6. Face à la crise, comment rebondir

Article de Myriam Caudrelier, le 20 fév, 2009

1ère partie

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 FACE A LA CRISE, COMMENT REBONDIR ?

Comprendre la crise. Ne pas se voiler les yeux sur les causes, les responsables, les coupables. Analyser les conséquences. Essayer de voir quels sont les niveaux d’action, notamment local : «Penser globalement, agir localement» et envisager les remises en cause.

Le développement durable devient-il dans ce contexte une réelle opportunité pour recomposer l’économie ? Une économie qui place l’Homme et l’environnement au cœur de sa croissance ? Quels leviers pourrions-nous alors utiliser ?

Avec l’économie, nous ouvrons un nouvel acte de notre dossier «Le développement durable, vous y croyez ?». Bernard Maris, professeur des universités, économiste et chroniqueur, a bien voulu, pour Dur’Alpes, conjuguer dans un de ses exercices de style habituels, pédagogie et analyse sur la situation actuelle, ses mécanismes et les enseignements qu’il faut en retirer. La semaine prochaine Léon Dayan, professeur universitaire à Paris1-Panthéon-Sorbonne, apportera son éclairage sur les liens entre économie et développement durable.

La crise est là.

Baisse de 2% du PIB en France, 2.25% en Allemagne, autant en Grande Bretagne, en Espagne, aux Etats-Unis où l’économiste Nouriel Roubini prévoit quelques années de dépression. Au dire des banquiers eux-mêmes, nous avons échappé à une énorme catastrophe, une faillite généralisée du système bancaire et financier après la mise en faillite de Lehman Brothers. Jusqu’à quand ?

Qui l’avait vue venir ?

Personne ou presque. Certes il y avait quelques Cassandres : Patrick Artus, qui annonçait régulièrement la fin du système et qui avait publié «Le capitalisme est en train de s’autodétruire ?» et «Globalisation, le pire est à venir» ; François Lenglet, «La crise des années 30 est devant nous». Denis Kessler ex vice-président du Medef, patron du réassureur la Scor, avait bien anticipé, constitué un matelas de liquidité, refusé de racheter des actions. D’autres.

Du coté des banquiers et financiers… cécité totale ; du coté des autorités de contrôle (SEC, Banque fédérale américaine, son ancien président Greenspan, jugé comme le grand fautif aujourd’hui)… cécité totale. Personne ne pense qu’il s’agit d’une banale purge, d’une crise des affaires qui surgit tous les dix ans, comme le pensait Marx. C’est plus profond. Personne ne pense – sauf une ou deux personnes – qu’il n’y ait pas un défaut de régulation ; la preuve, on en vient à appeler ceux que l’on a si longtemps décriés, les politiques : c’est Georges Bush qui appelle l’Etat à l’aide, c’est Angela Merkel qui entre au capital de la Commerzbank, c’est le patron de la Deutsche Bank qui jure ne jamais rien demander à l’Etat, et qui tout à coup le supplie de recapitaliser, c’est Alan Greenspan qui reconnaît qu’il s’est trompé ! Sans parler de Nicolas Sarkozy, qui prônait le «credit revolving», celui qui a favorisé la crise des subprimes, et qui fait un plan de relance substantiel (40 milliards en recapitalisation bancaire, 320 en soutien de créances, 26 en relance directe, plus 5 à l’automobile, plus 22 pour les PME, plus 20 pour le FSI (fonds soutien de l’investissement) ; ou Gordon Brown qui nationalise.

Crise mondiale.

Il y a eu la première crise mexicaine, la chute boursière de 1987 (celle qui a conduit à la doctrine Greenspan : «Fed buy all bonds» : Tout le crédit que vous voulez. Ce que dit Bernanke (successeur de Greenspan) aujourd’hui : helicopter drop, je balance de la liquidité par «hélico», la faillite des Caisses d’Epargne américaine (première crise immobilière, la crise asiatique 1997, la crise russe 1998, LTCM (1999), la bulle internet, Enron 2001, Worldcom 2002 (le double scandale des agences de notation qui sont payées par ceux qu’elles notent), la crise japonaise, mais tout était «localisé ». Là, ce qui est intéressant, c’est la Chine qui fait un plan de relance de 7% de son PIB. (Ce n’est pas 1.1% comme en Europe ! Donc le feu est partout.

COMPRENDRE LA CRISE.

D’où vient-elle ? De loin, et des Etats-Unis. En 1950, les Etats-Unis sont avec l’Angleterre les pays les plus égalitaires du monde, Les revenus sont tassés. Aujourd’hui c’est l’un des pays les plus inégalitaires du monde riche (avec le Royaume Uni d’ailleurs). Jusqu’en 1971, les Etats financent par le dollar la reconstruction du monde (et une guerre au Viet Nam). En 1971 ils arrêtent, parce que leur rôle de financiers du monde handicape leur industrie et que l’Europe et le Japon les rattrapent. C’est de 1971 que date la phrase de Conally, le secrétaire d’Etat au Trésor de Nixon : «Le dollar c’est notre monnaie et votre problème».
1971 est une date importante : c’est le coût d’envoi de la mondialisation, de l’argent à profusion, du crédit facile. Une tendance qui s’arrête en 2008.

Plusieurs caractéristiques.

- La délocalisation.
Elle s’explique par le pétrole bon marché et le fait que les coûts de transports n’entrent plus dans le prix des produits. Le coût du transport n’intègre pas la dégradation de l’environnement notamment. D’où les délocalisations, on cherche de la main-d’œuvre dans les bas salaires, phénomène encouragé par la révolution informatique : aujourd’hui on est capable d’usiner une pièce à distance, d’opérer à distance, et bien entendu de faire une comptabilité à distance. A contrario, la crise aujourd’hui ce sont les conteneurs qui ne bougent plus des ports chinois.

- Le pacte sino-américain.
La Chine devient l’atelier du monde. Et les Etats-Unis les grands emprunteurs, les endettés, notamment vis-à-vis de la Chine. Le dollar et le yuan sont alignés. De 1997 à 2005 la parité ne bouge pas, de 2005 à 2009 le dollar se dévalue (et le déficit commercial américain avec la Chine explose aux environs de 250 milliards de dollars). Les Etats-Unis fonctionnent sur effet de levier, sur endettement. Ils fonctionnent comme un hedge fund. Ils empruntent très bon marché pour installer des usines en Chine et acheter Chinois, des produits que leur vend Wall Mart, la plus grosse entreprise américaine, une entreprise discount à faible protection sociale. Si l’on regarde les profits rapatriés du fait de leurs activités en Chine, ils sont supérieurs aux intérêts qu’ils versent pour leur dette. C’est une sorte de hedge fund. Le pacte sino-américain fait que les premiers accumulent des dollars (des bons du trésor américain, qu’ils entassent – ils sont autour de 2000 milliards aujourd’hui), qui financent la production qu’ils écoulent aux Etats-Unis.

Les Etats-Unis s’enfoncent, depuis Bush particulièrement, dans l’endettement, public et privé. Public : il est un petit peu plus élevé que l’endettement des européens, mais l’endettement privé devient très important. Les américains n’épargnent plus. C’est le prix à payer pour avoir un niveau de vie qui se maintient et un chômage faible. Mais le salaire moyen augmente peu, il régresse même depuis trois ans. Le revenu moyen, lui, augmente parce que celui des riches explose. C’est l’explosion des inégalités dans un pays qui était très égalitaire. Le rapport du salaire du pdg au salaire de l’ouvrier passe de 1 à 40 dans les années 60 à un à 400 (Piketty).

- La naissance du «off-shore».
La décision de Nixon de supprimer la parité du dollar avec l’or lance le marché monétaire mondial interbancaire. Les grandes banques internationales mettent en place un immense marché de l’argent de gré à gré qui échappe au contrôle des autorités de tutelle. Le système bancaire international, qui était complètement sous tutelle après la crise de 29 et depuis 1945 s’émancipe (les banques françaises sont coupées en deux, dépôt et affaires, et sont nationalisées jusqu’en 1986). En même temps la finance américaine domine le monde : Wall Street (15 000 milliards en 2007) pèse plus que toutes les autres places financières réunies (11 000 milliards) ; ce qui veut dire que les règles américaines vont s’imposer, notamment comptables, ainsi que la culture financière anglo saxonne. Ainsi la règle de la «fair value» évaluation instantanée par le marché, indépendante de la structure d’une entreprise (comme Véolia, massacrée alors que la rente Veolia ne bouge pas), favorise l’euphorie boursière, et la déprime. Effet cumulatif. Comme la vente à terme. Nait alors une «industrie financière» très profitable et très ingénieuse.

Le «offshore» c’est les paradis fiscaux. Un petit matelas de 10 000 milliards de dollars, dans lesquels toutes les grandes banques ont des agences. Les paradis fiscaux sont pour les fraudeurs du fisc et les maffias.

- La naissance de l’«industrie» financière.
Comme en 29, les banques et les institutions financières sont responsables de la crise. Pourquoi ?
> Parce qu’elles ont eu de l’argent à profusion, du crédit à profusion que leur ont donné les autorités monétaires, surtout la Banque fédérale américaine.

> Parce qu’elles en sont venues à nier la notion de risque. A croire que le risque pouvait disparaître. Aidées en cela par des modèles mathématiques compliqués (dont ceux de Merton et Scholes, les prix Nobels dont le second fut cofondateur du fonds LTCM en faillite en 1999), mais surtout une idéologie niant le risque, corrélative d’une idéologie de l’argent facile. Ce n’est plus le banquier qui supporte le risque, mais le client. Pire : le vendeur ne sait pas ce qu’il vend comme risque, et l’acheteur ne sait pas ce qu’il achète. Comme l’acheteur ne sait pas ce qu’il achète, il achète la marque, par exemple Lehman Brothers, la plus vieille banque de Wall Street, sans savoir que les actifs de celles-ci sont pourris.

- Changement de mentalité.
Le gentil du capitalisme n’était plus l’ingénieur qui dépose un brevet, mais le golden boy qui s’enrichit ou qui enrichit son fonds en quelques jours. Mythe de la fortune rapide faite par des coups, mythe d’une classe de traders qui gagne plus que les patrons. Rien à voir avec «L’esprit du capitalisme» de Max Weber.

- Produits dérivés, la titrisation, et les fonds d’investissement.
Dans cette «industrie financière» apparaissent de nouveaux secteurs, notamment les produits dérivés : les produits d’assurance. Ne nions pas l’intérêt de l’assurance sur les fluctuations du dollar : «si je vends des airbus facturés en dollars, je n’ai pas le choix». Mais ne nions pas non plus le surcoût que cela impose, ni les tendances spéculatives que cela induit. Sur les matières premières, sur les produits agricoles, les marchés dérivés ont sans doute des effets douteux.

Les hommes politiques ont largement favorisé ces marchés ; c’est Pierre Bérégovoy, suivi par Edouard Balladur qui a créé les marchés d’options d’actions (c’est Dominique Strauss-Kahn qui autorise les entreprises française d’avoir recours aux normes comptables internationales, c’est lui qui facilite les rachats d’actions – le droit européen interdisait les rachats d’actions (en France, loi de 1966), ce sont des gouvernements de gauche et de droite qui ont permis la transformation de sociétés purement mutualistes en sociétés anonymes (crédit agricole).

Les produits dérivés.
La première manière de faire disparaître le risque est de s’assurer. Ce faisant, on transfère le risque. Par exemple on transfère les risques des collectivités territoriales à des «rehausseurs de crédit» qui garantissent 2400 milliards de dollars. Ou les crédits hypothécaires à des agences (Fanny Mae et Freddy Mac) 5200 milliards de dollars. La première faillite (avant Fanny et Freddie), Countrywide financial, nationalisée ; ensuite c’est Northern Rock, nationalisée, puis Bear Sterns, rachetée par JP Morgan pour rien (2 dollars l’action au lieu de 165 six mois plus tôt).

Dans les produits dérivés il y a les CDS (Credit défault swaps) 60 000 milliards de dollars. (La banque se défait de son crédit, en échange, le preneur de risque émet une obligation (il emprunte à la banque souvent). On fait des CDS pour tout, pour l’immobilier, pour l’auto, pour les prêts étudiants. Ces CDS sont ensuite mixés dans des CDO (Collateralized Debt Obligations.) En général ce sont des mix de 200, 300 actifs. Une question se pose : est-ce que ces CDS sont financés ou non ? L’une des raisons pour lesquelles les banques ne prêtent plus, c’est qu’elles savent qu’elles sont assises sur une bombe. Pire : elles ne savent rien ! A tout hasard elles ne prêtent plus.

La titrisation.
La aussi c’est un transfert de risque. La banque crée une société autonome, cette société autonome émet des obligations qui sont la contrepartie des actifs risqués. C’est incroyablement pervers. Les actifs risqués disparaissent du bilan de la banque, qui peut réemprunter à nouveau à l’infini. Le bilan est nettoyé, et le risque est dans le hors-bilan. Un bon moyen d’échapper aux normes prudentielles.

Les hedge funds.
Les fonds d’investissements. Ils interviennent sur tous les compartiments de la bourse, et leur idée est de «décorréler» leurs rendements du rendement de la Bourse, de battre l’indice. Donc ils attaquent des entreprises, mais ils peuvent aussi agir sur les matières premières, les produits agricoles, les marchés d’obligations etc. Mais en général ces fonds empruntent, ils font un «LBO», attaquent une entreprise, signent un pacte avec les dirigeants, leurs promettent un énorme bonus, en général payé en actions de l’entreprise qu’ils revendent avec plus value. C’est donc un contrat au détriment des salariés. S’il y a délocalisation, s’il y a licenciement, les salariés «trinquent», le staff empoche la plus value. C’est le nouvel esprit du capitalisme. 25% des fusions acquisitions dans le monde. 5000 entreprises contrôlées par des hedge funds en France (Pages jaunes, Picard, Yoplait, Dim, Noos, Afflelou, etc.) dont 1/4 de plus de 500 salariés (1 500 000 salariés au total, plus que le CAC 40) 2/3 des hedge funds sont dans des paradis fiscaux.

- C’est le nouvel esprit du capitalisme.
Un capitalisme actionnarial, ou patrimonial, dont le fondement est la valeur boursière, et qui, évidemment ne vit que tant que la bourse monte est né. Cette exigence de «valeur» se traduit par des taux de rendements exigés des opérations assez exorbitants, de l’ordre de 15 à 20% ou plus.

Quand une économie mondiale croit à 5% comment avoir du rendement net à 15% ? C’était la question bêtement posée par Patrick Artus, et par d’autres. Du point de vue comptable, c’est impossible. Soit, il faut que tous les gains de productivité aillent au capital, que les salariés ne reçoivent plus rien ; soit il faut un système artificiel de gains de productivité, par restructurations et délocalisations permanentes. Donc par pression sur la masse salariale. C’est arithmétique. Les salariés ne peuvent rien à cause de la menace de délocalisation.

Par exemple la faillite de Lehman, est une énorme erreur. Et pourtant… C’est l’esprit du capitalisme ! Celui qui a failli, fait faillite. C’est une sanction. Il est puni. Sauf qu’avec le nouveau système, la banque ne peut plus faire faillite. Vous imaginez la perversité du système : je fais n’importe quoi, et je ne suis pas puni. Je suis intouchable, j’ai toujours du crédit qui arrive. Les patrons de Wall Street n’ont pas hésité à se verser des bonus en pleine crise dont 35 millions de dollars pour le patron de Lehman).

L’ancien esprit du capitalisme est incarné par Max Weber, puritanisme et travail, morale du travail : si j’échoue, je paye sur mon capital. Je suis ruiné. Et respect de la division du travail : le capitaliste a besoin d’un fonctionnaire intègre, d’un juge honnête, d’un policier qui mate les grévistes, et d’un professeur qui fait son travail !

- Fordisme :
C’est le pacte du capitalisme et du travailleur : les hauts salaires permettent d’écouler la production.
Nouvel esprit du capitalisme, argent facile, court terme, cupidité valorisée, mise en scène admirée, mépris du public, évasion de l’impôt, refus de l’Etat. Risque zéro. Garantie du crédit en toute occasion. Mépris du travail qui est un coût, une charge.

 COMMENT REBONDIR ?
Tout dépend un peu des autres !

- Des Etats Unis.
Et de la capacité de Barak Obama à mettre au pli Wall Street. Mais il a d’autres préoccupations : la santé, la recherche, l’écologie, la guerre.
On peut espérer cependant dans la réussite du plan américain. Auquel cas, on renoue avec la croissance dans deux ans. En même temps on peut craindre un certain repli des Etats Unis sur eux-mêmes…
En ce qui concerne la régulation mondiale, les réunions du G20 sont formidables, mais on ne peut pas attendre de réforme des institutions sans la participation active des Etats Unis.

Quelles réformes alors ?
* Définir de nouvelles règles comptables et de nouvelles règles prudentielles. Le ratio Cooke, le ratio McDonough qui tiennent compte de la valorisation boursière des actifs sont à réformer.
* Contrôler les hedge funds et lutter contre les paradis fiscaux.
* Définir de nouvelles règles de rémunération des dirigeants des banques : certains pays comme la Hollande ont déjà limité la fourchette de leurs rémunérations. On retrouve la Théorie de Veblen ou de Keynes où les classes dirigeantes montrent l’exemple. Là, quel fut l’exemple et de nos hommes politiques et de nos dirigeants d’affaires ? L’exemple fut la démesure, la cupidité, l’absence de tout lien social, territorial.
* Redéfinir le rôle du FMI et limiter notamment le pouvoir des Etats-Unis. Donner au FMI un pouvoir d’émission monétaire. Revenir au plan Keynes de Bretton Woods où le FMI était une super-instance de régulation.
Mais tout ceci prendra beaucoup de temps.

- De l’Europe.
L’Europe va mal, du fait du divorce franco-allemand et de la différence de doctrine des uns et des autres (Polonais, Tchèques, Irlandais. Les Irlandais ont été de véritables passagers clandestins de l’Europe.)
Avant la crise, les tendances centrifuges étaient fortes : cavalier seul sur la fiscalité par exemple. Il n’est pas exclu que la crise, si elle est longue, fasse éclater l’Europe.
Peut-on envisager une dose de protectionnisme ? Juste pour se protéger du dumping social et écologique de certains pays ? Imposer une traçabilité écologique des produits importés par exemple ? Difficile. D’abord le credo du bienfait du libre commerce est tellement inscrit dans les têtes… Ensuite, l’unité européenne n’est pas assez forte pour aller vers une dose minimale de protectionnisme.

-  De la France.
Peut-on jouer seul ? En matière bancaire et financière, oui. La France est passée d’un extrême à l’autre : tout Etat, et puis tout marché. L’idée de la création du FIS est une très bonne idée. On peut certainement augmenter la taille de ce fonds souverain, l’abonder en rente française, pourquoi pas – par exemple le tourisme est une rente française.

- De la région.
La crise va relocaliser les économies, ce qui est une chance. Il va falloir retrouver une économie de proximité, cohésive et coopérative. C’est sans doute le retour à une forme d’économie mixte et plus solidaire. Forme d’une économie duale à mettre en place, comme les Allemands ont su la construire.

La comparaison des deux économies est intéressante. En 1995, les Allemands font 30 millions d’euros d’excédent commercial, les Français 10. En 2007, 200 pour les Allemands, moins 30 pour les Français. Que s’est-il passé ? Les coûts de production (en tenant compte du fait que la Sécurité sociale allemande est fiscalisée) sont les mêmes, la demande intérieure la même. L’explication est micro et non macro : le tissu des PME PMI allemand qui est beaucoup plus réactif que le français a su s’adapter à la croissance chinoise.

Ne faudrait-il pas envisager une fusion économique franco-allemande : un Trésor pour deux, une même fiscalité puisque le plus difficile – l’union monétaire – est déjà fait, avec l’Euro.

La refondation de l’économie passe par des décisions politiques, des solutions techniques mais aussi par un changement profond des mentalités. Mais au-delà, la portée et les enseignements de cette crise nous interrogent sur la nécessité d’imaginer un nouveau modèle économique.
Celui qui repose sur la création de richesse et la valeur du travail. Qui crée un équilibre entre capacités naturelles et besoins. Qui place l’Homme et l’environnement au cœur du système et qui attribue à la finance son véritable rôle : mettre de l’huile dans les rouages.

 

Photos : © MIRCO éditions

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