nouvelle équipe municipale à la tête de la commune, son attachement, pendant toute la campagne électorale, à montrer qu’elle entend mettre en œuvre une politique de développement durable, doivent être pris comme un signe positif pour l’avenir. Maintenant, il lui reste à passer aux actes et à travailler avec tous les acteurs du territoire de la commune. La création, à Valloire, d’un cercle de réflexion et de proposition pour un développement durable de la montagne, qui s’appuie sur un groupe de spécialistes éprouvés est un signe que les choses changent et qu’il existe une forte volonté de la population de prendre en main son destin.
Dominique Levet, professeur en sciences politiques des problématiques environnementales et de développement durable dans le cadre du Master international ParisTech, (également administrateur-fondateur de l’IEDD, Institut Européen du Développement Durable). Lire aussi : Le développement durable, l’avenir de l’homme.
1) Changements climatiques dans les Alpes – OCDE 2007.






2 commentaires pour “Valloire : plaidoyer pour un développement durable”
par jeremy huet, le 20 août 2008| répondre
Article intéressant. En espérant que ces ambitions soient portées par les élus locaux ainsi que les habitants et acteurs du territoire de valloire. Avez vous des informations sur des suceptibles réactions de l’équipe municipales, et sur le lancement de projet (ou de réflexion) sur la commune?
par Dominique LEVET, le 13 sept 2008| répondre
Je vous remercie du commentaire que vous avez envoyé, particulièrement parce que vous posez la bonne question en vous demandant si cet article n’est pas pure spéculation intellectuelle et si, par conséquent, il a un lien avec la réalité : les possibilités offertes par le territoire, les désirs de la population, les choix politiques de l’équipe municipale en place.
Sur le premier point. La réponse est simple : ce territoire a toutes les qualités pour développer des démarches de mise en œuvre des principes fondamentaux du développement durable adaptées à l’Arc alpin, à partir d’une approche fondée sur les territoires et suivant une méthodologie qui relève du Programme Man and Biosphere de l’UNESCO (MAB) et celle de l’Agenda 21.
Sur le deuxième point, les désirs de la population, son adhésion. Je conduis depuis 2003, dans le cadre d’une semaine culturelle consacrée au développement durable (Centre culturel de Valloire – AEP) un travail de sensibilisation et de formation au développement durable. Cette action concerne les élus et les personnels de la station-village, les Valloirins et les vacanciers. Ces derniers sont, il est vrai, les plus réceptifs. Mais en cinq ans les thématiques de développement durable se sont peu à peu imposées dans le débat local alors qu’au début de cette action il y avait, à son égard, indifférence sinon hostilité. J’en veux pour preuve que les deux dernières années le maire de Valloire a accepté que la conférence-débat, qui clôt la semaine sur le développement durable, se déroule dans la salle des mariages de la mairie, en sa présence et en celle d’adjoints et de conseillers. Henri Dupassieux, maire-adjoint de Chambéry, qui a travaillé sur l’Agenda 21 de Chambéry et de Chambéry métropole, Alain Boulogne - en tant que maire des Gets - ont été mes deux derniers grands invités et ont, chaque fois, fait salle comble. Désormais le débat existe et, par cette action, il est devenu possible entre des acteurs du territoire qui jusqu’alors étaient dans l’impossibilité, presque idéologique, de communiquer; le premier maire-adjoint de la nouvelle équipe a pris contact avec Henri Dupassieux pour engager une démarche d’Agenda 21. Le travail du Centre culturel et de son président, Jean-Loup Binias, qui a toujours soutenu ma démarche, a été de ce point de vue fondamental. J’ajouterai que pour une part de plus en plus importante des habitants de la commune – résidents permanents et double-résidents – les questions qui tournent autour de l’avenir durable de la vallée sont de plus en plus pertinentes et les poussent à s’engager. Ainsi, cet été, a été créé un « cercle d’études, de réalisations (projets) et de valorisation de Valloire et de la Maurienne autour des principes fondamentaux du développement durable » : Valloire et Maurienne en développement durable (VM2D), que je préside. En revanche, nous sommes parfaitement conscients que la démarche n’en est qu’à ses prémices, que la route sera encore longue et difficile.
Sur le troisième point, l’engagement de la nouvelle équipe municipale. C’est sans aucun doute le point le plus délicat et nous savons tous que Valloire a un « versant noir » : les manifestations de début et de fin de saison d’été qui sont centrées sur les sports motorisés. Sur ce point, il s’agit bien d’une politique municipale qui rejoint, il est vrai, la volonté d’une part importante des commerçants de la station ! Il faudra beaucoup d’imagination – pour trouver d’autres activités rémunératrices qui ne causeront pas de dommages collatéraux en termes d’image et d’environnement à la commune – et une forte volonté politique pour que Valloire rompe avec cette pratique.
Une nouvelle équipe municipale a été élue au printemps dernier, il faut lui laisser toutes ses chances pour faire ses preuves. Elle a fondé sa campagne électorale sur « Un développement durable partagé », sans doute pour faire comme tout le monde – il n’ y a qu’à reprendre la presse de cette période -, mais accordons lui aussi ce crédit parce que quelques personnalités, au sein de l’équipe, en sont convaincues. Nous nous connaissons bien, nous sommes décidés à travailler dans le même but. Ce sont, me semble-t-il de bonnes bases pour développer une vraie politique fondée sur une vision à moyen terme – à long terme serait mieux – pour mettre en œuvre un développement durable de cette belle station village.
Dominique LEVET