Le monocoque savoyard navigue en sous-marin

Article de P/DurAlpes, le 20 déc, 2007

Les indices.

Un bateau savoyard sur les côtes bretonnes. Des panneaux solaires. Une équipe R&D sous tension.
Des codes secrets : 15 h 57′ 48″ – Transat Ecover B to B – Port la Forêt – Cervin EnR.

Le carnet de bord.

« Tout a commencé par un beau lever de soleil, du vent portant est rentré ce matin. Et oh surprise, qui j’aperçois à quelques milles sous mon vent, le beau bateau rose de Sam Roxy ! J’envoie le grand spinnaker. Toute la matinée nickel.

A 13h00 TU, le brêlage de la drisse de spi a cassé – une nouvelle fois ce qui avait causé la déchirure du mât à l’aller – les 400 m2 de spi sont tombés à l’eau. Et là, l’horreur. J’aurais pu tout couper et laisser le spi à l’eau – après tout il parait qu’il y a des cargos qui sèment des containers dans le golfe de Gascogne ! J’ai dû passer plus d’une heure, bateau à l’arrêt, à moitié dans l’eau à ramasser le désastre, à couper des bouts tout emmêlés dans les safrans ; le spinnaker est mort, en lambeaux, mais tout est à bord.

Après la baignade, la suite du programme de l’après midi a été l’alpinisme. Obligé de monter en tête de mât (là encore merci à la société Agraphe, vous m’avez une nouvelle fois sauvé la vie par la performance de votre matériel),  2 heures là-haut perché (des fois on se sent bien seul) à réparer et re-fixer la drisse, tout ça en faisant le yoyo dans le mât à chaque vague.
Ce soir à 18 heures TU, j’ai pu renvoyer un genaker ; mais je vais aller moins vite qu’avec le spi car cette voile est plus petite.

Je suis rincé, j’ai encore les bras tétanisés, j’ai des crampes partout, et mademoiselle Samantha Davies et son Roxy ont maintenant une trentaine de milles d’avance sur nous. Tous les efforts de 3 journées pour revenir à son contact anéantis par la casse d’un petit bout de ficelle… »

Les déclarations.

Yannick Bestaven, alias YB, skipper.

…Oui j’ai transmis à Carole les améliorations à faire sur le bateau. Changer le mât pour avoir un gréement plus polyvalent avec moins de trous de performance à certaines allures. Modifier la quille du bateau en y ajoutant un petit volet trimer pour faire plus de cap au prés et avoir moins de traînées dans l’eau à d’autres allures. Les architectes sont en train de plancher.

…Le vent dans le nez, instable et forcissant jusqu’à 25 nœuds ce matin. Refusantes sur refusantes, je n’arrivais pas à me rapprocher de la ligne. Toutes les conditions se sont liguées contre nous pour nous compliquer les derniers milles.

 

Thierry Chambon, alias TC, Pdt de Cervin EnR holding.

…Pendant les courses au large, tous les skippers utilisent le moteur pour produire leur électricité. Ils embarquent environ 450 litres de gazole soit environ 250 ampères heure par jour, soit 3,6 Kwh par jour.

…Cervin EnR développe une solution novatrice d’alimentation électrique satisfaisant les besoins énergétiques d’un voilier pour un tour du monde en course. Grâce à ce système et tout en améliorant le potentiel du bateau, aucune énergie fossile ne sera utilisée. L’objectif est d’alimenter les instruments de bord GPS, pilote automatique, radar… grâce à 3 sources d’énergie : le solaire, la pile à combustible et l’hydrogénérateur. En fonction des conditions météo, de l’ensoleillement, de la situation géographique, ces 3 sources d’énergie vont prendre chacune le relais et se compléter.

…Le marché des énergies renouvelables est un marché en plein essor où les avancées technologiques sont encore nombreuses. Tout reste à faire, tout reste à créer. Par ce sponsoring et notre engagement au côté de Yannick Bestraven, nous voulons montrer que Cervin EnR est une entreprise qui contribue au développement des énergies renouvelables, dont le solaire, et la sensibilisation auprès du grand public.

Le dénouement.

Port la Forêt, lundi 17 décembre, Cervin EnR franchit la ligne d’arrivée de la Transat Ecover B to B à 15 h 57′ 48″.

Yannick Bestaven réalise sa qualification pour le prochain Vendée Globe, mais aussi une très belle première transatlantique Sud Nord à bord de son monocoque, un vétéran de 12 ans qui retrouve un deuxième souffle après avoir longtemps traîné dans un chantier, sans jamais naviguer.

Le bateau « Cervin EnR » sera le premier voilier du Vendée Globe à utiliser uniquement des énergies propres.

Et si à travers ces différentes expérimentations en milieu maritime, Thierry Chambon dissimulait la mise au point de futurs process !

Portrait de Thierry Chambon à découvrir dans le Who’s Alpes en cliquant ici 

Photos : © MIRCO éditions 

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