Véronique Klimine
Architecte R2K.
Etre architectes alpins…
Au sein de l’agence r2k nous réalisons des bâtiments publics faisant appel au bois qui ancrent notre production architecturale dans le territoire alpin. L’analyse d’impact environnemental des bâtiments a projeté les constructions respectueuses de la planète au devant de la scène, l’architecture bois en fait partie, elle offre l’opportunité d’être dans un développement local des ressources.
Des échanges décloisonnés :
Fait dynamisant, face aux enjeux sur la sobriété énergétique nous mettons en réseau des connaissances. Les barrières s’effacent, des débats entre acteurs, maitres d’ouvrage, promoteurs, formateurs, universités, écoles ont lieu. Nous partageons par exemple des solutions architecturales sur des projets avec W. Unterrainer un architecte du Vorarlberg (Ouest de l’Autriche). Avec ses pairs, ils ont réussi le tour de force d’une architecture bois ultra-contemporaine performante en énergie (bâtiments passifs) tout en restant économiquement réaliste.
Le CAUE qui a fait voyager des élus dans cette région a clairement activé la prise de conscience des acteurs. La familiarité des paysages entre nos régions est d’ailleurs saisissante et confirme que l’on a beaucoup à partager.
Rassembler des forces :
Comme expérience repérée, nous savons que ces architectes ont créé un dialogue efficace avec des entreprises de charpente (liens familiaux ou de proximité géographique) et fait avancer la mise en œuvre et la préfabrication de leurs réalisations. Les échanges ont favorisé la performance et l’économie des systèmes constructifs. Nous regrettons de ne pouvoir mener ce dialogue lors de la mise au point de nos dossiers, pour cause de procédure de marché public.
Pour y pallier, en Isère, des initiatives de rencontres informelles interprofessionnelles ont lieu entre concepteurs, ingénieurs bois, architectes, entreprises, compagnons, formateurs, scieurs.
Des reflexes à revoir :
Les avancées sur les enjeux thermiques et environnementaux des projets ont totalement remis en cause notre conception, les détails d’hier ne sont plus efficients. Il y a besoin de construire un dialogue avec tous les acteurs qui sont demandeurs car en pleine évolution eux-mêmes.
Une presse plus éclectique :
Des nouvelles revues, comme Ecologik, se font le relais d’expériences internationales sur les 5 continents, avec des projets aux idéaux forts et réellement efficients qui changent des débats « nombrilistes » encore de mode. Par rapport au positionnement des fabricants il faut s’imposer une relecture sérieuse pour débusquer les impostures …
Humilité et évaluation :
La rigueur scientifique de l’évaluation après construction ne faisait pas beaucoup partie des pratiques architecturales. Le vécu et le vieillissement des bâtiments recueillaient peu d’informations.
A présent toute la filière est d’accord : les effets d’annonce sur cibles et performances ne suffisent plus. Des missions nouvelles apparaissent consistant à créer des carnets de bord d’évaluation sur 2 à 3 ans de vie après livraison. Tout est analysé, les concepteurs dans la validité de leurs hypothèses de calcul et les usagers ou habitants dans leur mode de vie. Les meilleures conceptions doivent s’accompagner de comportements responsables. Pédagogie et Apprentissage permettent des dialogues revitalisés entre l’architecte et ses clients.
Rêves pour l’avenir :
Lors des concours d’architecture publique les dossiers sont actuellement analysés sur le plan fonctionnel, esthétique, économique et énergétique.
Si les projets pouvaient également afficher leurs performances en dépenses en carbone une architecture différente verrait le jour, avec d’autres matériaux et références culturelles.
Les « goûts et les couleurs » de la culture architecturale n’ont pas toujours évolué avec les contingences environnementales.





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