Des mots pour en parler

Article de P/DurAlpes, le 25 jan, 2010

 

 

 

« Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde »,  A. Camus.

De quels maux souffre donc la planète ? La vraie catastrophe serait qu’une dérive sémantique nuise à la bonne compréhension des problèmes par les hommes et constitue un frein à la nécessité d’agir. La vraie catastrophe serait que nous n’ayons pas envie de comprendre ces mots.
Voici donc quelques définitions des termes les plus usités dans le vocable du développement durable.

 

Agenda 21
Programme d’actions destinées à traduire dans les faits les principes et visées du développement durable, défini à Rio lors du 2ème sommet de la Terre organisé sous l’égide des Nations-Unies. Les villes et autres collectivités territoriales notamment sont invitées par ce moyen à s’approprier et à pratiquer des politiques qui tendent à satisfaire les besoins des générations actuelles sans hypothéquer, pour le moins, la capacité des générations futures à satisfaire les leurs.

Agenda 21 local
Processus de réflexion stratégique proposé dans l’Agenda 21 de Rio pour mettre en place au niveau local un projet collectif de développement durable : « Il faudrait que toutes les collectivités locales instaurent un dialogue avec les habitants, les organisations locales et les entreprises privées afin d’adopter « un programme Action 21″ à l’échelon de la collectivité ». La concertation et la recherche d’un consensus permettraient aux collectivités locales de s’instruire au contact des habitants et des associations locales, civiques, communautaires, commerciales et industrielles, et d’obtenir l’information nécessaire à l’élaboration des stratégies les plus appropriées. Grâce au processus de concertation, les ménages prendraient davantage conscience des questions liées au développement durable… ».

Bassin versant
Aire dont les eaux de pluie alimentent un cours d’eau, un lac ou une autre masse d’eau.

Bien public
« Bien ou service pour lequel les droits de propriété ne sont pas définis. En l’absence d’intervention des pouvoirs publics, les biens d’environnement (air pur, par exemple) sont généralement considérés comme des biens publics. Un air sain est un bien public, parce que le fait d’en jouir ne le rend pas plus rare pour les autres et qu’on ne peut empêcher personne de respirer. Le bien public est non rival (le fait que l’autre en bénéficie ne réduit pas mon utilité) et non exclusif (on ne peut pas se l’approprier pour son usage personnel et empêcher autrui d’en profiter). Le climat est un bien public, tout comme la biodiversité, une monnaie commune et stable, la sécurité ou l’État de droit. Ces biens publics résultent de règles, d’efforts, de compromis, d’interdits ou d’obligations, dont la justification est précisément qu’ils engendrent des effets bénéfiques pour tous ».
Hélas, les biens publics mondiaux ont du mal à émerger ou à être préservés (la biodiversité, le climat…), parce qu’il n’existe pas de gouvernement mondial chargé de les construire et de les entretenir. Il faut donc s’en remettre à la bonne volonté des hommes et des institutions internationales, publiques ou privées. La difficulté c’est que chaque groupe ou chaque nation, tend à vouloir laisser aux autres la charge de l’effort, de la contrainte ou des obligations.

Biodiversité
Selon Edward Osborne Wilson qui a introduit le terme dans la littérature scientifique, la biodiversité est « la totalité de toutes les variations de tout le vivant ». Elle se décline en diversité écologique (les milieux), diversité spécifique (les espèces) et diversité génétique (au sein d’une même espèce). Elle est le produit de l’adaptation du vivant à des environnements changeants, mais elle est aussi la seule garantie que la vie aura la capacité de s’adapter en cas de changement de l’environnement. C’est cette capacité d’adaptation qui est atteinte lorsque des espèces disparaissent.

Bilan carbone
Le Bilan Carbone est un outil de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre. Il permet une évaluation assez précise des émissions directes ou induites par une activité (économique ou non), la fabrication d’un produit ou un territoire. Le Bilan Carbone permet également d´étudier la vulnérabilité d´une activité économique et tout particulièrement sa dépendance aux énergies fossiles, dont le prix est amené à augmenter dans les prochaines années.
Le Bilan Carbone est donc un outil permettant de tenir une « comptabilité carbone », selon des règles qui sont publiques et compatibles avec les normes déjà en vigueur (ISO 14064 notamment). Depuis octobre 2007, il existe aussi une version pour les particuliers, le Bilan Carbone Personnel.

Biocarburant (ou éthanol)
Carburant d’origine végétale proposé comme substitut à l’essence ou au gasoil issus du pétrole. Concrètement, il s’agit de l’alcool issu de la transformation des sucres des végétaux que l’on mélange avec de l’essence classique.

Bioclimatique
Cette conception de l’habitat vise à réduire les besoins énergétiques, à assurer une bonne ventilation naturelle, un éclairage optimal et une humidité contrôlée. L’environnement extérieur joue un rôle primordial dans la construction d’un tel habitat.

Biodégradable
Un produit est considéré comme étant biodégradable si, une fois utilisé, il peut se décomposer de façon naturelle par l’action d’organismes biologiques, en éléments divers dépourvus d’effets dommageables sur le milieu naturel.

Biogaz
Ensemble des gaz qui résultent de la fermentation des déchets organiques dans un milieu en raréfaction d’air, comme les décharges ou les stations d’épuration, tels que le méthane et le dioxyde de carbone. Cette fermentation est le résultat d’une activité bactérienne, naturelle ou contrôlée.

Biomasse
En écologie, la biomasse est la masse totale des organismes vivants mesurée dans une population, une aire ou une autre unité.
En énergie, le terme de biomasse regroupe l’ensemble des matières organiques pouvant devenir des sources d’énergie. Ces matières organiques qui proviennent des plantes sont une forme de stockage de l’énergie solaire, captée et utilisée par les plantes grâce à la chlorophylle. Elles peuvent être utilisées soit directement (bois énergie) soit après une méthanisation de la matière organique (biogaz) ou de nouvelles transformations chimiques (biocarburant).

Biosphère
« Partie de la Terre et de l’atmosphère indispensable à la vie. »

Changements climatiques
Un changement climatique correspond à une modification durable des paramètres statistiques du climat global de la Terre ou de ses divers climats régionaux.
Dans les travaux du GIEC, le terme « changement climatique » fait référence à tout changement dans le temps, qu’il soit dû à la variabilité naturelle ou aux activités humaines.
Au contraire, dans la Convention cadre des Nations Unies, le terme désigne uniquement les changements dus aux activités humaines ; les changements climatiques d’origine naturelle sont désignés « variabilité climatique ».
Le changement climatique anthropique est l’évolution du climat venant s’ajouter à ses variations naturelles, qui est attribuée à l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre engendrées par les activités humaines, qui absorbent le rayonnement terrestre et retardent ainsi la perte d’énergie vers l’espace.

Déforestation
La destruction de la forêt a un impact sur le changement climatique en relâchant le carbone contenu dans le réservoir constitué par la matière organique et le bois. La déforestation a aussi un impact régional (régime des précipitations) et local : érosion du sol, désertification et destruction de la biodiversité.

Développement durable
« Le développement soutenable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». « Une politique et une stratégie visant à assurer la continuité dans le temps du développement économique et social, dans le respect de l’environnement, et sans compromettre les ressources naturelles indispensables à l’activité humaine ». « Le concept de développement durable intègre à la fois des préoccupations de développement de l’ensemble des sociétés des diverses régions du monde, d’équité sociale, de protection de l’environnement local, régional et global, de protection du patrimoine planétaire et de solidarité vis-à-vis des générations futures ».
La définition de la Commission Brundtland est suffisamment large pour avoir donné lieu à diverses interprétations et pour avoir nourri de nombreuses polémiques. Le développement durable reste attaché à la conférence de Rio qui prônait une approche conjointe de l’environnement (des pays du Nord) et du développement (des pays du Sud). Du fait de son contexte historique et politique international, le développement durable est un compromis entre trois contradictions fondamentales :
– compromis entre les intérêts des générations actuelles et celui des générations futures, dans le contexte de l’équité intergénérationnelle,
– compromis Nord/Sud entre les pays industrialisés et les pays en développement,
– compromis entre les besoins des êtres humains et la préservation des écosystèmes (les habitats et les espèces).

Désertification
Dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides par suite de divers facteurs, parmi lesquels les variations climatiques et l’extension des activités humaines (surpâturage, déboisement, mauvaises pratiques d’irrigation et de travail du sol, industrialisation) ou d’une combinaison de ces facteurs
Diversité
Ce terme désigne une pluralité. Par exemple en démographie, il fait référence aux différences ethniques, linguistiques et culturelles parmi des sous-groupes d’individus au sein d’une population en général.

Durabilité
« Les processus et les institutions durables répondent à certains critères : ils n’épuisent pas les ressources nécessaires aux générations futures; ils renforcent continuellement les capacités des individus – compétences, connaissances et ressources – qui permettent l’initiative et l’adaptation (par l’éducation, la santé, l’alimentation, la culture), et les capacités des institutions ; les responsabilités et les avantages sont largement partagés. »

Ecocitoyenneté
« Le concept d’écocitoyen est né dans les pays occidentaux à la fin des années 70 et s’est popularisé depuis la Conférence de Rio en 1992. Sans négliger la valeur des relations que doit entretenir l’homme et sa société pour accéder au titre de citoyen, le qualificatif d’écocitoyen s’attache particulièrement à la nécessité, pour l’individu, d’avoir des gestes et des comportements responsables tant par rapport à son lieu de vie qu’à l’égard de ses semblables. Être un écocitoyen, c’est reconnaître la portée écologique de tous ses gestes quotidiens, des déplacements à la consommation en passant par ses rejets. L’écocitoyen adopte les « bons gestes » : il préfère les objets mécaniques aux objets à pile, – il ne jette pas ses détritus par terre, il trie ses déchets, il utilise les transports en commun ou son vélo autant que possible, il ne verse pas d’huile dans les caniveaux ou dans les éviers, il ne gaspille pas l’énergie etc… l’écocitoyen a également le droit de jouir d’un environnement sain et donc de jouer son rôle d’alerte et de mobilisation pour faire respecter ce droit

Écoconception
« La conception pour l’environnement (CPE) consiste lors de la phase de conception, à tout mettre en œuvre pour réduire les impacts négatifs sur l’environnement tout au long du cycle de vie du produit. La CPE fournit aux entreprises un cadre systématique pour intégrer les problèmes environnementaux dans les décisions de conception.
La CPE s’efforce d’améliorer la performance environnementale d’ensemble du système de production, et par conséquent, englobe des concepts comme la prévention des pollutions, les technologies propres, la maîtrise de l’énergie et le recyclage des produits. La CPE s’étend d’évidence au-delà des produits spéciaux ou nocifs, comme les produits chimiques, à un large ensemble de produits manufacturés.

Écologie
Apparue au XIXe siècle, l’écologie est l’étude scientifique des relations qu’entretiennent les êtres vivants avec leur milieu, l’ensemble formant ce qu’on appelle l’écosystème.
Aujourd’hui, le terme écologie désigne le plus souvent le mouvement politique qui s’est affirmé dans les pays développés à partir de la fin des années 1960 avec l’émergence de la contestation de la société de consommation. Il a surtout pris son essor à partir de la publication du rapport du Club de Rome, Halte à la croissance !, en 1972, qui mettait en garde contre l’existence de limites naturelles à la possibilité d’une croissance économique infinie. Les mouvements écologistes se sont donnés pour mission de développer la prise de conscience de l’empreinte polluante de l’être humain sur son milieu. En participant aux élections dans de nombreux pays développés, les partis verts entendent influer sur le contenu des politiques publiques, afin de rendre l’économie et les modes de vie durables au regard de l’environnement. Une frange plus radicale des écologistes prône la décroissance, seule en mesure, à leurs yeux, de freiner la destruction des ressources naturelles de la planète.

Écologie industrielle
« Les traditionnelles remises en cause du système industriel, dominées par les questions de pollution et d’épuisement des ressources, ne suffisent plus.
Une approche nouvelle, plus large, émerge depuis quelques années: l’écologie industrielle. Au lieu de voir le système industriel comme séparé de la Biosphère, il est possible de le considérer comme un cas particulier d’écosystème. L’écologie industrielle s’intéresse à l’évolution à long terme du système industriel dans son ensemble et pas seulement aux problèmes d’environnement ». « L’écologie industrielle est un nouveau champ d’étude situé à l’intersection de l’économie des ressources, du droit environnemental et de l’ingénierie industrielle.
La vision de Frosch est simple: pourquoi notre système industriel ne se comporterait-il pas comme un écosystème où les rebuts d’une espèce servent de ressources à d’autres espèces ? Pourquoi les déchets d’une entreprise ne deviendraient-ils pas les intrants d’une autre entreprise ? On réduirait ainsi la consommation de matières premières et la pollution, tout en permettant aux entreprises d’économiser sur leurs frais d’incinération ou d’enfouissement. »

Écotaxe (impôt sur l’environnement)
Une écotaxe consiste à pénaliser certaines activités polluantes, en prélevant un impôt proportionnel à l’usage du polluant (engrais, nitrates, carburant…). C’est une taxe qui permet « d’internaliser les externalités négatives », c’est-à-dire d’imputer sur le produit le coût des dommages qu’il engendre sur l’environnement et qui est habituellement rejeté sur la société.
Les avantages d’une telle taxation sont multiples. D’abord, les pollueurs, devenus payeurs, peuvent être incités à revoir leur mode de production pour en limiter les impacts polluants. Ensuite, elle donne aux consommateurs un signal clair qui les oriente vers des achats durables. Enfin, l’État y gagne des ressources pour faire des investissements verts ou pour réduire d’autres taxes, celles qui pèsent sur le travail, par exemple, ce qui incitera les entreprises à créer plus d’emplois.
La taxe carbone – qui vise à limiter l’émission de dioxyde de carbone – rentre dans la catégorie des écotaxes.

Effet de serre
« Réchauffement de l’atmosphère (et de la surface de la Terre) dû au fait que certains gaz absorbent le rayonnement infrarouge thermique dégagé par la Terre et le renvoient en partie vers la surface de celle-ci. Cet effet est un phénomène naturel renforcé par l’augmentation de l’émission anthropique (c’est à dire due aux activités humaines) de dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre. »

Empreinte écologique
L’empreinte écologique vise à traduire de manière facilement compréhensible l’impact d’activités humaines sur les écosystèmes et la planète. Elle se mesure généralement en surface (hectares par individu, ou hectares consommés par une ville ou un pays pour répondre à ses besoins, par exemple). Cette surface traduit, grâce à un système de conversion une quantité de ressources nécessaires par système opérant.
Plus précisément, l’empreinte écologique quantifie pour un individu, une population ou une activité la surface bioproductive nécessaire pour produire les principales ressources consommées par cette population et pour absorber ses déchets.

Énergies d’origine fossile
Énergies provenant d’une ressource naturelle stockée dans le sol, à plus ou moins grande profondeur (pétrole, gaz, charbons, …). Avec l’uranium, les énergies d’origine fossile, constituent les énergies non renouvelables, donc épuisables.

Énergies renouvelables
Énergies tirées d’une source inépuisable, comme le soleil, le vent, l’eau en mouvement et la biomasse.

Gaz à effet de serre (GES)
« On entend par gaz à effet de serre les constituants gazeux de l’atmosphère, tant naturels qu’anthropiques, qui absorbent et réémettent le rayonnement infrarouge. » Ils contribuent à maintenir la chaleur dans l’atmosphère terrestre. Les principaux gaz sont la vapeur d’eau, le dioxyde de carbone CO2, le méthane CH4, l’oxyde nitreux NO2 et les chlorofluorocarbones : les hydrofluorocarbones (HFC), les hydrocarbures perfluorés (PFC) et l’hexafluorure de soufre SF6. Les six derniers gaz font l’objet de restrictions dans le cadre du Protocole de Kyoto.

GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat)
Le GIEC a pour mission d’évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. Il n’a pas pour mandat d’entreprendre des travaux de recherche ni de suivre l’évolution des variables climatologiques ou d’autres paramètres pertinents. Ses évaluations sont principalement fondées sur les publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue.

Greenwashing
Terme anglophone qui peut être traduit par éco-blanchiment ou blanchiment vert. C’est un procédé de marketing utilisé par une organisation (entreprise, gouvernement, collectivité, etc) dans le but de donner à l’opinion publique une image écologique responsable, par des efforts de communication, alors que plus d’argent a été investi en publicité « verte » (la couleur verte symbolisant ici l’écologie) qu’en de réelles actions en faveur de l’environnement. A la notion de greenwashing on peut opposer celle de publicité éthique. Le terme greenwashing trouve son origine dans la contraction des mots green, vert et brainwashing, ou lavage de cerveau.

HQE (Haute qualité environnementale)
« La qualité environnementale d’un bâtiment est son aptitude à préserver les ressources naturelles et à satisfaire aux exigences de confort, de santé et de qualité de vie des occupants. Aptitude qu’il acquiert en intégrant la qualité environnementale à chaque étape de son existence : programmation, conception, réalisation, usage… puis éventuellement réhabilitation, rénovation, démolition.
La qualité environnementale consiste à :
– économiser les ressources naturelles : énergies, eau, sol, matières premières, …
– abaisser la pollution de l’air extérieur, de l’eau et des sols.
– réduire la production de déchets, notamment de déchets ultimes.
– diminuer les nuisances sonores.
– favoriser l’intégration du bâtiment dans son site.
– assurer des conditions de vie saines et confortables à l’intérieur des bâtiments.

Hybride (véhicule)
Véhicule équipé d’un moteur thermique (à essence ou diesel) et d’un moteur électrique fonctionnant ensemble ou séparément selon les conditions de circulation. Ce type de véhicule peut faire économiser entre 25 et 30% de carburant en ville.

Malthusianisme
Thomas Robert Malthus, pasteur et économiste anglais de la fin du XVIIIe siècle, ne partageait pas la foi inébranlable de ses contemporains dans le progrès. Son pessimisme s’illustre particulièrement dans son Essai sur le principe de population, paru en 1798. Il y met en évidence la « loi » suivante : la population a tendance à croître selon une progression géométrique, doublant tous les vingt-cinq ans, alors que les moyens de subsistance, soumis à des rendements décroissants, peuvent augmenter tout au plus selon une progression arithmétique. Ce déséquilibre est porteur de misère, de famines et autres catastrophes, à moins que les hommes, conscients des conséquences de leurs actes, n’acceptent de restreindre volontairement les naissances, en retardant le mariage et en pratiquant la chasteté. Le malthusianisme en est ainsi venu à désigner toute doctrine prônant la restriction volontaire des naissances.

Méthanisation
Processus naturel biologique de dégradation par des microorganismes en l’absence d’oxygène de la matière organique (déchets végétaux ou organiques d’origine municipale, industrielle, agricole ou ménagère) pour produire, à l’échelle d’une maison ou d’une ville, du gaz (biogaz) convertible en énergie de chauffage ou de cuisson. La méthanisation permet d’atteindre deux objectifs complémentaires : produire de l’énergie tout en réduisant la charge polluante des déchets et des effluents organiques et également, selon la nature du produit de départ, produire un digestat stabilisé utilisable comme fertilisant ou amendement organique.

Paradigme
Représentation du monde, manière de voir les choses, modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée). C’est en quelque sorte un rail de la pensée dont les lois ne doivent pas être confondues avec un autre paradigme.
Le paradigme au sens collectif est un système de représentations largement accepté dans un domaine particulier. Cela dit, les paradigmes tendent à différer selon les groupes sociaux et à changer dans le temps en fonction de l’évolution des connaissances (cas notamment des paradigmes scientifiques). En entreprise, le mot « paradigme » est également utilisé, parfois de façon surabondante. On a beaucoup parlé de « nouveau paradigme » ou de « changer de paradigme », notamment pour donner un aspect fortement novateur à un projet. A tel point qu’on a pu le considérer comme un mot prestigieux visant à intimider l’interlocuteur.

Plan Climat
Un plan climat territorial est une démarche volontaire des collectivités locales qui entreprennent des actions locales ciblées pour réduire leurs émissions à effet de serre (meilleur tri et recyclage des déchets, transports en commun, économies sur l’éclairage public, énergies renouvelables…). Il prévoit notamment un état des lieux (bilan carbone, empreinte énergétique..), un travail de prospective (tendances lourdes, phénomènes émergents) et des objectifs quantifiés dans l’espace et dans le temps.

Pollution
« Toute intervention de l’homme dans les équilibres naturels par la mise en circulation de substances toxiques, nuisibles, ou encombrantes, qui troublent ou empêchent l’évolution naturelle du milieu. » Plus généralement, il s’agit de l’introduction directe ou indirecte, par l’activité humaine, de substances, de vibrations, de chaleur ou de bruit dans l’air, l’eau ou le sol, susceptibles de porter atteinte à la santé humaine ou à la qualité de l’environnement, d’entraîner des détériorations aux biens matériels, une détérioration ou une entrave à l’agrément de l’environnement ou à d’autres utilisations légitimes de ce dernier.

RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise)
La RSE est la déclinaison des principes du développement durable à l’échelle de l’entreprise. Elle signifie essentiellement que les entreprises, de leur propre initiative, contribuent à améliorer la société et à protéger l’environnement. Elles intègrent ces préoccupations dans leurs activités en mettant en œuvre des dispositifs au sein de leur structure et avec leurs parties prenantes.
Systémique
« Méthode scientifique visant à comprendre le fonctionnement et la structure des systèmes, par la connaissance des relations, des processus et des régulations qui s’y déroulent. » Elle permet d’analyser un ensemble complexe de faits ou d’éléments en relation, en traitant ces derniers dans leur globalité et non de manière individuelle.

Terroir
Un terroir est un espace géographique délimité défini à partir d’une communauté humaine qui construit au cours de son histoire un ensemble de traits culturels distinctifs, de savoirs, et de pratiques fondés sur un système d’interactions entre le milieu naturel et les facteurs humains. Les savoir-faire mis en jeu révèlent une originalité, confèrent une typicité et permettent une reconnaissance pour les produits ou services originaires de cet espace et donc pour les hommes qui y vivent. Les terroirs sont des espaces vivants et innovants qui ne peuvent être assimilés à la seule tradition.

Tourisme responsable
Tourisme qui participe au développement des populations et des territoires d’accueil au Nord comme au Sud tout en contribuant aux enjeux du XXIe siècle. C’est un type de tourisme alternatif ayant pour objectif :
– Le développement économique et l’épanouissement des populations locales (par l’implication dans l’économie locale, une rémunération juste et stable des partenaires, des conditions de travail décentes…).
– La préservation à long terme des ressources naturelles, culturelles et sociales (tourisme durable).
– Une rencontre authentique entre les voyageurs et les populations locales.

Valorisation énergétique
La valorisation énergétique consiste à utiliser les calories contenues dans les déchets, en les brûlant et en récupérant l’énergie ainsi produite sous forme de chaleur ou d’électricité. Toutefois, on ne peut qualifier un incinérateur d’unité de valorisation énergétique que s’il répond au seuil d’efficacité énergétique imposé par l’union européenne dans la directive cadre sur les déchets.

Sources des définitions citées :  Ademe – Alternatives Economiques – GIEC – Ministère de l’Écologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer – OCDE – Wikipédia.
  1. 1 commentaire pour “Des mots pour en parler”

  2. par LAMIC Jean-Pierre, le 25 jan 2010| répondre

    Merci, la vulgarisation de ces termes est importante.
    Et encore : ancrage territorial, capacité de charge d’un territoire, zonation spatiale, compensation carbone, Indicateur de Développement humain… autant de notions qu’il faudra bien appréhender avant de parler de développement durable… Amicalement
    Jean-Pierre Lamic

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