Montmélian championne de la catégorie solaire thermique
Article de P/DurAlpes, le 3 fév, 2008
Montmélian est une commune de 3 928 habitants,
située dans le département de la Savoie.
Rencontre avec son maire Roger Rinchet.
Quelle est l’origine de la politique solaire de Montmélian ?
C’est au retour d’un voyage en Israël, alors que j’étais parlementaire, que j’ai décidé avec mon conseil municipal, d’expérimenter l’énergie solaire à Montmélian. J’avais en effet constaté que les habitants de là-bas plaçaient sur leur toit terrasse de gros bidons d’eau qui, chauffés toute la journée par le soleil, leur fournissait le soir de l’eau chaude.
Comme nous avions un projet de rénovation du centre nautique de la ville, nous avons décidé d’installer des capteurs solaires thermiques sur le toit du bâtiment destinés au chauffage de l’eau de la piscine et de l’eau sanitaire, et du chauffage de l’ensemble du bâtiment.
Cela fait 25 ans que ces capteurs fonctionnent sans aucun problème et, petit à petit, au fur et à mesure des projets que nous mettions en place nous avons développé l’installation d’équipements solaires sur nos équipements publics : vestiaires des stades, gymnases, hôpital local, foyer de jeunes travailleurs, ateliers municipaux… Puis nous avons incité des promoteurs publics et privés à intégrer l’énergie solaire dans leurs programmes neufs ou de rénovation. Aujourd’hui aucun projet ne peut voir le jour à Montmélian, si n’a pas été étudiée la possibilité d’intégrer des énergies renouvelables dans leur réalisation.
Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées ?
D’abord pas mal de scepticisme, non des habitants de Montmélian, mais des techniciens du bâtiment, des architectes, des bureaux d’études, voire même certaines administrations qui, à l’époque, s’intéressaient peu ou pas du tout aux énergies renouvelables.
Aujourd’hui les attitudes ont quelque peu changé, mais il a souvent fallu se battre et convaincre pour avancer. C’est donc plus facile maintenant, d’autant que Montmélian est un exemple concret de ce que l’utilisation des énergies renouvelables peut apporter : fiabilité, durabilité des installations, économies énergétiques, mais aussi financières (tout en améliorant l’environnement par un moindre rejet de CO2 dans l’atmosphère nous avons économisé, rien qu’avec les 220 m² de capteurs du centre nautique, plus des 2/3 de la facture énergétique, soit environ 600 000 euros en 25 ans et nous avons maintenant près de 2 000 m² de capteurs installés sur la ville,.).
La seconde difficulté est d’arriver à insérer un projet dans un programme permettant d’obtenir des subventions sur l’investissement. Pour notre centrale solaire photovoltaïque de 240 m², nous avons pu intégrer le programme européen Universol qui, outre l’aide qui nous a été apportée par l’Union Européenne, a permis de débloquer divers aides de l’Etat par l’intermédiaire de l’ADEME, de la région Rhône-Alpes et du département, réduisant la facture de la ville de près de 80%.
Quel est le retour sur investissement de vos équipements ?
Contrairement à ce que l’on entend parfois, le temps de retour sur investissement est très raisonnable, d’environ 6 à 8 ans. J’ai coutume de dire qu’à quelque chose près, c’est la durée d’un mandat. Il est évident que le développement des installations utilisant des énergies renouvelables doit s’accompagner d’actions complémentaires - traquer les déperditions d’énergie, avoir des chaudières d’appoint performantes, travailler sur l’éclairage public – en menant une politique d’ensemble.
Et demain ?
On parle beaucoup du développement durable aujourd’hui. C’est un thème à la mode et c’est tant mieux. Reste qu’il y a beaucoup de la parole aux actes. Au-delà des déclarations d’intention, il faut une véritable prise de conscience collective, aussi bien des décideurs politiques ou économiques que de nos concitoyens, pour que nos comportements changent, car seule une modification fondamentale de nos façons de vivre, de travailler, de consommer permettra de sauvegarder notre planète.
L’enjeu est donc essentiel et c’est à cette prise de conscience collective que nous souhaitons, à notre place, travailler. En montrant ce qu’il est possible de faire, techniquement en testant de nouveaux équipements, mais aussi politiquement en engageant des actions dynamiques, cohérentes et durables dans ce domaine, Montmélian veut, à la place qui est la sienne, celle d’une petite ville, être un exemple. Si une petite ville comme la nôtre peut le faire, d’autres villes ayant les mêmes moyens ou des moyens beaucoup plus importants, peuvent aussi le faire.
L’énergie solaire est gratuite, peut être exploitée simplement et donc est un facteur de développement important pour des continents comme l’Afrique. Elle nous permet aussi de ne plus être dépendants d’enjeux politiques dictés par des intérêts financiers ou économiques dans les pays producteurs de pétrole.
Le label européen Cit’ergie european energy award qui vient de nous être attribué pour l’exemplarité de notre politique-climat, nous aidera, je l’espère, à sensibiliser de nombreuses communes de France et d’Europe sur ces questions.
Portrait de Roger Rinchet à découvrir dans le Who’s Alpes en cliquant ici
Photos : © MIRCO éditions, mairie de Montmélian





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