Vincent Neirinck
Croyez-vous au développement durable ?
Oui évidemment oui, pour peu qu’on soit bien d’accord sur ce que l’on met derrière ces mots.
Car d’aucun considère qu’on a affaire là à un oxymore, l’apposition de deux mots contradictoire.
A voir ce que l’Homme a pu causer comme dégâts environnementaux pour « assurer ses besoins », on aurait tendance à le croire. Reste qu’à Mountain Wilderness, nous sommes convaincus qu’il y a une place pour l’homme dans la nature, à condition toutefois d’intégrer les notions de respect et de responsabilité, d’équilibre et de cohérence. C’est la base des actions que nous menons dans le domaine de la mobilité douce, des installations obsolètes, mais aussi dans la lutte pour préserver les dernières rivières sauvages, contre les loisirs motorisés dans les montagnes, ou contre l’extension infinie des lits, des pistes, et des réseaux d’enneigement artificiel dans les stations.
Si le développement durable peut apporter des solutions à long terme, il faut se méfier du « green washing » : on cautionne tous les aménagements, toutes les activités, avec des mots, en signant des « chartes ».
Non au « développement durable » s’il doit cautionner les ballades en motoneiges, au prétexte que l’on utilise de l’huile bio dans les moteurs, s’il doit permettre les rassemblements de 4×4 ou de quads comme la Croisière Blanche dans les Hautes-Alpes ou la Transvalquad en Savoie parce que les participants se voient offrir un arbre à planter !
Non au « développement durable » tel que le voyait tel maire d’une grande station qui voulait massacrer un lac classé pour en faire une retenue collinaire à usage d’enneigement artificiel. Il a pourtant osé invoqué le « principe de précaution » et le « développement durable » justement : « mes fils doivent pouvoir faire la même chose que moi ! »
Le vrai problème, c’est qu’aujourd’hui, on « développe durablement » en plus du bétonnage que l’on a fait depuis des décennies et que l’on continue à faire. Il faut aujourd’hui que ce ne soit plus un ajout cautionnant la poursuite d’un développement traditionnel consommateur d’espace et de nature, mais une substitution.
Alors, là, oui, il y a matière à croire au développement durable.





>
>