Miró a dit !

Article de Myriam Caudrelier, le 5 sept, 2010

 

Les vacances sont consommées… l’été peu à peu se consume… et  la rentrée déroule symboles et clichés chaque jour un peu plus : rentrée scolaire, rentrée politique, rentrée littéraire… celle du développement durable n’existe-t-elle pas ?
Alors, puisque le développement durable est l’affaire de tous, Dur’Alpes reprend ses publications et fait sa rentrée.

Les informations scientifiques, environnementales et les données économiques et sociologiques d’aujourd’hui sont suffisamment fiables pour que politiques, élus, chefs d’entreprises ou citoyens tombent d’accord sur la nécessité d’agir et d’anticiper les conséquences du changement climatique qui marquent déjà l’organisation des territoires. Et d’une manière générale, pour qu’ils prennent conscience que l’attitude consumériste que nous déployons tous à différents niveaux et qui consiste à aspirer la sève nourricière de notre planète au point de l’assécher telle une vieille pomme stérile, crée avant tout d’immenses déséquilibres sans pour autant assouvir nos désirs de conquête ou combler la solitude humaine. Notre boulimie individualiste devra nécessairement se calmer.

Petit à petit les châteaux de sables sont aspirés par l’écume d’une marée montante. Certains nous avertissent, d’autres le recommandent : nous ne pouvons plus vivre comme nous l’avons fait jusqu’à présent. Notre modèle de société est chaque jour un peu plus remis en question, et il nous faudra peut-être tout réinventer. A bien y réfléchir, n’est ce pas merveilleux !

Tout est à faire.

Comment me direz-vous ? Pourquoi ne pas retenir les leçons de quelques grands hommes.
Écoutons Miró, par exemple, dont l’art prend ses sources dans la vitalité du quotidien pour s’épanouir dans un monde jusqu’alors méconnu : « Il me faut un point de départ, ne serait-ce qu’un grain de poussière ou un éclat de lumière. Cette forme me procure une série de choses, une chose faisant naître une autre chose. Ainsi un bout de fil peut-il me déclencher un monde ».

Seulement, pour ce qui nous concerne, il y a urgence. Car entre l’urgence de la situation et la mise en application des mesures, entre la vision globale et l’action locale, il y a loin de la coupe aux lèvres… et les décennies coulent dans ce nouveau siècle sans vergogne.

Pourtant le développement durable est bel et bien un concept opérationnel.

Ce n’est pas une simple vue de l’esprit sans application pratique qui n’impliquerait que des initiés ou des professionnels. Le développement durable est un concept généreux qui nécessite le décloisonnement et la coopération. Il demande la participation de tous.

Ceux qui l’ont compris multiplient les initiatives : Agenda 21, plan climat ou PDU pour les uns ; PDE, RSE pour les autres, HQE pour certains, toutes ces appellations appartenant au vocable du développement durable confirment la pertinence du niveau local et le rôle déterminant des parties prenantes, privées et publiques pour s’engager de concert dans des voies qui n’ont rien à voir avec l’utopie.

C’est dans cet esprit, et grâce à vous, chers lecteurs, que la Maison Alpine du Développement Durable a vu le jour.

Grâce à vous, car depuis près de trois ans que nous communiquons vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire chaque lundi – aujourd’hui près de 10 500 – et à vous manifester. Ainsi autour des 800 Who’s Alpins lecteurs de départ, se sont agrégées d’autres compétences. Un réseau solide d’experts et de professionnels s’est constitué. Il paraissait alors comme une évidence de réunir ces compétences complémentaires pour essayer de construire ensemble un bout de chemin afin d’ouvrir des voies de la durabilité dans les Alpes, en créant des ponts avec ceux qui sont déjà en route. Ici chacun apporte sa pierre à l’édifice.

Travailler pour la cause de ce territoire, créer du lien entre les acteurs sur des problématiques extrêmement concrètes, mutualiser les actions et les moyens pour être plus efficaces encore, telles sont les ambitions de la MADD.

Parvenir dans une région telle que la notre (région souvent estampillée par le sceau de la qualité de vie) à mieux nourrir nos enfants ; fournir au plus grand nombre d’entre vous une base de données des savoir faire en développement durable ; offrir aussi une plateforme de valorisation des expériences menées par les acteurs des secteurs privé et public, qui comme chacun le sait a des vertus incitatives, tels sont les premiers chantiers de la MADD.

Continuons à multiplier les initiatives pour pérenniser l’humanité.

Avons-nous d’autres choix ?
Après avoir porté l’évènement constitutif de la MADD et géré ses multiples résonances, Dur’Alpes reprend donc sa plume tel un missionnaire inlassable voué « corps et Alpes » à la cause de notre territoire alpin.

Dès la semaine prochaine, nous ouvrirons le dossier de l’eau. Goutte après goutte, les aspects de la préservation de cette ressource primordiale dans notre univers en mutation, sa place dans le patrimoine et l’activité humaine, les points de vue des jeunes et des moins jeunes seront distillés pour mieux appréhender les enjeux de ce bien commun.

 Myriam Caudrelier, directrice du journal et présidente fondatrice de la Maison Alpine du Développement Durable.

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